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ISBN : 9973834011
Éditeur : Clairefontaine (01/05/2002)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Quand l'été n'est plus que cendres, Tunis a le blues. et le monde n'est plus qu'un piano désaccordé. Le temps d'une saison, Jimmy, le déraciné, oiseau de nuit en quête d'aventures, croise le chemin d'Ismaïl, le juge solitaire et rigoriste, exaspéré par le comportement de ses concitoyens et leurs mœurs ostentatoires. Le destin les guidera vers des amours improbables avec Lola, la voyante au grand cœur, Elyssa la jeune bourgeoise passionnée, et Choucha, la journaliste... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Ambages
  19 février 2016
Une plongée dans le blues, celui de l'âme et celui de Tunis. Un magnifique roman où les protagonistes se croisent et se racontent. Au lecteur dans un premier temps puis à l'autre, celui qui est dans le chapitre suivant de la vie. A celui ou celle qui vous pousse à aller de l'avant, à découvrir que vous pouvez être libre. Libre de voir la vie devant vous avec des yeux neufs, même si ces yeux n'oublient pas les vagues du passé mais qui cherchent, toujours, à comprendre et à prendre ce que la vie à de meilleur, sans amertume, sans rancoeur, parce que la rancoeur « ça vous colle à la peau, ça laisse des traces, même longtemps après. Comme la honte. »
L'histoire ? Multiples mais elles se ressemblent. Des déchirements qui vous marquent, qui vous conditionnent, qui vous font réagir, chacun à sa manière... « Parce que la peur nous enchaîne, pieds et poings liés... »
Ainsi Jamel est devenu Jimmy parce que pour lui « le désordre implique que le Bien est à venir, qu'il faut le construire en détruisant le statu quo ». Saura-t-il retrouver Jamel à temps ?
Choucha se perdra dans la conquête sociale de son mari jusqu'à sa rébellion : « si mes racines m'empêchent d'avancer, alors je les arrache. »
Elyssa se retrouvera enfin elle-même quand son corps frôlera celui de Jimmy et le reste n'aura plus d'importance. Si...retrouver au plus vite Jamel ! « Nous sommes emmurés. Tous, hommes et femmes, cloîtrés, nos esprits cadenassés, fermés, à double tour et nous ne le savons même pas. Un confinement millénaire. »
Lola sera toujours aussi sereine et sage après tant de souffrances. Elle gardera vivant le souvenir de tatie Georgette et suivra ses mots « Va, petite... va vers ton destin » et protège les enfants.
Et Ismael... Ismael jugera autrement les faits, la loi et sa vie. Lui qui avait pour credo « le monde ne change pas, il n'a pas envie de changer », va découvrir que « le ciel comble le monde, l'écrase de sa splendeur, l'absorbe. » Fini les « à-quoi-bon » et les « c'est-la-vie », Ismael sait « que la seule loi qui vaille, c'est la loi qu'on se donne à soi-même. »
Tous vont découvrir leur liberté dans le souffle de la mémoire et du partage.
Ce roman est magnifique ! J'ai vécu au rythme du soleil, des coups de soleil et des coups durs, et j'ai senti les odeurs d'ailleurs. le vocabulaire est si riche, Ali Bécheur assure le dépaysement avec ses mots envoûtants. J'ai aussi relu que les dessous des cartes conditionnent l'avenir et qu'on ne peut lire nos banlieues sans penser aux contrées dures, arides des pères qui ont migré vers ce pseudo eldorado que devait être la France. Reste que ce roman, c'est aussi la description de la société tunisienne actuelle, morcelée, où les traditions sont parfois oubliées au bénéfice d'artifices illusoires, où le fossé entre classes pauvres et riches s'accentue... La mondialisation de la tristesse ?
J'ai lu ce roman publié par les éditions Elyzad sous format poche. C'est un magnifique ouvrage, qui se voit et se touche avec un grand plaisir, à mettre ‘'tout devant'' dans ma bibliothèque !
