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ISBN : 284111192X
Éditeur : Editions Nil (24/03/2000)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 30 notes)
Résumé :
" Gwen, pilleuse d'épaves, allait à la marée glaner sur le sable jaune des vieux morceaux de bois blanchis et rongés par le sel, mille fois poncés par le ressac, en ramassait un, examinait sa forme à la lumière hivernale.
On se foutait d'elle, qui vidait ses poches pleines de cailloux bizarres et de débris de verre tintinnabulant dans ses mains. Elle encombrait la table de la cuisine de pieuvres de bois mort alors qu'on prenait l'apéro au retour de la plage. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
claraetlesmots
  04 mars 2010
J'ai accompagné Gwen dans ses derniers jours. J'étais là à l'hôpital quand elle n'arrivait plus à respirer et que son corps s'est mis à se secouer de spasmes. L'infirmière nous a fait un signe de la tête et là, j'ai baissé les yeux, la gorge serrée d'émotions. L'envie de chialer, de pleurer des grosses larmes. de se vider de toute cette révolte, parce que Gwen c'est l'amie, la soeur, la cousine fauchée par un cancer à trente-huit ans. Hurler et crier « Gwen, reviens ! t'as pas le droit de mourir pour toi, pour tes enfants, pour ton mari, pour nous. Qu'est ce qu'on va devenir sans toi ? Hein, dis-le-moi. Qui ira se promener avec moi le long de la rade ? Ou alors plus dans les terres, là où la bruyère et les ajoncs tapissent le sol. » On était à ses cotés les bras ballants, statues pétrifiées de sel et de douleur. Ils ont amené Gwen chez elle, dans sa maison. Poupée triste au front froid à qui on allait rendre visite. Des allées et venues surtout le soir car chacun après son travail venait lui dire au revoir et témoigner sa peine à son mari. Pas besoin de longs discours, une poignée de main ou une accolade qui se terminait toujours par un mouchoir tamponné au coin de l'oeil. Les hommes étaient rasés de près et sentaient encore le savon, les femmes avaient endossé leurs vêtements du dimanche. Parce que c'est normal de venir rendre hommage à celle que l'on connaissait de près ou de loin. Dans la cuisine, la cafetière fonctionnait sans arrêt. Sur la table : les tasses, des gâteaux, une bouteille de vin ouverte pour ceux qui préféraient un coup de rouge. Les enfants, on les barricadait dans la cuisine, ils auront bien le temps de voir la mort, de connaître son visage. Une cloison ou un couloir les séparait juste de l'effroyable. Ils écoutaient les voix chuchotées, les conversations qui se terminaient par un hochement de tête ou un « c'est la vie » soupiré, sans espoir. le lendemain ou le surlendemain, l'enterrement traditionnel : la messe avec le curé qui essaie de faire au mieux. L'église du patelin bondée, pleine à craquer et des murmures de commères qui s'élevaient de rangs « la fille d'untel est à l'hôpital …ah bon, je ne savais pas ». le cercueil posé avec Gwen dedans, c'est ta dernière demeure, ma belle. Comment tu vas faire maintenant pour regarder le ciel, rire ou pester ?
Au cimetière, on se tenait les uns à côté des autres comme pour éloigner l'Ankou au cas où il reviendrait. Communion des habitants de la côte et de ceux des Terres, pour toi Gwen. On est allé au café du coin où il y avait des tables réservées pour la famille et les proches. Les langues se déliaient petit à petit et on commençait à reparler de la Vie…
Que dire d'un livre qui vous prend aux tripes et qui vous fait replonge des années auparavant ? Sans être une bretonne Bretonnante, mon sang et mes racines sont dans ce livre. Bien plus qu'un roman, c'est un témoignage beau, profond et émouvant qui nous rappelle qu'avant la mort était beaucoup plus humanisée. L'écriture d'Hervé Bellec est limpide, franche et contient à elle seule toutes les racines de la Bretagne. Une lecture dont on ne sort pas indemne...

Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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sylire
  03 novembre 2012
Avant de commencer "la nuit blanche", il faut s'armer d'un bon moral, surtout pour les cinquante premières pages. Une femme de trente-huit ans se meurt dans un hôpital. le narrateur fait partie des amis qui sont là quand il le faut. Abattu et sous le choc, il fait le récit des dernières heures de Gwen. Rien n'est passé sous silence : l'agonie, le dernier souffle mais aussi les heures qui suivent le décès : la veillée puis les obsèques.
Il y a de la révolte et une grande tristesse dans les propos du narrateur. Pourquoi Gwen ? Pourquoi si jeune ?
Toutefois, l'évocation des bons moments passés avec l'absente et les retrouvailles avec les amis donnent au récit une certaine chaleur. En refermant le livre, on a l'impression, nous aussi, d'avoir connu Gwen.
La réflexion de l'auteur sur la mort et la façon de l'aborder dans nos sociétés m'a interpellée. Plus jeune, comme beaucoup d'entre nous, il trouvait ridicules et dépassés les rites autour de la mort. Confronté au décès de son amie, il apprécie que les choses ne soient pas expédiées, que l'on prenne le temps de se séparer de l'être aimé, en rapatriant le corps à la maison, en le veillant… Non croyant, il accepte l'enterrement et ne trouve pas si choquant, au final, le café-crêpes qui suit la cérémonie. Il en vient à la conclusion que ces rites sont préférables aux funérarium et crématorium des sociétés modernes.
Le Finistère évoqué dans ce livre est bien celui que je connais, encore marqué par des traditions un peu pesantes mais auxquelles je dois reconnaître une certaine humanité. J'ai retrouvé des paysages qui me sont familiers, l'atmosphère des villages du centre Bretagne qui se vident…
Une lecture éprouvante mais intéressante.

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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mgeffroy
  28 janvier 2008
Comme quelqu'un a déjà fait une critique de ce magnifique livre...
http://eireann561.canalblog.com/archives/2007/06/19/5358367.html
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mgeffroymgeffroy   07 janvier 2008
Gwenn, pilleuse d'épaves, allait à la marée glaner sur le sable jaune des vieux morceaux de bois blanchis et rongés par le sel, mille fois poncés par le ressac, en ramassait un, examinait sa forme à la lumière hivernale. On se foutait d'elle, qui vidait ses poches pleines de cailloux bizarres et de débris de verre tintinnabulant dans ses mains. Elle encombrait la table de la cuisine de pieuvres de bois mort alors qu'on prenait l'apéro au retour de la plage. Imaginez le tableau, des os de goélands, c'était cradingue, elle nous les mettait sous le nez, et les plumes avec, ça schlinguait la marée et c'était Bysance

Oh, petite fille de la mer, ma sirène aux cheveux d'or, aux yeux trempés dans le ciel défiant le Grand Astre, obstinée, espiègle, ma sœur des après-midi d'été, quand je te vois arpenter la grève blanche à marée basse, penchée sur le sable, ma complice des tapages nocturnes et des danses barbares, je viens te dire adieu.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   04 mars 2010
Kerascoet, deux kilomètres cinq, j’ai les jambes en coton. J’essuie m es mains moites à mon pantalon. Dès qu’on s’approche du village, les champs deviennent des jardins, les fermes des pavillons. Les géraniums dégoulinent des fenêtres du premier étage. Ici les bourgs embellissent au fur et à mesure qu’ils crèvent
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matata59matata59   04 mai 2017
-C'est comme ça, mon vieux, on est niqués. Se faire des potes, des vrais, c'est comme faire des gosses. Tu signes un chèque en blanc, une sorte de contrat qui te lie pour une durée indéterminée, et il y a des clauses écrites en tout petit au bas de la feuille, si petites qu'on arrive même pas à lire. C'est ça qui nous tue.
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matata59matata59   04 mai 2017
La camionnette a démarré et nous qui étions juste à l'arrière avons reçu en pleine poire une bonne bouffée de gasoil brûlé, les derniers pets de la défunte.
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Videos de Hervé Bellec (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Bellec
https://www.editions-dialogues.fr/livre/K-B/ Rencontre avec Hervé Bellec et Alain Goutal qui nous présentent leur livre "K.B. Kreiz-Breizh, voyage au c?ur de la Bretagne" aux éditions Dialogues. Questions posées par Élise le Fourn. Réalisation : Ronan Loup.
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