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ISBN : 2330080875
Éditeur : Actes Sud (03/05/2017)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Dans l'absence laissée par la disparition inexpliquée de sa mère, un enfant, son père et sa grand-mère partent chacun à la reconquête de leur place et de leur présence au monde.

Dix-sept ans après le choc des Demeurées, Jeanne Benameur, fidèle aux âmes nues, pose avec L'enfant qui, texte talisman, une nouvelle pierre sur le chemin le plus juste vers la liberté.

Porté par la puissance de l'imaginaire, L'enfant qui raconte l'invention de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
25 juin 2017
J'ai découvert Jeanne Benameur avec "Les demeurées" et chacun de ses livres me marque. Ils bouleversent. Comment fait-elle pour atteindre avec des mots simples d'une grande poésie, ce qui est au-delà des mots, pour saisir la vie intérieure avec son secret, sa fragilité, permettre de sentir la vibration du silence et le vide qui l'entoure ?
Peut-être ces mots extraits de ce livre esquissent-ils une réponse :
"J'accepte qu'ait lieu en moi la bascule du monde sans savoir ce qui m'attend. J'éprouve. C'est l'aventure de ma vie. Cela m'occupe toute entière.
Je découvre le silence habité de mon propre corps et c'est un endroit où vivre.
(...) À l'intérieur, l'alchimie intime qui crée les images."
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TerrainsVagues
13 mai 2017
Quelle étrange impression en refermant ce livre…
Certains aimeront et défendront cette lecture et ça me gonflera parce que…
Parce que c'est un livre thérapie de Jeanne Benameur et que je n'ai pas l'âme d'un psy.
Certains vont dézinguer cette lecture et ça va me gaver parce que…
Parce que peu importe l'histoire, l'écriture de Jeanne Benameur (des trois titres lus jusqu'à aujourd'hui) me parle, me touche.
Certains diront que c'est un livre nécessaire et ça m'énervera parce que…
Parce que, oui, tout vient de l'enfance, la construction personnelle et puis le qui suis-je, où vais-je…mais bon, il y a un petit coté moralisateur qui enfonce des portes ouvertes dont je ne suis pas fan.
Certains diront que c'est un livre inutile et ça m'énervera aussi parce que…
Parce que si de mon coté cette lecture ne m'a pas fait voyager, il me semble évident que certains y trouveront quelque chose.
En fait je ne sais pas trop quoi penser de « L'enfant qui ».
J'ai un petit goût d'inachevé qui reste là, probablement dû à la forme plus qu'au fond.
Cinq personnages, l'enfant, la mère, le père, la grand-mère, l'absence.
La forme c'est ce tutoiement à l'enfant qui m'a dérouté et que je n'ai compris que très tard, trop tard. Jeanne Benameur se parle et raconte à l'enfant l'histoire qu'elle écrit. Après la dernière page, j'ai eu la sensation d'avoir assisté à la naissance du livre, d'avoir suivit son évolution jusqu'à ce qu'il soit enfin mature. Non, plus qu'à la naissance du livre, c'est à sa conception (prenons les choses dans l'ordre^^) puis à la gestation que j'ai eu l'impression d'assister (pas sur d'être très clair^^). Lire les notes de Jeanne Benameur c'est bien mais à quand le bouquin? Bien sur que j'exagère car des notes écrites comme ça, j'en veux bien tous les jours, c'est la frustration qui me fait dire ça.
Le fond, l'absence, le manque, les racines, parle forcément à chacun. Avec plus ou moins de force selon les fissures des uns, les traumatismes des autres, les névroses de tous.

Un fond qui parle, une forme qui me laisse à la porte, une écriture qui me séduit toujours mais une impression confuse qui me fait dire que comme toujours, le mieux c'est que vous vous fassiez votre idée en lisant « L'enfant qui » (et hop au suivant de se débrouiller avec son ressenti ^^).