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Blackbooks
  22 décembre 2019
" La vie c'est toujours un désastre et même quand on croit avoir gagné – parfois-, on s'aperçoit avec le recul qu'on a perdu", constat amer qui s'échappe de ce blues polyphonique, une lente mélopée pour ces écorchés de la vie. Des vies comme des musiques, assemblage biscornu de notes improbables, d'accords branlant, de corps ébranlés. Un hurlement colérique pour Jimmy, l'oiseau nocturne qui recèle les flétrissures de l'eldorado brisé de son père. Un fado sensuel et subversif pour Elyssa la nantie en quête du grand amour. Un solo pour Choucha, le topos de la féminité qui cherche une existence dans les relents de jazz et de scotch. Un flamenco mélancolique pour Lola la gitane, guérisseuse d'âme et de corps qui magnétise ce beau monde de paumés.Une symphonie inachevée, une partition, un monde qui semble échapper peu à peu à Ismaïl, le fils de cadhi devenu juge et bourreau de travail pour taire sa douleur secrète.Tunis Blues photographie ces instantanés de la société tunisienne tenaillée entre le carcan des traditions et l'invasion de la civilisation occidentale, entre paradis et enfer pour certains, entre doutes et incertitudes. C'est Choucha la journaliste libérée qui exprime le mieux ce sentiment: "Nous sommes emmurés. Tous, hommes et femmes, cloîtrés, nos esprits cadenassés, fermés à double tour et nous ne le savons même pas. Un confinement millénaire. Une réclusion aux barreaux invisibles nous tient prisonniers à perpétuité. C'est comme une condamnation que nous aurions rendue contre nous-mêmes, contre notre liberté. Un verdict sans appel. Et à longueur de temps, nous nous heurtons aux murs de la geôle que nous avons édifiée à seule fin de nous y terrer. Pour nous protéger de la vie, de ses appétits et de ses faims, de ses envolées et de ses bassesses. Pour nous protéger de nous-mêmes. Pourquoi ? Parce que la peur nous enchaîne, pieds et poings liés. Peur de nos corps, de nos désirs que, surtout, nous ne voulons pas connaître ". Un prisme qui mettrait en avant l'abîme laissé par la disparition de l'être aimé, de l'enfance volée. Un roman où chacun se cherche, une quête de la raison, de la conscience, une enquête sur l'espoir et la liberté.
"Maintenant, je sais qu'il faut la mériter la liberté. Je sais que la seule loi qui vaille, c'est la loi qu'on se donne à soi-même".
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zazy
  09 janvier 2015
Ali Bécheur nous offre un instantané de la Tunisie actuelle avec ses tenants de la tradition et ceux de la modernité et toute une faune qui tourne autour de cela. A travers les personnages de ce roman qui se croiseront à un moment ou un autre, il nous fait entendre cette voix tunisienne.
Il parle de la relation des tunisiens avec la liberté, la démocratie. « La raison n'est pas notre domaine. Nous, nous campons plus volontiers dans les marges du rationnel, dans l'avant et l'après, je ne sais, nous guettons des signes venus d'en haut, de très loin, de l'Autre Monde – avertissements ou sanctions – les yeux levés au ciel, le front contre les étoiles. Nous aimons les décrets : ils nous rassurent, nous exonèrent de l'écrasant fardeau de la liberté. »
Jamel, alias Jimmy, le Rebeu revenu de France entre deux gendarmes et continue ses trafics en tout genre plus son délire du samedi : brûler les voitures des nantis des beaux quartiers. Ismaïl, le juge, fils de cadhi, donc ancré dans la tradition ne supporte pas cette façon d'agir, de ne pas respecter les codes de la vie civile.
Les femmes sont sur tout autre registre. Lola, la voyante, de par ses origines, représente cette liberté et essaie de faire passer sa philosophie de la vie. C'est une personne aimable c'est-à-dire qu'on ne peut que l'aimer. Elle allège le fardeau des personnes qui viennent la voir. Elyssa, la femme d'un nanti qui a réussi échangerait bien son argent contre un peu de bonheur et de liberté.
