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ISBN : 2070197387
Éditeur : Gallimard (04/05/2017)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Walker a tout pour être heureux. Il dirige une florissante entreprise au Nouveau-Mexique et sa femme, la riche et belle Sarah, lui a donné trois magnifiques enfants. Et pourtant, il ne supporte plus sa vie. Entre sa famille, son entreprise et les contraintes de toutes sortes, son temps lui échappe. Une seule solution : la fuite. Walker va mettre en scène sa mort de façon à ne pas peiner inutilement les siens.

Malheureusement pour lui, Nick Shepherd, r... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
jujuramp
23 mai 2017
Je ne connaissais pas du tout Antoine Bello.
Je remercie d'autant plus Babelio et Gallimard pour l'envoi de cet ouvrage.
Quelle découverte! J'ai dévoré cette aventure!
Un homme qui a tout décide de tout laisser tomber pour pour pouvoir rester libre. Femme, enfants,travail. Il fuit et fait croire à sa mort. Sera t'il rattrapé? Suspense ...
Ils sont trois, l'homme, sa femme et le détective lancé à la poursuite du fuyard, et chaque point de vue est l'occasion de voir une même situation sous un autre angle.
On ne s'ennuie pas une seconde et de belles réflexions sur la liberté et les choix d'une vie nous poussent parfois à poser le livre et à s'interroger sur notre propre existence.
Je vais lire vos autres ouvrages Monsieur Bello!
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SZRAMOWO
16 mai 2017
A l'instar de Marc Dugain devenu écrivain après avoir dirigé une compagnie aérienne, Antoine Bello fait partie de ces écrivains qui passés par la case business puisent dans leur propre expérience pour écrire.
Pari réussi par L'homme qui s'envola. le sujet en est simple. Un manager hors pair à qui la vie sourit et réussit, décide d'aller voir ailleurs.
Il y a du Simenon dans la distanciation que Walker, le héros, met entre lui et sa vie. Comme s'il regardait vivre un étranger.
Dans une interview au monde du 16 juin 2011,Antoine Bello se disait «fasciné» par l'auteur de romans policiers et déclarait : « Je suis frappé par sa précocité, sa manière de brûler les étapes. J'aime la cohabitation entre ses aspirations bourgeoises et la facilité avec laquelle il prend des décisions radicales, comme le fait d'aller vivre à l'étranger. Mais le plus étonnant, chez lui, aux yeux d'un écrivain, c'est sa prolixité. L'acte d'écrire a quelque chose d'anodin pour lui, comme si les mots lui sortaient par tous les pores. Je crois qu'il ferait un très bon personnage de roman. J'ai toujours eu envie d'écrire sur un écrivain, je pourrais attribuer son trop-plein de mots à un de mes héros.»
Antoine Bello nous fait comprendre que Walker n'est pas un manager comme un autre.
« Il était le premier à reconnaître qu'une partie de ses déboires venait de son inaptitude à déléguer. Il préférait s'acquitter de tâches indignes de lui plutôt que de les voir traitées moins bien ou moins vite par ses collaborateurs. A force de faire la travail des autres, il avait accumulé une somme impressionnante de compétences dans les domaines les plus variés.»
Ces phrases pourraient sortir de la bouche d'un cadre soumis au feu roulant des questions d'un consultant mandaté par son employeur pour examiner la structure des tâches «parasites» qu'il effectue et ainsi lui apprendre à mieux travailler en se concentrant sur sa mission.
C'est l'une des forces du roman, sa description réaliste du monde du travail. de la logique morbide de développement des entreprises, de la concurrence qu'elles se livrent, de leur logique absurde et contraire à toute éthique humaine.
Le malaise de Walker est là. « le nombre de sujets requérant son attention suivait la courbe de ses ventes. »
Il prétend continuer à diriger son entreprise en étant partout à la fois et se heurte à une réalité du monde du travail, la spécialisation proportionnelle au volume de l'activité.
De même sa famille, Sarah et leurs trois enfants, Jess Andy et Joey, ses parents âgés...
Et lui dans tout ça ? « Il aurait aimé discuter cinéma, intelligence artificielle ou conquête spatiale, mais c'est à croire que personne ne partageait ses hobbies. »
C'est à mon sens la raison qui le pousse à fuir son monde, à «s'envoler».
«Un indicateur mesurait impitoyablement la progression du mal : son calendrier se remplissait désormais tout seul.» (...) «La nuit, Walker contemplait le plafond en se disant qu'il était booké jusqu'en 2040.»
