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ISBN : 2021392007
Éditeur : Seuil (01/03/2018)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Le vieux s’est échappé, une fois de plus. Il marche au bord de l’autoroute, hagard et obstiné, prétendant arriver à Marseille et de là prendre le bateau pour rentrer dans son pays. Mais si ses fugues à répétition mettent la famille en émoi – son fils surtout, Azouz, qui se sent vaguement coupable de les avoir provoquées – elles se terminent en général dans un café miteux de Lyon, entre les parties de dominos, le thé à la menthe et les disputes qui entretiennent l’am... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fanfanouche24
  13 mars 2018
"Ce jour-là, une envie de vengeance m'avait gagné. Je rêvais de voir plus tard mon nom de famille en haut de l'affiche pour sortir mon père de l'anonymat, de l'indigénat, et lui rendre sa dignité d'homme libre. La langue française allait devenir l'instrument de ma revanche contre son analphabétisme." (p. 28)
Ce roman à fortes consonances autobiographiques est bouleversant à plus d'un titre !...
Azouz Begag a prouvé de toutes les manières, par ses écrits, ses engagements, sa curiosité illimitée, qu'il voulait réparer la mémoire abîmée de ses deux parents, pauvres immigrés d'Algérie; pauvres de tant de choses, matériellement autant que psychologiquement; comme leur date et lieu de
naissance non inscrites...Dans ce texte des plus personnels, il raconte la vie de son père, atteint d'Alzheimer, qui perd le peu qui lui est propre : ses souvenirs !!!...
Et je m'interroge, moi, petite Française privilégiée, non exilée... Pourquoi cette histoire me rend littéralement malade... et je me rends compte que déjà ma grand-mère maternelle, française de souche,bretonne, non exilée , vivait un cauchemar et une humiliation permanente , par son analphabétisme... Que petite fille ...voir ma grand-mère, illettrée, méprisée , je me sentais impuissante mais folle de rage et d'indignation... que mon parcours acharné dans les livres a été choisi par passion personnelle , mais aussi pour réparer sa vie et sa dignité ...

Et dans cette histoire jonchée d'épreuves et de séparations, s'ajoute l'Exil et le départ souvent quasi-définitif de la terre des parents et aïeux...L'arrachement de son pays natal....Les douleurs intérieures, ineffaçables !
"Les vieux d'ici rêvent de là-bas,
les jeunes de là-bas rêvent d'ici
leurs rêves se croisent en Méditerranée,
puis se noient. (p. 87)"
Azouz Begag nous livre un très intense hommage à ses deux parents, et plus spécialement à son père...qu'il accompagne en fin de vie, atteint de la "maladie d'Ali Zaïmeur" (comme disent les copains du père du Café du Soleil...). L'hommage s'étend à tous les déracinés de la terre !!... Et de nombreux passages m'évoquent une lecture très lointaine, m'ayant très durablement marquée: "La plus haute des solitudes" de Tahar Ben Jelloun...
Un livre des plus personnels et des plus bienveillants, qui ne peut qu'émouvoir et interpeller, encore et toujours !!
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dido600
  16 septembre 2018
Mémoires au soleil, A' la recherche des racines perdues autrement dit .
Dès les premières pages, l'auteur montre que le roman est autobiographique. Il abolit donc toute frontière entre lui et son lecteur. Utilisant son vrai nom, le personnage-narrateur est bel et bien Azouz Begag. le roman relate les fugues du père, Bouzid, atteint d'Alzheimer. La mémoire effacée, celui-ci se dirige vers l'autoroute qui mène à la Méditerranée. Bouzid «a répété qu'il voulait retourner dans son village natal pour revoir ses parents et qu'un bateau l'attendait au port, le Ville de Marseille» (p.36).
Azouz recherche son père évadé, l'accompagne dans les rues de Lyon, et tente de réanimer quelques pans de sa mémoire effacée. Souvent, il l'accompagne au Café du Soleil où Bouzid retrouve ses amis. Ici, ils partagent avec complicité les mêmes peines : la solitude, la nostalgie et l'exil.
La situation du père pousse le narrateur à fouiller ses racines. «L'ignorance de mes racines m'empêchait de grandir.
Né à Lyon, j'étais un Français des branches, certes, mais j'avais besoin de connaître mes souches africaines», dit-il (p. 17). Il peint alors ses voyages en Algérie à la poursuite des racines et décrit ses amples recherches sur le secret des noms. Bref, il se cherche en exploitant toutes les sources identitaires possibles.
