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Jean-Jacques Préau (Traducteur)Rosine Gars (Traducteur)
EAN : 9782842601898
116 pages
Éditeur : Theatrales (17/03/2005)

Note moyenne : 2/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Caresses se présente comme une série de variations acides sur le duo et la famille, mettant en scène quatre générations, sur la structure de La Ronde d'Arthur Schnitzler : dix scènes et un épilogue. La maîtrise du dialogue et des silences témoigne d'une écriture parfaitement musicale. Lit nuptial : un couple se retrouve face au lit qu'ils viennent d'acquérir. Ce lit de deux mètres sur deux, aussi grand que leurs problèmes relationnels, sauvera-t-il leur union? En l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  28 décembre 2013
Par quoi vaut-il mieux commencer… Les Caresses ou le Lit nuptial ? le premier avec le deuxième, ce ne serait pas possible ? Pas avec Sergi Belbel pour qui les concepts de caresses et de lit nuptial ne sont pas propices à de folles liesses.

La première pièce comporte une dizaine de tableaux qui jouent sur le mode indéfini de personnages-types pour ne pas avoir à s'embarrasser de caractères et de biographies nuancées. Chaque tableau ne met en scène que deux personnages qui semblent piochés au hasard dans une liste mettant à disposition une dizaine de titres fixes. Pour le cortège masculin ? Entre un « homme jeune », un « vieil homme », un « homme », un « homme mûr » et un « garçon », on craint déjà de s'embrouiller. La crainte se renforce encore lorsqu'on découvre que la distribution féminine est calquée sur le modèle identique. Cette appréhension ne se justifie finalement pas. Sergi Belbel semble considérer que l'individualité n'existe pas en tant que telle mais qu'elle se construit dans le rapport à autrui. Ce rapport est d'ailleurs plus souvent conflictuel qu'apaisé. Que l'individu s'amuse en famille, entre amis ou en couple, il ne semble jamais pouvoir construire de relation satisfaisante et encore moins valorisante, à moins qu'il ne s'agisse de démolir une tierce personne absente de la scène. Dans un premier temps, ces Caresses, qui relèvent davantage du soufflet que du contact doux et attentionné de la personne bienveillante, constituent un émolument pour le lecteur harassé de l'hypocrisie courtoise. Avec Sergi Belbel, on se bagarre quels que soient l'âge ou la situation sociale. Après un début en fanfare mettant en présence un jeune couple qui se déchire entre deux répliques plus apaisées permettant de mener à bien la préparation du dîner commun, les conflits se mettent tristement à tourner en rond. Puisque les personnages arrivent sur scène de façon impromptue, sans que nous ne sachions rien d'eux ou de leurs rapports préalables, leurs disputes semblent gratuites et parce qu'elles sont infondées, elles réjouissent de moins en moins. Si l'objectif de Sergi Belbel semble principalement être celui de provoquer le spectateur en lui balançant à la tête une hérésie déjà obsolète (« Mon frère est pas un p'tit ange, au collège y disent que des mensonges et les anges vont pas à moto, t'as déjà vu un ange avec le crâne ouvert ? Dieu existe pas, un bobard dégueulasse »), de la sexualité vaguement pédophile et incestueuse (« ENFANT. – Regarde maintenant comme elle est grande ; HOMME. – Tu bandes ! ») ou de la vulgarité répétitive (« vieilles putes », « vieille pute fringuée en jeune »), l'accumulation ne fonctionne pas. Dans sa démarche globale, Sergi Belbel semble vouloir s'approcher du style de Samuel Beckett mais là où ce dernier réussissait à nous surprendre et à nous désarçonner sans avoir recours à la bassesse, la gratuité continue des propos ne parvient ici qu'à nous essouffler.

