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ISBN : 2070414574
Éditeur : Gallimard (23/05/2001)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 2021 notes)
Résumé :
" Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l'amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n'est pas grave. Vou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (172) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  19 janvier 2013
Mon premier Beigbeder.
Je ne sais pas pourquoi mais j'appréhendais un peu cette lecture comme on appréhende un dépucelage. J'étais tiraillée entre le désir de connaître enfin cet auteur si médiatisé, de toucher du bout des yeux cette littérature "tendance" et à la fois craintive devant cet inconnu qui a déjà accumulé tant de conquêtes. Restait à savoir si ces dernières étaient des "filles faciles" peu regardantes ou bien de véritables conquêtes à la "Madame de Tourvel"...
Et bien, maintenant que c'est consommé, je peux me prononcer : une défloraison peu excitante voire passablement ennuyeuse. le style de Beigbeder est un subtil mélange de maîtrise rédactionnelle et de suffisance qui voile à peine son nom.
L'auteur, alias Marc Marronnier (une usurpation d'identité à laquelle l'auteur renoncera d'ailleurs pour entièrement se révéler, épargnant au lecteur l'exercice périlleux de différencier l'auteur du narrateur), me semble être un être oisif tout à fait inintéressant qui cherche à se donner de l'importance et, pour ce faire, occupe ses loisirs dilettantes à se créer du charisme à défaut d'être réellement né beau et intelligent. Étalant sa culture comme de la confiture, croyant se découvrir du courage à employer des verbes comme "enculer" et "sucer", il a la prétention d'offrir à la Littérature avec un grand l'les offrandes expiatoires de sa vulgarité et de sa pseudo-philosophie de la vie. Son récit, à mon sens, n'est sauvé du ridicule que par sa fluidité, sa précision et son rythme.
D'une part, je ne suis pas du tout d'accord avec sa théorie personnelle selon laquelle "l'amour dure trois ans" et, d'autre part, je ne pense pas que Mr Beigbeder et moi ayons la même définition de ce qu'est l'Amour (avec un grand A là encore). Sur cette base, il est vrai que tous les deux nous commencions plutôt mal. le personnage de Marc Marronnier/Frédéric Beigbeder est suffisamment vain et imbu de lui-même pour que je considère avec beaucoup de recul son appréciation du plus noble sentiment pouvant être ressenti par l'être humain. Les ficelles utilisées par l'auteur me semblent bien faciles et tapageuses ; idéales pour vendre en librairie, insuffisantes selon moi pour faire de ce roman une oeuvre.
Je ne peux pas affirmer que la lecture de "L'Amour dure trois ans" ne m'a apporté aucun plaisir. Non, je redis même que d'un point de vue stylistique c'est plutôt agréable; ça se lit en deux heures. Mais ça ne laisse vraiment que peu de traces dans mon esprit alors dans ma mémoire, vous pensez ! Cette manie flagrante qu'il prend à peine le soin de dissimuler de vouloir appuyer tout son "génie" (dont il est le premier convaincu) sur quelques tournures "choc", bien senties et bien écrites, ne suffit pas à marquer ce roman de la marque de l'art. Qu'il se consacre plutôt à écrire des scripts, je pense que ça lui ira mieux. Oui, mais, sans doute que ça ne lui apporterait pas assez de prestige dans les salons parisiens qu'il dénigre assez facilement bien qu'il leur doive tout son mérite. L'écrivain BoBo a beau jeu d'égratigner son milieu mais ce n'est pas l'emploi de quelques gros mots qui feront se pâmer ses professeurs de Louis-le-Grand. Ce n'est pas non plus l'invention de quelques concepts telle l'omnisexualité qui lui ouvrira les portes du Panthéon. Enfin, ce n'est pas le parfait naturel avec lequel il s'adonne aux partouzes et consomme de la dope qui fera de lui un grand écrivain. Oh, le vilain rebelle !
Revenons pour conclure à l'oeuvre. Que celles et ceux qui lisent cette critique et apprécient les romans de Beigbeder ne pensent pas que je condamne l'auteur à perpétuité. Comme un amant maladroit lors d'un premier rendez-vous, il ne m'a simplement pas fait une grande impression mais qui a déjà vraiment profité de sa "première fois" ? Il est donc probable que je lui redonne un jour sa chance mais il faudra qu'il prenne la peine de vraiment me séduire et pas seulement celle de biffer mon nom sur la liste déjà longue de ses aventures.
