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EAN : 9782020054744
Éditeur : Seuil (01/03/1980)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Qui, au Maghreb, ne connaît Moha ? On l'a entendu déclamer sur une place publique. On l'a vu déchirer de vrais billets devant une banque. Il a tiré au clair l'étrange histoire d'une ancienne et puissante famille, su le secret de l'esclave noire et celui de la petite domestique, chacune interdite de parole. Il a pris à partie le technocrate et le le psychiatre, conversé avec Moché, le fou des Juifs, et avec l'Indien, cet autre exclu.
Arrêté, tué, enterré, Moha... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  12 décembre 2014
Moha, c'est la mémoire du peuple marocain.
Tahar Ben Jelloun, c'est la voix de Moha.
Voix de la révolte contre l'argent, la religion, le sort réservé aux femmes et aux jeunes, la corruption, les inégalités…..
Écrit sous forme de conte philosophique, allégorique et poétique, ce livre nous donne une image de la société marocaine à travers plusieurs personnages. Certes, on s'y perd un peu, Tahar BenJelloun est souvent complexe dans son écriture. Mais c'est franchement très beau, ça imprègne l'esprit, ça ensorcelle.
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Myriam3
  18 décembre 2019
Moha est comme le vent, libre, sans frontières, visitant la maison des plus pauvres, le coeur de la jeune esclave violée par son maître, la solitude d'Aïcha, enfant domestique, la prison où son enfant est torturé, jour après jour.
Moha est peut-être le plus fou de tous, ou alors le plus sage. Son regard est limpide, acéré, rien ne lui échappe. Il raconte tout, le crie sur les places, continue à déclamer même enfoui sous la terre: il raconte le peuple, la pauvreté, le capitalisme, la colonisation, les femmes violées, battues, qui ne portent pas de nom, les hommes torturés.
Il raconte aussi dans un même tourbillon poétique la mer et ses vagues, le bruissement du vent dans les arbres, le jus de fruits savoureux, la douceur d'un sein, la profondeur des yeux noirs d'une enfant.
Texte poétique à souhait qui s'inscrit dans les légendes lyriques, il faut prendre le temps de le lire et surtout se laisser porter par les mots.
Lu une première fois quand j'étais à l'université, ça avait été une forte révélation.
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Biblio_Babelio
  16 avril 2019
Dans Moha le fou Moha le sage, Tahar ben Jelloun fait appel à la folie à travers la mise en scène d'un personnage monologue, Moha, pour faire parler sagement le désarroi du peuple marocain après l'indépendance et provoquer le changement sociopolitique dans un pays où la répression totale domine son ciel et sa terre. Ainsi, le droit à la liberté d'expression, bâillonné, prend parole pour exprimer certaines préoccupations de la population.
La parole joue un rôle principal, les personnages n'existent qu'à travers leurs voix, ils sont représentés par le personnage « fou-sage » Moha. Ce dernier commence par raconter l'histoire d'Ahmed R, un jeune homme capturé et torturé jusqu'à sa mort. Son récit est entrecoupé par l'histoire d'Aicha la servante, ensuite celle du patriarche, puis celle de Dada l'esclave. En racontant ces histoires, Moha le fou, continue d'étaler ses pensées et exprimer ses opinions. Ainsi, entre les énoncés, plusieurs histoires alternent avec pour transmettre des messages tantôt de désespoir et tantôt d'espoir.
Pour conclure, Moha le fou Moha le sage, est une inscription littéraire de l'oralité marocaine traduite par un récit mythique du folklore traditionnel, un récit tissé avec le procédé de la mise en abyme et que l'auteur a fait en sorte qu'à sa fin le lecteur se demande : Combien de Moha dans ce monde veulent s'éclater pour mettre l'injustice, sous toutes ses formes, à la porte de leurs sociétés?
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Bruno_Cm
  12 novembre 2018
Ce n'est pas pour rien que Ben Jelloun cite Nietzsche tout à la fin de ce livre, il y a du Zarathoustra inside.
Je ne connais pas bien du tout la culture marocaine, on me dit que Moha en fait un peu le tour, la critique dans l'un et l'autre de ses aspects ; un héraut des temps intemporels aussi, un personnage qu'on tente de barrer, ou qu'on écoute, mais qui n'est pas barré mais pas si simple à écouter et à entendre. le texte n'est pas easy-reading, il varie entre du monologue, du dialogue, des envolées poétiques, de la prose prosaïque, comme les thématiques. Ben Jelloun propose son Moha et sa "folie" à notre entendement, à nos sens aussi et pour ma part, j'ai vraiment apprécié cette invite. C'est un livre qui fait plutôt du bien, qui tente de ne pas être bête et facile, justement, dans un monde qui grossifie, grotesquise de plus en plus. Un peu de brutale finesse, de brute finesse, de finesse fine, les trois ensemble.
