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ISBN : 2213667608
Éditeur : Fayard (17/01/2018)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Dès 1941, une poignée d'hommes, dont Raphael Lemkin, un juriste juif, et Jan Karski, un catholique résistant, perçurent l'ampleur de la destruction des Juifs au sein des crimes de la Seconde Guerre mondiale. Mais ils ne rencontrèrent qu'incompréhension et rejet.Forte de son regard de spécialiste de la Grande Guerre, Annette Becker éclaire d'une façon inédite l'un des points les plus sensibles de l'histoire  : comment convaincre de l'impensable  ? Pendant la Première... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
okka
  08 avril 2019
Bienvenue au XXème siècle. L'enfer est sur terre, en Europe, et c'est ce qu'on appellera la Seconde Guerre mondiale. Voici Lemkin, juriste Polonais qui en découvrant le sort : la déportation, violence, crimes, pillages, vols des Arméniens par les Ottomans et de savoir que ces criminels n'ont pas été puni, cela sera son leitmotiv pour faire reconnaître le terme génocide : ''genos'' peuple ou ethnie et ''occidere'' celui qui tue. Et celui qui tue en ce moment sont les nazis et leur partisans contre le peuple Juif, ainsi que toutes celles et ceux qui sont hélas pris dans leur filet. Pendant la Seconde Guerre mondiale Lemkin, fuit son pays pour alerter les Alliés que le génocide recommence en Europe.
Il y a aussi Karski, polonais résistant, espion, qui lui est au coeur du conflit et il y voit de ses propres yeux les atrocités pendant la Seconde Guerre mondiale et tous deux seront les messagers pour les Alliés en leur donnant par écrit, la parole le sort que subissaient, subissent, et subiront les Juifs en Europe par l'Allemagne nazie.
Mais ce n'étaient pas les seuls à avoir documenté sur ce sujet. Et là-dessus cela confirmait ma pensée qu'un si grand crime ne pouvait pas ne pas faire d'échos. Peut-être même Lemkin, Karski, et tant d'autres de ces lanceurs d'alertes ont été perçus comme théoriciens du complot, alors que les services de renseignements des pays Alliés étaient au courant, Enigma fut découvert en 1941 par les Britanniques. Et même si leur message d'aide pour le peuple juif et des civils européens fut transmis dans les journaux Alliés et au président Américain, leurs messages n'ont pas été accepté, car si cela avait été accepté les Alliés se seraient donné les moyens d'agir pour aider ces civils torturés jusqu'à la mort par le régime nazi.

Mais ce que Lemkin veut faire comprendre aux autres est qu'en mettant des mots sur des actes, on fait comprendre l'importance de l'acte. Sur ce point et pendant longtemps ce mot « génocide » sera mal vu par les Alliés, même après la Seconde Guerre mondiale.
La façon qu'a Lemkin de parler de ces massacres, par le terme génocide, est que les États-Unis, sont eux aussi compris dans ce terme par le racisme, l'esclavage, la déportation, et le meurtre du peuple amérindien, mais aussi des Africains. Alors ça ne va pas dans le bon sens de critiquer les « vainqueurs » du conflit, puisque c'est quasi « normal » de nier ses mauvaises actions, puis de soit reporter la faute sur le peuple opprimé d'être faible pour se faire opprimer. Soit de trouver de soi-disant normalité d'avoir agi ainsi.
Mais plus loin que l'ego de ces grands États loin d'être blanc comme neige, Karsi, Lemkin ne veulent plus que ce genre de dérive « génocide » puisse re-exister, puisque les traumatismes sont à vie pour les vivants, et ont privé la vie de ces gens morts. L'utopie aurait été que des peuples entiers s'unissent pour aider des gens qu'ils ne connaissent pas, qui sont en train de vivre l'horreur... Hélas l'histoire nous prouvera le contraire en délivrant qu'à la fin de la guerre les premières victimes, sans oublier l'impunité de leurs bourreaux qui ont échappé aux condamnations en vivant par la suite comme si de rien n'était. Ainsi que le recommencement sur d'autres peuples, d'autres religions : (Cambodge 1975, Bosnie 1992, Rwanda 1994).
