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Patrice Carrer (Traducteur)
ISBN : 2070773272
Éditeur : Gallimard (01/12/2005)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 148 notes)
Résumé :
Travaillant dans une université huppée de Washington D.C., David Goldberg devient, par le plus grand des hasards, le bibliothécaire privé d'Alan Stowe. Vieil acariâtre multimillionnaire, industriel cynique et sans scrupules, Stowe est
surtout le plus grand bailleur de fonds du parti républicain. Or, nous sommes justement en pleine élection présidentielle et l'équipe du candidat sortant, un gosse de riche va-t-en-guerre, ancien alcoolique reconverti en fou de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  22 décembre 2015
David Goldberg est bibliothécaire. Son métier, « c'est de distribuer du savoir. Gracieusement. Entrez, s'il vous plaît, entrez, prenez un peu de savoir gratis, non, ce n'est pas plafonné, continuez, vous pouvez vous en gaver, non, ce n'est pas une arnaque, ce n'est pas un échantillon gratuit pour vous appâter et vous facturer plus tard, ou bien pour vous tapisser le cerveau de logos et de slogans » (p.79). Pour améliorer son modeste salaire de fonctionnaire dans une université, David entre au service d'Alan Stowe, désireux d'inventorier sa bibliothèque personnelle. Alan Stowe est un vieux capitaliste richissime (Ah bon ? C'est un pléonasme ? Je le note) mais aussi le plus généreux donateur du parti républicain, et à ce titre auréolé d'une réputation sulfureuse : «Sous l'effet d'une richesse comme celle de Stowe, quiconque passait la porte se métamorphosait en courtisan ; c'était une séduction perpétuelle, une invitation à la corruption, à l'autocorruption. A peine le seuil franchi, chacun se mettait automatiquement à jouer des coudes, à faire le beau, à s'asseoir sur son derrière ; on aurait dit des chiens sous la table du dîner, attendant de recevoir une gâterie ou de boulotter la moindre miette tombée par terre" (p. 77).
 
Or, il se trouve par hasard que Larry Beinhart démarre l'intrigue de son roman au moment d'une campagne électorale présidentielle qui met en ébullition les services secrets, hommes de mains, barbouzes en tous genres qui suspectent Stowe de détenir des documents compromettants susceptibles de nuire à la réélection du président Scott. Au pouvoir, Scott brigue un second mandat. C'est un va-t-en-guerre qui a su éviter la conscription au moment de la guerre du Vietnam. Convaincu comme ses amis politiques que les classes possédantes doivent disposer d'un pouvoir supérieur à celui de la populace afin de défendre l'Etat, il pense que les pères fondateurs de la nation ont prévu à juste titre, des garde-fous pour la protéger d'un excès de démocratie : le fait par exemple que seuls les propriétaires blancs de sexe masculin soient autorisés à voter, ou que les sénateurs soient élus par la législature de leur Etat, ou que le président et le vice-président soient élus par les grands électeurs. Protéger le peuple contre un “excès de démocratie”, en voilà une notion qu'elle est belle et altruiste !
 
Face à lui, une candidate, qui si elle est élue, sera la première femme Présidente des Etats-Unis. Ann Lynn Murphy est donc une cause perdue et son élection une impossibilité, même si infirmière, elle a soigné en vrai des blessés au Vietnam. Parce qu'elle est féministe, les media à la botte répandent la rumeur que “le programme politique des féministes n'a rien à voir avec l'égalité des droits pour les femmes, que leur mouvement d'inspiration socialiste a déclaré la guerre à la famille et encourage les femmes à quitter leur mari, à tuer leurs enfants,  à pratiquer la sorcellerie, à détruire le capitalisme et à devenir lesbiennes “ (p.310).
 
Dans ce combat de prétendants à la charge suprême qui ne le concerne en rien, David devient une cible pour les services secrets, car il pourrait être en possession d'informations gênantes. Voilà comment, à cause d'un concours de circonstances malheureux, un bibliothécaire paisible et candide se retrouve bien malgré lui au centre d'une conspiration nationale. C'est le regard naïf de David, citoyen lambda, et sa méconnaissance des magouilles politicardes qui donnent à ce roman décapant tout son piquant et son humour croustillant. Inutile d'être expert en système électoral américain pour savourer les tribulations politico-sentimentales du héros, objet d'une chasse à l'homme, et qui en grand romantique tombe amoureux de Niobé, épouse de l'un de ses plus cruels poursuivants.
 
Ce que l'on trouve dans ce roman, comme l'on trouve du soja dans l'Iowa, ce sont des politiciens, des assistants, des consultants, des administrateurs, des chargés de mission, des coordinateurs, des lobbyistes, des régulateurs, des conseillers, des bureaucrates, des responsables de cabinets, des chefs du personnel, d'innombrables employés qui sont aisément transposables dans n'importe quel pays et que Larry Beinhart nous donne l'impression de parfaitement reconnaître malgré leur déguisement américain.
 