Trouvera-t-on un peu de repos dans le Lit nuptial ? Sans doute pas davantage. Aimant visiblement le mystère, Sergi Belbel nous met encore une fois en présence de quatre personnages indéfinis qui auraient pu être ceux de la pièce précédente : un homme, une femme, un ami et une amie. le lieu est réduit à son strict minimum et se constitue d'une chambre vide au milieu de laquelle trône le lit nuptial. On ne comprendra pas immédiatement son rôle. Objet d'ambivalence, il semble attirer à la fois la crainte et le désir du couple officiel constitué par la femme et l'homme mais ces derniers, cédant à leur sentiment dominant qui est l'inquiétude, demanderont finalement à un ami et à une amie, sélectionnés au hasard de leurs relations, d'étrenner ce nouvel objet à leur place. le couple est mort, qui essaie de raviver une passion éteinte dans ce lit métonymique de l'amour conjugal. La ruse qui consiste à réalimenter ses sentiments en devenant voyeur de ceux d'autres proies échoue, évidement, de manière fracassante. La construction de cette pièce joue sur la chronologie et mélange allègrement les différents temps de ce qui semble être une nuit pour nous faire comprendre progressivement les enjeux du lit nuptial. Si le texte unique est beaucoup plus court que la somme totale des textes de chaque scène, c'est parce que Sergi Belbel s'est amusé à le découper et à réaliser des collages. Ainsi raccommodées, les situations deviennent quiproquos qui s'éclaircissent plus tard, dans un contexte rallongé ou raccourci.

Ces deux pièces de Sergi Belbel constituent surtout une ode au théâtre. le dramaturge s'amuse à débrider la mise en scène et sa réflexion semble s'être portée sur les jeux chronologiques et situationnels avant de s'attarder sur la crédibilité de ses personnages. Ce constat est à l'image de dialogues qui suintent le mépris réciproque, la haine mutuelle, l'indifférence généralisée. Les êtres humains représentés par Sergi Belbel n'attirent aucune sympathie et cela n'est d'ailleurs certainement pas son objectif. Qu'on admire ses personnages parce qu'ils sont représentatifs de certains tourments humains ou parce qu'ils luttent de toutes leurs forces pour dépasser leur condition, non ; mais qu'on soit impressionné par l'audace représentative et l'absence des contraintes qu'implique habituellement la représentation théâtrale, oui ! Si Sergi Belbel ne tient pas particulièrement à ce que l'on aime ses personnages, il réclame en revanche une reconnaissance sans failles.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   03 janvier 2014
HOMME. – […] Je me rappelle parfaitement, quels relents, je t’ai regardé discrètement l’entrecuisse en retenant ma respiration, en pensant que j’allais découvrir une sorte de buée épaisse et chaude, une vapeur s’échappant de dedans, tellement la puanteur était pénétrante ; mais on s’habitue à ces choses malgré soi ; parfois… figure-toi… parfois l’odeur ne voulait pas partir, et j’étais obligé de me la trimballer avec moi (l’odeur de ton con) le reste de la journée (parce que la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, nous avons fait ça à midi, tu te rappelles ?) ; ainsi y avait pas de moyen de t’oublier.
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colimassoncolimasson   28 décembre 2013
HOMME JEUNE. – Je ne sais pas si tu te rends compte.
JEUNE FEMME. – Non. De quoi ?
HOMME JEUNE. – J’ai l’impression…
JEUNE FEMME. – Dis.
HOMME JEUNE. – L’impression étrange…
JEUNE FEMME. – Qu’est-ce qui t’arrive ?
HOMME JEUNE. – C’est comme si…
JEUNE FEMME. – Comme si quoi ?
HOMME JEUNE. – Comme si nous…
JEUNE FEMME. – Nous, quoi ?
HOMME JEUNE. – Comme si nous n’avions plus…
Un temps.
JEUNE FEMME. – Plus, quoi ?
HOMME JEUNE. – Plus rien à nous dire.
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colimassoncolimasson   05 janvier 2014
HOMME MUR. – Tu ne regardes plus comme avant. Tu es devenue une grande personne. Trop même. Avant, tu regardais, sans plus. Maintenant tu regardes et tu parles. Tu critiques.
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colimassoncolimasson   13 janvier 2014
LA FEMME.- […] Tout est mal qui commence mal et rien ne change, cher impotent. Et ce n’est pas ton lit de merde qui va changer quelque chose à la merde qu’il y a entre nous. Ni entre qui que ce soit, d’ailleurs. Oui, quand le Destin a décidé de vous niquer, il vous nique pour de bon et jusqu’au bout.
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colimassoncolimasson   09 janvier 2014
L’AMIE.- Hummm… Il n’y a qu’un petit problème, un petit problème de rien du tout : si toi tu es toi et que moi je suis moi, de la même manière que le lit est un lit (surtout le lit, bien sûr qui est un lit et pas autre chose, comme je le sais désormais grâce à toi…), alors tout ça ici, où nous sommes tous les deux, c’est sûrement une chambre et pas un cendrier, enfin à mon avis.
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