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ISBN : 2070197387
Éditeur : Gallimard (04/05/2017)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Walker a tout pour être heureux. Il dirige une florissante entreprise au Nouveau-Mexique et sa femme, la riche et belle Sarah, lui a donné trois magnifiques enfants. Et pourtant, il ne supporte plus sa vie. Entre sa famille, son entreprise et les contraintes de toutes sortes, son temps lui échappe. Une seule solution : la fuite. Walker va mettre en scène sa mort de façon à ne pas peiner inutilement les siens.

Malheureusement pour lui, Nick Shepherd, r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  11 septembre 2017
Un titre bien aérien, léger pour un roman profond et dense.
Quelle histoire !
Pendant quelques années, le lecteur est invité à partager le parcours idyllique de Walker,éminent chef d'entreprise qui a fondé une famille modèle en épousant la fille du patron ,une femme de caractère, intelligente, belle , aimante.
Une belle maison au Nouveau-Mexique , une vie sociale très riche . En apparence , rien ne manque dans la recette du bonheur et pourtant Walker va remettre en cause cette harmonie apparente.
Alors , si on pensait se détendre en survolant pour le plaisir une saga ou un roman d'amour, c'est raté ! Ici, tout est matière à réflexion, à analyse.
Le roman n'est pas très long mais concis. Chaque mot a son importance , autant de clefs qui progressivement vont permettre de suivre le cheminement de la pensée de Walker , des autres personnages et l' évolution au coeur du quotidien .
Les qualités premières de cet ouvrage se révèlent par une analyse très fouillée de chaque thème abordé : vie professionnelle qui vise l'excellence mais aussi vie de famille succombant à l'hyper-parentalité et, au-dessus plane l'ombre menaçante du burn out .
Ce roman est surtout un traité sur la liberté individuelle , au coeur de la famille et de la société , sur ses limites aussi. Acceptables ou non .
Une question qui peu à peu va tarauder Walker jusqu'à l'obsession , jusqu'aux frontières de l'utopie l'entraînant vers la quête absolue de la seule chose qui lui manque , sa liberté .

C'est un ouvrage où l'on se sent vraiment en communion avec l'auteur, ici tout est subtile ,finement suggéré , et si c'est affirmé , c'est justifié mais c'est une lecture très ouverte qui face à l'inévitable questionnement va apporter des réponses en favorisant la réflexion personnelle.
Plus d'une fois , on bascule dans de jugement .
Difficile de rester imperméable à l'effroi , à l'incompréhension, à l'empathie ,que sais -je encore de la multitude des états d'âme qui emportent le lecteur !
Mais, l'une des richesses de cet ouvrage est certainement la justesse de l'analyse témoignant de la maîtrise d'un sujet on ne peut plus complexe .
Quelle maestria !
Mais ,si intellectuellement cette épopée psychologique n'est pas de tout repos elle l'est encore moins dans les faits car c'est une aventure rocambolesque qui va emporter le héros et son lecteur à un rythme trépident hors des sentiers battus .
Et, sans rien dévoiler, on peut dire qu'on va assister à un combat de titans . Mais, je ne dirai rien de leurs armes même si là encore on reste pantois !
Une lecture aussi agréable qu'éprouvante .Marquante.
Un thriller psychologique de grande envergure !
Antoine Bello , un auteur que je viens de découvrir par
ce roman va se hisser au rang des meilleurs dans ma bibliothèque !
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nameless
  16 septembre 2017
Walker est un pur produit sans aucune faiblesse du capitalisme américain. Après de brillantes études, il entame une fulgurante carrière dans une société spécialisée dans le transport express du courrier de clients soucieux de réduire leur dépendance à l'égard de la poste américaine, notoirement peu fiable selon l'auteur. Sa situation s'améliore encore lorsque grâce à Cupidon, il épouse Sarah, la fille de son patron, lequel a le bon goût de mourir rapidement, laissant à Walker les coudées franches pour exprimer tout son talent expansionniste au sein de l'entreprise. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes pour ce couple et leurs trois enfants. Ils sont intelligents, heureux et riches. Walker est en outre un patron humain et aimé, qui offre des lunes de miel à ses employés lorsqu'ils se marient, crée de généreuses fondations.