Si vous voulez savoir comment la libération des  52 otages américains de l'Ambassade de Téhéran en 1979, a été marchandée durant le duel qui a opposé Carter et Reagan, ce roman est pour vous. Je vous donne un indice : l'Iran a renvoyé les 52 américains le jour de l'investiture de Reagan. Si vous voulez approfondir les techniques qui permettent à la télé de devenir la clef du pouvoir, ou découvrir comment sont retouchées les positions des candidats pour parvenir à la formulation la plus consensuelle possible, à l'énoncé qui parait susceptible d'attirer le plus possible d'électeurs potentiels sans pour autant effaroucher ceux dont le vote est déjà assuré, ce roman est encore pour vous.

Enfin, si quelquefois, au lendemain d'une élection, par exemple régionale, vous ressentez confusément que l'électeur-électrice est considéré(e) comme une truffe lobotomisée et mal latéralisée puisque incapable de distinguer sa droite de sa gauche, alors n'hésitez plus ! Ce fut un réjouissant et instructif régal pour moi.
 





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Godefroid
  26 juillet 2015
Prenez un brave gars comme vous et moi, c'est à dire un gars qui n'a rien à voir avec les flingues, l'espionnage ou n'importe quel autre truc potentiellement violent. Qui découvre par hasard une conspiration visant à invalider l'élection de la candidate démocrate à la maison blanche. Qui se retrouve donc très vite avec une section spéciale des services secrets aux fesses, soit un petit club de sadiques au dessus des lois et à la solde du président sortant, un républicain plus ou moins crétin et plein aux as, toute ressemblance avec la réélection à l'arracher et plus que suspecte de Georges W. Bush étant bien sûr parfaitement fortuite. Tout ça manque un peu de sentiment me direz-vous. Que nenni ! le brave gars, un juif intello avec des bouclettes sexy, rencontre au bout de quelques pages à peine une femme éblouissante qui n'est autre que l'épouse du chef de la section spéciale, et il en tombe raide amoureux tellement qu'elle est belle (et en plus elle est intelligente. Oui, des questions dans la salle ?).
Bon, je suis peut-être un peu confus là, mais on a tous les ingrédients, pesés au gramme près, du best seller calculé pour le carton en librairie et l'adaptation sonnante et trébuchante en block buster estival. L'écriture est triviale, parfois lourdingue (chaque explication est mâchouillée sur plusieurs pages pour être bien sûr que les QI inférieurs à 12 profitent aussi du spectacle), les tentatives d'humour récurrentes sensées l'alléger ont encore tendance à le plomber, et on a déjà croisé les mêmes personnages plats et sans saveur un nombre incalculable de fois. le héros est bibliothécaire, alors on a droit à un peu de poésie, un peu de philo (genre Platon nique la démocratie - rassurez-vous, ce n'est pas développé) et - surprise - à l'évocation de chansons folk des années 60 (dont la sidérante "Anathea", l'une des plus belles chansons enregistrée par la plus grande voix féminine de la musique folk nord américaine, Judy Collins - bon sang, j'en frissonne rien que d'y repenser).
A mettre tout de même au crédit de ce consensuel pavé l'explication du mécanisme de confiscation rampante de la démocratie par la coalition politico-financière républicaine, même si elle donne lieu à de trop long apartés qui débarquent souvent dans le roman comme une perruque dans le potage. La charge contre les média unanimement moutonniers et à la botte de ce même pouvoir politique et financier est également accablante. On pouvait imaginer que le journalisme étasunien était un peu plus couillu et indépendant que le nôtre (le 4e pouvoir, tout ça...) mais apparemment, aujourd'hui, on a les mêmes toutous des deux côtés de l'Atlantique.
A part ça, on ne voit pas les pages se tourner ; le pavé se dévore à une vitesse supersonique même si la chute, comme le destin de tous les personnages, n'apporte pas la moindre surprise. Alors quelque part, il faut considérer que le contrat est plus ou moins rempli. Une chose est sûre : les fans de Millénium adoreront. Côté traduction, l'excellent Patrice Carrer (qui brille chez McKinty) a fait ce qu'il a pu.
Vous trouverez sur les mêmes sujets une alerte cent fois plus percutante, car emballée dans un texte bien plus subtil, chez l'australien McGahan (Australia underground).
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isabiblio
  29 juin 2010
Un thriller qui dévoile la face cachée de la société américaine sous G.W.Bush ou les pouvoirs sont entre les mains d' une administration de riches faite pour les riches, contrôlée par les plus grosses sociétés multinationales, sacrifiant les plus élémentaires libertés individuelles au nom de la lutte contre un terrorisme qui, bizarrement, profite aux mêmes tout-puissants... Une peinture au vitriol ou l' auteur démonte tous les mensonges, pour en éclaircir les rouages les plus obscurs qui n'ont pas toujours été évident à comprendre pour la novice que je suis ! En toile de fond une chasse à l' homme haletante et saisissante de réalisme, un suspense captivant d' une intrigue menée tambour battant, doublée d' une documentation étonnante dont les multiples révélations montrent l' envers d' un système truqué et faussé depuis trop longtemps et permettent ainsi de mieux comprendre les véritables enjeux de demain.Ce roman a reçu le Grand Prix de littérature policière 2006
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jpatou
  02 septembre 2014
Bon polar politique où la politique sous la présidence Busch est mise à mal par l'auteur. On suit dans ce livre David GOLDBERG, bibliothécaire qui entre au service d'un multimillionnaire, et qui est soupçonné d'avoir entendu certainnes choses compromettant la réélection du président. Ce livre se passe en pleine période électorale et nous suivons cette campagne avec pleins de détails technique ne nuisant aucunement à l'intrigue que j'ai trouvé palpitante et les personnages très bien surtout le héros, pris bien malgré lui dans la Grande Histoire et n'y comprenant rien. Un bon polar divertissant.
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MissAlfie
  05 septembre 2011
Ce n'est pas parce qu'un bouquin obtient un prix littéraire qu'il est bon, ou du moins qu'il me plaît. Et ce titre en est l'exemple. Bon, ok, il m'a quand même plu, puisque je suis arrivée à la fin, et que j'ai eu un mal de chien à le lâcher dans la seconde moitié, tant Larry Beinhart met en place les codes d'un page turner à l'américaine (bon, en même temps, le bonhomme étant américain, ceci explique peut-être cela...).
Avant cette seconde moitié, Larry Beinhart nous offre avant tout une description sans concession des coulisses d'une élection présidentielle aux Etats-Unis, avec un système politique très éloigné du modèle français où chaque candidat doit avoir un temps de parole équivalent et où l'argent est loin de jouer le même rôle... On se retrouve immergé dans un univers où le lobbying et l'argent font un président... Alors certes, si les noms ont été modifiés, notamment pour le président qui se présente à un second mandat, le lecteur ne pourra s'empêcher de faire le lien avec Georges W. Bush et se remémorer un certain nombre de petites choses, notamment l'épisode de bulletins de vote à recompter en Floride lors de sa première élection en 2000... Autant de points qui font voir d'un tout autre oeil la politique américaine.
Alors que cette première moitié, très axée sur la politique et ses conséquences sur la société américaine, m'a extrêmement intéressée, j'avoue que dans la seconde, même si c'est là que j'ai eu du mal à lâcher le bouquin, on entre totalement dans un thriller calibré à l'américaine, dans lequel un petit bibliothécaire va entrer en guerre contre les méchants et tenter de faire vaciller le pouvoir... Oui, bon, reconnaissons-le, ce n'est guère plausible quand même !!! Et du coup, on perd de vue un certains nombre d'enjeux pour arriver à une simplification de l'intrigue... Or, en matière de thriller politique, il faut reconnaître que pour le coup, après Manotti et DOA, il est difficile de faire aussi consistant et brillant (comment ça, je suis pas objective ? Mais qui a dit que je voulais être objective !!!).
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   20 décembre 2015
La politique [...], c'est une branche des affaires. Installez les bonnes personnes au pouvoir, et vous décuplerez le montant de votre placement.