Il n'y a pas à dire, ce genre de chose : génocide est la grande échelle des conflits de cours d'écoles, et confits familiaux. Ça commence par un racisme sur des personnes jugés faibles, différentes, minoritaire par du harcèlement, des moqueries, de l'intimidation pour prendre l'argent, le bien d'autri, mais surtout exercer une domination et se sentir dominant, puissant, intouchable.
Rien n'a changé, tout a continué : cette folie de faire le mal, cette shizophrénie mental de savoir, de voir et de ne pas aider. Merci à Annette Becker par son livre de nous rappeler le pourquoi des gens qui en ont les moyens, les pouvoirs, pourquoi ils ne viennent pas porter assistance à ceux et celles qui en ont besoin.

Pour ma part ce fut un livre difficile. Pas dans la lecture, mais dans le fait d'avoir vécu le même genre de situation que Lemkin et Karski: de demander à l'aide à des personnes sensées nous aider, et au lieu de cela on ne trouve qu'un haut mur froid et sombre. Ce mur qui par son haut statut devrait écraser le mal, au final il ne fait que le protéger. Cela nous rend malheureux de tant d'injustice, qui chaque jour est le même calvaire de souffrir à cause d'eux, au lieu que ça soit enfin le bonheur d'être aidé à être libéré pour vivre dans la justice.
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BlackKat
  11 février 2018
Lecture sérieuse, ultra sérieuse avec Annette Becker, historienne française, dont la première spécialité, si j'ose dire, est la Première Guerre Mondiale. 
Point question ici d'avoir une vision globale de l'ensemble des génocides de l'Histoire, dont certains attendent encore et attendront encore longtemps la qualification de "génocide", et d'établir une synthèse des conséquences sur nos sociétés, nos politiques ou morales. Et si le génocide arménien perpétré par les turques (1915-1916) ou les massacres Tutsi au Rwanda (1994) sont évoqués dans ce livre, c'est bien le génocide juif pendant la Seconde Guerre Mondiale dont il est question, autour de deux parcours individuels, celui de Jan Karski et celui de Raphael Lemkin.
"De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots." Raphaël Lemkin.
C'est à lui que l'on doit l'apparition de ce mot: génocide. Il en défendra l'existence et la définition toute sa vie en l'imposant dans des textes de Loi, devant la Société des Nations ou l'ONU.
C'est un juriste juif d'origine polonaise, aux solides connaissances philosophiques, qui s'intéresse très tôt au droit international humanitaire et notamment à l'instauration d'un droit pénal international.
Sensibilisé aux massacres arméniens, il entrevoit ce qui se profile à l'horizon de l'Europe, essaye en vain d'alerter qui de droit pour être finalement touché dans sa chair quand son propre peuple sera à son tour victime.
Il est contraint à l'exil aux États-Unis en 1941. Il ne cessera jamais de se battre pour la prévention et la répression du crime de génocide et pour ce juriste, le génocide incluait tout autant la liquidation physique que la destruction de la culture.
Si Lemkin est une figure intellectuelle, Karski, lui, est un homme de terrain. Catholique polonais, il entre très vite dans la résistance polonaise et va établir des rapports sur la situation de son pays pour le compte du gouvernement en exil.
Son intérêt pour la condition juive n'est "qu'accessoire" de prime abord mais c'est ce manque d'intérêt personnel qui donnera du poids à son témoignage grâce à l'objectivité dont il fait preuve en décrivant la situation très différente des juifs sous domination soviétique, sous le Gouvernement général polonais et sous le joug nazi. Il sera même témoin oculaire de ce qui se passe au sein du ghetto de Varsovie.
Mais comme Lemkin, il traînera une amertume certaine devant son échec à convaincre ses interlocuteurs du drame qui se joue en Pologne et dans l'Europe entière. Il ne sera pas entendu, au mieux sera-t-il ignoré.