La première partie du roman décrit le lent processus conduisant à l'enfermement du manager dans sa tour d'ivoire. à mesure que cet enfermement l'isole, son envie de fuir grandit. Grandit aussi son envie de démontrer qu'il n'est pas ce à quoi tout le monde le réduit.
«Walker voulait plus de temps pour lui sans avoir de compte à rendre ; il en faisait une question de principe. (...) Il désirait un espace de liberté, une indépendance que sa vie actuelle ne pouvait plus lui offrir.»
Ce qui est d'abord un rêve...
«Même si Walker n'envisageait pas sérieusement de tout plaquer, y penser lui faisait du bien. C'était un dérivatif, un exutoire dans lequel il se réfugiait chaque fois qu'il sentait l'étau du quotidien se resserrer sur lui.»
...va prendre corps, « Walker profitait de ses trajets en voiture pour dresser la liste de ce dont il aurait besoin.», puis devenir réalité : « Chaque fois qu'il menaçait d'exploser, Walker faisait un pas supplémentaire vers la réalisation de son plan.», lorsque par un concours de circonstance, en l'occurrence le marché de renouvellement de la flotte aérienne de son entreprise, lui fait miroiter les opportunités offertes par le côté obscur des affaires, celui qu'il n'a jamais voulu explorer... « Il avait brûlé ses vaisseaux. Il rêvait jusqu'alors de partir ; il n'avait désormais plus le choix.»
La première partie du roman décrit la réalité exclusivement vue par Walker. Une fois qu'il a quitté cette réalité, Antoine Bello donne la parole à son épouse Sarah, ses enfants ou son assistante Libby.
Dans la deuxième partie, construction, vocabulaire, style d'écriture, tout change. le roman donne désormais alternativement la parole à Sarah et à Walker. Antoine Bello nous montre que Walker est Walker et Sarah est Sarah. Il le fait avec humour, par exemple lorsque Sarah se réfugie dans les détails du quotidien pour cacher son chagrin :
« Mes pneus crissent au démarrage, j'ignorais que c'était possible avec une Prius.»
Le lecteur comprend l'impossibilité de couple peut-être trop heureux, peut-être trop égoïste, peut-être en dehors des réalités, en entendant Sarah dire « qu'il n'y avait pas d'heure pour parler du quotidien avec lui. le matin, c'était trop tôt, le soir c'était trop tard, et entre les deux, il travaillait.»
Dans L'homme qui s'envola, Antoine Bello revisite le thème de Faust. Là où Faust rêve de puissance, Walker rêve d'évasion avec ce que cela comporte de regret et de remords lorsqu'il constate que le retour arrière n'est pas une option.
Chez Walker, comme chez le jeune Faust ou le peintre de la peau de chagrin, on retrouve la même détermination à sacrifier l'essentiel pour faire du rêve une réalité.
«Il préférait vivre avec le remord d'être parti plutôt qu'avec le regret d'être resté.»
Mais une fois passé de l'autre côté du miroir impossible de regarder en arrière et encore moins d'y revenir. « Il inspira un bon coup et s'élança dans l'inconnu.»
Ce roman palpitant, qui se lit d'une seule traite, aux rebondissements multiples, aux surprises nombreuses, nous entraîne vers ce voyage dans l'inconnu, avec tous ses impondérables.
Antoine Bello pose de façon originale et contemporaine, puisant les exemples dans la réalité économique, la question essentielle et existentielle du pourquoi et pour qui vivons-nous ? Question à réponse forcément multiple. A vous de lire L'homme qui s'envola. Vous ne le regretterez pas...
Fin mai, Babelio et les éditions Gallimard organisent une rencontre avec Antoine Bello, je les en remercie sincèrement ainsi que pour l'envoi du roman L'homme qui s'envola.
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motspourmots
22 mai 2017
Je m'aperçois qu'Antoine Bello est entré dans la famille des auteurs dont je me précipite sur la dernière livraison sans même me soucier du sujet abordé. de toute façon, on ne s'ennuie jamais avec lui. On joue, on réfléchit, on se régale et on se sent même plus intelligent à la fin. Et encore, je n'ai pas tout lu. Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet a été mon premier contact avec l'auteur, j'ai adoré son parti-pris et sa façon de mener l'intrigue (quand je pense qu'on a encensé "Avant d'aller dormir"... un navet en comparaison !). Il y a eu ensuite Roman américain, irrésistible portrait de l'Amérique capitaliste et réflexion sur les moyens offerts par la littérature pour en rendre compte. Et bien sûr le jouissif Ada, brillante réflexion sur l'intelligence et la façon dont nous l'exerçons.
