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EAN : 9782869597990
235 pages
Arléa (03/01/2008)
4.5/5   3 notes
Résumé :

" La décolonisation est la forme la plus instinctive et la plus avancée de la liberté. Elle est l'avant-garde de toutes les libertés. Mais elle est la plus malheureuse de toutes, car elle n'a pas tenu ses promesses... Nous avions fait l'Histoire, nous étions au cœur de l'Histoire, et l'Histoire nous avait comblés à profusion. Pourtant, après avoir reçu en héritage cette grâce miraculeuse, nous ne... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Rafale32
  24 mai 2021
L'auteure nous livre une analyse d'un point essentiel de la politique post-coloniale: l'identité nationale. Il s'agit d'un essai sur la décolonisation, reprenant la création et l'evolution du parti nationaliste. Après l'indépendance, la domination n'est plus des colons mais du régime politique. Situation paradoxale.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   23 mai 2016
« Le plus haut tas de cadavres de l'histoire », dit Aimé Césaire en parlant du colonialisme. Mais on n'a pas institué de tribunal international pour en faire le procès. Le colonialisme n'a pas été jugé « crime contre l'humanité », et cette injustice n'a jamais été réparée ; ces tragédies ont été emportées avec le visage des disparus. Il en est resté chez les décolonisés un profond ressentiment. La paix véritable n'est pas entré dans les cœurs. Anciens maîtres et anciens sujets sont devenus des égaux mais, au fond d'eux-mêmes, les rancunes ne sont pas éteintes. Les uns vivent toujours dans la certitude de leur supériorité, les autres dans l'obsession de leur servitude.
La civilisation, qui exige tant de contraintes sur soi pour atteindre ces mœurs paisibles, nécessaires à la démocratie, les a ignorées contre des peuples avec lesquels elle s'est permise d'agir sans retenue. C'est la scène primitive de l'homme civilisé, qui le protège de lui-même en lui donnant licence absolue contre les autres. Ce qu'il a gagné en vertus s'est payé de crimes à notre égard. La modernité puise son énergie dans ce débordement de violence. Cette face de la modernité, impitoyable et obscure, a toujours accompagné l'autre, en s'octroyant un espace d'impunité hors de ses frontières protégées. Les Lumières ont grandi en s'adossant à une masse d'ombres, dont par contraste elles tirent leurs effets lumineux. Ainsi voit-on de belles architectures, en surplomb des bidonvilles, tirer leur éclat de la proximité de la laideur et du malheur. N'est-ce pas ce que font aujourd'hui les démocraties, quand, cultivant la paix entre elles, elles mènent des guerres de prosélytisme conte les « États voyous » ?
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art-bsurdeart-bsurde   29 mai 2016
En Europe, la démocratie s'est constituée après la subordination du religieux au politique. La tolérance civile (au sens de non-religieux) est la matrice de toutes les libertés d'opinion. Une société est « civile » quand on y protège la liberté de croire ou de ne pas croire ; quand les croyants n'y sont pas supérieurs aux incroyants ; quand le temps social n'y est plus ordonné par les matines, les vêpres, ou les appels du muezzin ; quand la perte de la foi n'y est plus vécue comme un crime spirituel et un scandale social ; quand on accepte, sans sursaut de honte ni d'horreur, que l'homme puisse vivre, s'il le souhaite, sans l'idée de Dieu ; quand le blasphème n'est plus un délit ; quand l'hérésie n'est plus vilipendée et que la mécréance n'est plus châtiée. On est alors dans une métaphysique civile et démocratique. Autrement non.
Or il semble qu'on ne puisse se passer, chez nous, des symboles et des mélodies de la religion, de ses rites, de ses usages, de ses bienséances, sans être désigné comme un énergumène sans foi ni loi. Notre foi n'est pas individuelle, elle est une évidence collective, conformiste, elle ne peut se passer du regard d'autrui. Quels que soient ses mérites et ses attraits, la liberté humaine est restée au-dessous du service de Dieu ; elle n'a pas atteint ce degré de dévouement extrême qu'elle a connu dans le cœur des grands hommes libres qui l'ont servie.