Si le terme "génocide" est un mot du XXème siècle, il n'est pas l'apanage exclusif de ce siècle. Les massacres de masse ont existé depuis la nuit des temps et ce n'est pas les batailles entre juristes, historiens et anthropologues, sans oublier les négationnistes de tout poil, qui en ôteront l'essence atroce de ce qu'ils représentent. L'anéantissement total d'une ethnie, qu'il soit le fruit d'une puissance étatique ou pas, est un crime odieux et intolérable et mérite totalement la qualification de "crime contre l'Humanité". 
Ce livre est très bien documenté, synthétise les renseignements qui ont été portés à la connaissance des masses populaires et surtout des dirigeants de ce monde, rapporte les efforts effectués pour une prise de conscience des atrocités perpétrées sur les juifs, et ici, plus précisément les juifs de Pologne. Incrédulité, déni, calcul, la position des adversaires des nazis reste incompréhensible à ces hommes de bonne volonté... et à nos yeux également!
Ce livre est écrit par une historienne donc pour la transmission d'un savoir académique, même si des considérations humaines, sociologiques et philosophiques sont abordées aux travers des "cicatrices psychologiques" des victimes et des descendants de ces victimes, et d'un héritage générationnel du traumatisme.
Par conséquent, c'est une lecture qui demande attention et concentration devant un foisonnement de citations d'événements (parfois sans rappel de dates) ou de personnages (parfois sans spécification de qualité).
Les deux personnages évoqués ici sont d'origine polonaise et par conséquent, l'ensemble du récit est ciblé exclusivement sur les juifs de Pologne mais c'est un livre historique très édifiant et intéressant sur ces messagers de l'horreur qui se sont heurtés avant, pendant et même après la Seconde Guerre Mondiale à une certaine "conspiration du silence". C'est à réserver aux passionnés d'Histoire! 
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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cyan
  14 février 2018
Deux hommes sont au centre de ce livre: Raphaël Lemkin et Jan Karski. le premier, brillant juriste, va tout faire pour que le crime de génocide soit reconnu par la communauté internationale. le second, résistant polonais, va se démener tout au long de la guerre pour que les Alliés interviennent avant que les Nazis aient exterminé tous les Juifs des territoires occupés. Les suites de leur action constituent la dernière partie de l'ouvrage.
C'est une lecture assez dense, sur un sujet difficile. Les descriptions de sévices infligés aux Juifs par les Nazis ne manquent pas et c'est vraiment dur parfois de continuer à lire. Mais l'auteure permet de comprendre pourquoi la plupart des gens ne parvenaient pas à croire aux rapports concernant ces sévices, c'est l'aspect de ce livre que j'ai trouvé le plus intéressant.
Sur la forme, c'est un peu fastidieux. Il y a beaucoup de répétitions, l'auteure ayant fait le choix de découper son livre par thématiques et pas chronologiquement. La conséquence est qu'on a l'impression de ne pas avancer et de relire plusieurs fois la même chose.
Dans l'ensemble, une lecture instructive, mais difficile sur le fond, et un peu laborieuse sur la forme. A lire plutôt si vous avez déjà de bonnes connaissances sur le sujet.
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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Stemilou
  30 mars 2018
Un ouvrage dur et juste sur ceux qui furent les messagers du désastre. le désastre de la seconde guerre mondiale, un génocide qui n'en porte pas encore le nom, des faits vus par deux polonais l'un est juif Raphaël Lemkin qui devînt juriste, l'autre un chrétien et résistant Jan Karski. Ils se rendent comptent de l'ampleur de la catastrophe, un crime de guerre qui engendra la destruction du peuple juif d'Europe de l'Est.
C'est un livre très détaillé qui demande du calme à sa lecture car de nombreuses citations de personnages, de coupures de journaux, de comptes rendus ou encore de discours agrémentent les explications de l'auteure. Son récit est chronologique même si quelques répétitions apparaissent, il est riche en informations notamment de dates et de rencontres faite par les deux protagonistes. Mais c'est surtout à travers l'histoire de Lemkin et Karski que l'auteur nous décrit les procédés nazis et l'appel à l'aide d'une population, la Pologne restant le sujet central du livre.
