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EAN : 9782072929960
Gallimard (04/02/2021)
3.9/5   24 notes
Résumé :
À la machine raconte le destin singulier de Barthélemy Thimonnier, tailleur et inventeur dont la vie et la postérité furent effacés par le triomphe commercial de l'américain Singer.
À peine ses premières machines construites, Thimonnier connait de violents revers. Elles sont détruites par des ouvriers qui y voient la fin programmée de leur travail. Puis il est dépossédé par trois fois de ses brevets, retombant à chaque fois dans la misère. Acharné, il amélior... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  22 mars 2021
***Choisi vendredi 19 mars 2021- Librairie Caractères [Issy-Les-M. ]
Un petit bijou… dans une collection que j'affectionne particulièrement , chez Gallimard, « L'Arbalète », pour l'esthétique élégante de ses couvertures et des textes toujours singuliers proposés !....
Une « sacrée » bonne surprise que ce texte incroyable. Un immense coup de coeur inattendu !!! Si on m'avait dit qu'à partir d'une simple « machine à coudre » on m'en dirait tant de notre société et de la vie des travailleurs au XIXe… A travers le « véritable inventeur » de la « machine à coudre »…. Barthélemy Thimonnier, une réflexion, des informations sur les bienfaits et les nombreux méfaits de la société industrielle….sur la condition terrible des ouvriers qui « crèvent de faim » , malgré des journées harassantes de travail. « Les Misérables » de Victor Hugo…sont là, présents, à chaque page de Yamina Behnahmed Daho,parlant de la loi du plus fort, c'est-à-dire du plus riche …de l'exploitation des travailleurs, des ouvriers, des petits artisans…la non-reconnaissance du travail manuel, et du travail,
tout court !!!
« Quand les visiteurs découvrent ces symboles qui rendent hommage à Thimonnier, ils ne savent pas que c'est hors du récit institutionnel que s'écrit la version la plus fidèle à la vie de Barthélemy. En face du musée, en contrebas de la rue qui porte son nom, sa maison sommairement meublée accueille aujourd'hui, occasionnellement, discrètement, des personnes sans ressources, sans toit, sans soutien, sans travail ou sans un emploi suffisamment rémunéré, parfois sauvagement privées de tout cela en même temps. On l'appelle « la maison des gens de passage ». Un refuge unique, où l'on peut secrètement espérer, comme Barthélemy en son temps, que demain, malgré tout, la vie sera meilleure. Que la maison d'un artisan-inventeur errant, malchanceux et misérable soit devenue un abri temporaire qui protège d'une société du travail impitoyable, c'est une histoire qu'aucune fable ne peut dépasser”(p. 150)
Récit qui croise un second récit- hommage à la mère de l'auteure, ayant acheté une machine à coudre , dans les années 60, en Algérie…. Objet des plus sacrés qui accompagnera la « maman » dans son exil en France….
Un texte que je trouve d'une actualité incroyable : les écarts, les injustices faites aux classes modestes qui sont toujours les premiers touchés par le Capitalisme, par la Loi du profit qui profite à tous sauf à ceux qui ont « produit « de leurs mains et de leur sueur…
L'auteure nous rappelle quelques élémentaires vérités économiques et sociales…
« Les ouvriers sont ailleurs. Entre le taudis et l'usine (...) C'est un kiosque en bord de Seine, c'est une échoppe à Saint-Etienne, c'est un jardin à Limoges, c'est un parc à Roubaix, c'est une rue à Villeurbanne...C'est la nuit, le plus souvent. (...)
Ils envisagent un machinisme qui bénéficieraient à tous (...) ils se réapproprient leur corps servile, se découvrent d'autres forces que celle du travail régi par des règles déloyales et abusives. Il leur devient possible
de définir leur identité ouvrière,
de nommer le monde,
de penser construire chanter une autre société.
