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ISBN : 2070315738
Éditeur : Gallimard (10/06/2004)

Note moyenne : 3.11/5 (sur 1974 notes)
Résumé :
"Un rédacteur publicitaire, c'est un auteur d'aphorismes qui se vendent." Octave, riche concepteur-rédacteur de 33 ans, se rebelle et s'insurge contre l'univers superfétatoire de la publicité qui brasse des millions d'euros en vendant des produits inutiles à de pauvres ménagères. Le rédacteur publicitaire détient le pouvoir absolu des mots et des formules lapidaires. Il suscite l'envie, influence votre inconscient et... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (130) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
18 juin 2012
Octave est un publicitaire. Pardon, un créatif. Et, à en juger par le succès des campagnes qu'il a proposées, c'est un bon créatif. Mais on risque de lui en demander toujours plus. Alors, c'est décidé, il veut être licencié. Quoi de mieux, pour parvenir à ses fins, que de rédiger un livre sur son métier et de ne rien cacher. « Tout est provisoire et tout s'achète. L'homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Voilà pourquoi j'ai décidé de prendre ma retraite à 33 ans. C'est paraît-il, l'âge idéal pour ressusciter. » (p. 18) du blasphème ? Même pas, ça fait longtemps que ce n'est plus vendeur.
Entre caféine, cocaïne, pornographie et majuscules, Octave dresse les portraits de l'homo consommatus et du publicitaire. Voici deux espèces créées par le monde moderne : elles cohabitent plus ou moins bien, mais elles ne peuvent se passer l'une de l'autre. La publicité, c'est l'obscénité rémunérée et la sexualité sans désir. Puisque tout devient consommation, c'est sans surprise que l'on assiste à la banalisation des excès. « Ne regarde pas la paille qui est dans la narine du voisin, mais plutôt la poutre qui est dans ton pantalon. » (p. 75) le monde des publicitaires est délétère et éphémère : on n'y fait pas long feu, mais qu'importe si la flamme est belle. Et puis, si tout et tout le monde n'est que produit, rien n'est irremplaçable.
Alors qu'Octave essaie d'oublier Sophie, il travaille sur la campagne du yaourt Maigrelette, nouveau produit du superpuissant groupe agroalimentaire Madone. Pas facile de vendre du lait fermenté ? Fatigant ? Qu'à cela ne tienne, faites une pause avec les interludes publicitaires qui précèdent ou ponctuent chaque chapitre. Mais ne vous y trompez pas : Octave n'est pas heureux. Vous non plus d'ailleurs. Ah, vous ne le saviez pas ? « Vous êtes les produits d'une époque. Non. Trop facile d'incriminer l'époque. Vous êtes des produits tout court. » (p. 256) 99 francs parle de désespoir, de puits sans fond, de non-retour. Certes, il y a du cynisme, mais quasiment sans recul : avoir conscience du mal ne signifie pas vouloir le soigner.
Ce roman, c'est la victoire du name-dropping sur la littérature, c'est un slogan et un clip publicitaire sur plus de 250 pages. Octave/Frédéric Beigbeder nous montre comment la publicité mène le monde et manipule les consommateurs. « L'hédonisme n'est pas un humanisme : c'est du cash-flow. » (p. 20) Rien de très surprenant : il faudrait être somptueusement crétin pour ignorer que la consommation n'est plus la réponse à un besoin, mais la création de désirs inassouvissables. « Pour savoir que l'argent ne fait pas le bonheur, il faut avoir connu les deux : l'argent et le bonheur. » (p. 201 & 202) Si vous voulez savoir ce qui fait le bonheur, ce n'est pas ce roman qui vous le dira. Ne soyez pas triste, reprenez un rail ou faites les courses. Si le ton est volontiers insolent et désabusé, il est de ceux qui m'ennuient et m'agacent. Et, surtout, le message ne me convainc pas : personne n'est obligé de subir la société de consommation et je ne parle pas seulement des pratiques des adeptes de la décroissance.
Le film respecte le découpage du roman, mais propose une fin alternative plus radicale. La ressemblance est troublante entre Jean Dujardin et Frédéric Beigbeder qui fait quelques apparitions. Je m'interroge sur la mention « film familial » en conclusion : l'adaptation cinématographique est plus trash que le livre, ou peut-être l'est-elle autant, mais l'image est plus percutante que le mot. Toujours est-il que le film est une fidèle transcription du roman, mis à part quelques détails. Je pourrais dire que j'ai préféré l'oeuvre de Jan Kounen, mais j'ai surtout apprécié la performance de Jean Dujardin. Globalement, ni le film ni le livre n'emportent mon adhésion.
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linabdl
30 août 2012
J'avais très envie de découvrir Frédéric Beigbeder, c'est pourquoi en allant à la médiathèque j'ai pris un de ses livres au hasard !
Autant le dire tout de suite, j'ai été très déçue de cette lecture. L'histoire ne me semblait pas extraordinaire, mais rafraîchissante et drôle et je me suis profondément ennuyée.