L'homme qui s'envola tient toutes ses promesses. Un peu moins ludique que Ada ou moins caustique que Roman américain, il offre néanmoins une belle densité dans le propos alors même que le rythme effréné de l'intrigue en fait un véritable page turner. A partir d'un thème plutôt connu - l'envie de disparaître et de changer de vie - Antoine Bello nous offre une variation tout en questionnement sur le bonheur. Car John Walker, l'homme qui décide de disparaître a toutes les apparences du bonheur. Dans son fief d'Albuquerque (Nouveau Mexique), chef d'entreprise en pleine réussite, figure de l'économie locale et générale, il forme depuis vingt ans avec sa femme Sarah un couple envié et admiré, parent de trois beaux enfants. Il a tout, Walker. Tout sauf ce qui lui est le plus précieux : le temps. Lorsqu'il met en scène sa disparation, la compagnie d'assurances dépêche un enquêteur afin de s'assurer de la réalité du décès d'un homme qui va leur coûter 30 millions de dollars (on les comprend). Shepherd est le meilleur dans son domaine et très vite, il devine que Walker est toujours vivant...
Dans le jeu du chat et de la souris qui nous est alors proposé s'affrontent deux cerveaux que l'on imagine très bien face à face devant un échiquier, au summum de leur art. Calcul, anticipation, feinte, observation... Shepherd est peut-être le meilleur dans son domaine, il a enfin rencontré un adversaire à sa taille, pour le plus grand bonheur du lecteur qui a la chance d'explorer le fonctionnement de chacun de leurs cerveaux. Et si la majeure partie de leurs réflexions concernent tactique et stratégie pour déjouer les plans de l'autre, ils n'oublient pas d'explorer des ressorts plus intimes. D'ailleurs, la partition se joue à trois voix, celle de Sarah se joignant à celles des deux hommes. Trois voix par lesquelles s'expriment les doutes, les conceptions du bonheur, les frustrations et les envies. Où l'on s'aperçoit des différences de conception au sein même d'un couple qui offre toutes les apparences de l'entente parfaite... Où l'on s'aperçoit aussi que la notion de réussite est éminemment subjective.
Le personnage de Walker, toujours en mouvement, pressé, râlant contre ceux qui le retardent est fascinant. Il avance, décide, tranche et avance encore. Il se présente comme un faiseur, quitte à faire lui-même ce que les autres tardent trop à entreprendre, toujours dans un état d'esprit positif... Il avance, vite, mais vers où exactement ?
Voilà. Sachez qu'en disant cela, je ne vous ai rien dévoilé de ce qui se joue au cours de cette course poursuite haletante, ni de ce que chaque protagoniste va apprendre sur lui-même ou les autres. Quant à savoir qui va gagner.... vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Garoupe
09 juin 2017
Le jeu du chat et de la souris ou tel est pris qui croyait prendre
Propos liminaire : je sais que je dévoile un peu trop l'intrigue, mais sachez que cela ne vous empêchera pas de prendre plaisir à lire la nouvelle production « belloienne ».
John Walker vit à Albuquerque. Il y a repris l'entreprise de messagerie fondée par son beau-père et en a fait un concurrent des DHL et compagnie. Il a trois enfants, d'un peu tous les âges, une vie de famille bien remplie et une vie professionnelle pour laquelle il se dépense sans compter, de l'argent plus qu'il n'en faut. Et pourtant, il ressent avec une terrible acuité la vanité de sa vie. A se demander « Pour quoi ? », il finit par se dire que disparaître en simulant sa mort et refaire sa vie ailleurs pourrait être une solution.
Walker (l'homme qui marche vers son destin et qui fuit littéralement sa vie « who walks away from his life »), qui ne fait jamais les choses à moitié, s'empare de cette simple problématique pour en pousser l'analyse tellement à fond qu'il finit par mettre son plan à exécution.
Mais c'est sans compter l'intervention de Nick Shepherd, missionné par la compagnie d'assurance pour vérifier la réalité de la disparition de Walker avant de payer la prime à la société que ce dernier dirigeait. Shepherd endosse donc le rôle du berger chargé de ramener la brebis au bercail si tant est que la brebis se laisse attraper.
