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Critique de fnitter


fnitter
  16 avril 2015
Pas si noir, il y a de l'espoir

Troisième roman de l'auteur, mais le premier semble-t-il, à avoir été traduit en français. Il a obtenu le prix A.C. Clarke en 2013.

Sur une planète où la lumière provient des seuls êtres vivants (animaux ou végétaux), un groupe de 500 humains tente de survivre. Tous descendants d'un couple de spationautes échoués sur cette mystérieuse planète, on les retrouve 160 ans plus tard. La consanguinité a fait son oeuvre et le groupe stagne, régresse même, attendant vainement des secours de la Terre, entassés parmi les vieux gros rochers de Boule-de-Lave, formant Famille. Mais John Lampionrouge veut voire plus grand, explorer le monde, s'émanciper... au risque de se faire des ennemis parmi les attentistes.

Un peu de science. On estime à 50 le nombre de personnes nécessaires pour une viabilité à cours terme et limiter la consanguinité. 500 étant la valeur refuge. 150 étant suffisant pour une reproduction normale à 2000 ans. OK, là on a deux Adam et Eve modernes (la référence « Eden » ne vous aura pas échappée) et on est dans la consanguinité plein pot, à grand renfort de becs de lièvre et pieds griffus. En même temps, d'après un certain livre très connu, on est tous issus d'un seul homme et d'une seule femme. Chacun se fera son opinion.

On aurait pu situer l'action au temps préhistorique, à l'époque des chasseurs cueilleurs, stade auquel a régressé Famille. Néanmoins toute oeuvre de science-fiction pourrait être transposée à une époque déjà vécue par l'humanité, ce n'est pas la question. D'ailleurs le background est particulièrement original et contribue grandement à la réussite du livre. Tout n'y est pas expliqué loin de là, puisqu'on se contente des connaissances lapidaires et fragmentaires des descendants, mais il nous offre une atmosphère assez pesante tout à fait raccord avec la vision assez pessimiste du livre.
Le choix du langage, avec des mots dont le sens a été oublié ou terriblement déformé et tour à tour drôle et pathétique, un choix de vocabulaire limité pour bien souligner la dégénérescence du groupe. Par contre, je n'ai pas aimé cette répétition systématique (il est gentil-gentil, malin-malin, c'est dur-dur ect...) de certains mots, le texte se suffisait à lui-même et avait, selon moi, atteint son objectif, sans avoir besoin de cet artifice supplémentaire.
Les amateurs de hard science ou du côté technologique de la science-fiction, par contre, oubliez ! (Non pas le livre, il est très sympa, mais ce pan du récit). L'histoire des spationautes échoués ne nous est contée qu'à travers les souvenirs déformés des descendants.

L'auteur aborde dans son histoire, la dynamique des groupes, l'exercice et la prise du pouvoir, la montée progressive de la violence, les rapports humains (et sexuels) sans tabous, dans cette société aux valeurs morales dictées par les impératifs de la survie, le besoin d'émancipation de la jeunesse, dans toute sa hardiesse mais sans jamais être lourd ou didactique. Simplement à travers l'histoire de John Lampionrouge et quelques comparses.

C'est facile à lire, c'est original, ce n'est pas larmoyant ou déprimant (contrairement à ce qu'on aurait pu penser de prime abord) mais plutôt plein d'espoir (pessimiste, mais plein d'espoir, ne serait-ce pas antinomique ?). Un chouette petit livre de sf intelligente (c'est pour toi Shenandoah).
Lu et critiqué dans le cadre de l'opération Masse Critique, merci à Babelio et aux éditions Presse de la cité pour m'avoir fait découvrir ce livre.
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