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ISBN : 2070361373
Éditeur : Gallimard (29/06/1972)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 279 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
La journée du mardi se passa bien. La nuit, maman fit des cauchemars. "On me met dans une boîte", disait-elle à ma soeur. "Je suis là, mais je suis dans la boîte. Je suis moi, et ce n'est plus moi. Des hommes emportent la boîte !" Elle se débattait : "Ne les laisse pas m'emporter !" Longtemps Poupette a gardé la main posée sur son front : "Je te promets. Ils ne te mettront pas dans la boîte." Elle a réclamé un supplément d'Equanil.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
andman
  08 novembre 2015
Accompagner un être cher en fin de vie est une épreuve dont on ne sort jamais indemne. Impuissant face au processus destructeur, partagé entre espoir et résignation, l'accompagnant longtemps conservera la marque de cette terrible expérience.
Une femme âgée, “belle comme un Léonard de Vinci”, se repose sur un lit de clinique. L'opération qu'elle a subie la veille s'est passée aussi bien que possible mais la tumeur maligne empêche tout espoir de guérison. Dans quelques semaines, aux dires des médecins, elle ne sera plus là et ses deux filles à son chevet prennent pleinement conscience de la finitude de leur maman.
Simone de Beauvoir est l'une de ces deux femmes. Quelques mois plus tard, en 1964, elle publie un récit autobiographique bouleversant intitulé “Une mort très douce” relatant dans le détail cette douloureuse séparation
Assise près de la malade Simone observe ce visage ou se mêle le désarroi, le courage, l'espoir, l'angoisse ; ce pauvre corps supplicié qui tend un peu plus chaque jour vers l'animalité ; cette vie qui n'est plus que malaise et tourment dans ce lit d'agonie.
Pourquoi ce long martyre sous équanil et morphine ? Pourquoi cet acharnement thérapeutique ? L'euthanasie ne serait-elle pas en l'occurrence la plus humaine des décisions ?
Et puis ces brèves phases de rémission où Simone retrouve avec la moribonde un dialogue brisé pendant son adolescence, une tendresse qu'elle avait crue tout à fait éteinte.
La 8ème Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité s'est tenue voici quelques jours. Belle occasion de re(lire) les écrits d'une grande féministe attachée sa vie durant aux idées de progrès !
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Cricri124
  16 octobre 2016
"Pour moi, ma mère avait toujours existé et je n'avais jamais sérieusement pensé que je la verrais disparaître un jour, bientôt. Sa fin se situait, comme sa naissance, dans un temps mythique."
Mais le mythe va voler en éclat : entrée à l'hôpital pour un col du fémur cassé, les radios lui découvriront un cancer. Brutalement confrontées à la réalité tangible de la mort de leur mère, Simone de Beauvoir et sa soeur vont alors se relayer à son chevet pendant plusieurs semaines, jusqu'à la fin inéluctable.
Publié en 1964, ce livre poignant et intemporel relate les derniers instants que Simone de Beauvoir a vécus auprès de sa mère, des instants douloureux mais non moins remplis d'amour, qui vont susciter à tour de rôle impuissance, culpabilité, et questionnements. Elle observe la déchéance physique, la perte de dignité, le renversement des rôles, s'étonne et admire le stoïcisme de sa mère. Elle revient sur sa relation avec elle, leurs rendez-vous manqués, leurs incompréhensions et enterre les vieilles rancunes. Dans un registre toujours d'actualité, elle s'insurge également contre l'acharnement thérapeutique et dénonce les conditions de travail des infirmières.
La plume admirable et percutante de Simone de Beauvoir dissèque la souffrance et rationalise la mort. C'est tragique, c'est émouvant, c'est fort. Et oui, c'est beau !
"Il n'y a pas de mort naturelle : rien de ce qui arrive à l'homme n'est jamais naturel puisque sa présence met le monde en question. Tous les hommes sont mortels : mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s'il la connaît et y consent, une violence indue."