Mais Walker déteste sa vie, dans laquelle il étouffe. C'est ainsi qu'il décide d'organiser sa propre disparition. Aussitôt, Shepherd, skip tracer, est lancé aux trousses du fuyard par la compagnie d'assurances auprès de laquelle a été contracté un contrat homme-clé d'un montant de 30 millions. Pendant ce temps, Sarah, Wasp pur jus, femme d'affaires, épouse et mère modèles, prend sans difficulté les rênes de la boutique tout en assénant quelques truismes bien sentis : « Plus question de craquer ou de tomber malade. Ces luxes me sont désormais interdits » (p. 148), « Je ne serai pas une de ces femmes au foyer dépressives qui se bourrent de cachets et paressent au lit en tétant du whisky » (p. 115). Les femmes et les malades, tous des feignasses se vautrant dans le luxe apprécieront ces allégations au lyrisme macronien.

Si l'idée d'Antoine Bello est originale, d'autres détails m'ont empêchée d'apprécier totalement son roman qui se lit vite et facilement. J'avoue ne pas m'être sentie en phase avec le personnage principal sans défaut apparent, qui comme tous ceux qui en possèdent beaucoup, n'attache aucune importance à l'argent. Son envie légitime de liberté et d'évasion de ce qu'il considère comme un carcan familial et professionnel ne m'a pas davantage émue que les soucis des actionnaires attristés. Gagner une heure sur la concurrence pour distribuer le courrier avant que les plannings quotidiens des entreprises soient établis est un enjeu qui me laisse perplexe. Les nombreuses explications techniques données sur tous les logiciels qui rendent intraçable la navigation sur le ouèbe, la difficulté rencontrée pour créer un compte offshore pour échapper à tout contrôle m'ont laissée de marbre.

Mais ce qui m'a le plus dérangée, c'est qu'en dehors de l'organisation méticuleuse de sa disparition programmée, Walker ne parle jamais de ses projets à long terme. Le lecteur, sauf erreur de ma part, ignore s'il veut se reconvertir dans l'élevage de chèvres sur le Larzac, réaliser une vocation d'artiste ou devenir plombier. Rien n'est dit. Tout s'arrête au terme d'une traque dans laquelle le chasseur et le chassé rivalisent d'intelligence et de roublardise, sur un épilogue rapide et gentillet qui n'égratigne personne.

Dommage, car l'idée est vraiment originale, je me répète, mais les personnages sont antipathiques et l'intrigue manque de souffle, d'ambition, de précision. Peut-être l'auteur n'a-t-il pas beaucoup de temps à consacrer à l'écriture.
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jujuramp
  23 mai 2017
Je ne connaissais pas du tout Antoine Bello.
Je remercie d'autant plus Babelio et Gallimard pour l'envoi de cet ouvrage.
Quelle découverte! J'ai dévoré cette aventure!
Un homme qui a tout décide de tout laisser tomber pour pour pouvoir rester libre. Femme, enfants,travail. Il fuit et fait croire à sa mort. Sera t'il rattrapé? Suspense ...
Ils sont trois, l'homme, sa femme et le détective lancé à la poursuite du fuyard, et chaque point de vue est l'occasion de voir une même situation sous un autre angle.
On ne s'ennuie pas une seconde et de belles réflexions sur la liberté et les choix d'une vie nous poussent parfois à poser le livre et à s'interroger sur notre propre existence.
Je vais lire vos autres ouvrages Monsieur Bello!
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Annette55
  20 octobre 2017
Voici un roman extrêmement plaisant, l'histoire de Walker, 43 ans, chef d'entreprise florissant, qui vit au Nouveau- Mexique et son épouse Sarah, magnifique, aimante , qui lui a donné trois beaux enfants.
Il a une vie de carte postale!
Pourtant, il ne la supporte plus. Il vit dans l'anticipation, dans une quête de temps universelle , avec l'impression que la société attend beaucoup de lui, sans cesse. C'en est trop, vraiment: entre les contraintes de toutes sortes, il étouffe, son "temps "lui échappe,il en souffre terriblement , il essaie d'y échapper....sans succès.
Il va mettre en scène sa disparition de façon à ne pas peiner inutilement les siens.
Las! Un certain Nick Shepherd, détective redoutable, spécialisé dans les disparitions , s'empare de l'affaire et forge sa conviction: Walker n'est pas mort....
S'ensuit une fascinante course - poursuite sur le territoire des Etats- Unis....
Cet ouvrage , addictif, tonique, entraînant, parfaitement construit se lit comme un polar, un roman- feuilleton-d'aventures multiples "grandeur nature."...
Nous suivons l'urgence et la lutte psychologique intense entre Walker et Shepherd , angoisse, émoi, désarroi, fuite, incompréhension, recherches pointues, atouts et manques de l'un ou l'autre......détermination farouche....
