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EAN : 9782742766895
58 pages
Actes Sud Junior (14/03/2007)
3.56/5   71 notes
Résumé :
"La vie est pleine de choses à tenter et il est inutile de porter corset et bas de soie pour être vivante !" (Même les Chinoises n'ont plus les pieds bandés).
"J'attends qu'un garçon me les dise, ces mots, qu'il me regarde et qu'il me veuille. Nue. Comme je le voudrais nu. Et que ce soit beau." (Le Ramadan de la parole).
"Je voudrais crever les yeux de toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas voir qu'il y a là un corps nu juste pour faire vendre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Trois nouvelles très courtes pour nous parler de la condition féminine, de la liberté des femmes à choisir leur mode de vie, à disposer de leur corps (le couvrir comme elles l'entendent, notamment).

Trois histoires simples et éloquentes :
- une jeune femme en 1920, corsetée au sens propre et au sens figuré (religion catholique, soumission, éducation visant uniquement à devenir bonne épouse/mère...)
- une jeune musulmane prise dans les injonctions de son entourage (voile ou, par contraste, allure délurée comme certaines de ses amies ? quid du respect des hommes ou tout simplement de la tranquillité, dans le deuxième cas)
- une adolescente d'aujourd'hui, qui souffre de voir le corps dénudé de sa mère sur des grandes affiches d'une publicité pour un parfum.

Chacune s'oppose à celle qui transmet les valeurs, dicte les comportements : sa propre mère.
Chacune se rebiffe contre le jugement porté sur les femmes qui essaient de s'affranchir des codes.
Il est question du regard des hommes, qui classe, évalue (vertu & respect vs liberté & mépris).
La lutte de ces trois jeunes se manifeste par le verbe (texte, écrit, silence), de manière très symbolique.

Ce beau recueil sensible prouve qu'on peut exprimer beaucoup avec une histoire de quelques pages, et que les nouvelles sont un genre à part, pas une esquisse ou un concentré de roman pour auteur en mal d'inspiration.
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Ces trois courtes histoires illustrent les difficultés des femmes dans beaucoup de sociétés pour se faire une place respectueuse des droits humains, et ce dès leur jeune âge.
La religion est souvent un facteur aggravant, parce qu'utilisée comme justification de corsets sociaux. Le voile islamique n'est qu'un bout de tissu (peut être issu d'un arbre) qui cache la forêt ; il est évoqué dans la nouvelle « le Ramadan de la parole » mais les carcans sociaux à l'encontre des femmes prennent d'autres formes ailleurs.

Le tissu contribuait aussi à cet enferment social en Chine lorsque les pieds des petites filles étaient bandés pour ne mesurer que 7.5 cm, d'abord pour faciliter la traditionnelle danse du Lotus, puis pour satisfaire le fétichisme de certains hommes. Le bandage des pieds était une pratique courante à partir du Xe siècle jusqu'à 1912, d'abord dans les classes sociales favorisées, puis dans une plus grande partie de la population.

Et c'est encore du tissu, associé au busc (large lame rigidifiante), à des baleines, et à des oeillets métalliques, qui a longtemps corseté des femmes européennes depuis le XVIe siècle.
Dans ce recueil, la nouvelle « Même les Chinoise n'ont plus les pieds bandés » évoque la place du corset en 1920 en France.
Ce tissu enferme et contribue à façonner l'image de la femme, la ramenant à n'être qu'un objet sexuel.
Le corps féminin reste un objet de fantasme lorsque le tissu disparaît totalement, comme dans la nouvelle « A l'affiche », où une jeune fille a honte de voir sa mère s'exposer nue au regard de tous.

Ces récits sont une belle invitation à poursuivre la réflexion.
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Trois textes très courts (collection "d'une seule voix" oblige) sur la condition féminine.
Un bon moyen d'initier le débat sur l'égalité et le respect.
Combat pour l'éducation ; combat pour la liberté ; combat pour le respect.
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Trois narratrices pour trois textes courts et percutants, chacune se révoltant à sa manière contre les carcans que la société réserve aux femmes.
Quel que soit le lieu, quelle que soit l'époque, chacune de ces trois femmes pousse un cri pour se libérer de ce qu'elle ne veut pas être malgré elle.
Ce sont aussi trois filles qui ne veulent plus suivre l'exemple de leur mère et la voie tracée pour elles. Anonymes, elles nous montrent chacune à sa façon à quel point le regard porté sur elles est biaisé, combien il est pesant et difficile de s'en affranchir. Et pourtant, elles ont bien l'intention de s'en libérer. Bravo les filles !
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Trois textes courts sur le droit des filles, sur l'emprise que veut s'octroyer la société sur leurs corps.

