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ISBN : 2840496968
Éditeur : Seguier Editions (22/05/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Le spectacle est un univers visuel et sonore, peuplé par les artistes et les clameurs du public. Dans une salle naissent des plaisirs singuliers et inoubliables.
Comment les restituer, comment les raconter ?
Léo Ferré, Barbara, Pina Bausch, Ariane Mnouchkine, Alwin Nikolaïs, Jeanne Moreau, Michel Petrucciani, Mistlav Rostropovitch, Peter Brook - et tant d'autres.
Directeur d'une grande salle de spectacle, Marc Bélit a vu, entendu, aimé les perfo... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Jall
  06 juillet 2015
Dans l'attente de ce livre offert par les éditions Séguier pour l'opération Masse Critique (qu'elles en soient remerciées ainsi que Babelio), je me demandais si le Spectacle au coeur : Mémoires d'un directeur de théâtre serait plutôt un livre de souvenir ou plutôt un ouvrage un peu "people".
A son arrivée, ma surprise s'est davantage portée sur la forme du livre. Non pas sa forme physique, c'est un pavé de 485 pages, mais la façon dont il est agencé.
Après un avertissement en guise de préambule, les entrées se font par ordre alphabétique du nom de l'artiste. Il s'agit donc plutôt d'un dictionnaire amoureux du théâtre.
Je pensais donc "picorer" cet ouvrage, l'ouvrir un peu au hasard. En réalité, je l'ai ouvert au début, et je l'ai lu en entier. C'est donc possible, contrairement à ce que son organisation pouvait laisser pressentir.
De quoi s'agit-il, donc ?
Marc Bélit, l'auteur, a été directeur du Parvis, scène nationale à Tarbes de 1970 à 2010. D'une petite salle de grande simplicité à une salle plus moderne et confortable, sa scène a accueilli des acteurs, des danseurs, des chanteurs, des musiciens, des comiques, des artistes novateurs, venus de tous les pays.
Des partenariats ont été noués avec d'autres lieux. le Parvis garde la mémoire des différents spectacle qu'il a accueillis.
A travers les mémoires de Marc Bélit, le lecteur devient spectateur, et découvre des artistes, des mouvements, des créations, ou redécouvre des chanteurs, des acteurs sublimes, parfois moins, mais toujours touchants.
Pas du tout "people", cet ouvrage est un condensé de passion et un chant d'amour envers les artistes. Marc Bélit évoque le chiffre d'une centaine par an, leur présentation assure donc de la diversité.
Il est d'ailleurs très tentant, grâce à Internet, de découvrir certains artistes évoqués dans le livre.
L'auteur attribue à son ouvrage le nom de "lexique égotiste". Je le retiendrai pour en parler. C'est à la fois un recensement par ordre alphabétique, certes, avec toutes les découvertes artistiques que cela entraîne (mise en scène, chorégraphie, musique ...), mais avec le regard très personnel de l'auteur. Marc Bélit est à la fois omniprésent, puisqu'il nous livre ses mémoires, mais il s'efface totalement derrière les artistes.
Ses commentaires pertinents, souvent tendres mais pas toujours, et jamais obséquieux, dégagent surtout une immense passion pour la scène et nous permet d'entrevoir la création scénique des années 70 à (presque) nos jours.
Permettez-moi de regretter, un peu, cette entrée par ordre alphabétique. Des souvenirs par ordre chronologique , ou par discipline, ou simplement tels qu'ils apparaissent à l'auteur m'auraient bien plu. J'adorerais d'ailleurs écouter l'auteur présenter son livre.
Néanmoins, vous pouvez offrir sans crainte cet ouvrage aux passionnés de spectacles. On sent les odeurs, les bruits, les émotions. Tout spectateur qui a une addiction à la scène saura l'apprécier.
En conclusion, j'évoquerai cette scène où des jeunes filles, hilares devant l'émission des Deschiens, rencontrent Jérôme Deschamps qui leur propose de venir à son spectacle. Et les jeunes filles de répondre (sans le reconnaître) : "on déteste le théâtre".
Peut-être des pistes pour le théâtre, le spectacle ? Retrouver ses racines populaires ? Pour que tous ceux qui le souhaitent, sans préjugés, puissent partager ce monde de rêve et d'émotions.


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labibliothequedurat
  15 mai 2015
Le velours pourpre lui couvre l'épaule. D'une main délicate il en écarte un des pans lourds. Ce n'est pas le cardinal qui retient son souffle, mais l'ancien enfant de choeur d'un probable « prêtre défroqué », qui tente de plonger son regard dans la salle bondée. le public est en apnée. Seul le geste de l'artiste ose monter sur les fils de lumières et y pianoter une portée de mots qui vont embraser la salle. le théâtre, seul endroit où l'homme-acteur peut s'adresser à la cité, afin de poser un acte civique mais aussi métaphysique, en ce qu'il peut aussi s'interroger sur le destin… de son propre destin.