C'est un roman lu avec fascination, amusement , fraîcheur malgré le sujet , passionnant, solide de bout en bout qui montre avec acuité , intelligence et finesse la fragilité des réussites humaines.
Un ton romanesque indéniable pour notre plus grand plaisir et un souffle incroyable!!.
Je salue la prouesse de l'auteur que je ne connais pas !
Je remercie chaleureusement la personne qui me l'a prêté!
J'ai passé un excellent moment !
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SZRAMOWO
  16 mai 2017
A l'instar de Marc Dugain devenu écrivain après avoir dirigé une compagnie aérienne, Antoine Bello fait partie de ces écrivains qui passés par la case business puisent dans leur propre expérience pour écrire.
Pari réussi par L'homme qui s'envola. le sujet en est simple. Un manager hors pair à qui la vie sourit et réussit, décide d'aller voir ailleurs.
Il y a du Simenon dans la distanciation que Walker, le héros, met entre lui et sa vie. Comme s'il regardait vivre un étranger.
Dans une interview au monde du 16 juin 2011,Antoine Bello se disait «fasciné» par l'auteur de romans policiers et déclarait : « Je suis frappé par sa précocité, sa manière de brûler les étapes. J'aime la cohabitation entre ses aspirations bourgeoises et la facilité avec laquelle il prend des décisions radicales, comme le fait d'aller vivre à l'étranger. Mais le plus étonnant, chez lui, aux yeux d'un écrivain, c'est sa prolixité. L'acte d'écrire a quelque chose d'anodin pour lui, comme si les mots lui sortaient par tous les pores. Je crois qu'il ferait un très bon personnage de roman. J'ai toujours eu envie d'écrire sur un écrivain, je pourrais attribuer son trop-plein de mots à un de mes héros.»
Antoine Bello nous fait comprendre que Walker n'est pas un manager comme un autre.
« Il était le premier à reconnaître qu'une partie de ses déboires venait de son inaptitude à déléguer. Il préférait s'acquitter de tâches indignes de lui plutôt que de les voir traitées moins bien ou moins vite par ses collaborateurs. A force de faire la travail des autres, il avait accumulé une somme impressionnante de compétences dans les domaines les plus variés.»
Ces phrases pourraient sortir de la bouche d'un cadre soumis au feu roulant des questions d'un consultant mandaté par son employeur pour examiner la structure des tâches «parasites» qu'il effectue et ainsi lui apprendre à mieux travailler en se concentrant sur sa mission.
C'est l'une des forces du roman, sa description réaliste du monde du travail. de la logique morbide de développement des entreprises, de la concurrence qu'elles se livrent, de leur logique absurde et contraire à toute éthique humaine.
Le malaise de Walker est là. « le nombre de sujets requérant son attention suivait la courbe de ses ventes. »
Il prétend continuer à diriger son entreprise en étant partout à la fois et se heurte à une réalité du monde du travail, la spécialisation proportionnelle au volume de l'activité.
De même sa famille, Sarah et leurs trois enfants, Jess Andy et Joey, ses parents âgés...
Et lui dans tout ça ? « Il aurait aimé discuter cinéma, intelligence artificielle ou conquête spatiale, mais c'est à croire que personne ne partageait ses hobbies. »
C'est à mon sens la raison qui le pousse à fuir son monde, à «s'envoler».
«Un indicateur mesurait impitoyablement la progression du mal : son calendrier se remplissait désormais tout seul.» (...) «La nuit, Walker contemplait le plafond en se disant qu'il était booké jusqu'en 2040.»
La première partie du roman décrit le lent processus conduisant à l'enfermement du manager dans sa tour d'ivoire. à mesure que cet enfermement l'isole, son envie de fuir grandit. Grandit aussi son envie de démontrer qu'il n'est pas ce à quoi tout le monde le réduit.
«Walker voulait plus de temps pour lui sans avoir de compte à rendre ; il en faisait une question de principe. (...) Il désirait un espace de liberté, une indépendance que sa vie actuelle ne pouvait plus lui offrir.»
Ce qui est d'abord un rêve...
«Même si Walker n'envisageait pas sérieusement de tout plaquer, y penser lui faisait du bien. C'était un dérivatif, un exutoire dans lequel il se réfugiait chaque fois qu'il sentait l'étau du quotidien se resserrer sur lui.»
