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Critique de Neurot


Neurot
  02 juin 2015
Un vaisseau venu de Terre s'est écrasé sur une étrange planète sans "soleil", dont la lumière et la chaleur ne provient que de sa flore. Boum, Boum, Boum. Ils étaient cinq et trois ont rapidement décidé de repartir malgré l'état incertain de leur vaisseau. Deux sont restés, Tommy et Angela, pour attendre des secours qui pourraient mettre bien longtemps à arriver. Tout autour d'eux, les arbres faisaient hmmph, hmmph, hmmph en pompant encore et encore leur sève chaude sous la terre. La forêt faisait hmmmmmmm. Ceci est arrivé il y a 160 ans et les descendants de Tommy et Angela sont maintenant plus de 500 à vivre dans Famille, sur cette drôle de planète qu'ils ont nommé Eden. Des gens passifs-passifs, qui attendent encore et encore les secours et ne s'éloignent jamais du lieu de l'atterrissage de leurs ancêtres de peur de rater le vaisseau qui viendra les ramener sur Terre. Même s'ils connaissent bien peu de chose d'elle. Une tribu qui survie comme elle peut, n'invente rien-rien, dégénérescente, trop attachée à ses espoirs pour avancer. Mais John Lampionrouge est différent, il veut avancer-avancer, faire bouger les choses, quitte à se faire des ennemies dans cette société très attaché à ses règles et traditions immuable.

Le livre va d'abord nous présenter Eden et Famille avec ses coutumes, ses moeurs et son langage. Et après un début intéressant cette partie devient vite longuette et répétitive. Par exemple, il arrive à plusieurs reprise que l'auteur nous dise plusieurs fois la même chose, avec juste des termes différents à quelques pages d'intervalles. Pendant 80 pages je me suis demandé si le livre allait démarrer ou non. Et finalement oui, grâce à John Lampionrouge, un homme qui va de l'avant, mais peut être plus pour lui que pour le bien des autres, ce qui en fait un personnage ambivalent et intéressant. le livre étant écrit à la première personne on s'immerge complètement dans la psychologie des narrateurs qui changent tous les chapitres, même si au final Tina, la petite amie de John et surtout John lui même phagocyte bien les 3/4 de l'ouvrage. Et on va passer par tous les passages obligatoires (semble t-il) de l'évolution d'une société humaine. Les meilleurs comme les pires.

Maintenant il faut parler du style de l'auteur, et là je pense qu'il ne fera pas l'unanimité par ses parties pris tranchés. J'ai essayé de le reproduire, un peu, dans mon petit résumé de début pour vous faire comprendre le truc. Famille est une société quelque peu dégénérée, très adolescente voire enfantine, où l'éducation a depuis longtemps été laissé de coté. En plus de ça les personnages que l'on suit sont pour la plupart des pubieux (comprendre adolescent). Donc les phrases sont très basiques, on ne dit pas très mauvais, mais mauvais-mauvais, par exemple, et les descriptions des sons font hmmph... Faut adhérer au concept, qui est parfois un peu trop appuyé mais cohérent avec l'ensemble. Reste un gros point négatif, c'est le manque de variété dans la manière de s'exprimer des différents narrateurs, qu'il soit adulte ou pubieux. ils parlent tous de la même manière, une fois j'ai dû écourter ma lecture quelques minutes et en reprenant le livre et en lisant plusieurs pages je me suis demandé qui était le narrateur. Et j'ai été obligé d'aller voir le nom au début du chapitre. Moi qui adore cette narration polyphonique à la base (La Horde du contrevent en étant l'apothéose ultime) je ne l'ai pas trouvé très intéressante ici, au moins au niveau du style.

Reste donc un livre atypique et intéressant, mais pas aussi passionnant que le titre qui lui a été remis aurait pu le laisser suggérer. Et qui se termine de manière bien maladroite en clôturant l'aspect de l'histoire que j'aurai aimé être laissé en suspend et en laissant ouvert celui qui aurait sans doute dût trouver une finalité. Ceux qui ont fini le livre comprendront sans doute ce que je veux dire par là. Les autres devront lire ce livre qui après un départ poussif procure un bon moment de lecture.

PS : Merci à Babelio et Presse de la Cité pour m'avoir permis de découvrir ce livre gratuitement dans le cadre de l'opération MassCritique.
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