Si Avignon est à l'évidence l'endroit où l'on débat, Marc Bélit observe et constate : mais qui débat ? Les mêmes, éternellement les mêmes : ceux qui tiennent la queue de la casserole et ceux que l'on cuit dedans. Avignon est de ce point de vue incontournable et bien des programmateurs de villes ou de communes en France, venus faire là leur marché, répercuteront l'écho de ce qui a été dit et feront partager les découvertes et les coups de coeurs qu'ils ont pu y ressentir.
Marc Bélit appartient à cette génération qui a osé bousculer la nomenclature et faire sortir le spectacle hors des murs de la cité et le produire là où la masse de gens en soif de découvertes et de nouveautés attendent ce qui sera le baume adoucissant une vie de labeur. Même si l'humour parfois très noir d'un Pierre Desproges clamait, mais qu'on en juge : « L'intelligence, c'est le seul outil qui permette à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur », l'heure était aussi à d'autres découvertes très divertissantes.
Il y a parfois des choses étranges qui procurent des rencontres inattendues. le fait de se retrouver avec Maria Casarès lors d'un été dans un petit village des Pyrénées procurera à Marc Bélit plus qu'un émouvant souvenir. « La grande tragédienne, alors âgée de soixante-dix ans, avait l'apparence d'une très vielle dame. Elle était assise sans façon sous les arbres, et nous bavardions avec elle comme avec une grand'mère qu'on vient voir à la campagne. Mais, le soir venu, elle avait revêtu l'habit de la comédienne et son visage métamorphosé était devenu un masque. Elle était Médée. Après le spectacle, nous dinâmes à la table commune comme des comédiens en tournée. Je n'osai évoquer sa carrière, tant il y avait de passé à repasser. »
Tout le monde connaît, sans le connaître vraiment, le comédien Alain Cuny. Il semblait tellement appartenir au siècle passé qu'on se demande à qu'elle époque il a vécu. « Un soir de récital », raconte Bélit, « je ne dirais pas qu'il suscita l'enthousiasme, au mieux, le malentendu entre un titre accrocheur et les grandes odes de Claudel. Je me souviens qu'après ce concert, nous étions allés manger chez moi à la campagne. Je l'entends encore, marchant dans le noir et dissertant sur le parfum des roses de France, longtemps. Soudain, le spectacle était là, non plus sous la nef où il nous avait assommés, mais dans l'improvisation touchante et poétique de l'instant. Malheureusement, ce soir-là, nous ne fûmes que quelques-uns à l'entendre. »
Existe-t-il quelque chose de plus triste qu'un rendez-vous manqué ? Un rendez-vous avec quelqu'un qu'on admire, qu'on espère et dont on caresse l'espoir que l'on saura peut-être gagner un petit moment d'intimité avec lui (avec elle), qui donnera à la vie une saveur particulière quelques temps, peut-être toujours. Ce rendez-vous, Marc Bélit l'avait attendu … avec la chanteuse Barbara qui devait passer au Parvis en cet automne 1977. « Lorsqu'on vint me prévenir qu'elle était arrivée dans les loges, le régisseur me glissa : ‘‘Elle est de mauvais poil et a demandé qu'on aille chercher le directeur !'' Diable, c'était bien la première fois que je me retrouvais interpellé comme tel » raconte l'auteur. Mais à trente ans, on ne doute de rien et surtout pas d'inviter les artiste qu'on aime. S'étant préparé un discours fait de compliments qui devaient traduire son admiration, il se présent devant elle, cherchant quels seraient les mots sur lesquels il pourrait les ajuster. « Où sont les toilettes ? » lui demanda la chanteuse d'un ton sans réplique. « A l'évidence, j'étais une ombre, un factotum, un fonctionnaire de service, une utilité du monde du spectacle, un fonctionnaire de service… » confie Bélit, le trémolo dans la voix.
Le soir venu, l'oiseau noir chanta merveilleusement. Elle était là où je l'avais souhaitée…

Tout au long de ses trente-cinq années de carrière, Marc Bélit aura joie de porter le fruit de son labeur aux marches des «Art & Essai » du cinéma, à la « Scène Nationale », sans oublier la reconnaissance de « Centre d'Art contemporain ». ‘‘Le Parvis'' à Tarbes dont il a assumé la direction, est un véritable lieu pluridisciplinaire, un lieu de culture et d'accueil, des grands classiques en passant par les groupes musicaux locaux.
Seul, dans le noir, se battant contre ses ombres, l'artiste tout auréolé d'une couronne de lumière, déchirant avec sa voix de baryton dont le vibrato presque désespéré touchait au coeur quand ses mots, eux, touchaient à l'âme… Il remporta ce soir-là encore un véritable triomphe.
La lourde tenture de velours pourpre retombe.
« Lorsque je raccompagnai Serge Reggiani dans sa loge, il avait déjà disparu dans l'ombre de lui-même… J'avais vu passer l'Italien et son souvenir en restait à jamais gravé ».

Lien : http://lesplaisirsdemarcpage..
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chocoladdict
  15 juin 2015
Fondateur et longtemps directeur d'un Théatre National à Tarbes dans les Pyrénnées Marc Bélit nous raconte tous les immenses artistes qui foulèrent la scène nationale du Parvis au cours des quarante ans où l'auteur était à sa tete.