Lemkin étant juriste il se battra toute sa vie pour faire reconnaître le terme de "Génocide" qui n'existait pas auparavant, il sensible aux massacres sur les arméniens en 1915-16 et tente d'alerter les Nations dès 1941 sur les événements en Pologne alors qu'il est en exil aux Etats-Unis.
Contrairement à Lemkin, Karski est un homme de terrain qui n'hésite pas à se déguiser pour se confondre avec l'ennemi et voir de plus près les exactions et d'en rendre compte, il ne se borne pas à la population juive mais également aux polonais de toutes confessions notamment ceux qui se sont retrouvés sous le joug des soviétiques. Karski sera notamment un témoin des massacres du guetto de Varsovie. le problème est qu'il ne sera pas entendu, au pire ses comptes rendus seront lus mais pas pris en compte. Une indifférence difficile à supporter.
Karski se battait contre les nazis, en soldat, Lemkin concevait le "crime des crimes" en juriste.
L'ouvrage s'étale sur plusieurs décennies, la lecture n'a pas été facile car entre les descriptions de sévices et les multiples informations données l'horreur m'a rendu triste, terrifiée parfois de voir que tout se répète, aucune leçon n'a vraiment été tirée de ces événements. L'auteure le mentionne d'ailleurs elle-même en rapprochant le massacre des juifs à celui des arméniens ou encore des rwandais.
Ce livre n'est pas destiné au curieux de l'Histoire qui seraient vite dépassés par le trop plein d'informations.
Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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critiques presse (4)
Actualitte   01 mars 2019
Dans Messagers du désastre, Annette Becker, historienne des mémoires et des refoulements de la Première Guerre mondiale, analyse en profondeur le mécanisme du refus des Alliés de voir et de prendre en compte l’innommable, l’inimaginable et l’indescriptible, la Shoah.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaViedesIdees   29 mai 2018
Annette Becker consacre deux biographies enchâssées, dans un livre puissant par l’écriture et l’intensité de son questionnement moral et politique.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
NonFiction   03 mai 2018
Annette Becker propose une réflexion conclusive sur les génocides en montrant la portée et la nécessité d’intégrer la postérité du travail de définition effectué par Lemkin (en Arménie, pour la Shoah et lors du génocide Tutsi).
Lire la critique sur le site : NonFiction
LaLibreBelgique   14 mars 2018
Annette Becker, grande spécialiste de 14-18 et des violences de guerre contre les civils, nous revient avec une étude essentielle : le XXe siècle restera celui des génocides mais comment convaincre le plus grand nombre de l’impensable, qu’un peuple puisse exterminer systématiquement un autre peuple ?
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
okkaokka   07 avril 2019
p.119-20.

En 1918 encore, un journal turc de langue française n'hésite pas à dénoncer la barbarie... des Arméniens :

On frémit devant les tableaux des atrocités commises par eux […]. Ils ont tué tous ceux qu'ils ont rencontrés, ils ont brûlé les villages, abattu les animaux. […] Les organisations arméniennes appliquent systématiquement leur plan d'anéantissement de la race turque. […] L'histoire se prononcera certainement un jour sur le compte de ces criminels civilisés. Quant au présent, ces insensés doivent savoir que leurs crimes leur coûteront cher. Ce n'est pas à une poignée d'Arméniens […] qu'il est donné d'exterminer la race turque ; celle-ci est si forte qu'elle est garantie par la nature et Dieu même contre l'anéantissement. Tout au plus ces crimes et ces atrocités provoqueront-ils une indignation inoubliable dans le vaste monde qui va jusqu'aux confins de la Chine et comme les Arméniens sont par Dieu même condamnés à vivre justement au milieu de ce monde, quelles que soient dans les mains dans lesquelles ils se trouvent, il deviendra un enfer pour eux. Voilà le seul résultat auquel ils peuvent aboutir tant de crimes⁴⁴ !


