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Critique de nameless


nameless
  03 juin 2016
Tonino Benacquista appartient à cette génération d'écrivains qui a enchanté ma jeunesse lorsque j'ai découvert, médusée, le drôlatique La maldonne des sleepings, le déjanté La commedia des ratés, ou Trois carrés rouges sur fond noir. Il a accompagné ma découverte de la littérature noire dynamitée par ses potes du néo-polar et c'est toujours avec curiosité que j'ai suivi sa trajectoire littéraire, qu'il a su enrichir et diversifier, y compris dans La machine à broyer les petites filles, recueil de nouvelles impeccables. Un parcours irréprochable !


Homo Erectus serait-il le roman de la maturité ? L'idée de départ est originale, faire entrer les lecteurs dans la tête et donc la psychologie d'hommes qui se réunissent secrètement, en prenant pour modèle celui des AA (alcooliques anonymes) pour partager un rare moment de tolérance, échappant à toute grille de lecture, aux dogmes les plus fumeux. Ils peuvent se lâcher, raconter sans intervention orale tolérée des participants, leurs difficultés sentimentales, sexuelles, inventant une thérapie de groupe sans thérapeute, un étonnant bureau des pleurs masculins, une occulte et mâle congrégation à laquelle on peut accéder sans rite d'intronisation, sans cooptation, sans enquête préalable, et au sein de laquelle on peut parler librement de sexisme, discrimination, muflerie, harcèlement, misogynie, tyrannie domestique, brutalité. Dans cette confrérie, la propre histoire de chacun devient anecdotique, et seule compte celle qu'un inconnu raconte au micro, aux antipodes de celles des auditeurs présents.


Ca partait bien, et même sur les chapeaux de roue. Si l'auteur avait concentré l'histoire sur ce curieux mélange d'hommes n'ayant rien à voir entre eux en les laissant dans l'anonymat requis dans ce type de réunion, je crois que je me serais laissée embarquer. Mais il a dirigé son attention sur trois d'entre eux peu sympathiques selon mes critères, dont l'histoire individuelle décortiquée et reliée m'a dérangée. La relation qui se noue entre Philippe, philosophe et la taupe-model, une créature aux mensurations frôlant le mystère mathématique, m'a laissée de marbre. Les justifications d'Yves pour utiliser les services tarifés de prostituées m'ont paru fallacieuses, et enfin, je n'ai pas compris l'intrusion dans la vie de Denis de cette mystérieuse Marie-Jeanne.


Allez Tonino, j'oublie ça rapidement, et tu retournes à tes crayons ou à ton clavier pour me pondre toutes affaires cessantes, la suite de Malavita et de Malavita encore. C'est le moins que tu puisses faire pour moi qui t'adore depuis tes débuts. Sans rancune !
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