Se joue alors devant le lecteur un jeu du chat et de la souris où Walker et Shepherd, Antoine Bello s'amusant une fois de plus à jouer sur les noms de ses personnages, changent de pelage au grès des envies de l'auteur. Entre Walker et Shepherd, ce jeu est un peu un jeu de dupes : tout d'abord chacun à tour de rôle à au son « ennemi » au bout de sa lorgnette, littéralement pour Walker qui ne voit d'issue possible que dans la disparition de Shepherd et plus prosaïquement pour Shepherd qui avait retrouvé la trace de Walker, sans que ni l'un ni l'autre ne mette la touche finale à leurs pièges réciproques… ensuite parce que chacun tentera de se mettre dans la peau et dans la tête de l'autre, l'un pour comprendre comment échapper au premier et l'autre pour anticiper les mouvements du second… enfin parce que appréhender le mode de raisonnement de l'autre biaise et fausse forcément son propre raisonnement, car, à partir du moment où on comprend la pensée de l'autre, faut-il agir en accord ou en opposition à cette pensée dans la mesure où le seul paramètre qu'on ne maîtrise finalement pas réside dans le fait de savoir si l'adversaire va agir en accord ou en opposition avec son raisonnement à soi ?
Antoine Bello propose donc un récit où finalement il n'y a pas de perdant mais que des vainqueurs, y compris Sarah, la femme abandonnée de Walker qui parviendra à faire son « deuil » d'un mari qui a choisi de maquiller sa disparition en mort.
Antoine Bello parvient dans ce récit à ne prendre fait et cause pour aucun de ses protagonistes et fait en sorte de n'en rendre antipathique aucun des trois : ni Walker qui pourtant abandonne sa famille, ni Shepherd qui s'obstine à traquer Walker au-delà de toute raison, ni enfin Sarah qui par son aveuglement vis-à-vis du mal-être de son mari est la goutte d'eau qui aura fait déborder Walker.
Si l'auteur joue tout au long du livre avec ses personnages, il n'en oublie pas pour autant, comme à son habitude, de jouer avec ses lecteurs, que ce soit au travers des noms de Shepherd et Walker, que ce soit au travers des jeux de dupe qu'il propose, comme autant de labyrinthes de pensées, à se demander si Antoine Bello et le lecteur ne sont pas respectivement en quelque sorte les pendants dans la réalité de Walker (dont Antoine Bello reconnaît qu'il est un personnage particulièrement autobiographique) et de Shepherd.
Antoine Bello est un fin scénariste de ses romans, il ne fait pas un synopsis de 50 pages pour rien et cette structuration fine de ses histoires oblige forcément le lecteur à se poser mille questions sur les intentions véritables de l'auteur, au-delà des thèmes abordés sur la fuite du temps, sur l'espace de liberté que doit conserver chaque individu pour assimiler et absorber les contraintes inhérentes à la vie familiale, à la vie professionnelle… à la vie tout court. Ce n'est donc certainement pas le livre le plus inventif d'Antoine Bello mais l'un des plus vertigineux dans la mise en abyme à laquelle il invite le lecteur tout en donnant de sa personne. Son réalisme rend cette histoire très (trop ?) proche du lecteur qui se demande s'il pourrait faire la même chose que Walker.
Antoine Bello poursuit donc la construction de son « oeuvre », méthodiquement, chaque livre ayant sa propre place dans cet univers multi-facettes et multi-fascinant.

Lien : http://wp.me/p2X8E2-PF
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tilly
14 juin 2017
Ces temps-ci, le thème de la disparition volontaire inspire beaucoup, et en bien, les écrivains.
Récemment, il y a eu les évaporés de Thomas B. Reverdy, les éclipsés de Jérôme Leroy, voici l'envolé qu'Antoine Bello présentait par un beau jour de mai dans un salon de la rue Gaston Gallimard.
Mon avis : excellent “ faux ” roman américain, L'Homme qui s'envola est une parfaire lecture d'été ; mais attention à l'effet pelote : vous ne vous arrêterez pas là, et deviendrez, comme moi, fan des histoires de Bello !
Antoine Bello est généreux, dans son écriture, comme envers ses lecteurs-auditeurs ; je me sens donc autorisée à partager ici quelques petits secrets de fabrication ” qu'il nous a révélés lors de la rencontre.
