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ISBN : 236914372X
Éditeur : Libretto (07/09/2017)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Vathek, neuvième calife des Abassides vit aux confins de l'Orient à Samarah. Esthète et curieux, il entreprend la construction d'une tour pour y lire le ciel. Mais sa cruauté est aussi redoutée par ceux qui s'opposent à lui. Un jour, un marchand vient lui proposer deux sabres portant une inscription que nul ne peut déchiffrer. Un vieillard parvient à les transcrire confirmant que ces sabres sont destinés au souverain le plus puissant. Vathek s'en trouve flatté… mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  31 octobre 2017
Combien d'oeuvres connurent un immense succès au moment de leur sortie avant de tomber dans l'oubli ? Si le temps a parfois rétabli une sorte de justice literraro-karmique en faisant sombrer dans l'oubli des textes très dispensables, en est-il de même pour ce "Vathek" qui connut un grand succès lors de sa publication en 1786 ?
Ecrit dans une période d'engouement pour l'orient, ce court roman aurait mérité une plus grande postérité.
Ce conte, très joliment écrit (en français par un auteur anglais) propose un voyage très dépaysant dans un orient fantasmé plein de magie où se côtoient beautés et horreurs. Côté beauté, on a droit à de merveilleuses descriptions de magnifiques palais ou de vallées enchanteresses. Et côté horreur, le lecteur est servi ! Entre un héros prêt à sacrifier des enfants pour assouvir sa soif de pouvoir ou sa mère qui se livre à de la magie noire entourée de femmes monstrueuses, l'amateur de gothique sera ravi.
L'écriture est très agréable, très légère et élégante. Une belle poésie irrigue l'ensemble, que ce soit dans les passages tendres ou les passages horribles.
Je remercie Babelio et les éditions Libretto pour la découverte de ce petit roman gothique dont j'ignorais tout et qui méritait mieux que de tomber dans l'oubli. J'ai passé un très bon moment avec ce récit qui allie divinement bien horreur et merveilleux.
Challenge Multi-défis 2017 - 49 (item 2 : un classique du 18ème siècle)
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Commenter  J’apprécie          323
Tatooa
  29 septembre 2017
Tout d'abord un grand merci aux éditions Libretto et à Babelio pour ce livre reçu dans le cadre Masse Critique.
J'allais écrire c'est un très "joli" conte, mais en fait, non... Joli n'est pas le mot. Glauque, oui. Noir, oui. Gothique quoi, arfeu ! Mais joli, non.
C'est dans un français impeccable que ce texte a été écrit (par un anglais, donc), quoi que par moments étrangement tourné, de mon point de vue. Soutenu par de nombreux dialogues et des descriptions allègres des turpitudes de Vathek et compagnie, on fait le voyage à leurs côtés sans même s'en rendre compte, et voilà qu'on est arrivés !
J'avoue, j'ai parfois été surprise devant l'outrance du récit, qui y va quand même à fond dans le glauque. Je ne connais pas bien les romans gothiques de l'époque, du coup je ne peux pas comparer, c'est vrai. Mais Beckford n'y est pas allé de main morte quand il s'agit de nous décrire à quoi est prêt (sont prêts, pardon, puisque sa mère est du lot) Vathek pour obtenir ce qu'il croit être richesse et pouvoir absolu au bout du chemin. Cynisme, ironie et humour noir sont de la partie, pour le plus grand plaisir du lecteur (le mien du moins !).
Le ton est plutôt "léger", en plus, pour une lecture glauque, c'est assez étonnant comme style.


C'est donc un peu déboussolée que je ressors de cette lecture, qu'en d'autres temps j'aurais fait d'une seule traite, tant on ne s'ennuie pas une seconde. Je viens de découvrir un auteur dit "classique" que je ne connaissais pas du tout, sans avoir l'impression d'avoir lu du classique. C'est vraiment le top pour découvrir la littérature de l'époque ! J'avais déjà eu une surprise du genre avec "L'étranger des Carpathes", il est vrai. Le genre "gothique" 18ème/19ème est surprenant, il n'y a pas de doute !
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Luniver
  19 novembre 2017
Les contes, uniquement des histoires pour les enfants ? Si on ne regarde que les histoires où la princesse épouse le prince charmant, peut-être (et encore, même eux doivent se rendre compte qu'on se moque un peu du monde). Mais quand on se penche d'un peu plus près sur les histoires originales, on se rend vite compte qu'on est loin des contes de fées auxquels on a été habitués.
« Vathek » n'échappe pas à la règle, et propose un environnement plutôt effrayant : alors que l'auteur nous emmène d'abord dans l'âge d'or de l'Orient, chez un sultan qui jouit de tous les plaisirs de la vie, on se retrouve confronté ensuite à un terrifiant prince régnant dans un palais sous-terrain, des magiciens qui sacrifient toute morale pour découvrir les secrets de l'univers, des éfrits, des sbires qui s'adonnent au cannibalisme avec joie, … le petit peuple n'a guère que sa foi inébranlable en Mahomet pour faire face à toutes ces horreurs, mais la sainteté même semble souvent ne pas faire le poids devant cette monstruosité qui s'abat sur eux.
Ce conte a été un vrai régal pour moi : outre le charme dépaysant de l'Orient, j'y retrouve tous les ingrédients que j'apprécie : une histoire qui s'enrichit de mythes à la fois connus et présentés de manière originale, le Bien qui ne gagne pas systématiquement contre le Mal, des héros qui peuvent échouer dans leur quête, … La morale est parfois un peu trop sauve à mon goût, mais enfin, il y a sûrement quelques codes du genre à respecter malgré tout !