J'ai d'abord lu deux chapitres, et déjà, ça envoie « du lourd ». Insultes, mots très trash. Directement mise dans l'ambiance, j'avoue avoir apprécié le franc parler de l'auteur, cette façon de dire les choses de manière très crue, ce ton cynique et sarcastique qu'il emploi. L'idée de critiquer la société de consommation est très intéressante. Mais à la longue, cette atmosphère deviens très rapidement lassante.
Je m'explique. Il n'y a pas une page sans vulgarité, ni provocation ! L'auteur s'éparpille très vite, et sa leçon de morale sur le marketing passe vite à la trappe pour devenir une (auto ?) biographie qui jongle entre la drogue, beaucoup de drogue et ce point là m'a choqué, limite une incitation, non vraiment c'est du n'importe quoi ! - et pour aller bien avec ça, du sexe, de la pornographie décrite jusque dans les moindres détails ! Non mais oh, un peu de dignité non ?
De plus, son style d'écriture grossier, salace, etc, etc devient agaçant. Sa méthode de narration est absolument ridicule ! RI-DI-CULE ! En plus de ça, monsieur Beigbeder est d'une fausse modestie absolument pitoyable, d'une prétention refoulée qui va jusqu'à faire passer ses lecteurs pour des moins que rien.
Suis-je trop jeune pour apprécier pleinement cet ouvrage et l'écriture de l'auteur ? Sans doute. Je retenterai l'expérience Beigbeder dans quelques temps, car 99 francs me laissent un goût fade.
Un livre infâme, une philosophie à deux balles et des clichés à n'en plus finir. Un désastre.
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lecassin
02 février 2017
Pub Pub, Pub !
La société de consommation a triomphé. Octave travaille dans la Pub, son bras armé… Mais Octave n'en peut plus : les slogans débiles, le management qui ne l'est pas moins… Une seule solution : se faire jeter de sa boite !
Une situation que connaît bien Frédéric Beigbeder, pour s'être fait lui-même virer de la boite de Pub dans laquelle il travaillait, à la sortie du bouquin.
Certes, le propos est intéressant, et pour grande partie, je partage les critiques de Beigbeder sur notre société telle qu'elle est devenue : consommer, produire, consommer, croissance, vendre, créer le besoin plus que d'en satisfaire un autre, bien réel celui-là... Mais, malgré tout, c'est un peu court et on tourne vite en rond…
Un bouquin parsemé de phrases choc style slogan publicitaire, amusant parfois, choquant quelquefois, lu quelques mois après sa sortie en 2000, et quasiment oublié depuis… Une relecture partielle pour alimenter cette chronique n'est pas venue adoucir mon « jugement » : un bouquin bien creux et vain ; superficiel… Très Pub en quelque sorte…
A oublier très vite... Hop, c'est fait…
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aaahhh
04 août 2012
Quelle bonne surprise! Ce n'est pas que j'en avais contre Beigbeder avant ma lecture, mais le peu que j'avais vu de ses apparitions télévisuelles ne m'avait pas franchement charmée. Je me suis donc lancée dans ce roman avec scepticisme et dans l'idée qu'il allait sans doute franchement m'agacer. Et bien non! Contre toute attente, je n'ai été ni agacée, ni ennuyée mais très agréablement surprise par ce roman déjanté, intelligent et cynique qui dresse un portrait peu glorieux mais très réaliste de notre société de consommation et de marketing à outrance.
Autant grâce à son regard acéré sur le monde que ses qualités de romancier, j'ai vraiment apprécié la plume de Frederic Beigbeder et j'ai pris plaisir à suivre les tristes aventures de ce jeune roi de la pub dans cette jungle commerciale qu'est notre vie de tous les jours. Ce n'est pas mon plus grand coup de coeur littéraire, mais je garde un très bon souvenir de cette lecture!
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Malivriotheque
05 juillet 2016
Octave travaille dans la pub, et il n'en peut tout simplement plus. Son but ? Se faire virer en jouant au plus con avec les dossiers en cours et la hiérarchie. le problème ? Tout le monde surkiffe toutes les merdes marketing qu'il propose. Et plus il fait de la daube, plus il emmerde le monde, plus les gens applaudissent. Ce livre, c'est sa haine contre la pub, son exutoire, son plan de sortie...
Ça démarre par une description du monde publicitaire dépeint dans un cynisme quasi jouissif, un point de vue précieux et sans tabou sur un univers bien spécial dont on peut plus ou moins se douter sans pourtant jamais le toucher vraiment du doigt ; un univers fait pour se foutre tous les jours ouvertement de la gueule du consommateur lambda. C'est franchement trash, et dieu que c'est bon ! Quantité de formulations font mouche, trouent le cerveau bien profond en mode trépanation. C'est blindé d'évidences et de réflexions logiques, mais c'est vachement bien foutu.
