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EAN : 9782070426485
233 pages
Gallimard (25/02/2003)
3.34/5   424 notes
Résumé :
Quatrième de couverture:
"Les chefs-d'œuvre détestent qu'on les respecte. Ils préfèrent vivre, c'est-à-dire être lus, triturés, contestés, abîmés. Il serait temps de faire mentir la boutade d'Hemingway : un chef-d'œuvre est un livre dont tout le monde parle et que personne ne lit." F. B.
Frédéric Beigbeder a donc lu les cinquante livres du siècle choisis par les Français. De Nadja d'André Breton à L’Étranger d'Albert Camus, sans oublier Nabokov, Saint-... >Voir plus
Que lire après Dernier inventaire avant liquidationVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Ce texte m'a été envoyée par le Livre de Poche et j'avoue que j'avais un peu peur de ce que j'allais découvrir tant on m'avait diabolisé Frédéric Beigbeder comme un auteur snob, provocateur et auto-centré. Je vous rassure : Beigbeder est bien snob, provocateur et auto-centré, mais il est aussi drôle, cultivé et il a un style agréable qui compense ces défauts. Des qualités parfaites pour l'exercice suivant : évoquer, sur deux pages, les 50 textes préférés des Français, choisis parmi une liste de 200 titres présélectionnés lors d'un sondage élaboré par la Fnac et le Monde durant l'été 1999.

50 courts chapitres qui balayent un siècle de littérature mondiale, un siècle qui, comme le souligne Beigbeder, est impossible à qualifier (au contraire du XIXe, souvent le siècle du romantisme ou le XVIIIe, siècle des Lumières, etc.).

"Cette série de 50 livres est, au fond, à l'image de notre siècle : elle contient quelques oeuvres charmantes et légères, comme Gatsby ou Bonjour tristesse, mais aussi beaucoup de témoignages horribles qui montrent à quel point nos 100 dernières années ont battu tous les records en matière de monstruosité, de barbarie, de racisme et de tyrannie."

De Camus à Proust en passant par Kafka, Soljenitsyne, Orwell et Goscinny, on a effectivement un panel assez large des grands classiques du XXe siècle, même si certains semblent avoir été choisis plus pour le symbole (le classique qu'il FAUT avoir lu) que parce que les gens les ont réellement lus …

En revenant sur ces 50 textes, romans et essais pour la grande majorité, Beigbeder a pour objectif de désacraliser ces grands classiques, en nous faisant prendre conscience qu'ils sont d'une grande modernité et souvent proches de nous. Tout ça pour faire mentir la boutade d'Hemingway : "un chef d'oeuvre est un livre dont tout le monde parle et que personne ne lit" (ceci dit, une remarque très juste c'est que beaucoup d'oeuvres sélectionnées ont été adaptées en film, et l'on peut supposer que pour des romans ardus, les gens ont préféré voir la version filmée …)

Alors certes, il y a des côtés un peu agaçants dans cet exercice, par exemple l'emploi systématique de l'expression "hit-parade", qui fait très M6 (Music Awards par exemple) et qui peut paraître choquant parfois lorsqu'il s'agit de Proust ou d'autres auteurs (sans vouloir être snob .. :) ) Ou les quelques "spoilers" de grands classiques, que j'aurais préféré découvrir par moi-même … Ou encore le parti pris envers quelques titres, entre autres pour Autant en emporte le vent, qu'il critique très durement à tel point que je me suis demandé s'il l'avait lu, car ce roman va plus loin qu'une amourette entre Scarlett O'Hara et Rhett Butler …

Certains lecteurs ont pu être choqués par la récurrence d'allusions au fait que Beigbeder n'est pas lui-même dans ce classement … or la plupart du temps, c'est ironique et cela lui permet d'introduire le livre en question, ce qu'il fait assez finement.

Au final, c'est un essai très efficace qui peut être un bon moyen pour des jeunes ou des moins jeunes d'aborder des grands classiques et de leur donner envie de les lire ou les relire. Beigbeder n'oublie pas non plus de les replacer dans leur contexte, de raconter des anecdotes, de citer des extraits. Une manière un peu amusante et iconoclaste d'apprendre des faits littéraires …

Exemple : Saviez-vous qu'on doit à Gide le concept de mise en abyme littéraire avec Les Faux-Monnayeurs ? Ou que Hergé est un pseudonyme de George Rémy dont les initiales donnaient R.G !

Et on ne peut pas lui reprocher d'être trop critique : il est tout à fait capable de s'enthousiasmer quand il aime vraiment un livre, par exemple Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez dont il dit qu'il y a un avant et un après dans le monde littéraire après sa parution …

Et tout ça avec beaucoup d'humour. "Tout être humain est un héros qui se fait sans cesse poser des lapins par l'existence."