Dans ces marges blanches, ils proposent des ateliers de production autogérés, des élections ouvrières au sein des usines, où la machine est conçue comme un outil d'émancipation et non d'exploitation. » (p. 146)
Un immense MERCI à l'auteure pour ce beau texte, qui a un autre grand mérite , celui d'avoir mis à l'honneur un homme brillant, animé de grands projets faisant espérer une vie meilleure pour les « travailleurs », qui fut malheureusement, poursuivi par la « guigne » , la « malchance » et la cupidité de ses « associés »…
Yamina Benahmed Daho a comblé mon ignorance, ignorance telle, que les machines à coudre « Singer » ont bercé ma jeunesse, même dans des lieux très modestes…A tel point que j'ignorais même que Singer était « américain », je me l'étais intégré comme appartenant à l'hexagone. Alors il est merveilleux que ce récit fasse connaître ce sympathique et ingénieux Barthélemy Thimonnier…
Une lecture passionnante , des plus instructives…nous interpellant sur le système capitaliste et cette fameuse valeur « Travail » , toujours bien malmenée, hier comme aujourd'hui , à des niveaux différents mais malheureusement « perdurant ». Un style plaisant, fluide… un vocabulaire riche et coloré lié à ces artisans de la Couture, des tailleurs et des tissus, sans oublier le monde des Canuts, etc.
Un livre à ne pas manquer…qui fait, si besoin était ( !?) réfléchir à nos systèmes économiques qui laissent trop souvent, pour ne pas dire « toujours » « les forces vives » sur le bord de la route !!....
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****Voir lien
https://www.arts-et-metiers.net/musee/modele-premiere-machine-coudre-de-thimonnier
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Zephirine
  21 février 2022
Curieux roman que ce récit qui mêle biographie de l'inventeur de la machine à coudre et souvenirs d'enfance de l'autrice.
Yamina Benahmed Daho est bien documentée sur la vie et l'invention de Barthélémy Thimonnier, tailleur de son métier et bricoleur inspiré. Rien d'étonnant à cela puisqu'elle a écrit cet opus lors d'une résidence d'écriture au musée Barthélémy Thimonnier à Amplepuis, commune rurale de la vallée du Rhône.
Barthélémy qui a épousé Madeleine, est un artisan impécunieux. Mais, à défaut d'argent, il a des idées et c'est ainsi qu'il passe tout son temps à perfectionner cette machine qui devrait être une avancée spectaculaire pour libérer l'homme du labeur manuel.
« C'est au début de l'année 1829 que naît l'invention. Barthélémy a trente-six ans quand il se tient debout face à la machine. »
Cette invention, hélas, n'apportera pas la fortune tant espérée au modeste tailleur. Malade, il sera tendrement veillé par Madeleine et mourra dans le plus grand dénuement. Pourquoi ? Parce-que, apprend-on, ses tentatives pour fabriquer sa machine et la commercialiser vont se heurter à l'incompétence et la tromperie de ses associés. Isaac Singer, dont l'histoire retiendra le nom, sera plus avisé en affaires.
Il faudra attendre l'Exposition Universelle de 1855 pour que le titre d'inventeur de la machine à coudre soit attribué à Barthélémy Thimonnier.
Yamina Benahmed Daho mêle avec délicatesse et justesse la biographie d'un inventeur oublié, le destin misérable des ouvriers du textile durant le XIX e siècle et sa propre histoire avec ses souvenirs d'enfant face à la machine à coudre maternelle. L'adresse de sa mère à manier l'engin l'émerveille
« Il me semble qu'elle manie un dangereux engin de chantier, qu'il faut de l'habileté et probablement du courage pour le maîtriser et ne pas provoquer d'accident ».
L'on passe avec plaisir d'une histoire à l'autre et c'est réussi.
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BurjBabil
  26 février 2021
Ma curiosité a été piquée par cette histoire de machine à coudre. Comment broder le roman dans l'Histoire ? Comment lier deux fils narratifs disjoints mais réussir à les faire se raccorder ?
L'auteure, dont j'ai appris en fin d'ouvrage qu'elle a choisi ce sujet alors qu'elle était en résidence d'écriture au musée Barthélemy Thimonnier, fait ici la démonstration de ses qualités d'écrivaine.
On se pique du destin tragique d'un simple inventeur compétant qui sera floué par les profiteurs habituels qui emplissent l'histoire de l'humanité, hommes de loi en tous genres, et fils de ces mêmes. Et finalement l'Histoire et nos devantures de magasin, jusqu'à ce jour, ne retiendra que le nom du commerçant étasunien plus habile : Singer.