* Walker, c'est moi !
Il ne l'a pas gueulé comme Flaubert, mais cela m'a marquée... parce que Walker, même fort sympathique et séduisant, est loin de n'avoir que des qualités et que son passage à l'acte (se faire passer pour mort) est quand même une sacrée folie. Or justement, Antoine Bello dit qu'il a écrit ce livre comme un exorcisme, pour ne jamais faire comme Walker. Il ne cache pas que l'idée lui soit venue au temps où il était un jeune business man heureux en affaires mais débordé (peut-être pas encore en charge de famille nombreuse ?). Un jeu avec une idée, comme ça, puis mise de côté pour en faire un roman, un jour. Ce qu'il veut dire finalement, c'est que comme Walker, il est super organisé, ne laisse jamais rien au hasard, aime anticiper les coups, prendre le contrepied si nécessaire. Un peu obsessionnel... mais charmant !
* Skip tracing
Cette vieille idée ressurgie a téléscopé la découverte d'un métier original, vu seulement aux Etats-Unis où Antoine Bello vit depuis 15 ans : "skip tracer". Un peu comme le chasseur de prime des westerns, sauf que la prime au skip tracer est déterminée par une compagnie d'assurance qui ne croit pas à la mort d'un souscripteur. Bello a trouvé sur internet une documentation pléthorique sur la profession. Shepherd est le skip tracer qu'il lance sur la piste de Walker, comme un berger chargé de ramener un animal échappé. Leur jeu du chat et de la souris les conduit aux quatre coins du pays, chacun cherchant à imaginer le comportement de l'autre. Comme au final ils se ressemblent et se connaissent de mieux en mieux, le duel devient presque fantastique, chacun pouvant remplacer l'autre : chat-souris, souris-chat. Il existe aussi la possibilité non nulle que Bello soit un félin manipulateur !
* Sarah
C'est un magnifique personnage, aux réactions inattendues (surtout à la fin).
Femme et mère, elle est l'équilibre et le réalisme de cette histoire, l'arbitre du duel, passant du second plan à la plus haute marche du podium. Chut.
* Invention
Je vous dit ça comme il nous l'a dit : Antoine Bello n'a rien inventé dans L'Homme qui s'envola... sauf les situations et les personnages. Tout le reste est exact ! Même le déguisement réversible Batman/Joker, ça existe, rien d'impossible aux US !
* Style
Il commence à faire trop chaud, je me repose en empruntant — le Monsieur est charmant, il me pardonnera — à GIlles Lapouge ("Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras") sa formidable description du style “ blanc ” de Simenon ; je trouve qu'elle convient bien à l' écriture fluide de Bello, simple et précise, efficace, à fort pouvoir d'évocation quelque soit le lieu, l'époque, le milieu décrit :
“ [il] avait réussi la prouesse de se forger un style magnifique avec cette absence de style qui m'avait d'abord choqué. ”
Antoine Bello écrit beaucoup et vite (un peu comme S.), un livre par an, en variant les genres : initiation, anticipation, aventure, thriller, etc. Et chaque fois, l'écriture ne démarre qu'après 3-4 mois de recherche de documentation, l'élaboration d'un synopsis hyper détaillé d'une cinquantaine de pages, et surtout la rédaction d'une note d'intention (aka memorandum of understanding, mou, — difficile de perdre des habitudes de manager ! — ) destinée à lui-même, sorte de contrat qui définit à l'avance la finalité du roman, la trajectoire des personnages. Antoine Bello n'est pas de la même école que ces écrivains qui disent se laisser guider/manipuler/surprendre par leurs personnages...

Merci à Babelio (Pierre Krause), à Gallimard, et à Antoine Bello
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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Les critiques presse (1)
LesEchos03 mai 2017
L'auteur des « Falsificateurs », marqué par la lecture de « La Grève », d'Ayn Rand, excelle à raconter la dérive de son héros, le sentiment de porter sur ses épaules un fardeau écrasant.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
montmartinmontmartin21 juin 2017
Walker aurait détesté ses obsèques, la preuve il n’est pas venu.
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SZRAMOWOSZRAMOWO13 mai 2017
Walker inclina en douceur le manche vers la droite. Le turboprop décrivit une large courbe au-dessus du désert pour se caler docilement dans l’axe de la piste. On apercevait au loin les quartiers nord de la ville et, par-delà les faubourgs,
les flancs tapissés de conifères du massif des Sandia. Un troupeau d’antilopes longeait paresseusement la route de l’aéroport, indifférent au maigre trafic.
