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Henri Robillot (Autre)Anne Rabinovitch (Autre)
ISBN : 2080640925
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 7 notes)
Résumé :
C'est la fantaisie et non une quelconque filiation avec les Von Humboldt d'Europe (Alexandre le voyageur et Wilhelm l'homme d'Etat philologue) qui a fait prénommer Von Humboldt le fils du Hongrois Fleisher immigré aux États-Unis.
Et voici que Von Humboldt Fleisher vient de mourir trois décennies après avoir, à vingt-deux ans, conquis ses premiers lauriers de poète en publiant ses Ballades d’Arlequin. Départ en flèche, arrivée dans la dèche et la folie intermi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
NMTB
  28 juillet 2016
Charlie Citrine, le narrateur, raconte ses nombreuses mésaventures autour du noël de 1973, alternant souvenirs nostalgiques, rencontres douteuses dans le Chicago interlope, projets extravagants, situations absurdes et considérations sociologiques, philosophiques ou métaphysiques ; lui-même déteste les intellectuels coupés du monde tout en ayant tendance à méditer des théories plus ou moins farfelues dans les situations critiques. C'est un écrivain et il est hanté par Humboldt, un ancien ami, un poète avant-gardiste de Greenwich Village qui a connu un petit succès entre la Lost et la Beat Generation. Mais alors que Charlie accédait à la reconnaissance, gagnait des prix littéraires, des médailles et de l'argent, Humboldt était peu à peu oublié et sombrait dans la folie. Ils se fâchèrent et Humboldt mourut dans les années 1960 sans qu'ils se soient réconciliés.
Je ne vais pas raconter toute l'intrigue qui est longue et complexe mais bien rythmée, drôle et ingénieuse. Seulement il y a trois choses principales à retenir sur Charlie Citrine : ses rapports confus à l'argent, aux femmes et à la mort. Il se fait arnaquer ou pomper son fric par tout le monde : l'Etat, un petit escroc qui se rêve en Al Capone, son ex-femme, ses avocats, sa petite amie, ses collaborateurs et même ses amis. Et quand je dis qu'il est hanté par Humboldt, j'exagère à peine, car Charlie est très friand des théories sur l'immortalité de l'âme, à base de métempsychose, de kabbale, d'anthroposophie ou je ne sais pas trop quoi. Toute sa quête est de mettre au clair cette confusion et de trouver un juste milieu entre la pauvreté et la richesse, entre le matérialisme et le spiritualisme, entre l'érudition sèche et la bêtise pure.
J'aurais certainement adoré ce roman si la traduction ne m'avait pas autant gêné. Non seulement elle est mal écrite mais elle est très bizarre et il y a des éléments qui m'ont laissé perplexe. J'ai vu que Gallimard avait publié une nouvelle traduction récemment dans la collection Quarto ; à privilégier, de toute façon ça ne peut pas être pire.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   23 juillet 2016
L'ennui est un instrument de contrôle social. Le pouvoir est le pouvoir d'imposer l'ennui, de déclencher la stase, de mêler à cette stase l'angoisse. Le véritable taedium, le taedium profond est relevé par la terreur et la mort.
[...] Aujourd'hui, l'on exige un mouvement rapide en avant, un télescopage, une existence à la vitesse de la pensée la plus intense. Tandis que nous approchons, par la technologie, la phase de la réalisation instantanée, la réalisation des éternels désirs et fantasmes humains, l'abolition du temps et de l'espace, le problème de l'ennui ne peut que devenir plus aigu.
[...] Les gens instruits parlent d'un monde đésenchanté (ennuyeux). Le monde ne peut pas être đésenchanté. Pour moi, l'ego conscient de lui-même est le siège de l'ennui. Cette conscience croissante, dominatrice, envahissante est la seule rivale des forces politiques et sociales qui dirigent ma vie (affaires, pouvoirs technologico-bureaucratiques, État). L'on trouve, d'une part un grand élan vital organisé, de l'autre le moi isolé, doué d'une conscience indépendante, fier de son détachement, de son immunité absolue, de sa stabilité, de son aptitude à n'être affecté par rien - les souffrances des autres, la société, la politique ou le chaos extérieur. À sa façon, il s'en moque. On lui demande de ne pas s'en moquer et nous le pressons souvent de ne pas s'en moquer, mais la malédiction du détachement est enracinée dans cette conscience douloureusement libre. Elle est libre de tout attachement à telle ou telle croyance ou à d'autres âmes. Cosmologies, systèmes d'éthique ? Elle peut les traverser par douzaines. Car être pleinement conscient de soi-même en tant qu'individu équivaut à se trouver isolé de tout le reste. C'est le royaume d'un espace infini dans une coquille de noix de Hamlet, "des mots, des mots, des mots", du "Danemark, une prison".