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Alwenn
  05 décembre 2008
Comment ai-je pu attendre aussi longtemps avant de lire du Frédéric Beigbeder ? Je me pose encore la question depuis que j'ai terminé ce livre et qu'à chaque fois que je le regarde, encore posé sur ma table de chevet, j'ai envie de le rouvrir pour le relire (et cette envie de relire un livre est assez rare chez moi pour que je le souligne !)
J'ai dévoré cette histoire désenchantée où se mêlent un humour grinçant, une ironie mordante et des constats d'une vérité à la fois accablante et légère.
Beigbeder s'attache à démontrer que l'amour est chose bien incompréhensible, qui, de manière ontologique, échappe à la raison et qui subit les attaques d'un enchaînement hormonal et chimique du cerveau (ça fait froid dans le dos !)… Que celui qui ne se retrouvera pas dans ce qu'a décrit l'auteur me jette la première pierre !
Personnellement, je me suis complètement retrouvée dans ce personnage de ma génération, trentenaire un peu désabusé qui aime, n'aime plus, aime à nouveau, doute mais vit, se détruit, vit encore et profite. La vie quoi. Avec toujours ce désir d'éprouver ce merveilleux sentiment - mais ô combien ténu -, qu'est la passion, ce sentiment fort qui fait souffrir mais qui nous fait tellement nous sentir en VIE.
Le style est fluide, sans prétention mais d'une justesse dans les mots et dans le sens de l'expression qui m'a ravie. Nul doute que dès mon prochain tour à la librairie, je fais la razzia sur ses autres bouquins !
Pour en revenir sur le thème de L'amour dure trois ans, je suis intimement convaincue que cette génération de trentenaire (dans laquelle je m'inclus sans honte) est une génération qui demandera toujours beaucoup à l'amour. On veut le consommer comme on consomme de tout dans la société, et surtout n'en tirer que le meilleur. Alors qu'en matière d'alimentaire, la mode est au light, en amour, en revanche, on demande la folle passion, le sentiment fort, qui vous bouffe le coeur et les tripes, qui vous empêche de manger, de dormir, et qui vous donne votre passeport pour la vie dans toutes ses splendeurs et ses misères : aimer et souffrir. N'est-ce pas là le sens même du mot « passion » en latin ? Aimer et souffrir. Et cette souffrance nous permet de nous ancrer dans la réalité, dans la vie, d'une manière tellement empirique et physique que c'est dans cette souffrance même que l'on peut se sentir vivre. C'est du Stendhal moderne : la cristallisation du sentiment et la passion comme seul antidote au désenchantement de la vie.
Certes, la question reste posée à la fin du roman : l'amour dure-t-il vraiment trois ans et faut-il toujours recommencer (si l'on ne peut accepter la perte de ce sentiment incroyable) ou peut-on espérer trouver quelqu'un qui nous permettra de surmonter cette routine du couple qui ronge les relations et avec qui l'amour-passion prendra définitivement ses quartiers ? le noeud du problème réside donc en une question simple : serons-nous d'éternels enfants en quête d'un sentiment qui par nature, nous échappera toujours dans le temps ou pourrons-nous mûrir assez pour accepter que l'amour, c'est aussi arrêter de courir les chimères et envisager une relation de couple comme un échange tendre et complice ? En gros, la passion et la tendresse sont-ils deux sentiments intrinsèquement différents ou sont-ils les deux faces d'une seule et même médaille qu'il faut oser retourner un jour ?
Terminé le 13 mai 2007.
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Sirenna
  02 octobre 2017
« Comme une pierre que l'on jette
Dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l'eau… »
Il a suffi t pour moi d'entendre cette chanson de Michel Legrand pour me remémorer le livre que j'ai lu il y a 20 ans.
Le livre a été publié en 1997.
Evidemment j'ai été cueilli par l'adaptation de ce livre au cinéma en 2012 avec dans le rôle principal :Gaspard Proust.
Le film était tout aussi magique que le livre.
Un futur auteur à succès qui s'amourache d'une femme mariée !
Quoi de plus banale et pourtant !
L'amour dure-t-il que trois ans,
Ou 3 mois,
Ou 3 heures ?