En un effet de miroir bien typique des assassins de masse, les Turcs attribuent leurs propres infamies à leurs victimes, et prétendent se défendre de ces « criminels civilisés », oxymore qui les définit parfaitement eux-mêmes. Conviction négationniste des bourreaux qui se pensent en victimes et font montre d'un « racisme apocalyptique » alors qu'ils ont exterminé tant d'Arméniens. Les Ottomans ont perdu la guerre, mais ils ont gagné leur pari : anéantir les Arméniens. Ceux qui n'ont pas été exterminés physiquement ont été détruits autrement. Les viols, les conversions et les mariages forcés, les vols d'enfants élevés comme des musulmans les ont anéantis en tant que peuple, en tant que chrétiens, et leur culture millénaire a été ravagée dans les églises et les bibliothèques brûlées. Quant à l'accaparement des maisons et des biens, il allait permettre de gagner économiquement la paix turque. Sans Arméniens.


44. Hilal, 14 mars 1918. Exemplaire conservé dans les A.V., secrétariat d'État, Guerra 14-18, 244, fascicule 112.
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BlackKatBlackKat   11 février 2018
Reste un paradoxe: si l’univers mental issu du premier conflit mondial et des années vingt et trente a, dans la majorité des cas, empêché la compréhension du sort spécifique des Juifs, il a contribué à la lucidité précoce de certains
des passeurs de l'indescriptible. Lemkin et Karski sont des témoins oculaires devenus des témoins moraux, prêts à prendre tous les risques pour faire passer leur message. Dante, qu’ils citent souvent, écrivait que l’espoir vient à l’homme parce qu’un autre homme en est le messager.
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okkaokka   08 avril 2019
p.241.
D'autant « mangé » que les rescapés qui ont tenté de vivre à nouveau dans leur région génocidée, les Juifs en Pologne et Ukraine après 1945, les Tutsi dans le Rwanda d'après 1994, ont dû affronter, en plus des négations, la prolongation du génocide en la présence constante des voisins tueurs et de leur sentiment d'impunité : « Jusqu'à présent je vis toujours dans ce génocide dont vous être l'origine. […] Mais cela ne m'intime pas, cela ne m'empêche pas de parler pour tous mes morts, car, selon moi, ils m'entourent tous même s'ils ne parlent jamais. »
« Personne, il peut savoir par où on est passé. Personne. »
Génocide : les victimes et le droit enfin sur le même plan : souffrances sans fin, crime imprescriptible.
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okkaokka   07 avril 2019
p.152.
Aussi vit-il dans la déréliction : non seulement le peuple juif est en train de « disparaître de la Terre » comme l'avait prophétisé Hitler, mais encore les Alliés participent indirectement au crime par leur procrastination.


« "Patience", c'est un mot utile quand on attend un rendez-vous, ou qu'on travaille à la construction d'une route. Mais quand la corde est déjà passée au cou de la victime et que la strangulation est imminente, est-ce que le mot "patience" n'est pas une insulte à la raison et à la nature ? » Lemkin a été terrassé par la découverte « qu'il ne s'agissait pas seulement d'un conflit entre le peuple juif et les Allemands, mais que la guerre était menée avec la complicité du monde entier. […] L'impression d'une terrible conspiration du silence empoisonnait l'air. Pas d'échappatoire à cette sensation. […] Un double meurtre se commettait. L'un, accompli par les nazis, l'autre par les Alliés. N'ont-ils pas refusé de savoir et de faire savoir que l'exécution de nations et de races avait commencé ? […] Le silence sur le meurtre a débuté le jour où les premiers rapports de Varsovie sur les massacres de masse ont atteint Londres en 1942.
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okkaokka   07 avril 2019
p.154.
Jamais Hitler n'aurait osé sélectionner un peuple pour l'annihilation si la route n'avait été préparée par toutes sortes d'antisémites. Les droits constitutionnels d'un individu ne sont protégés que lorsque son assise sociale dans un groupe est assurée. Si une personne est ciblée par la haine en tant que membre du groupe, s'il est vu comme un crime d'appartenir à ce groupe, alors cet individu perd toute dignité et tout mysticisme dans les yeux de son persécuteur. […] Tous ceux qui ont préparé cette haine contre le groupe des Juifs et d'autres races sont exactement aussi coupables du massacre de masse des Juifs qu'Hitler et sa clique. Hitler n'a fait que ramasser les fruits des graines qu'ils ont soigneusement plantées.
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