Pour finir, un phrase que je trouve très juste : "La littérature m'apparaît de plus en plus comme une maladie, un virus étrange qui vous sépare des autres et vous pousse à accomplir des choses insensées (comme de s'enfermer pendant des heures avec du papier au lieu de faire l'amour avec des êtres à la peau douce). Il y a là un mystère que je ne percerai peut-être jamais. Que cherchons-nous dans les livres ? Notre vie ne nous suffit donc pas ? On ne nous aime pas assez ? Nos parents, nos enfants, nos amis et ce Dieu dont on nous parle ne sont pas assez présents dans notre existence ? Que propose la littérature que le reste ne propose pas ?"

La question reste ouverte …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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C'est avec sa plume de critique littéraire que Frédéric Beigbeder a écrit "Dernier inventaire avant liquidation" et c'est avec humour et dérision qu'il commente la liste des 50 livres du siècle. Il explique en introduction que ces 50 livres ont été choisis par 6000 français à partir d'une sélection de 200 titres proposés par la FNAC et le monde en 1999. Certes, il trouve regrettable que certains auteurs n'y figurent pas parmi lesquels je trouve dommage de trouver Matzneff et très peu de femmes. Pour les autres (et ils sont nombreux) je partage le même intérêt.
L'objectif de Frédéric Beigbeder, qui aime jouer l'impertinent contestataire de salon, est de désacraliser la littérature et il y réussit très bien.
Dans ce recueil de chroniques, il y a pas mal de remarques que j'ai trouvé justes notamment lorsqu'il évoque Georges Perec qui aurait apprécié de se trouver dans cette liste puisqu'il raffolait des inventaires.
Ce qui compte, c'est que cela donne envie de lire. D'ailleurs, J'aime beaucoup ce genre de livre, c'est comme les critiques sur Babelio, cela permet d'échanger des points de vues.


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Dans la liste des cinquante livres du XXe siècle établie par 6 000 Français à la fin de 1999 et qui fait l'objet de cet essai, certains m'ont marquée (1984; le Deuxième Sexe; le Nom de la Rose; Voyage au bout de la nuit; L'oeuvre au noir; Zazie dans le métro; le Bruit et la Fureur), d'autres ne m'ont laissé aucun souvenir (Le Désert des Tartares), d'autres m'ont semblé d'un ennui profond (Le Mépris; Belle du Seigneur), d'autres d'une lecture absconse (À la recherche du temps perdu; Ulysses) et il en est dont j'ai vu la version filmée et plusieurs qui ne m'attirent tout simplement pas.
Frédéric Beigbeder, avec humour et humilité, s'est penché sur ces titres fameux, leur octroyant un court texte élogieux ou mitigé, avec sa verve habituelle. J'ai beaucoup aimé lire son avis de critique et d'écrivain, un brin désinvolte et joyeux. Et oui, on peut lire des chefs-d'oeuvre tout en s'amusant...
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"Depuis 5 ans que je suis critique littéraire (à Elle, Voici, Lire, au Figaro Littéraire, au « Masque et la Plume » ou sur « Paris Première »), je tente, avec mes maigres moyens – subjectivité d'autodidacte et enthousiasme naïf -, de désacraliser la littérature. Pour moi, rien n'est plus criminel que de la présenter sous un jour solennel (c'est à dire poussiéreux), car le livre est, aujourd'hui plus que jamais, en danger de mort."


Voilà comment Frédéric Beigbeder entame son Dernier inventaire avant liquidation.
Une manière d'envoyer un coup de pied dans la fourmilière un brin vieillotte qu'est devenue Dame Littérature les années passant.
Délicieux, non ?


Tout est parti, raconte-t-il, d'une volonté du Monde et de la FNAC d'élire « les 50 livres du siècle ». Entendez : les 50 livres qui ont fait le XXème.
Durant l'été 1999, il a été demandé à 6000 français d'établir une liste.


Bien que Beigbeder avoue ne pas être pleinement satisfait de celle-ci – nombre d'auteurs qu'il juge essentiels ont, à son sens été oubliés -, c'est elle qu'il choisit comme substrat pour dépoussiérer nos Classiques, desserrer le noeud de leur cravate et ôter leurs escarpins étriqués.
Parce qu'il est plus que nécessaire, pense-t-il, de surmonter la timidité que nous imposent les grandes oeuvres d'art et de faire mentir la célèbre phrase d'Hemingway : « Un chef d'oeuvre est un livre dont tout le monde parle et que personne ne lit. »


Un titre après l'autre, sur trois pages maximum, c'est au couteau et la fourchette que l'auteur s'attaque aux monstres des Lettres que, toujours, l'on cite d'un air entendu. Et je dois dire que le pari est réussi ! Avec toute l'irrévérence, l'ironie et l'humour (« politesse du désespoir ») qu'on lui connaît (doublé d'un talent d'écrivain indéniable), Beigbeder parvient à nous donner envie – le mot est faible – de nous plonger dans ces romans qui, longtemps, nous ont fait peur
et de relire ceux que l'on a lus un jour, parfois « mal lus » car étudiés à l'école, de force, "sans nonchalance ni désir spontané".