Peut-être les 3 à la fois ^^
Pas certaine que le personnage principal ; Marc Marronnier , ait une définition plus claire de l'amour que moi^^
L'amour est un mirage,
Un cirage (j'ai fait une rime mais inappropriée au contexte ) ^^
Une délivrance,
une repentance (là ça rime aussi ^^mais pour la signification il faudra repasser)
Frédéric Beigbeder dresse un tableau désenchanté (du moins au début du livre) de notre société et de la place de l'amour.
C'est peut être juste :
La grâce d'un instant,
La délicatesse d'un geste,
L'attention d'un regard,
Des mots échos
Qui se mue en muse
Et s'amuse^^
Alice, si inconstante mais pourtant si touchante papillonne entre les deux hommes.
Entre ennui et passion que choisi-t-elle ?
Celui qui la fait rêver, vibrer.
Qu'en est-il de son mari Antoine ; de sa peine, de sa souffrance ?
On en saura rien car l'histoire d'amour finit mal…mais que pour certain^^
Marc est aux anges…
Antoine au diable ^^
Mais de toute façon c'est un personnage tellement secondaire qu'on en oublie qu'il existe et d'ailleurs il est là juste pour sublimer la seule et vrai histoire d'amour celle de Marc et Alice.
Une sorte de faire valoir de l'amour : « conte des fée »^^
Il n'avait qu'à pas être aussi hautain et certain de la constance de l'amour ^^
Car il n'y a aucune garantie de durée !
L'amour est si fragile
il s'étend,
il s'éprend ,
mais ne se fixe pas.
Il se pose
Et s'envole l'instant d'après,
Asservi à sa liberté.
L'amour est brulant
Parsemé d'Etoiles
Du désir de vivre,
De sourire,
D'exister .
L'histoire d'amour d'Alice et de Marc se termine bien et fait rêver.
En fin de compte
L'amour est un mystère !
Et l'expliquer
C'est le faire disparaitre.
Sentons le,
Ressentons le,
Sans le dire !
En lisant le livre,
Ou en le relisant,
Pour y croire…
Que l'amour dure toujours ^^
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cicou45
  07 mars 2013
J'avais depuis longtemps envie de découvrir Frédéric Beigbeder, l'homme qui défraie les chroniques, l'homme qui n'a pas sa langue dans sa poche et encore moins sa plume et bien voilà, c'est chose faite. Que dire après cette lecture ? Tout simplement que je comprends mieux pourquoi j'ai attendu aussi longtemps avant de le lire car, ici, grosse déception. J'aurais peut-être mieux fait de commencer ma lecture par "99 francs" mais bon, je voulais lire cet ouvrage maintenant car je vais bientôt fêter mes trois ans de mariage, cela me paraissait symbolique et si il y a bien une chose que je voudrais dire à l'auteur, c'est que je ne suis absolument pas d'accord avec son personnage, Marc Marronnier, comme lui même s'en rend compte d'ailleurs à la fin de l'ouvrage en découvrant l'Amour avec Alice (amour avec un grand A).
Même si je reconnais une certaine qualité de l'écriture, j'ai trouvé cet ouvrage un peu vulgaire et uniquement basé sur le sexe.
Le roman est suivi du scénario du film dans lequel on retrouve pas mal de divergences, même si le fonds reste le même. Je suis néanmoins contente d'avoir découvert cet ouvrage car c'était quelque chose que je voulais lire. Pour les curieux, à découvrir !