Mais au-delà de ce triste parcours, elle nous fait vivre la misère des campagnes d'alors, les balbutiements de l'industrialisation naissante, des situations de concurrence entre des pauvres et des très pauvres, la révolte des canuts. Tout est très bien décrit, dans une langue dynamique.
Yamina Benahmed Daho bâtit ici un ouvrage original qui mérite le détour, c'est sûr, jetez-vous dessus...
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Bazart
  21 février 2021
A la machine ou la vie terriblement triste d' un génial inventeur.
C' est en regardant amoureusement Madeleine, son épouse, broder une pièce de mousseline que Barthélémy Thimonnier a l' idée de reproduire, par une machine, le mouvement habile effectué par la main de sa chère brodeuse.Barthélémy est un tailleur confirmé et un bricoleur de génie. Il inventera le premier métier à coudre à point de chaînette qui servira de modèle type à toutes les machines à coudre moderne.
Hé oui, même Isaac Singer devra s' incliner lorsque, le 15 novembre 1855, le jury de l' Exposition Universelle rétablira officiellement que Barthélémy Thimonnier est bien l' inventeur de la machine à coudre.
Mais pourquoi donc alors, Barthélémy mourra-t'-il deux ans plus tard dans le dénuement le plus total ?
La vie misérable des ouvriers en ce début de XIX ème siècle dans la région lyonnaise, et le triste destin d un homme qui croyait en ses rêves, mais aussi de tendres souvenirs d' enfance et une déclaration d'amour d'une fille à sa mère.
Passionnante histoire que celle de Barthélémy Thimonnier, et doux et caressant le regard d'une petite sur sa mère au travail.
D'une écriture poétique et engagée, la romancière lyonnaise Yamina Benahmed Daho mêle habilement l'historique et l'intime et nous offre deux tendres biographies.
Un très beau roman.
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ATOS
  05 mars 2021
Filer, tisser, coudre, faire lien. Tout se tient. La petite et la grande histoire. La grande trame qui dessine nos espaces. Yamina Benahmed Daho remonte le temps et nous fait soupeser le poids de cette étoffe. Des métiers à tisser de Lyon, à l'exposition universelle de Paris, de la guerre de Crimée, en passant par l'Algérie. de fil en aiguilles….tout se relie ; A travers l'histoire de Barthélémy Thimonnier c'est une grande partie de l'histoire de l'industrialisation mondiale qui se déploie sous nos yeux. Derrière l'histoire de tous les objets manufacturés, il y a des espoirs, des drames, des révolutions, il y a des gagnants, des perdants, des bonnes intentions, des révoltes, des trahisons, des idées de génie, et toujours cette satanée course aux profits. La machine est toujours pleine de promesse. Pas pour tous. Voilà le drame. Voilà sa trame. L'invention est louable. L'objet est un objet. Mais qui possède l'outil ? Il y a l'histoire officielle, celle des discours, des décorations, celle du ministre, du capitaine, celle du Capital, du général…Et puis il y a la réalité des ateliers, des usines, des artisans, des ouvriers. Les exodes, les exils, les devenu.e.s invisibles, les oublié.e.s, les spolié.e.s. Les sacrifié.e.s. Et puis il y a la littérature pour ne rien oublier.
Un roman juste et pertinent. . Social et politique. Actuel.
Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
BurjBabilBurjBabil   26 février 2021
Quand les visiteurs découvrent ces symboles qui rendent hommage à Thimonnier, ils ne savent pas que c’est hors du récit institutionnel que s’écrit la version la plus fidèle à la vie de Barthélemy. En face du musée, en contrebas de la rue qui porte son nom, sa maison sommairement meublée accueille aujourd’hui, occasionnellement, discrètement, des personnes sans ressources, sans toit, sans soutien, sans travail ou sans un emploi suffisamment rémunéré, parfois sauvagement privées de tout cela en même temps. On l’appelle « la maison des gens de passage ». Un refuge unique, où l’on peut secrètement espérer, comme Barthélemy en son temps, que demain, malgré tout, la vie sera meilleure.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 mars 2021
Quand les visiteurs découvrent ces symboles qui rendent hommage à Thimonnier, ils ne savent pas que c’est hors du récit institutionnel que s’écrit la version la plus fidèle à la vie de Barthélemy. En face du musée, en contrebas de la rue qui porte son nom, sa maison sommairement meublée accueille aujourd’hui, occasionnellement, discrètement, des personnes sans ressources, sans toit, sans soutien, sans travail ou sans un emploi suffisamment rémunéré, parfois sauvagement privées de tout cela en même temps. On l’appelle « la maison des gens de passage ». Un refuge unique, où l’on peut secrètement espérer, comme Barthélemy en son temps, que demain, malgré tout, la vie sera meilleure.