Walker réduisit manuellement les gaz. Il n’était pas un grand adepte du pilotage automatique. Savoir qu’il pouvait l’enclencher à tout moment le rassurait, mais il n’y recourait qu’en cas de nécessité, pour somnoler quelques instants ou
rejoindre un passager dans la cabine. La radio grésilla.
— DC 142, la piste est à vous.
— Merci, Derek, répondit Walker.
C’était l’avantage des petits aérodromes, on y connaissait tout le monde et tout le monde vous connaissait. Les redevances étaient dérisoires, les formalités réduites au minimum. On garait sa voiture et cinq minutes après, on était dans les airs.
Il poussa le manche pour descendre à cinquante pieds. La piste était dégagée.
(...)
Passer sa licence de pilote avait transformé la vie de Walker. Fini les tournées harassantes avec ses chefs des ventes, les étapes dans des motels aux couvre-lits à fleurs, les petits déjeuners dans des cafétérias empestant le graillon. Il pouvait
désormais rendre visite à quatre ou cinq clients dans la journée et être rentré pour le dîner. L’avion se justifiait aussi sur le plan économique. Il raccourcissait le cycle de vente et flattait les prospects, qui remerciaient Walker « d’avoir fait l’effort de se déplacer », au seul motif qu’il avait dédaigné les compagnies régulières. Pas plus tard que cet après-midi, il avait engrangé un important contrat ; l’acheteur, un cybermarchand de Phoenix, avait justifié sa décision par « la disponibilité exemplaire des équipes de Wills »
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Charybde2Charybde217 mai 2017
L’argent, Walker s’en foutait. Il en avait plus qu’assez. La vraie richesse, le seul bien qui ne s’achetait pas, c’était le temps. Il savait où passait chaque seconde de ce précieux combustible et cherchait constamment des façons d’en tirer un meilleur rendement. Il avait pris des cours de lecture rapide, aménagé une salle de gym dans son sous-sol, appris à voler afin d’optimiser ses déplacements. Il avait banni les cravates de sa garde-robe, se rasait dans sa voiture et portait des mocassins pour ne pas avoir à lacer ses chaussures. Un fiscaliste préparait sa déclaration de revenus ; un gestionnaire de patrimoine administrait sa fortune ; un régisseur coordonnait les allées et venues des jardiniers, du chauffagiste et du ramoneur avec en tout et pour tout deux consignes : ne pas lésiner et le déranger le moins possible.
Peine perdue. Chaque minute qu’il parvenait à dégager était aussitôt dévorée par son entourage. La nature ayant horreur du vide, Libby lui collait désormais quatre rendez-vous par jour au lieu de trois. Ses enfants avaient pris la déplorable habitude de le défier à des quiz en ligne. Le plus crétin d’entre eux, dont raffolait Joey, consistait à deviner les réponses de la majorité de la population à des questions aussi capitales que : « Que trouve-t-on dans une boîte à gants ? » ou « Quelle partie du corps se lave-t-on en premier sous la douche ? » Cette glorification de l’opinion du plus grand nombre constituait aux yeux de Walker une preuve supplémentaire qu’il n’était pas comme tout le monde : même en se triturant les méninges, il lui manquait toujours un aliment qui se mange avec du pain ou un prénom de garçon se terminant par L.
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Charybde2Charybde217 mai 2017
Walker détestait sa vie.
Son temps lui échappait. Entre Sarah, les enfants, la boîte, il n’avait pas une minute à lui.
Il n’en avait pas toujours été ainsi. Il avait connu durant ses premières années chez Wills l’ivresse du bâtisseur. Il contentait des clients, faisait vivre des fournisseurs, embauchait des jeunes ; bref, il créait la richesse que les banquiers de Wall Street ne savent que brasser. Il avait l’impression d’employer au mieux ses talents. Sous la houlette bienveillante de Raymond, il développait ses compétences, apprenait de ses erreurs, entraînait dans son sillage des lieutenants avides de ses oracles. Quand lui venait une idée, il la mettait aussitôt en pratique et n’attendait jamais longtemps pour en mesurer les résultats.
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NATBNATB22 mai 2017
Je crois que l'amour est un miracle, le fruit d'une subtile alchimie entre deux esprits, deux corps, des lieux, une époque, un contexte.
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