Ainsi, Azouz fait balancer le lecteur entre son père et sa propre quête identitaire. le père Bouzid réalisera-t-il son rêve de retourner en Algérie, au soleil ? le fils Azouz achèvera-t-il jusqu'au bout sa quête identitaire malgré la découverte tardive d'une ambiguïté sur le nom du père ?
L'auteur, , met la lumière sur un thème qui l'obsède. Un thème qui est devenu son mythe personnel. C'est celui du père qui est très récurrent, voire sacré dans la littérature d'Azouz Begag. La mère se fait rare dans ce roman, presque absente. le thème du père est consubstantiel à d'autres thèmes prépondérants : l'identité, l'immigration, l'exil, l'Algérie…Autrement dit, il s'agit de divers thèmes qui mènent tous vers le père. «Il s'est sacrifié pour m'ouvrir un avenir et me donner un nom propre» (p.144).
L'écriture est limpide, mêlant délices et douleurs. L'humour est omniprésent, notamment grâce aux noms des personnages : Amor Plastic, Lunettes Noires, Chibani Avachi, Miloud Météo…Le roman est dédié à son père Bouzid, à sa mère Messouda et à son frère Nabil, qui reposent tous en paix sous la terre d'Algérie, au Soleil.
Ce roman autobiographique constitue aussi un corpus propice pour les chercheurs en onomastique (étude des noms propres). Azouz Begag essaie de décrypter son nom et ceux de son entourage, pour mieux découvrir ses racines et les mystères de son identité.
Mémoires au soleil est un hommage poignant au père, une quête identitaire, et un pont entre l'Algérie et la France. Enfin, c'est un roman contre l'oubli.
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TawfiqBelfadel
  24 mars 2019
A la recherche des racines perdues
Après un roman d'autofiction La voix de son maître (lire la recension : http://www.lacauselitteraire.fr/la-voix-de-son-maitre-azouz-begag), Azouz Begag publie son dernier roman, Mémoires au soleil.
Dès les premières pages, l'auteur montre que le roman est autobiographique. Il abolit donc toute frontière entre lui et son lecteur. Utilisant son vrai nom, le personnage-narrateur est bel et bien Azouz Begag. le roman relate les fugues du père, Bouzid, atteint d'Alzheimer. La mémoire effacée, celui-ci se dirige vers l'autoroute qui mène à la Méditerranée. Bouzid « a répété qu'il voulait retourner dans son village natal pour revoir ses parents et qu'un bateau l'attendait au port, le Ville de Marseille » (p.36).
Azouz recherche son père évadé, l'accompagne dans les rues de Lyon, et tente de réanimer quelques pans de sa mémoire effacée. Souvent, il l'accompagne au Café du Soleil où Bouzid retrouve ses amis. Ici, ils partagent avec complicité les mêmes peines : la solitude, la nostalgie, et l'exil.
La situation du père pousse le narrateur à fouiller ses racines. « L'ignorance de mes racines m'empêchait de grandir. Né à Lyon, j'étais un Français des branches, certes, mais j'avais besoin de connaître mes souches africaines », dit-il (p.17). Il peint alors ses voyages en Algérie à la poursuite des racines et décrit ses amples recherches sur le secret des noms. Bref, il se cherche en exploitant toutes les sources identitaires possibles.
Ainsi, Azouz fait balancer le lecteur entre son père et sa propre quête identitaire. le père Bouzid réalisera-t-il son rêve de retourner en Algérie, au soleil ? le fils Azouz achèvera-t-il jusqu'au bout sa quête identitaire malgré la découverte tardive d'une ambigüité sur le nom du père ?
L'auteur, comme dans les précédents romans, met la lumière sur un thème qui l'obsède. Un thème qui est devenu son mythe personnel. C'est celui du père qui est très récurrent, voire sacré dans la littérature d'Azouz Begag. La mère se fait rare dans ce roman, presque absente. le thème du père est consubstantiel à d'autres thèmes prépondérants : l'identité, l'immigration, l'exil, l'Algérie… Autrement dit, il s'agit de divers thèmes qui mènent tous vers le père. « Il s'est sacrifié pour m'ouvrir un avenir et me donner un nom propre »(p.144).
L'écriture est limpide, mêlant délices et douleurs. L'humour est omniprésent, notamment grâce aux noms des personnages : Amor Plastic, Lunettes Noires, Chibani Avachi, Miloud Météo… le roman est dédié à son père Bouzid, à sa mère Messouda et à son frère Nabil, qui reposent tous en paix sous la terre d'Algérie, au Soleil. Ce roman autobiographique constitue une suite pour le Gone du Chaâba.