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Aline1102
  14 septembre 2016
Ma version de ce roman se trouve dans le même ouvrage que le château d'Otrante (mon édition regroupe trois romans gothiques), mais cette lecture-ci n'avait rien à voir avec le roman de Walpole !
J'ai préféré Vathek, qui est mieux mis en page et plus accessible. La lecture en est moins fastidieuse et on s'y retrouve mieux entre les différents personnages, pourtant assez nombreux.
Il y a un petit air des Mille et une nuits dans cette histoire et même si, à notre époque, Vathek ne semble pas très exotique, il a dû étonner les lecteurs du XVIIIe siècle.
Toutes les saveurs de l'Orient sont là : les parfums, les épices, la cuisine... Tout cela donne presque envie de voyager.
Mais même si cette lecture a été plus sympathique, on ne peut pas dire que Vathek soit un personnage agréable. Tyrannique et un peu bête, il ne rêve que d'une seule chose : devenir le Caliphe le plus puissant au monde. Aucun sacrifice ne lui paraît trop grand pour atteindre ce rêve et il se lance donc dans des aventures assez rocambolesques.
Beckford tire de ce conte oriental une morale très intéressante : d'après lui, les malheurs de Vathek et de ses proches viennent de l'envie de puissance du Caliphe. S'il s'était contenté de "rester à sa place", aucun mal ne lui serait arrivé... Tout cela fait très "victorien", selon moi, mais étant donné la date de la première édition de Vathek ce n'est pas étonnant : la morale de l'époque étant très différente de la nôtre, il est normal de retrouver ce genre de leçon à la fin d'un tel ouvrage (même si cela m'a quand même étonné que tout se termine comme cela).
Bon, je ne désespère pas : je ne suis pas une cause perdue pour les romans gothiques. Prochaine étape : Frankenstein.
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Emmanuel-BdB
  17 mai 2011
Vathek narre à un rythme soutenu et dans une langue déléctable le périple merveilleux (entendre extraordinaire, étrange, magique) du Calife éponyme jusqu'aux enfers que dirige le noir Eblis.
S'il est indéniable que ce court roman recèle de symboles ésotériques, de morales ambiguës et de troubles philosophies qui en font un parfait conte philosophique, c'est en fait plutôt en tant que pépite du roman gothique subversif que je m'en suis délecté.
Tous les ingrédients du genre, du royaume lointain aux inquiétants maléfices, de la lutte éternelle du bien contre le mal aux récits de voyage, y sont en effet savemment mêlés, permettant à Beckford de semer sur la route du Commandeur des Fidèles, les embûches les plus fantaisistes, dont il se sortira par les retournements de situation les plus invraisemblables. L'humour, l'ironie et la dérision, mais aussi une solide culture complètent à merveille la palette avec laquelle le jeune auteur peint cette courte mais formidable épopée.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   23 septembre 2017
Essouflés d'avoir monté si vite onze mille degrés, au désespoir que leurs seaux soient presque vides, ils n'étaient pas plus tôt arrivés que l'éclat des flammes et l'odeur des momies offusquèrent tous leurs sens à la fois : ce fut dommage, car ils ne virent pas le sourire agréable avec lequel les muets et les négresses leur passaient la corde au col ; mais tout n'était pas perdu, car ces aimables personnes ne se réjouissaient pas moins d'une telle scène. Jamais on n'étrangla avec plus de facilité ; chacun tombait sans résistance et expirait sans pousser un cri ; de sorte que Vathek se trouva bientôt environné des corps de ses plus fidèles sujets, qu'on jeta sur le bûcher.
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TatooaTatooa   26 septembre 2017
- Serait-ce là Gulchenrouz ?
- Souverain du monde, répondit-elle (Nouronihar), épargnez mon cousin, dont l'innocence et la douceur ne méritent pas votre colère.
- Rassurez-vous, reprit Vathek, en souriant. Il est en bonnes mains ; Bababalouk aime les enfants et n'est jamais sans dragées ni confiture.
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LuniverLuniver   10 novembre 2017
Tel fut, et tel doit être le châtiment des passions effrénées et des actions atroces ; telle sera la punition de la curiosité aveugle, qui veut pénétrer au-delà des bornes que le Créateur a mises aux connaissances humaines ; de l'ambition, qui, voulant acquérir des sciences réservées à de plus pures intelligences, n'acquiert qu'un orgueil insensé et ne voit pas que l'état de l'homme est d'être humble et ignorant.
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stekasteka   30 août 2014
(Préface de Stéphane Mallarmé)
Voilà une rare aventure littéraire, sinon seule : le transport, avec sa fleur où nul déchet, que subit intact un Livre, d'une littérature à une autre.
Traduction, pas cet ordinaire moyen; mais publication directe du texte même.
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DanieljeanDanieljean   21 avril 2016
Vathek, neuvième Califea de la race des Abbassides, était fils de Motassem, et petit-fils d’Haroun Al-Rachidb. Il monta sur le trône à la fleur de l’âge et les grandes qualités qu’il possédait déjà faisaient espérer à ses peuples que son règne serait long et heureux. Sa figure était agréable et majestueuse mais quand il était en colère, un de ses yeux devenait si terrible qu’on n’en [pouvait soutenir les regards] et le malheureux sur lequel il les fixait, tombait à la renverse et quelquefois même expirait à l’instantc : Aussi, dans la crainte de dépeupler ses états et de faire un désert de son palais, ce prince ne se mettait en colère que très rarement.
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