C'est souvent tendre et bienveillant, parfois cynique, parfois méchant, mais terriblement savoureux.
Sous sa plume, l'immense Belle du Seigneur d'Albert Cohen devient une pâtisserie appétissante, et le Voyage au bout de la nuit de Céline l'oeuvre sans laquelle on n'imagine plus vivre, ne serait-ce que quelques heures supplémentaires.


Et il faut avouer que notre esprit s'amuse et s'agite en lisant page 53 : « Evidemment, on pourrait penser que le Silence de la mer a aujourd'hui davantage une valeur historique et sentimentale que littéraire : il n'en est rien alors il ne faut pas penser n'importe quoi. »
La voix de Beigbeder résonne dans notre tête - celle-là même que l'on adore détester, mais quelle joie !


Alors dépêchez-vous de vous procurer ce petit manuel de survie.
Il y a des chances que vous ne voyiez plus les choses de la même façon par la suite.
Et il se pourrait même que vous vous réveilliez un matin avec l'effroyable désir de vous procurer Ulysse de James Joyce, ou de jeter un oeil nouveau à La Confusion des sentiments de Stefan Zweig.
Tentant, non ?
Lien : http://www.mespetiteschroniq..
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C'est l'inventaire d'un quincailler littéraire qui déstocke les prétendues cinquante meilleures oeuvres du siècle dernier, en nous fournissant la fiche technique de chacune d'elles. C'est pas inintéressant, notamment concernant d'éventuels romans que nous aurions omis de découvrir sur les bancs de l'école ou à la bibliothéque municipale mais il y a du bon grain et pas mal d'ivraie et d'ivresse de l'auteur...Avec le melon qu'on lui connaît, même sur le ton de l'humour, il est parfois très lourd dans l'analyse à l'emporte-pièces (il devait lui en rester un en stock...) de certains romans qui n'ont pas convaincu ce critique de la haute société neuilléenne qui veut se la jouer populo. Bref à lire mais avec précipitation plus que courage, comme pour faire un inventaire, activité qui n'est pas un exercice des plus passionnants.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
La littérature m’apparaît de plus en plus comme une maladie, un virus étrange qui vous sépare des autres et vous pousse à accomplir des choses insensées (comme de s’enfermer pendant des heures avec du papier au lieu de faire l’amour avec des êtres à la peau douce). Il y a là un mystère que je ne percerai peut-être jamais. Que cherchons-nous dans les livres ? Notre vie ne nous suffit donc pas ? On ne nous aime pas assez ? Nos parents, nos enfants, nos amis et ce Dieu dont on nous parle ne sont pas assez présents dans notre existence ? Que propose la littérature que le reste ne propose pas ?"
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Notre cerveau est assez bien fichu pour pas mal de choses, la mémoire, la raison, l'imagination ; mais il est incapable de nous aider dès lors qu'il est question de passion.
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Les grands livres, comme l'amour, nous font regarder le monde autrement.
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Nous vivons dans une société matérialiste qui tue l'amour, on s'offre des cadeaux au lieu de s'aimer.
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De toute façon, toute personne qui ne sera pas d'accord avec ce que je viens de dire sera immédiatement arrêtée, enfermée dans un cercueil rempli de punaises, puis plongée pendant huit heures dans un bain d'eau glacée devant un haut-parleur diffusant en boucle "La Danse des canards".
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Vidéo de Frédéric Beigbeder
L'écrivaine et philosophe Marianne Chaillan a répondu au décalé et intimiste Questionnaire de Trousp, autant inspiré par celui de Proust que des questions de Bernard Pivot. Site Internet: https://trousp.ch/
0:00 Introduction 0:14 L'amour qui liait Marc Antoine et Cléopâtre en 41 av. J.-C. est-il le même amour qu'il lie aujourd'hui Jay Z et Beyoncé? 2:13 Si votre maison brûle, qu'aimeriez-vous sauver en premier? 6:24 Avec quel écrivain ou philosophe décédé, ressuscité pour une soirée, aimeriez-vous boire une bière au coin du feu? 09:59 Quelle qualité préférez-vous chez L'Homme? 12:02 Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous qu'il vous dise, après votre mort? 13:00 Que pensez-vous de cette citation? «Dans la vie on n'a qu'un seul grand amour et tous ceux qui précèdent sont des amours de rodage et tous ceux qui suivent sont des amours de rattrapage.» Frédéric Beigbeder 16:26 Que pensez-vous de cette citation? «L'amant est toujours plus près de l'amour que de l'aimée.» Jean Giraudoux 17:33 Si vous pouviez résoudre un problème dans le monde, lequel choisiriez-vous? 19:47 Peut-on tomber amoureux sur Tinder? 24:48 Qu'est-ce qui vous rend heureuse? 27:29 Quel mot vous inspire le plus de douceur? 27:29 Quel mot vous inspire le plus de douceur? 28:50 Comment imaginez-vous les années 2050? 30:59 Remerciements
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