Mais très vite, et plus particulièrement dès lors qu'on touche à la vie privée d'Octave, ses malheurs avec Sophie (ah ah) et surtout le meurtre de la vieille, sorti de nulle part, et qu'ainsi la pub, objet de ce livre, n'est plus au centre de ce dernier, cette exécution en règle perd clairement son charme, le personnage principal se concentrant sur des aspects trop annexes au prétexte de lecture et d'écriture qui nous réunit. En bref, dès que ça sort du cadre de la pub, le récit devient très moyen.
La construction en six parties basées sur les pronoms personnels sujet et conditionnant le style d'écriture et le point de vue narratif est pourtant très intéressante et originale, mais elle perd incontestablement elle aussi en puissance dès qu'on sort du cadre insolent du thème. le découpage en paragraphes courts peut quant à lui se révéler souvent simpliste et réducteur avec certaines phrases moralistico-prophétiques supposément révélatrices de foudroyantes vérités mais qui manquent de nuances voire de réelles ambitions, surtout que tout le monde les connaît plus ou moins déjà. En réalité, ça détonne vraiment avec le reste très choc.
Il est également intéressant de constater que seule une portion de marques a vu son nom changer, avec au premier plan Madone, qui fait bien évidemment référence à Danone. le pastiche est payant, ça fonctionne sans soucis. L'un des intérêts de ce bouquin, c'est d'y retrouver nombre de campagnes de pub connues de produits connus aux slogans connus qui nous ont violé le cerveau pendant des années, et qui pour certaines sont encore d'actualité. Certaines effectivement frôlent le génie marketing et il est passionnant de les décortiquer.
La fin est relativement décevante vu le début enflammé dans la critique pure et dure. Un gémissement, une fiction solaire à l'intérêt minime, totalement sortie de nulle part et sans aucun rapport avec le reste. Une partie déconnectée, loin de tout réel symbolisme. on sent l'auteur embourbé dans son affaire.
En vérité, il faudrait presque arrêter sa lecture en plein milieu pour ne garder que le meilleur, quitte à ne pas savoir où ça nous mène (mais vu que le roman finit vraiment en queue de poisson, c'est pas vraiment un problème).
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Citations & extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
ShrimpShrimp05 mars 2011
Quand je ne dis rien, c'est très bon signe : ça veut dire que je suis intimidé. Quand je suis intimidé, c'est très bon signe : ça veut dire que je suis troublé. Quand je suis troublé, c'est très bon signe : ça veut dire que je tombe amoureux. Et quand je tombe amoureux, c'est très mauvais signe.
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ShrimpShrimp05 mars 2011
Chère Obsession,
Pourrais-tu avoir la gentillesse de me sauver de moi-même ? Sinon je mets les pieds dans l'eau et les doigts dans la prise. Il existe une chose qui est pire que d'être avec toi : c'est d'être sans toi. Reviens. Si tu reviens, je t'offre une New Beetle. Bon, d'accord, c'est un peu con comme proposition mais c'est de ta faute : depuis que tu es partie, je deviens de plus en plus sérieux. Je me suis aperçu qu'il n'existait pas d'autre fille comme toi. Et j'en ai conclu que je t'aimais.
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totototo15 janvier 2009
Vous êtes les produits d'une époque. Non. Trop facile d'incriminer l'époque. Vous êtes des produits tout court. La mondialisation ne s'intéressant plus aux hommes, il vous fallait devenir des produits pour que la société s'intéresse à vous.Le capitalisme transforme les gens en yaourts périssables, drogués au Spectacle, c'est à dire dressés pour écraser leur prochain. Pour vous licencier, il suffira de faire glisser votre nom sur l'écran jusqu'à la corbeille, puis de sélectionner "vider la corbeille".
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LydiaBLydiaB04 juillet 2010
Ma liberté s'appelle assurance chômage. Je préfère être licencié par une entreprise que par la vie. CAR J'AI PEUR. Autour de moi, les collègues tombent comme des mouches : hydrocution dans la piscine, overdose de cocaïne maquillée en infarctus du myocarde, crash de jet privé, cabrioles en cabriolet. Or cette nuit, j'ai rêvé que je me noyais. Je me suis vu couler, caresser les raies manta, les poumons remplis d'eau. Au loin, sur la plage, une jolie dame m'appelait. Je ne pouvais lui répondre car j'avais la bouche pleine d'eau salée. Je me noyais mais ne criais pas au secours. Et tout le monde faisait pareil dans la mer. Tous les nageurs coulaient sans appeler à l'aide. Je crois qu'il est temps que je quitte tout parce que je ne sais plus flotter.

Tout est provisoire et tout s'achète. L'homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Voilà pourquoi j'ai décidé de prendre ma retraite à 33 ans. C'est, paraît-il, l'âge idéal pour ressusciter.
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peloignonpeloignon11 novembre 2013
Tout est provisoire : l'amour, l'art, la planète Terre, vous, moi. La mort est tellement inéluctable qu'elle prend tout le monde par surprise. Comment savoir si cette journée n'est pas la dernière? On croit qu'on a le temps. Et puis, tout à coup, ça y est, on se noie, fin du temps réglementaire. La mort est le seul rendez-vous qui ne soit pas noté dans votre organizer.
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