...va prendre corps, « Walker profitait de ses trajets en voiture pour dresser la liste de ce dont il aurait besoin.», puis devenir réalité : « Chaque fois qu'il menaçait d'exploser, Walker faisait un pas supplémentaire vers la réalisation de son plan.», lorsque par un concours de circonstance, en l'occurrence le marché de renouvellement de la flotte aérienne de son entreprise, lui fait miroiter les opportunités offertes par le côté obscur des affaires, celui qu'il n'a jamais voulu explorer... « Il avait brûlé ses vaisseaux. Il rêvait jusqu'alors de partir ; il n'avait désormais plus le choix.»
La première partie du roman décrit la réalité exclusivement vue par Walker. Une fois qu'il a quitté cette réalité, Antoine Bello donne la parole à son épouse Sarah, ses enfants ou son assistante Libby.
Dans la deuxième partie, construction, vocabulaire, style d'écriture, tout change. le roman donne désormais alternativement la parole à Sarah et à Walker. Antoine Bello nous montre que Walker est Walker et Sarah est Sarah. Il le fait avec humour, par exemple lorsque Sarah se réfugie dans les détails du quotidien pour cacher son chagrin :
« Mes pneus crissent au démarrage, j'ignorais que c'était possible avec une Prius.»
Le lecteur comprend l'impossibilité de couple peut-être trop heureux, peut-être trop égoïste, peut-être en dehors des réalités, en entendant Sarah dire « qu'il n'y avait pas d'heure pour parler du quotidien avec lui. le matin, c'était trop tôt, le soir c'était trop tard, et entre les deux, il travaillait.»
Dans L'homme qui s'envola, Antoine Bello revisite le thème de Faust. Là où Faust rêve de puissance, Walker rêve d'évasion avec ce que cela comporte de regret et de remords lorsqu'il constate que le retour arrière n'est pas une option.
Chez Walker, comme chez le jeune Faust ou le peintre de la peau de chagrin, on retrouve la même détermination à sacrifier l'essentiel pour faire du rêve une réalité.
«Il préférait vivre avec le remord d'être parti plutôt qu'avec le regret d'être resté.»
Mais une fois passé de l'autre côté du miroir impossible de regarder en arrière et encore moins d'y revenir. « Il inspira un bon coup et s'élança dans l'inconnu.»
Ce roman palpitant, qui se lit d'une seule traite, aux rebondissements multiples, aux surprises nombreuses, nous entraîne vers ce voyage dans l'inconnu, avec tous ses impondérables.
Antoine Bello pose de façon originale et contemporaine, puisant les exemples dans la réalité économique, la question essentielle et existentielle du pourquoi et pour qui vivons-nous ? Question à réponse forcément multiple. A vous de lire L'homme qui s'envola. Vous ne le regretterez pas...
Fin mai, Babelio et les éditions Gallimard organisent une rencontre avec Antoine Bello, je les en remercie sincèrement ainsi que pour l'envoi du roman L'homme qui s'envola.
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critiques presse (3)
LeMonde   31 juillet 2017
Alors qu’il semble avoir tout pour être heureux, Walker organise sa propre disparition… « L’Homme qui s’envola », un polar doublé d’une réflexion sur la liberté.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeJournaldeQuebec   17 juillet 2017
Un roman coup de cœur qu’on recommande chaudement pour agrémenter les vacances.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LesEchos   03 mai 2017
L'auteur des « Falsificateurs », marqué par la lecture de « La Grève », d'Ayn Rand, excelle à raconter la dérive de son héros, le sentiment de porter sur ses épaules un fardeau écrasant.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   17 mai 2017
L’argent, Walker s’en foutait. Il en avait plus qu’assez. La vraie richesse, le seul bien qui ne s’achetait pas, c’était le temps. Il savait où passait chaque seconde de ce précieux combustible et cherchait constamment des façons d’en tirer un meilleur rendement. Il avait pris des cours de lecture rapide, aménagé une salle de gym dans son sous-sol, appris à voler afin d’optimiser ses déplacements. Il avait banni les cravates de sa garde-robe, se rasait dans sa voiture et portait des mocassins pour ne pas avoir à lacer ses chaussures. Un fiscaliste préparait sa déclaration de revenus ; un gestionnaire de patrimoine administrait sa fortune ; un régisseur coordonnait les allées et venues des jardiniers, du chauffagiste et du ramoneur avec en tout et pour tout deux consignes : ne pas lésiner et le déranger le moins possible.