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Tagrawla
  15 avril 2013
Le premier chapitre est rude à lire. C'est une scène de torture qui pourrait en rebuter plus d'un. Ne vous arrêtez pas là, car la suite du roman est infiniment plus tendre, même si la violence d'une société subsiste. Moha est le fou qui déverse sans cesse un flot de parole sans sens. Moha est le sage dans le flot de parole duquel on peut entendre la sagesse. Si on y prête attention. L'ensemble est une oeuvre admirable, à lire absolument.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
dreulmadreulma   19 juillet 2010
O femmes, pourquoi vous cultivent-ils dans les ténèbres avec des sexes en bois, sans caresses, sans tendresse ?...
O femmes, ils vous écartent les jambes depuis des siècles. Ils ne vous parlent pas. Ils ne murmurent rien. Votre cri est absorbé et vos jambes posées sur leurs épaules. Munissez-vous de lames de rasoir et déchirez sans pitié leur visage et leurs certitudes...
Insatisfaites, cultivées, labourées par des siècles de silence et de brutalité légalisée par l'Autorité suprême. Quand je pense à tous ces corps cachés, battus, défigurés par l'absence et le manque...
Pourquoi ces mains sont-elles fermées à la caresse ? À quoi bon célébrer le cérémonial de votre propre négation ? Votre corps est annulé et vous continuez à être de la fête. Vous dansez pour faire bander des brutes; des gars heureux de se masturber quand vous faites trembler le ventre et les fesses....
Vous êtes toujours prêtes pour les travaux dans les champs ou pour faire la guerre. C'est vrai, vous avez fait la guerre contre les français. Vous étiez utiles et courageuses. Vous avez fait des opérations mémorables. Après la libération du pays, ils ont fermé les murs et verrouillés les portes. Même les terrasses vous sont à présent interdites. Zones dangereuses pour la sécurité du morceau de bois
Ils s'abattent sur vous comme des sacs de maïs, parce que là est leur droit. Ils agitent leurs fesses, bavent par le sexe et par la bouche. Ils sont contents : le devoir conjugal accompli. Et dire qu'ils prient avant ! Quel cérémonial ! Et quelle honte ! '' La femme est un champ à cultiver ... '' C'est vrai. C'est un champ. Mais un champ vivant, en droit d'exiger autre chose que la fêlure systématique et semence brève.
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zabeth55zabeth55   12 décembre 2014
Je pense qu’un jour viendra où, dans mon pays, on mettra les vieux dans une maison spécialisée, bleue et musicale ; alors là, on mourra de vieillesse ; on mourra de lassitude et d’usure. L’âge sera un fardeau. Le temps un ennemi.
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Myriam3Myriam3   08 décembre 2019
Les murs sont froids. Tes doigts se sont agrippés à la moisissure au moment où tu voulais résister. Tes doigts sont de verdure et de sable. Tes yeux bandés. mais tu vois. la nuit est une prairie d'étoiles traversée de quelques murmures. le ruisseau, tu l'entends. Une feuille de menthe entre les dents et les pieds dans l'eau. La nuit sera de cette absence. Les pierres suivent le courant et toi tu souris.
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dreulmadreulma   19 juillet 2010
Dormir un siècle ! Un siècle de silence et de profonde solitude ! Un siècle semé de rêves interminables à la lumière de l'aube éternelle. Dans la grotte, le temps caresse mon front; les oiseux viennent faire leur nid dans mon corps. L'herbe douce, l'herbe très verte, pousse sur ce corps; elle me couvre de toute sa tendresse.
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Myriam3Myriam3   18 décembre 2019
Voilà où nous en sommes aujourd'hui, plus nus qu'avant. Avant, c'étaient les étrangers qui nous dépouillaient de nos habits traditionnels; aujourd'hui, c'est nous-mêmes qui les ôtons et les jetons dans la fosse de la honte.
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Tahar Ben Jelloun nous explique la genèse de son nouveau livre, un conte philosophique pour expliquer les grands concepts de la philosophie aux collégiens, avec l'environnement pour fil conducteur.
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