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palamede
  18 septembre 2015
Presque sans émotions mais non sans amour, le récit précis et naturaliste de la maladie et de l’agonie d’une mère. Quand le talent de Simone de Beauvoir sublime la souffrance et donne un sens à la mort parce qu’il en fait une œuvre d’art.
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isabelleisapure
  18 novembre 2017
C'est avec pudeur et retenue que Simone de Beauvoir évoque les derniers instants de sa mère.
La vieille dame hospitalisée pour une fracture du col du fémur est également atteinte d'un cancer à un stade très avancé laissant peu d'espoir de guérison.
C'est une longue attente faite d'espoir et d'abattement qui commence pour Simone et sa soeur Poupette.
L'écriture sèche laisse peu de place au chagrin et à l'émotion. J'ai eu tout au long de cette lecture l'impression qu'il y avait une sorte de malaise entre l'auteure et sa mère, une difficulté à exprimer leurs sentiments.
Cette froideur et cette distance par rapport à un évènement ô combien douloureux qu'est la perte d'un parent m'a destabilisée.
De plus l'auteur a l'air de considérer qu'à partir d'un certain âge, la mort devenant imminente dispense d'avoir du chagrin.
« Je ne comprenais pas qu'on pût pleurer avec sincérité un parent, un aïeul de plus de soixante-dix ans. Si je rencontrais une femme de cinquante-cinq ans accablée parce qu'elle venait de perdre sa mère, je la tenais pour une névrosée : nous sommes tous mortels ; à quatre-vingt ans on est bien assez vieux pour faire un mort… »
J'ai toujours aimé lire Simone de Beauvoir, mais ce texte me laisse perplexe par sa froideur.
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JeanLouisBOIS
  11 janvier 2015
Tombeau de Françoise de Beauvoir.
A la manière des musiciens du 17è siècle qui composaient un « tombeau » musical pour honorer un personnage, Simone de Beauvoir en écrivant Une Mort Très Douce a cherché à rendre hommage à sa mère Françoise. A la suite d'un accident domestique, on découvre chez cette dernière une tumeur en phase terminale. Ses filles, Simone et Hélène dite « Poupette », l'accompagnent dans son agonie qui va durer environ un mois. Cette période quasiment hors du temps est le sujet de ce récit palpitant, sincère et toujours marqué par le sceau d'une grande humanité. Cette petite partie d'autobiographie lui permet aussi de réfléchir et de prendre une certaine distance face à l'événement (en bonne intellectuelle), tout en sachant rester proche des émotions et des sensations éprouvées lors de cette période cruciale. C'est probablement à ce niveau que ce livre dévoile tout son intérêt et une bonne partie de son originalité. : On ne se situe jamais totalement dans l'émotion, ni jamais totalement dans l'analyse et la mise en perspective. Chaque pôle enrichissant l'autre de sa matière première. L'ensemble compose ainsi un ouvrage relativement court, facile à lire grâce à la clarté du style et d'une sincérité apparemment totale. Il faut souligner que cette réflexion porte principalement sur des sujets qui restent d'actualité comme les conditions de vie des infirmières hospitalières, les pieux mensonges au malade, le remords après le deuil, l'euthanasie et aussi sur des sujets beaucoup plus intemporels du genre: comment penser la mort en dehors de tout système et de toute référence religieuse ou philosophique et survivre aux êtres chers qui nous ont quittés ?

Lien : http://memoires.dune.jeune.f..
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
fredhofredho   19 mai 2014
Je ne tenais pas particulièrement à revoir maman avant sa mort; mais je ne supportais pas l'idée qu'elle ne me reverrait pas. Pourquoi accorder tant d'importance à un instant, puisqu'il n'y aura pas de mémoire? Il n'y aura pas non plus de réparation. J'ai compris pour mon propre compte, jusque dans la moelle de mes os, que dans les derniers moments d'un moribond on puisse enfermer l'absolu.
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JondellesJondelles   07 novembre 2011
Nous avons tiré de ce sursis un bénéfice certain ; il nous a sauvées - ou - presque - du remords. Quand quelqu'un de cher disparaît, nous payons de mille regrets poignants la faute de survivre. Sa mort nous découvre sa singularité unique ; il devient vaste comme le monde que son absence anéantit pour lui, que sa présence faisait exister tout entier ; il nous semble qu'il aurait dû tenir plus de place dans notre vie : à la limite toute la place. Nous nous arrachons à ce vertige : il n'était qu'un individu parmi tant d'autres. Mais comme on ne fait jamais tout son possible, pour personne - même dans les limites, contestables, qu'on s'est fixées - il nous reste encore bien des reproches à nous. A l'égard de maman nous étions surtout coupables, ces dernières années, de négligences, d'omissions, d'abstentions. Il nous a semblé les avoir rachetés par ces journées consacrées, par la paix que lui donnait notre présence, par les victoires remportées contre la peur et la douleur. Sans notre vigilance têtue, elle aurait souffert bien davantage.
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Cricri124Cricri124   16 octobre 2016
Et moi aussi un cancer me dévorait : le remords. « Ne la laissez pas opérer. » Et je n'avais rien empêché. Souvent, quand les malades souffraient un long martyre, je m'étais indignée de l'inertie de leurs proches : « Moi, je le tuerais. » A la première épreuve, j'avais flanché : j'avais renié ma propre morale, vaincue par la morale sociale. « Non, m'avait dit Sartre, vous avez été vaincue par la technique : et c'était fatal. »
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SophiePatchouliSophiePatchouli   04 juillet 2016
Je ne tenais pas particulièrement à revoir maman avant sa mort; mais je ne supportais pas l'idée qu'elle ne me reverrait pas. Pourquoi accorder tant d'importance à un instant, puisqu'il n'y aura pas de mémoire? Il n'y aura pas non plus de réparation. J'ai compris pour mon propre compte, jusque dans la moelle de mes os, que dans les derniers moments d'un moribond on puisse enfermer l'absolu.
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RhlRhl   31 octobre 2011
Quand quelqu'un de cher disparaît, nous payons de mille regrets poignants la faute de survivre. Sa mort nous découvre sa singularité unique ; il devient vaste comme le monde que son absence anéantit pour lui, que sa présence faisait exister tout entier ; il nous semble qu'il aurait dû tenir plus de place dans notre vie à la limite toute la place. Nous nous arrachons à ce vertige : il n'était qu'un individu parmi d'autres.
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Videos de Simone de Beauvoir (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone de Beauvoir
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#Sauramps #jeanneTeisson
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Simone de Beauvoir

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