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Jean Rosenthal (Autre)
ISBN : 2070375390
Éditeur : Gallimard (13/03/1984)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Henderson, milliardaire américain, abandonne tout pour courir l'Afrique. Il se retrouve sacré "roi de la pluie" et compagnon d'un souverain africain qui a étudié la médecine chez les Blancs, mais se voit contraint pourtant de capturer le lion dans le corps duquel l'âme de son père a cherché refuge.
Henderson veut l'aider, mais l'enfer est pavé de bonnes intentions....

Saul Bellow, prix Nobel, au meilleur de sa verve.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  31 décembre 2017
Tout le long de ma lecture du roman le faiseur de pluie, je ne savais de quelle façon l'entreprendre, le comprendre. Était-ce un récit philosophique, ou plutôt comique, voire tragi-comique ? Sans doute un peu de tout cela. Son auteur Saul Bellow le savait-il lui-même ? Cette histoire peu ordinaire commence par un Eugene Henderson un peu lasse. Cet Américain raconte (pas assez rapidement à mon goût) ses années de jeune homme : la mort de son frère, qui en a fait l'héritier principal de son père, le plaçant à la tête d'une fortune considérable, la guerre en Europe, ses premiers mariages désastreux, etc. Il se lance des industries inouïes comme l'élevage du porc puis dans toutes sortes d'expériences (il suit des cours pour apprendre à jouer du violon, entre autres choses). Il dit s'être toujours senti incomplet, vouloir servir son prochain, se rendre utile. Je pense surtout qu'il souffrait d'hyperactivité… Il me semblait surtout antipathique.
Un jour, Henderson abandonne tout pour courir l'Afrique. Il dit vouloir satisfaire un besoin de spiritualité, quitter la civilisation pour trouver un monde plus pur, une nature pas encore entachée par l'action destructrice des hommes. Un but louable, bien sur, mais était-ce réaliste ? Même en ce milieu de XXe siècle ? Malgré son humanité qui transpire de temps à autre, cet homme montre tout de même un brin de complexe de supériorité blanche-américaine. Même s'il essaie fort, il ne pourra jamais comprendre les «sauvages» qu'il coitoie. Pire, malgré ses bonnes intentions, il se retrouve à détériorer leur situation. Par exemple, en voulant en débarrasser un puits des grenouilles qui y pululaient, il détruit le bassin par la même occasion. Son geste provoquera assurément une famine mais il ne prend pas le temps de le découvrir ou d'aider, il se dépêche plutôt à s'enfuir.
Ainsi, Henderson se réfugie plus au nord, à la cour du roi Dahfu. D'autres péripéties encore plus invraisemblables lui arrivent. Entre autres, il se fait sacrer ‘'roi de la pluie'', un titre surtout honorifique (du moins, à première vue). Il s'avère que Dahfu a étudié brièvement la médecine en Occident. Toutefois, ça ne l'empêche pas de porter foi à de nombreuses traditions locales, dont une chasse au lion qui se transforme en cérémonie rituelle pour communiquer avec l'âme d'un défunt, en un rite initiatique. Les deux hommes parlent longuement (en termes de temps mais aussi de pages !), le roi essayant d'expliquer à l'Américain sa vision du monde. J'ai trouvé cette partie longue, très longue. Même si on appréhende toujours une catastrophe (venant de la cour du roi, du lion qui rôde, etc.), elle arrive tardivement.
Finalement, la renaissance spirituelle de Henderson, cet anti-héros improbable, ne se produit pas, le cinquagénaire doit quitter en catastrophe l'Afrique et rentrer chez lui. La fin laisse présager qu'il ira vers d'autres aventures. le Grand Nord ? Après tout, il lui est impossible de rester en place trop longtemps. Mais rendu à ce point, j'avais seulement hâte de terminer la lecture de ce roman. Après plus de 500 pages, je me demande encore quel était le but recherché par Saül Bellow en écrivant et publiant le faiseur de pluie. Surtout que c'est parfois confus, la chronologie est étrange (je me mélangeais entre les différentes ex-femmes de Henderson et les événements qui les concernent) et certaines informations sont racontées dans le désordre, comme si elles avaient été oubliées ou pensées après-coup. Je referme ce bouquin assez perplexe.
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milan
  28 juin 2015
Le faiseur de pluie est un roman à plusieurs visages. Au début, c'est du Roth, avec ce quinquagénaire américain qui raconte , de façon plutôt confuse, sa vie, afin d'expliquer sa décision de partir en Afrique. Mais un Roth plus léger. Ensuite, départ en Afrique, et du coup, c'est Ignatus J Riley (dont on voit le bout du nez dans la première partie) qui débarque chez les zoulous, et sème la zizanie, pour ne pas dire autre chose, dans une tribu qui l'accueille fraternellement ,et qui voit son avenir carrément réduit à un risque sérieux d'extinction grâce aux bons soins de Henderson, notre héro. Henderson déguerpit vite vite, pour sauver sa peau, mais a le coeur lourd d'avoir causé tant de malheurs ( et c'est ce qui le différencie de Riley), car ses intentions ont toujours été louables, et débarque au sein d'une autre tribu, légèrement moins amicale. Il y subit une sorte de rite initiatique, à mi chemin entre le test et la mauvaise blague, et finit par rencontrer le roi de la tribu, qui devient son ami.....mais un ami aux répliques et réponses parfois énigmatiques. le roman à ce niveau commence à changer tout doucement de visage, et glisse vers une sorte de quête spirituelle du bonheur et du sens de la vie, illustrée par les discussions entre Henderson et le roi Dahfu....avec l'intervention d'une lionne. le roi explique, au compte goutte , les us et coutumes de sa tribu, ainsi que sa propre vision de la vie ( tant du point de vue philosophique que scientifique) et associe Henderson à une série d'expériences physiques et mentales, sensées les aider tous les deux à mieux appréhender la vie dans son ensemble. On sent l'arnaque, on entraperçoit le piège tendu pour Henderson, et on devine la série de catastrophes qu'il risque de déclencher quand on lit son enthousiasme à vouloir absolument aider ce roi magnifique. Certaines situations sont décrites avec brio, au point de les ressentir dans sa propre chair, comme la rencontre d'Henderson avec Atti la lionne....et puis, je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre la voix d'Hugo Weaving à chaque fois que le roi disait :"Monsieur Henderson" , ce qui arrive à peu près trois ou quatre fois par page...émoticône smile. La fin est comme elle devrait être ( apparemment je suis encore sous l'influence mystique du livre pour sortir une phrase pareille), sans être décevante. Une bonne découverte donc que ce livre.