Que la maison d’un artisan-inventeur errant, malchanceux et misérable soit devenue un abri temporaire qui protège d’une société du travail impitoyable, c’est une histoire qu’aucune fable ne peut dépasser.(p. 150)
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BazartBazart   19 février 2021
Barthélémy observe, veille, accompagne, répare. Il explique aux ouvriers dépassés par le métier capricieux pourquoi le fil craque ou bien comment régler la vitesse de la pédale. Après quoi les travailleurs reprennent la couture mécanique, tous ensemble, concentrés. Quelques secondes, il forment un coeur qui vibre, claque, siffle puis, à nouveau, déraille. À force d' interventions, Barthélémy comprend que ce ne sont pas seulement les bras des ouvriers qui manquent d' entraînement et de dextérité. Son métier doit encore être perfectionné. Il doit l'améliorer jusqu'à ce qu'il se confonde avec le corps de l' ouvrier. Pour une couture parfaite, ce dernier doit porter le métier au bout de son bras comme la bêche prolonge la main du paysan qui retourne la terre.
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fanfanouche24fanfanouche24   21 mars 2021
Naissance de l'idée, origine anthropologique

Barthélemy et Madeleine, avant d'être un couple amoureux, sont des Homo sapiens, descendants des chasseurs-cueilleurs. Quand Madeleine brode, elle exécute un geste manuel qui s'est transmis des milliers d'années durant pour faire vivre et survivre des groupes humains dans toutes les régions du monde. Parce qu'il est demeuré intact depuis son origine au paléolithique supérieur, le geste de la main- outil puissante et créatrice peut être converti en un geste mécanique, rapide, pratique au début du XIXe siècle dans l'esprit du tailleur.
Barthélemy regardant Madeleine regarde en fait la main de l'homme créant l'aiguille à chas il y a plus de dix mille ans. (p. 15)
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fanfanouche24fanfanouche24   21 mars 2021
Avec l'invention ne vient pas nécessairement la richesse. Parce qu'il faut d'abord la protéger avec un brevet qui coûte beaucoup d'argent, Barthélemy n'en a pas. Puis il faut la faire connaître et apprécier, ce qui paraît difficile pour Barthélemy qui vit dans un lieu-dit inconnu des sociétés savantes, ignoré des intellectuels parisiens donc exclu des rapports sociaux et des activités économiques nationales. Enfin il faut qu'elle soit suffisamment exploitée pour être rentable et l'inventeur ignore tout de cette procédure de production.
(p. 33)
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Video de Yamina Benahmed Daho (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yamina Benahmed Daho
Au début du XIXe siècle, Barthélemy Thimonnier, tailleur, met au point le premier métier à coudre. Destinée à alléger le travail des ouvriers, cette machine provoque parmi eux les plus vives controverses avant d'être récupérée par la concurrence. le destin de cet inventeur aujourd'hui oublié sert de trame à Yamina Benahmed Daho pour raconter les bouleversements de la révolution industrielle, les espoirs qu'elle a suscités et déçus et les premiers mouvements de révolte ouvrière, dont celui des canuts lyonnais.
L'autrice intègre à son récit des fragments de ses souvenirs d'enfance rythmés par le bruit de la Singer, l'un des rares objets que sa mère a conservé en quittant l'Algérie pour s'exiler en France. La machine à coudre devient ainsi un objet littéraire, une invention qui passe symboliquement des fabriques aux foyers et habite la mémoire de nombreuses familles.
Yamina Benahmed Daho est écrivaine et enseignante. La pratique du football féminin a alimenté ses récits sportifs qui se situent à la frontière entre la fiction et le documentaire. À la machine est son quatrième roman.
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