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Critique de latina


latina
  24 juillet 2012
A celui qui se sentirait une âme de scénariste, ce roman est pour lui !
4 personnes, qui au départ ne se connaissent pas, sont recrutées pour écrire une série pour la télévision française, càd " n'importe quoi, tout ce qui vous passe par la tête, de toute façon ce feuilleton n'est pas destiné à être vu. Il sera diffusé à raison d'un épisode quotidien de cinquante-deux minutes, entre quatre et cinq heures du matin(...). Et pourquoi écrire, alors? "A cause des quotas...Ces conneries de quotas obligatoires de création française ! Création française...Rien que la réunion de ces deux mots m'écorche la langue. A part vous, les scénaristes, à qui ça peut faire un peu d'argent, ça intéresse qui, la création française?"
Le ton est donné...Ces 4 scénaristes vont s'en donner à coeur joie, puisque de toute façon, même la vie mondaine leur est refusée : "Un scénariste, même s'il intervient au tout début d'une aventure, passera toujours en dernier. le monde entier n'a d'yeux que pour les acteurs. Un scénariste, ça fabrique du rêve mais ça ne fait pas rêver."
Ils vont donc libérer leur imagination à s'en déchaîner les neurones : "Inutile de chercher à savoir si la Saga dérive ou garde le cap, c'est comme s'il y avait à bord quatre capitaines fous qui prennent le contrôle des machines quand bon leur semble. Mon Dieu, pardonnez-nous, nous ne savons pas ce que nous faisons. Parfois, j'ai l'impression qu'il s'agit d'une écriture automatique à la façon de Dali et Bunuel, nous évoquons tout ce qui nous passe par la tête et abandonnons d'emblée ce que les autres rejettent sans qu'ils aient besoin de le justifier. Comme des enfants à qui personne n'interdit rien, nous nous amusons à repousser les limites de la décence et personne ne vient nous taper sur les doigts."
Cette "saga" les fera passer par toute la gamme des sensations.
Au début, la déprime de l'écrivain non lu, de l'artiste non reconnu ou de ... : "Il est facile d'imaginer la déprime d'un boulanger qui s'évertue à faire son pain tous les matins sans que personne ne le mange jamais."
Puis l'impression de folie douce, de ne pas adhérer au réel tout simple mais d'y chercher la complication : "Le travail du scénariste n'est pas très éloigné de celui du paranoïaque. Tous deux sont des scientifiques du soupçon, ils passent leur temps à anticiper sur les évènements, imaginer le pire, et chercher des drames affreux derrière des détails anodins pour le reste du monde. Ils doivent répondre à toutes les questions et prévoir les réactions d'autrui avec la même crainte de se faire piéger. "
Ensuite un certain désabusement pour arriver enfin au (non)-contrôle de la gloire...
Jubilatoire et éducatif ! Tout est pesé, décortiqué. La réaction des spectateurs, les relations avec la famille, les voisins, les amis, le patron, les acteurs, les journalistes...
L'après-"Saga" elle aussi est explorée, c'est peut-être cela qui tire en longueur.
Mais c'est effarant. Oui. Irréel? Ou plus que réel?
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