J'ai trouvé chaque texte percutant. Jeanne Benameur écrit bien, avec un style rythmé et incisif. Parfait pour ouvrir le débat avec des adolescent.e.s.

J'ai particulièrement aimé le premier "Même les chinoises n'ont plus les pieds bandés" : histoire d'une jeune fille dont la famille voudrait qu'elle rentre dans le moule de la jeune fille de bonne famille, qui se tait et tient son rang. Alors qu'elle veut apprendre, s'exprimer, découvrir.

Le deuxième texte "Le ramadan de la parole" évoque le fait de découvrir ce que veut dire être une femme dans les yeux de certains hommes : de ceux qui emploient des mots sales dans la rue à ceux qui veulent camoufler pour soit disant protéger.

Quant au troisième et dernier texte "A l'affiche", on suit une jeune fille qui a honte du corps nu de sa maman exposé sur des affiches. C'est peut-être celui que j'ai le moins aimé parce que je trouve qu'il manque un peu de nuance mais le sujet prête à débat évidemment.

En tout cas, c'est une lecture féministe à conseiller.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
[ une jeune fille, dont la mère pose dénudée sur une affiche publicitaire ]
Je voudrais crever les yeux de tous les types qui regardent cette affiche.
Je voudrais crever les yeux de toutes les femmes qui ne voient que le flacon de parfum et oublient le corps de celle qui pose. Toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas voir qu'il y a là un corps nu juste pour faire vendre.
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Vous m'avez dit : "reste avec tes précieux livres, ma fille, jusqu'à demain, seule dans ta chambre. Quand j'ouvrirai la porte, si tu n'es pas revenue à de meilleurs sentiments, tes livres, tu pourras leur dire adieu. Je ne te laisserai que la sainte Bible offerte par ta grand-mère.
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Les livres sont toujours des trésors, où qu'ils soient. Il suffit que quelqu'un les lise, et vous n'y pouvez rien. Rien !
Les livres sont mes bateaux, mon équipage. Ils m'ont appris à être le capitaine de ma vie.
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C'est mal d'avoir envie qu'un garçon vous regarde ? C'est mal d'avoir envie qu'il approche sa main de votre main ? Qu'il touche votre peau ?
Je ne veux plus participer à ce langage qui fait de nous des bêtes de crainte. Je me lave de toutes ces insultes qu'on entend, de tous ces gestes obscènes, de tous ces interdits qu'ils jettent sur nous pour se protéger de leurs désirs.
On dit que je suis fière. Qu'il faut que je fasse attention. A quoi ?
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Vous me reprochez d'avoir un cerveau et de m'en servir ! Vous dites que je prends de mauvais chemins, que vous craignez que je ne sois pas une bonne chrétienne. Pourtant je suis comme votre dieu m'a faite, et qu'y puis-je s'il a placé sous mes cheveux quelque chose qui vit, qui bat, un esprit qui me dit que la vie est pleine de choses à tenter et qu'il est inutile de porter corset et bas de soie pour être vivante ! (p.9)
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Videos de Jeanne Benameur (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeanne Benameur
Après notre entretien avec Chloé Deschamps, créatrice du compte Instagram @aquoibonlespoetes, nous poursuivons notre exploration de l'univers poétique. Dans la 2ème partie de cet épisode spécial Poésie, nous sommes en compagnie de Laure, libraire à Dialogues.
Bibliographie :
- le Pas d'Isis, de Jeanne Benameur (éd. Bruno Doucey) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20130380-le-pas-d-isis-jeanne-benameur-editions-bruno-doucey
- Made in woman, d'Hélène Dassavray (éd. La Boucherie Littéraire) https://www.librairiedialogues.fr/livre/16144462-made-in-woman-helene-dassavray-la-boucherie-litteraire
- Prends ces mots pour tenir, de Julien Bucci (éd. La Boucherie Littéraire) https://www.librairiedialogues.fr/livre/20480403-prends-ces-mots-pour-tenir-bucci-julien-la-boucherie-litteraire
- Faiseur de miracles, de Fadhil Al-Azzawi (éd. Lisières) https://www.librairiedialogues.fr/livre/15531936-faiseur-de-miracles-suad-labiz-ed-lisieres
- Brûler, Brûler, Brûler, de Lisette Lombé (éd. L'Iconoclaste) https://www.librairiedialogues.fr/livre/17378935-bruler-bruler-bruler-lisette-lombe-l-iconoclaste
- Des Frelons dans les coeurs, de Suzanne Rault-Balet (éd. L'Iconoclaste) https://www.librairiedialogues.fr/livre/17378693-des-frelons-dans-le-coeur-suzanne-rault-balet-l-iconoclaste
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