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NMTBNMTB   27 juillet 2016
Un poète est ce qu'il est en soi. Gertrude Stein distinguait la personne qui est une "entité" et celle qui a une "identité". Un homme important est une entité. L'identité est une acquisition sociale. Ton petit chien te reconnaît, tu as donc une identité. L'entité, par contraste, puissance impersonnelle, peut être d'une nature terrifiante. C'est ce que disait T.S. Eliot de William Blake. Un homme comme Tennyson se fondait dans son environnement ou s'encombrait d'opinions parasitaires, mais Blake était nu et voyait l'homme nu, du coeur de son propre cristal. Rien en lui n'évoquait " l'être supérieur ", ce qui le rendait terrifiant. C'est cela une entité. Une identité est plus tolérante pour elle-même. Une identité se verse à boire, allume une cigarette, cultive ses plaisirs matériels, se dérobe aux vrais problèmes.
[...] Où sont la puissance et l'intérêt du poète ? Ils naissent des états de rêve. Ces états surviennent parce que le poète est son être profond, parce qu'une voix résonne dans son âme douée d'un pouvoir égal à celui des sociétés, des États, des régimes. On ne se rend pas intéressant par la folie, l'excentricité, ni rien de ce genre, mais par le pouvoir que l'on a d'annuler la confusion, l'activité, le bruit du monde, et de se rendre réceptif à l'essence des choses.
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NMTBNMTB   28 juillet 2016
L’âme d’une personne civilisée et rationnelle est, dit-on, libre, alors qu’elle est en vérité étroitement recluse. Bien qu’elle se croie formellement investie d’une liberté sans limites, accédant ainsi à la réalité, elle se ressent en fait comme dérisoire. Mais pour celui qui admet, fût-ce étrangement, l’immortalité de l’âme, qui réussit à se libérer de ce poids de la mort dont le cœur de chacun est oppressé, soulagé comme s’il échappait à une obsession (celle de l’argent aussi bien que celle du sexe), quelle chance prodigieuse ! Supposons que la mort ne soit pas envisagée sous son aspect le plus réaliste selon la conception admise par les êtres sensés ? Il en résultera tout d’abord comme un débordement, une surabondance d’aptitude à la vertu. Une fois libérée, cette énergie que paralysait la terreur de la mort permet à celui qui la détient d’exercer la vertu sans éprouver pour autant la gênante impression d’aller contre l’histoire, de faire preuve d’illogisme, de passivité masochiste, de faiblesse d’esprit. La vertu perd alors tout rapport avec le martyre de certains américains (vous reconnaîtrez ceux dont je parle) illuminés à l’adolescence par la poésie puis qui témoignent de l’éclat de leur valeur (impalpable, irréelle) par le suicide – en grand style, le seul admis par les poètes.
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NMTBNMTB   22 juillet 2016
En outre (pour conclure), l'Amérique est un pays didactique dont les habitants offrent toujours leurs expériences individuelles comme de précieuses leçons au reste de leurs semblables, espérant les encourager et leur faire du bien - un effort intensif vers un système de relations publiques personnelles. Je considère parfois cet état d'esprit comme une forme d'idéalisme. D'autres fois, il m'apparaît comme un pur délire. Tout le monde étant converti au bien, comment peut-il s'accomplir tant de mal ? Lorsque Humboldt me traitait d'ingénu, n'était-ce pas là qu'il voulait en venir ? Cristallisant tant d'aspects du mal en lui-même, le pauvre, sa mort offrait un exemple, son héritage était une question posée au grand public. La question de la mort elle-même que Walt Withman jugeait comme la question des questions.
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NMTBNMTB   21 juillet 2016
Ils ont donné à Citrine un prix Pulitzer pour son livre sur Wilson et Tumulty. Le prix Pulitzer est pour les serins - pour les buses. Ce n'est qu'une publicité journalistique à la gomme faite par des escrocs et des illettrés. Vous devenez un homme-sandwich du Pulitzer si bien que, même lorsque vous claquez, les derniers mots de la notice nécrologique sont : " un lauréat du Pulitzer disparaît " ; il avait là marqué un point, pensais-je.
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Un prix Nobel et trois débutants
Bernard PIVOT a invité le prix Nobel de littérature 1976, Saul BELLOW pour son dernier roman "L' hiver du doyen" qui juxtapose deux univers, celui d' un Pays de l'Est et celui des Etats Unis. Face à lui, trois écrivains dont c'est le premier roman : François CARIES, banquier : "Aux pieds du vent du nord", Gilles Martin CHAUFFIER, journaliste : "Les canards du Golden Gate" et Lionel MAREK :...
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