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Franckync
  21 août 2017
Titre : le cas Beigbeder
Années : de 1990 à nos jours
Titres : L'amour dure trois ans, 99 francs, Un roman français, Windows of the world…
Editeur : Grasset
Mon humble avis : L'attitude et l'aura que dégage un écrivain sont-ils suffisants pour faire de lui un véritable auteur ? Est-ce que l'omniprésence médiatique fait d'un homme un véritable écrivain ? Les citations d'illustres romanciers et les références littéraires suffisent-elles pour faire d'un texte un véritable ouvrage ? Pas si sûr à la lecture des oeuvres de Frederic Beigbeder. J'ai commencé à lire Beigbeder à ses débuts avec les deux romans sympathiques que furent Mémoire d'un jeune homme dérangé et l'amour dure trois ans. Une lecture facile, pleine de références qui me permirent de découvrir des auteurs talentueux tels que Salinger, Boulgakov ou Bret Easton Ellis. Sur les textes en eux-mêmes pas grand chose à redire, une lecture facile, des personnages attachants et modernes, de l'humour, des bons sentiments et un peu de désespoir bon teint et c'est à peu près tout. La lecture de 99 francs, bien qu'un peu plus ‘consistante' sur la forme et sur le fond m'apparut encore une fois plutôt sympathique bien qu'élitiste et très éloignée des préoccupations du commun des mortels. le style Beigbeder naissait en même temps que la légende de ce dandy friand de vodka et de belles gonzesses. Si le personnage put paraître agréable et pas-si-léger-que-ça ( tel est le but ultime de la démarche du désespéré romantique ) j'avoue qu'une fois n'est pas coutume, je préférais largement l'adaptation cinématographique déjantée et créative de Jan Kounen au roman dont il fut tiré. Puis vint Windows of the world en 2003. Roman post 11 septembre 2001, livre puissant et émouvant où l'auteur cessait enfin de scruter son nombril pour nous livrer une oeuvre pleine et consistante dont les ultimes pages resteront, à mon avis, comme le sommet de ses écrits. Soyons clair, Beigbeder n'est pas Safran Foer ni Mc Inerney loin s'en faut, mais il prouvait avec cet opus qu'en s'éloignant du milieu chico-parisien et de sa propre personne, il pouvait proposer à ses nombreux lecteurs un roman attachant et abouti. S'ensuivirent deux romans ( L'égoiste romantique et au secours, pardon ) qui regroupaient à peu près tout ce que votre humble serviteur peut parfois reprocher à la littérature française : nombrilisme, boboïsme ( pas sûr que ce terme existe mais vous aurez compris la référence… ), émotion toc et désespoir de salon. Puis vint Un roman français…. Je préfère ne pas m'appesantir sur les raisons qui ont fait de ce roman un best-seller pour ne pas avoir à réitérer la litanie évoquée plus haut mais je me demande encore comment ce roman de souvenir plutôt mignon pût obtenir le Renaudot eu égard notamment à une scène risible où l'auteur dépeint comme une injustice flagrante et un traumatisme certain le fait d'avoir été encagé quelques heures pour cause de consommation de cocaïne sur la voie publique. Je pense sincèrement qu'il y a dans ce monde des injustices plus flagrantes et une nuit au poste ne fait malheureusement pas de Beigbeder un martyr crédible. J'avoue ne pas avoir encore lu le dernier roman de l'auteur natif de Neuilly sur seine consacré au couple Salinger mais je le ferais surement tant cet auteur provoque en moi des sentiments contradictoires. Aussi irritant qu'attachant la prose de Beigbeder recèle parfois des passages brillants sous des monceaux de poncifs et de références pompeuses. La seule condition étant que l'auteur parvienne à se détacher de sa personne et de son milieu; raconter des histoires n'est-ce pas la définition même d'un écrivain ? C'est en tout cas mon humble avis même s'il n'est pas partagé par beaucoup de lecteurs qui font de ses oeuvres auto-centrés des immenses succès de librairie. A très bientôt les amis….

Lien : http://francksbooks.wordpres..
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Citations & extraits (429) Voir plus Ajouter une citation
anemonerosaanemonerosa   18 octobre 2017
Pourquoi tout le monde fait-il la solitude ? Parce qu'elle obligé à penser. De nos jours, Descartes n'ecrirait plus : "Je pense donc je suis." Il dirait : "je suis seul donc je pense."
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x-Kah-mix-Kah-mi   21 décembre 2010
Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu'à toi, avec l'effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J'aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n'y arrive pas. Si tu connais un truc pour t'oublier, fais le moi savoir. Je viens de passer le pire week end de ma vie. Jamais personne ne m'a manqué comme ça. Sans toi, ma vie est une salle d'attente. Qu'y a-t-il de plus affreux qu'une salle d'attente d'hôpital, avec son éclairage au néon et le linoléum par terre? Est-ce humain de me faire ça? En plus, dans ma salle d'attente, je suis seul, il n'y a pas d'autres blessés graves avec du sang qui coule pour me rassurer, ni de magasines sur une table basse pour me distraire, ni de distributeurs de tickets numérotés pour espérer que mon attente prendra fin. J'ai très mal au ventre et personne ne me soigne. Etre amoureux c'est cela: un mal de ventre dont le seul remède, c'est toi. J'ignorais que ton prénom prendrait tant de place dans ma vie.