Mémoires au soleil répond à cette question : que sont devenus les Begag de la Chaâba après des années d'exil ?
Il constitue aussi un corpus propice pour les chercheurs en onomastique (étude des noms propres). Azouz Begag essaie de décrypter son nom et ceux de son entourage, pour mieux découvrir ses racines et les mystères de son identité.
Mémoires au soleil est un hommage poignant au père, une quête identitaire, et un pont entre l'Algérie et la France. Enfin, c'est un roman contre l'oubli.

Lien : http://www.lacauselitteraire..
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donaldguertin
  24 juin 2018
« Mon père aussi était une étoile. Immortel, il restera pour moi. Jamais je ne l'oublierai, même si un jour la maladie de l'oubli me rattrape. » (185) L'auteur raconte l'épisode d'une journée de sa vie au cours de laquelle il accompagne son père atteint de la maladie de Alzheimer, de sa fuite matinale au café et son retour à la maison. Il s'est enfui, tôt, le matin de la maison; Azouz part à sa recherche; il le retrouve dans un café, le Café du Soleil. Autour de cette brillante narration, l'auteur jette des ponts sur ses origines et fait la quête de son identité, particulièrement patronymique. Un récit empreint d'émotions et gravé de mots tout doux. À travers les mots et les évocations, c'est l'histoire tronquée des migrants venus d'Algérie en France où ils espèrent trouver une oasis nouvelle. Texte touchant, l'auteur plonge dans les fibres conscientes, et inconscientes, de la vie de son père. Azouz Begag touche par la beauté des mots et l'intelligence du propos.
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BMSierre
  12 octobre 2018
Un beau roman plein de tendresse d'un fils pour son père. C'est triste, mais il y a quand même de l'amour. Azouz part à la recherche de son père qui a fait une fugue. Il est malade, il perd un peu la tête, il a la maladie « d'Ali Zaïmeur ! ». Depuis Lyon il veut retrouver son village en Algérie. C'est pourtant son fils qui va partir au « douar Bendials » près de Sétif. Ce sera un voyage plein de péripéties, son père étant analphabète et sa date de naissance assez imprécise. HS
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   10 mars 2018
Ce jour-là, une envie de vengeance m'avait gagné. Je rêvais de voir plus tard mon nom de famille en haut de l'affiche pour sortir mon père de l'anonymat, de l'indigénat, et lui rendre sa dignité d'homme libre. La langue française allait devenir l'instrument de ma revanche contre son analphabétisme. (p. 28)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 mars 2018
Le jour où il m'a sorti que le mot "hospitalité" rimait avec "humanité", j'ai pensé qu'il allait finir poète lui-aussi, comme moi et les retraités chibanis qui ont appris à contempler le goutte-à-goutte de la pluie.

Beaucoup de gens
ne les aiment pas , les migrants,
Et pourtant en chacun d'eux, un poète attend. (p; 99)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 mars 2018
Pour lui qui vit depuis toujours au jour le jour, ne pas avoir de racines l'indifférait royalement. Il m'a d'ailleurs dit : "Tu t'emmerdes pour rien, frangin, moins on a des racines et moins on risque de se prendre les pieds dedans !"
J'ai trouvé belle sa métaphore, mais elle ne me concernait pas du tout, car je pensais exactement l'inverse. L'ignorance de mes racines m'empêchait de grandir.Né à Lyon, j'étais un français des branches, certes, mais j'avais besoin de connaître mes souches africaines.
Pour faire de nouvelles feuilles. (p. 17)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 mars 2018
Cela m'attristera toujours qu'il soit resté analphabète. Savoir lire et écrire ouvre les yeux sur le monde. Quand on ne sait pas, on est un âne . Pauvre papa ! La pelle, la pioche et la truelle l'ont bouffé. Il voulait tout donner au patron par crainte d'être licencié, ensuite prouver aux Français qu'il était gentil, honnête et aussi pauvre qu'eux. Il s'est sacrifié pour m'ouvrir un avenir et me donner un nom propre. (p. 144)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 mars 2018
Quand on est amnésique, on n'a plus de préjugés sur les gens d'ailleurs, les Autres, les différents, puisqu'on ne se souvient plus de rien. Les Blancs n'ont plus peur des Noirs et les Noirs n'ont plus peur des Blancs. (p. 113)
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