De Michel Petrucciani,en passant par Muriel Robin, Jeanne Moreau ou encore Peter Brook, Burit nous dit tout ou presque sur ces hommes et femmes de théâtre, musiciens, chorégraphes,qui sont allés fouler les planches de ce beau théâtre de province.
Un beau livre de souvenirs pour l'amour de l'art et des artistes un peu trop érudit à conseiller plus aux amateurs éclairés de théâtre et de spectacles vivants qu'aux vrais néophytes mais un bel objet intelligent et élégant, à l'image de son auteur.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Seguier.
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Eimelle
  22 juin 2015
A travers les souvenirs d' un directeur de théâtre, Marc Bélit, pour la salle du Parvis, c'est un retour sur les figures marquantes du théâtre et de la danse des dernières décennies que nous propose ce livre.
Sous la forme d'un dictionnaire, les différentes entrées biographiques ou thématiques, dressent un panorama de 40 ans de créations.
Marc Bélit revient sur de nombreux spectacles, petites brèves ou analyses et critiques plus poussés, il y a les bons souvenirs , les rencontres manquées, les enthousiasmantes, les déceptions, les incompréhensions, des grands noms (de Barbara à Merce Cunningham et Carolyn Carlson en passant par Raymond Devos ou Maria Casarès) aux artistes moins connus du grand public, beaucoup de danseurs également, de tous les pays, une multitude de spectacles évoqués...
Et sans avoir vu ne serait ce qu'un dixième des productions en question, les petites anecdotes des loges ou des coulisses en fond un récit "accessible" même pour les non-spécialistes du sujet. le format "entrées de dictionnaires" permet une lecture à petites touches!
Mémoires d'un directeur ou d'un spectateur? Les deux se mêlent, de quoi donner un bon aperçu du paysage des arts de la scène, vu depuis une scène nationale de province. Décentralisation, évolutions techniques et conception d'une salle de spectacle, rapports avec la presse, choix de programmation...
Un livre qui ne peut que donner envie d'aller au spectacle!
Un livre lu grâce à l'opération Masse critique de Babelio, merci!
Lien : http://lecture-spectacle.blo..
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JallJall   06 juillet 2015
Le fond de commerce du dramaturge (Rodrigo Garcia) est fondé sur le scandale, la provocation et même si elle tend à rejoindre "l'idéologie dominante de la répulsion de notre monde", elle doit cependant s'en démarquer un peu pour n'être pas trop dans le consensus de l'indignation collective, elle-même forme de la consommation idéologique de masse et complètement indispensable de l'autre. Alors, on verra bien. Le plus drôle (si l'on peut dire) c'est que ce contestataire patenté, s'est vu, lui-même, contesté de fait par la grève des intermittents qui est venue contrarier son installation à Montpellier en 2014 et son plan de communication puisqu'il devait y arriver avec Golgota Picnic sa dernière et très controversée création, qu'il ne put présenter au Printemps des comédiens de Montpellier. Il s'est alors fendu d'une diatribe furieuse et éloquente contre cette impossibilité de jouer qui, de facto, le met dans cette contradiction dont son théâtre vit et tire un peu les ficelles. C'est là ce que le vieux Hegel appelait, l'ironie de l'histoire.
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SeguierSeguier   25 mai 2015
Le spectacle est un univers visuel et sonore, peuplé par les artistes et les clameurs du public. Dans une salle naissent des plaisirs singuliers et inoubliables.
Comment les restituer, comment les raconter ?
Léo Ferré, Barbara, Pina Bausch, Ariane Mnouchkine, Alwin Nikolaïs, Jeanne Moreau, Michel Petrucciani, Mistlav Rostropovitch, Peter Brook - et tant d’autres.
Directeur d’une grande salle de spectacle, Marc Bélit a vu, entendu, aimé les performances des meilleurs créateurs de ces dernières décennies. Son récit est un « partage du soir», ce moment si particulier où l’on vient s’asseoir face à une scène pour écouter des histoires, admirer des corps qui dansent, entendre des musiques d’ici et d’ailleurs, pour vivre ces instants où les projecteurs éclairent au-delà de la salle et du présent.
Un livre de souvenirs pour l’amour de l’art et des artistes.
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JallJall   06 juillet 2015
Ce soir-là je quittai le théâtre avec le regret de n'avoir pu partager tout cela avec ces jeunes filles qui s'étaient égaillées comme un vol de moineaux, étourdies comme on l'est à leur âge et sans que la proximité offerte du théâtre n'aient pu les retenir. C'est Vilar qui disait : "le peuple à besoin de beauté", mais c'est aussi comme l'amour selon Lacan, encore faut-il pouvoir le donner à qui n'en veut pas !
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JallJall   06 juillet 2015
Au fond, ce n'est pas seulement Golgota Picnic qui devrait aujoud'hui faire vraiment scandale, mais le Tartuffe de Molière, toujours d'actualité avec son cortège de faux dévots et de vrais opportunistes.
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chocoladdictchocoladdict   15 juin 2015
« L'intelligence, c'est le seul outil qui permette à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur »
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