Page 31 - Série noire
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Coccinelle2Coccinelle2   10 janvier 2011
Un bibliothécaire n'a pas un statut social très élevé, et nous ne gagnons pas non plus beaucoup d'argent ; plus qu'un poète, d'accord, mais pas autant qu'un type qui sait bien faire la manche. Alors, nos idéaux comptent beaucoup pour nous, et aussi l'amour des livres, l'amour du savoir, l'amour de la vérité et de la liberté d'information, le désir que les gens puissent découvrir les choses par eux-mêmes. Qu'ils puissent lire, oh, des histoires d'amour ou des romans policiers, ce qu'ils veulent. Et que les pauvres puissent avoir accès à Internet. (page 79)
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Coccinelle2Coccinelle2   10 janvier 2011
Spinnelli avait posé des micros dans les trois pièces de ce qui était, à ses yeux, un misérable petit appart, avec une télévision de trente-trois centimètres et des piles et des piles et des piles de bouquins. Des étagères pleines de bouquins. Des bouquins ouverts sur la table, et des bouquins près du lit. [...] Spinnelli s'était dit que ce gars ne devait pas avoir de vraie vie, pour être ainsi constamment plongé dans les livres. (page 124)
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isabiblioisabiblio   25 juin 2010
Les bibliothèques sont des havres de liberté. Des refuges propres et secs dans un monde livré aux intempéries.
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Coccinelle2Coccinelle2   10 janvier 2011
Ces flics qui débarquent dans les bibliothèques la rendaient furieuse. Les bibliothèques, c'était la liberté. Des torches dans l'obscurité, des bastions dressés contre la fascination fascisante du pouvoir qui guettait n'importe quel gouvernement. (page 229)
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Videos de Larry Beinhart (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Larry Beinhart
Intervieuw de Larry Beinhart pour son roman "Salvation Boulevard" Vidéo en anglais
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