Non, nous n'avons pas cherché à acquérir un pouvoir réel sur les choses. Si volontariste que l'on soit, la décision finale revient à Dieu, murmure-t-on à chaque occasion. Nous avons gardé cette conviction que la politique n'était pas de notre seul ressort. Peut-être est-ce là le dessein d'un autre idéal de société. Nous n'avons pas encore atteint la distance du sceptique, pour lequel le commerce du néant et la compagnie de l'absurde ont le visage des gardiens inoffensifs que n'assombrit pas la couleur tragique de l'existence. Qui nous dictera nos préceptes de vertu si Dieu nous abandonne ? Comment ne pas sombrer dans la folie s'il n'y a plus de Juge suprême pour nous arrêter dans nos excès ? Comment la charité ne finira-t-elle pas par s'éteindre dans notre cœur ? Qui nous retiendra sur le pente de nos mauvais penchants ? Qui nous enseignera la bonté ? Comment reconnaîtra-t-on le vice ?
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art-bsurdeart-bsurde   15 octobre 2016
Nous avons grandi avec la conviction que l'humanisme était la protection la plus efficace contre l’oppression ; qu'il rendait les hommes plus intelligents et plus sensibles ; que l'étude et le commerce des œuvres de l'esprit étaient ce qui qui nous délivrait le mieux de nos tensions et de nos peurs. Nous avons cru en la fonction cathartique de la culture, à son effet d'exorcisme sur les démons des hommes, à son perfectionnement sur leur nature. Nous avons considéré les mérites de la raison comme largement supérieurs aux attraits de la foi. Mais cet idéalisme culturel doit être revu au regard des grandes menaces de notre époque.
Au-delà de l'échec de la colonisation, l'humanisme s'est révélé incapable d'assimiler des cultures qui ne sont pas dans le temps de la modernité, mais dans le temps de la croyance. Or le combat de l'humanisme contre l'esprit religieux a réussi en Europe avec le mouvement des Lumières, passant d'un monde ordonnée par la Providence divine à un monde guidé par la liberté humaine. L'Humaniste a cru cette mutation irréversible, alors qu'elle s'annonce incertaine, et qu'elle n'a pas réussi à convertir à la « civilisation de l'homme » des populations encore largement prisonnières de la « cité de Dieu ». Bien que le colonialisme au XIXe siècle ait déjà expérimenté la vanité de la force dans ce type d'entreprises, le XXIe siècle reprend la vieille mission militaire de « pacifier » cruellement des sauvages au nom de la démocratie, avec des chances accrues de favoriser la théocratie.
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art-bsurdeart-bsurde   30 octobre 2016
Peut-être les êtres humains, fatigués d'individualisme, se sont-ils mis à préférer l'obéissance à l'autonomie. L'humanité peut changer d'idéal après tout. Je veux me sentir libre de m'agenouiller, de me prosterner, de porter le cilice, de me flageller, de me construire de nouveaux temples, tout comme je suis libre de m'empoisonner au tabac, de me tuer sur les routes, de me prostituer, de changer de sexe, de haïr l'école. Poussé à l'absurde, la liberté réclame le droit à sa propre servitude. La liberté veut désormais être libre de se détruire. Nouvelles chaînes, nouvelles idoles, nouvelles églises, nouveaux maîtres. Je veux me sentir libre de réclamer un condition d'esclave en ayant l'impression de conquérir une liberté supérieure.
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art-bsurdeart-bsurde   29 septembre 2016
Nous manquons d'humilité et, dans cette angoisse de découvrir, en nous mesurant aux autres, nos limites, nous nous livrons à des excès pour ne pas affronter humblement ce que nous sommes : des êtres humains comme les autres, à qui il ne tient que d'en témoigner aussi dignement que possible. Découvrant que nous ne sommes pas des dieux, il n'est pas nécessaire que nous nous transformions en monstres.
La vérité a ceci de précieux que, si elle nous ôte quelques unes de nos illusions, ce n'est pas toujours pour nous infliger de mauvaises surprises. Il y a dans la lucidité, lorsqu'elle pointe son doigt sur le laid ou le mauvais, une vision insolite toujours supérieure, même dans le déplaisir, au mensonge qui la recouvre. La découverte du vrai, quelle que soit la déception qu'elle puisse provoquer, en compense le choc par la force de réalité qu'elle contient. Elle nous hisse à une hauteur morale qui nous rachète de la perte de nos désillusions.
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