Les femmes feront éclater cette dichotomie entre tradition et modernité, religion, liberté et démocratie. Elyssa en quittant ce mari qui a réussi dans les affaires qui voue un culte au dieu argent. Choucha, journaliste autonome et indépendante, est la plus avancée sur la route de la liberté, même si elle en paie le prix chaque jour. Tout en écoutant Louis Amstrong, dans un article qui ne sera jamais publié, elle ose cette longue déclaration
« Nous sommes emmurés. Tous, hommes et femmes, cloîtrés, nos esprits cadenassés, fermés à double tour et nous ne le savons même pas. Un confinement millénaire. Une réclusion aux barreaux invisibles nous tient prisonniers à perpétuité. C'est comme une condamnation que nous aurions rendue contre nous-mêmes, contre notre liberté. Un verdict sans appel. Et à longueur de temps, nous nous heurtons aux murs de la geôle que nous avons édifiée à seule fin de nous y terrer. Pour nous protéger de la vie, de ses appétits et de ses faims, de ses envolées et de ses bassesses. Pour nous protéger de nous-mêmes. Pourquoi ? Parce que la peur nous enchaîne, pieds et poings liés. Peur de nos corps, de nos désirs que, surtout, nous ne voulons pas connaître. Peur de nos sexes, des passions qui pourraient nous emporter au fil de leur courant, nous rouler dans leurs remous. Peur de notre liberté. Peur de l'appel de cet espace trop vaste pour nous, trop démesuré, sans bornes et sans repères, où il faudra s'inventer. Peur de s'aventurer, d'abandonner nos tuteurs, nos béquilles et de nous élancer. Peur de ce saut sans filet. On nous a appris à rogner les ailes qui nous empêcheraient de marcher dans le droit chemin, comme un troupeau tenu en lisière par des chiens de berger ».
Tout le livre est empli de cette dichotomie entre la tradition et la modernité, la religion et la liberté, la démocratie… A tous, il leur faudra dépasser les grandes blessures qu'ils portent en eux
« Maintenant, je sais qu'il faut la mériter, la liberté. Je sais que la seule loi qui vaille, c‘est la loi qu'on se donne à soi-même. » dit Ismaïl. A méditer.
Un livre superbe servi par une écriture classique éblouissante avec quelques mots délicieusement suranné qui ont fait mon bonheur. J'avais déjà eu un coup de coeur pour Chems palace. Tunis blues le rejoint. Quel auteur, quelle écriture !

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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bettyhoubrak
  06 mars 2016
Roman lumineux et complexe ; comme la Tunisie d'hier et d'aujourd'hui. Portraits au vitriol de tunisois et de tunisoises dont les vies s'entremêlent. de cet ouvrage débuté sur la plage de la Goulette, j'ai davantage aimé le côté « témoignage / critique d'une époque » que « tragédie sentimentale contemporaine », vers lequel il tend à la fin, avec le personnage d'Elyssa, dont j'imagine qu'elle symbolise le mythe de Didon. Il m'est inlassable de relire le passage sur le départ des Juifs de Tunis, le « coup de gueule » épistolaire de Choucha et la carte-postale du Tunis cosmopolite d'il y a un demi-siècle par Ismaïl. Ce dernier vous apporte beaucoup d'informations sur les moeurs de la Tunisie contemporaine et introduit quelques réflexions sur la place du Juge dans ce contexte. le tout, dans une écriture gourmande et variée.
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MyriamBachon
  17 mars 2008
Un livre que je conseille plus particulièrement à ceux qui ont vécu ou vivent en tunisie. C'est tellemnt vrai et si bien écrit! un régal!
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   19 février 2016
Pour nous protéger de la vie, de ses appétits et de ses faims, de ses envolées et de ses bassesses. Pour nous protéger de nous-mêmes. Pourquoi ? Parce que la peur nous enchaîne, pieds et poings liés. Peur de nos corps, de nos désirs que, surtout, nous ne voulons pas connaître. Peur de nos sexes, des passions qui pourraient nous emporter au fil de leur courant, nous rouler dans leurs remous. Peur de notre liberté. Peur de l’appel de cet espace trop vaste pour nous, trop démesuré, sans bornes et sans repères, où il faudra s’inventer.