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Bruno_Cm
  31 juillet 2013
Un mélange de Don Quichotte et de la Conjuration des imbéciles de J.K. Toole ? le tout avec quelques sentences philosophiques, ontologiques, existentielles parsemées de-ci de-là... Sentences qui touchent sans avoir l'air...
L'écriture est amusante, distrayante et toutefois d'un style relativement sobre, comme le tragi-comique permanent du contenu et du personnage principal, héros-antihéros, en fait. C'est un livre bien paradoxal. L'histoire est également très rocambolesque mais sans trop se forcer on peut aimer y croire. Croire en cette folie et justesse de ce Henderson.
Le bémol est pour moi la longueur, ou peut-être est-ce que j'ai parfois manqué d'énergie ; je suis un peu déçu de moi parce que j'ai l'impression que j'aurais encore plus pu profiter et aimer ce livre. Parce que chaque page a son mérite. Et aucune n'est inutile.
En tout cas, cela me donne envie de poursuivre la lecture de Saul Bellow, son prix nobel ayant déjà du sens à mes yeux après ce livre..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   27 juillet 2013
J'aurais voulu lui dire combien il avait été magnifique. Je brûlais de lui dire ce que j'éprouvais : [...] un travail de véritable artiste. Bon sang, oui, d'artiste ! [...] Mais je ne pouvais rien dire. J'ai cette brutale réticence. C'est l'esclavage de l'époque. Nous sommes sensés être imperturbables.[...] j'ai souvent envie de dire des choses et elles me restent dans l'esprit. Elles n'existent donc pas vraiment ; on ne peut pas s'en vanter si elles n'émergent jamais. [...] j'aurais pu lui dire un tas de chose tout de suite. Quoi ? Eh bien, par exemple, que ce n'est pas le chaos qui gouverne tout. Que tout n'est pas qu'une course morbide et précipitée, désemparée, à travers un rêve qui s'achève dans l'oubli. Non, mon bon monsieur ! Une ou deux choses peuvent stopper cette course. L'art, par exemple. La vitesse est contenue. Le temps redivisé. La mesure ! Cette grande pensée. Mystère ! La voix des anges ! Pourquoi diable est-ce que je jouais du violon ? Et pourquoi mes os fondaient-ils dans ces grandes cathédrales de France, si bien que je ne pouvais pas le supporter, que je devais me saoûler ...
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SachenkaSachenka   30 décembre 2017
J'avais déjà vu des morts, beaucoup de morts. Durant la dernière année de la guerre, j'avais partagé le continent européen avec quelque quinze millions d'entre eux, mais c'est toujours le cas individuel qui est le plus pénible.
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SachenkaSachenka   29 décembre 2017
Lorsque je revins de la guerre, c'était avec l'idée de devenir éleveur de porcs, ce qui illustre peut-être l'opinion que j'avais de la vie en général.
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Bruno_CmBruno_Cm   31 juillet 2013
Je ne sais pourquoi je n'arrivais pas, malgré tous mes efforts, à me faire perdre une compétition. Même quand je jouais aux dames avec mes enfants, malgré toutes mes manoeuvres pour les laisser gagner, et alors que je voyais leurs lèvres trembler de déception (oh, les pauvres gosses devaient sûrement me haïr), je bondissais par-dessus tous les pions en annonçant durement : "Et voilà!", alors qu'en moi-même je ne cessais de me dire : "Oh, imbécile ! imbécile ! imbécile !"
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Bruno_CmBruno_Cm   01 août 2013
Oh, la grandeur ! Oh [...] je ne parle pas de la grandeur grossie, enflée, fausse. Je ne parle pas de l'orgueil ou du fait de la ramener. Mais comme c'est l'univers lui-même qui est placé en nous, il faut de l'envergure. L'éternel est entreposé chez nous. Il demande sa part. C'est pourquoi il y a des types qui ne supportent pas d'être tellement quelconques. C'est pourquoi je me suis senti obligé de faire quelque chose. Peut-être aurais-je dû rester chez moi. Peut-être aurais-je dû apprendre à embrasser la terre.
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Video de Saul Bellow (3) Voir plusAjouter une vidéo

Un prix Nobel et trois débutants
Bernard PIVOT a invité le prix Nobel de littérature 1976, Saul BELLOW pour son dernier roman "L' hiver du doyen" qui juxtapose deux univers, celui d' un Pays de l'Est et celui des Etats Unis. Face à lui, trois écrivains dont c'est le premier roman : François CARIES, banquier : "Aux pieds du vent du nord", Gilles Martin CHAUFFIER, journaliste : "Les canards du Golden Gate" et Lionel MAREK :...
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