Peine perdue. Chaque minute qu’il parvenait à dégager était aussitôt dévorée par son entourage. La nature ayant horreur du vide, Libby lui collait désormais quatre rendez-vous par jour au lieu de trois. Ses enfants avaient pris la déplorable habitude de le défier à des quiz en ligne. Le plus crétin d’entre eux, dont raffolait Joey, consistait à deviner les réponses de la majorité de la population à des questions aussi capitales que : « Que trouve-t-on dans une boîte à gants ? » ou « Quelle partie du corps se lave-t-on en premier sous la douche ? » Cette glorification de l’opinion du plus grand nombre constituait aux yeux de Walker une preuve supplémentaire qu’il n’était pas comme tout le monde : même en se triturant les méninges, il lui manquait toujours un aliment qui se mange avec du pain ou un prénom de garçon se terminant par L.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   13 mai 2017
Walker inclina en douceur le manche vers la droite. Le turboprop décrivit une large courbe au-dessus du désert pour se caler docilement dans l’axe de la piste. On apercevait au loin les quartiers nord de la ville et, par-delà les faubourgs,
les flancs tapissés de conifères du massif des Sandia. Un troupeau d’antilopes longeait paresseusement la route de l’aéroport, indifférent au maigre trafic.
Walker réduisit manuellement les gaz. Il n’était pas un grand adepte du pilotage automatique. Savoir qu’il pouvait l’enclencher à tout moment le rassurait, mais il n’y recourait qu’en cas de nécessité, pour somnoler quelques instants ou
rejoindre un passager dans la cabine. La radio grésilla.
— DC 142, la piste est à vous.
— Merci, Derek, répondit Walker.
C’était l’avantage des petits aérodromes, on y connaissait tout le monde et tout le monde vous connaissait. Les redevances étaient dérisoires, les formalités réduites au minimum. On garait sa voiture et cinq minutes après, on était dans les airs.
Il poussa le manche pour descendre à cinquante pieds. La piste était dégagée.
(...)
Passer sa licence de pilote avait transformé la vie de Walker. Fini les tournées harassantes avec ses chefs des ventes, les étapes dans des motels aux couvre-lits à fleurs, les petits déjeuners dans des cafétérias empestant le graillon. Il pouvait
désormais rendre visite à quatre ou cinq clients dans la journée et être rentré pour le dîner. L’avion se justifiait aussi sur le plan économique. Il raccourcissait le cycle de vente et flattait les prospects, qui remerciaient Walker « d’avoir fait l’effort de se déplacer », au seul motif qu’il avait dédaigné les compagnies régulières. Pas plus tard que cet après-midi, il avait engrangé un important contrat ; l’acheteur, un cybermarchand de Phoenix, avait justifié sa décision par « la disponibilité exemplaire des équipes de Wills »
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gabbgabb   21 novembre 2017
J'aime mes enfants de toutes mes forces. Je ne me cherche pas d'excuses. Il fallait que je parte. Il en allait de ma santé, de ma peau même. Mais je me déteste pour la souffrance que je leur ai causée.
J'essaie de me convaincre qu'ils surmonteront le traumatisme que je leur ai infligé. D'autres l'ont fait avant eux. Lincoln avait l'âge de Joey quand il a perdu sa mère, Beethoven celui d'Andy quand il a enterré la sienne. Aristote, Poe, Mandela ont grandi sans père. Leurs biographes disent qu'ils en ont tiré une fortitude supplémentaire, un besoin de donner un sens à leur existence.
Puissent-ils dire vrai.
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Annette55Annette55   20 octobre 2017
"Il chérissait sa liberté par dessus tout.Il aurait tué pour la préserver.
Tué ou abandonné sa famille.
Il ne connaissait qu'une trajectoire : la ligne droite."
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Charybde2Charybde2   17 mai 2017
Walker détestait sa vie.
Son temps lui échappait. Entre Sarah, les enfants, la boîte, il n’avait pas une minute à lui.
Il n’en avait pas toujours été ainsi. Il avait connu durant ses premières années chez Wills l’ivresse du bâtisseur. Il contentait des clients, faisait vivre des fournisseurs, embauchait des jeunes ; bref, il créait la richesse que les banquiers de Wall Street ne savent que brasser. Il avait l’impression d’employer au mieux ses talents. Sous la houlette bienveillante de Raymond, il développait ses compétences, apprenait de ses erreurs, entraînait dans son sillage des lieutenants avides de ses oracles. Quand lui venait une idée, il la mettait aussitôt en pratique et n’attendait jamais longtemps pour en mesurer les résultats.
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