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bettyhoubrakbettyhoubrak   06 mars 2016
« J’écris : « […] Nous sommes emmurés. Tous, hommes et femmes, cloîtrés, nos esprits cadenassés, fermés à double tour et nous ne le savons même pas. [...] Et à longueur de temps, nous nous heurtons aux murs de la geôle que nous avons érigée à seule fin de nous y terrer. Pour nous protéger de la vie, de ses appétits et de ses faims de ses envolées et de ses bassesses. Pour nous protéger de nous-mêmes. Pourquoi ? Parce que la peur nous enchaîne, pieds et poings liés. Peur de nos corps, de nos désirs que, surtout, nous ne voulons pas connaitre. Peur de nos sexes, des passions qui pourraient nous emporter au fil de leur courant, nous rouler dans leur remous. Peur de notre liberté. Peur de l’appel de cet espace trop vaste pour nous, trop démesuré, sans bornes et sans repères, où il faudra s’inventer. Peur de s’aventurer, d’abandonner nos tuteurs, nos béquilles et de nous élancer. Peur de ce saut sans filet. On nous a appris à rogner les ailes qui nous empêcheraient de marcher dans le droit chemin, comme un troupeau tenu en lisière par des chiens de berger. […] D’une part, nous nous accrochons à des traditions obsolètes, nous nous agrippons à des rites désuets, désormais dépourvus de toute signification et, d’autre part, nous troquons nos valeurs ancestrales – solidarité tribale, générosité, hospitalité… - contre le culte de l’argent. De l’Occident, nous n’aurons appris qu’une seule chose, que le temps c’est de l’argent, nous qui croyions que c’était un don de Dieu, les deux extrémités – naissance et mort – confondues de la destinée… […] Entre l’Occident et l’Orient nous dérivons en pleine incohérence, nous prenons le pire dans chaque camp, privilégiant la lie de nous-mêmes – la soif de pouvoir, l’appât du gain, la convoitise – sur le meilleur ; Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? » (Choucha)
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bettyhoubrakbettyhoubrak   06 mars 2016
« Je l’observe, ses jeans tirebouchonnés, son tee-shirt taché, une barbe de trois jours. La prison ne l’a pas arrangé, elle n’arrange personne. Je parcours le procès-verbal, ils l’ont arrêté devant un taxiphone, coups et blessures, procédure de flagrant délit, ci-joint le certificat médical produit par la victime : vingt et un jours d’arrêt de travail, sauf complications…
- Pourquoi as-tu frappé cette jeune fille ? Pourquoi t’es-tu acharné sur elle ? Que t’a-t-elle fait ?
- Elle m’a insulté, chef.
- Appelle moi monsieur le juge. Tu la connaissais ?
- Moi ? Pas du tout. A Dieu ne plaise, moi, connaitre ce genre de créatures ! réplique-t-il sur le ton de l’indignation. […]
- Si je comprends bien, elle t’a outragé sans t’adresser la parole.
- C’est tout à fait ça, chef… monsieur le juge.
Alors il a bien fallu reconstituer toute l’histoire, usant de patience, le harcelant de questions, lui faisant préciser un détail, puis l’autre. Enfin, tout est là, couché noir sur blanc, sur le papier jaunasse de l’administration, tout, dérisoire et frayant. […]
De se remémorer la scène, le voilà qui s’emporte, les yeux qui sortent de la tête, se revoyant là, à un mètre d’elle qui n’en finissait pas de minauder, de roucouler et lui, ne sachant plus où se mettre, humilié, il était la cible de cette possédée du démon, il baissait les yeux tandis qu’elle continuait à pérorer et parfois un nouveau rire fusait, haut et fort, et parfois elle prenait une mine scandalisée, mais c’était pour partir de rire de nouveau, la nuque à la renverse et la poitrine offerte. Son regard lubrique s’obstinait à chercher le sien, plein d’invites, de dérobades et de défi. Et puis, la voilà qui demande à son interlocuteur : Par le Prophète, dis-moi que tu m’aimes. Si, si, dis-le-moi, par le Prophète !