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x-Kah-mix-Kah-mi   21 décembre 2010
La première année, au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Chaque jour apporte sa légère cargaison de miracles. Personne sur Terre n'a jamais connu autant de plaisir. Le bonheur existe, et il est simple: c'est un visage. L'univers sourit. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ?
Penser rend triste; c'est la vie qui doit l'emporter.

La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous êtes fier de la complicité qui s'est établie dans votre couple. Vous comprenez votre femme "à demi-mot"; quelle joie de ne faire qu'un. Dans la rue, on prend votre épouse pour votre sœur : cela vous flatte mais déteint sur vous. Vous faites l'amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n'est pas grave. Vous êtes persuadé que chaque jour solidifie votre amour alors que la fin du monde est pour bientôt. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-mêmes, êtes-vous sûrs de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par coeur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ?

La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous ne parlez plus à votre femme. Vous passez des heures au restaurant avec elle à écouter ce que racontent les voisins de table. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus toucher. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux d'une autre.
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sweetlullabysweetlullaby   21 décembre 2010
L'amour est une catastrophe magnifique: savoir que l'on fonce dans un mur et accélérer quand même; courir à sa perte, le sourire aux lèvres; attendre avec curiosité le moment où cela va foirer. L'amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande.
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CiellaCiella   11 août 2012
Mon amour,

Ce week-end avec Anne n'a rien donné. N'en parlons plus. Comme toi, je voulais être fixé, être certain d'avoir fait le bon choix. Pardon de t'avoir fait cela. Je voulais aussi que tu sentes à quel point j'ai souffert pendant tes vacances. C'est idiot, je le sais. Parce que tu ne sauras jamais à quel point tu m'as fait mal.
Alice, nous sommes faits l'un pour l'autre. C'est effrayant. Tout est beau avec toi, même moi. Mais j'ai peur de ta peur. Il est insupportable que je ne sois pas le seul homme de ta vie. Je hais ton passé, qui encombre mon avenir.
J'aimerais que toute cette douleur serve à quelque chose. Pourquoi ne me fais-tu pas confiance ? Parce que je suis fou ? Ça ne compte pas comme reproche car tu es folle aussi. Tu crois qu'on s'aime uniquement parce que c'est compliqué ? En ce cas il vaut mieux se quitter. Je préfère être malheureux sans toi qu'avec toi.
Notre amour est ineffaçable, il est incompréhensible que tu ne t'en rendes pas compte. Je suis ton futur. Je suis là, j'existe, tu ne peux pas continuer à vivre comme si je n'existais pas. Désolé. Comme disent les Inconnus : "C'est ton Destin".
Nous n'avons pas le droit de fuir le bonheur. La plupart des gens n'ont pas notre chance. Quand ils se plaisent, ils ne tombent pas amoureux. Ou quand ils sont amoureux, ça ne marche pas au lit. Ou quand ça marche au lit, ils n'ont rien à se dire après. Nous, on a passé toutes ces épreuves avec les félicitations du jury, sauf qu'on est recalés puisqu'on n'est pas ensemble.
Ce que nous faisons est impardonnable. Cessons de nous torturer. Il est criminel de ne pas se dépêcher d'être heureux quand on en a enfin l'occasion. Nous sommes des monstres envers nous-mêmes. Allons-nous continuer longtemps comme ça ? Pour faire plaisir à qui ? C'est ignoble de faire autant de peine à soi-même et aux autres, pour rien. Personne ne nous reprochera d'avoir saisi notre chance.
Ceci sera vraiment ma dernière lettre. Je n'en peux plus de jouer au chat et à la souris. Je suis abattu, fourbu, à tes pieds, attendant le coup de grâce. À partir d'un certain niveau de douleur, on perd tout orgueil. Je ne t'écris pas pour te demander de venir; je t'écris pour te prévenir que je serai toujours là. Un geste de toi et nous fondons un élevage d'autruches. Pas de geste de toi et je suis toujours là, quelque part, sur la même planète que toi, à t'attendre. Je t'aime à la folie, je n'ai envie que de toi, je ne pense qu'à toi, je t'appartiens corps et âme.

Ton Marc qui a pleuré en écrivant ceci.
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