Quoi ! Elle ose mêler le Prophète à ses obscénités ! Elle avait osé ! Et maintenant, elle lui tourne le dos pour exhiber une croupe moulée dans sa jupe si étroitement que le renflement des fesses s’y dessine en relief et, d’un coup, girant sur elle-même, elle lui jette un regard plein de dédain alors que sur ses lèvres barbouillées s’ébauche un sourire narquois qui explose en rire graveleux. Comme si on la chatouillait, chef… monsieur le juge. Mais pour qui elle me prend ? Pour un eunuque ? ou un efféminé ? ou encore un entremetteur ? Me prenant un témoin : Est-ce que je ne suis pas un homme, moi ?
La colère monte en lui, bouillante, embrasant tout sur son passage, ses mains, son front, ses yeux s’injectent de sang. Elle mérite une bonne correction, cette hérétique, cette putain. Il tremble, l’empoigne par l’épaule, la fait volter comme une girouette, son poing se ferme, ses doigts calleux de manœuvre voués à coltiner de lourds seaux de ciment et à manier des madriers rugueux, à traîner la brouette, ses doigts durs se serrent et c’est une poigne lourde comme une enclume qui s’abat sur la face de Satan. […] Qu’a-t-il donc fait, monsieur le juge, sinon fermer une bouche d’égout qui puait et que vont devenir sa femme et ses enfants depuis qu’il ne peut plus subvenir à leurs besoins ? Si à présent on se met à s’en prendre à ceux qui craignent Dieu, sans doute est-ce l’annonce de la fin des temps ! […]
- Sais-tu que tu as failli la tuer ? Elle est encore hospitalisée.
- Elle n’a eu que ce qu’elle méritait ; Dans mon village, ce genre de dépravées, on les égorge… » (Ismaïl)
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AmbagesAmbages   17 février 2016
J'avais oublié la chair amoureuse, sa houle et ses remous, cette alchimie de l'incandescence, cette ébullition du sang, cette combustion de la peau et le suintement tiède des humeurs. Tout cela, je l'avais oublié : le travail opiniâtre du désir au fond des viscères, le halètement du souffle, ce tropique de canicule et de moiteur. Et d'un coup la tempête m'emportait.
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bettyhoubrakbettyhoubrak   06 mars 2016
« Hosni – on l’aura compris – est un supporter inconditionnel de Dieu, ses malédictions n’étant pas la marque d’un esprit particulièrement chagrin, mais la manifestation de son soutien sans faille. Le match est commencé depuis l’aube des temps, il ne cessera qu’avec le crépuscule du monde et Hosni, posté au bord du ring, les yeux exorbités, ne cesse de hurler : Tue-le ! Tue-Le ! Dans le coin droit, short blanc, le BIEN, champion du monde toutes catégories et en face, l’éternel challenger, short noir, hâve, le MAL, couvert de croûtes purulentes, stigmates de ses turpitudes. Le gong vient de retentir, annonçant la reprise d’un combat sans fin. On prend les paris : Vous, oui vous ! Pour qui êtes-vous ? Pour le blanc ? Bravo ! Le Jardin vous est ouvert à deux battants, à vous les prés verdoyants parcourus de rivières de miel, à vous les houris qui ne cessent d’être vierges. Vous avez misé sur le noir ? Et vous en êtes encore à vous étonner de la canicule, du sirocco, du vent de sable, de la fournaise, de l’incendie cosmique et de la flamme éternelle qui vous dévorera la chair. Vous voilà promis au bûcher, vos cendres rependues aux quatre vents et vous vous lamentez, mais il est trop tard, déjà le feu consume vos entrailles et vos yeux éclatent comme des billes de verre, vos cheveux s’enflamment, de vos ongles s’élève une fumée âcre, votre chair fond, elle coule et c’est trop tard, trop tard. » (Ismaïl)
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Vidéo de Ali Bécheur
[Mots d'auteurs] "De la nécessité d'écrire", Ali Becheur : -Tunis Blues -Le Paradis des femmes -Chems Palace -Les lendemains d'hier Un grand merci à Lucie Eple pour cette interview ! #interview #auteur #littérature
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