« Quand il avait rencontré ta mère, elle qui marchait si fière et silencieuse, c'était comme si elle ne venait pas de la lignée de ceux qui avaient d'abord regardé la terre. Elle était droite et toute la souplesse de ses hanches disait qu'elle ne faisait aucun effort pour ça. Son regard allait loin devant elle. Elle portait haut les yeux. Elle semblait étrangère à tous ceux qu'il connaissait et c'est cela qu'il avait aimé. Elle, il ne l'avait jamais imaginée ployée vers la terre. C'était impossible. Et avec elle, il n'y aurait aucun risque de retourner à la vie courbée. Elle le tenait dans son regard.
Ce pouvoir là, il était aussi fort que celui de son corps nu contre le sien chaque nuit. Peut être même plus.
Mais on ne peut pas confier ses os à quelqu'un.
C'est trop. Il lui en avait voulu de cela même qu'il désirait au plus profond de lui. Confier à quelqu'un d'autre le pouvoir de se tenir debout, c'était trop, oui, beaucoup trop. Alors la rage de dépendre et de ne même pas comprendre de quoi on dépend l'avait peu à peu envahi. Il avait cru que son désir d'elle, c'était le désir tout simple qui fait vibrer les corps et rend puissant le temps d'une nuit mais aujourd'hui il mesure que son désir était bien plus vaste. Infini. Que ce désir touchait à des choses qui dépassent de loin ce qu'on nomme amour ou peut être l'amour n'est-il que cela ? Il ne sait plus rien.
Elle a disparu. Il était trop lourd à porter ?
On pouvait bien raconter tout ce qu'on voulait sur sa disparition. Lui, il sait bien qu'elle ne t'aurait jamais abandonné pour aller sur les routes. Elle t'aurait emporté avec elle. A son étrange façon. Elle qui ne savait pas donner la main comme le font les mères d'ici. Elle qui n'avait pas dans les bras le poids des enfants qu'on tient contre sa poitrine pour les bercer. Elle t'emportait dans son regard et tu la suivais. Tu étais du même sang qu'elle. Tous les deux vous étiez libres. Pas lui. »
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sabine59
09 juillet 2017
L'enfant qui....nous ouvre un monde infini.
L'enfant qui marche dans la forêt de nos peurs et de nos rêves, à la recherche de son identité.
L'enfant qui souffre, que hante l'absence maternelle, la mère étrange et étrangère à la longue jupe fascinante, partie sans lui." Dans ta tête d'enfant, il y a de brusques ciels clairs arrachés à une peine lente, basse, impénétrable. Ta mère a disparu."
L'enfant à qui s'adresse la narratrice-auteure, lui chuchotant des secrets, des paroles de réconfort, des chemins à suivre.
Le chien seulement visible pour lui, qui l'accompagne dans sa quête et le soutient.
La grand-mère, qui, elle, retrouve la mémoire déchirante d'une blessure d'enfant jamais refermée.
le père dont les cris révèlent le désespoir, le vide de l'existence, l'appel de la mort, qui rôde, autour de la rivière.
La langue des origines, élan viscéral que chacun recherche au plus profond de soi." C'est la langue des rêves assourdis et des mythes des hommes."
Les dernières pages de ce roman- conte essentiel, onirique et poétique, lues au petit matin, les yeux embués de larmes, l'émotion me serrant la gorge ,déployée en vagues qui submergent tout...
L'enfant qui m'a bouleversée , l'enfant universel et tendre, notre enfance...
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Killing79
15 mai 2017
Un livre de Jeanne Benameur trônait déjà dans ma bibliothèque. Mais mon planning de lecture surchargé ne m'avait pas permis d'aller à la rencontre de cette auteure dont beaucoup de lecteurs vantaient la plume d'exception. J'ai profité de la venue de ce petit « L'enfant qui » pour enfin remédier à cette lacune.
Au vu de la taille de l'ouvrage, je ne m'attendais pas à un scénario poussé ou à des héros approfondis. Et en effet, la qualité première de ce texte se trouve dans le contenu même des phrases. L'écriture de Jeanne Benameur est d'une grande beauté. La poésie est présente dans toutes les tournures. Chaque paragraphe apporte son lot de magie et permet de dégager des sentiments. Emporté par ce phrasé, le lecteur est happé par les émotions des protagonistes. On ressent alors avec force le manque et la tristesse qu'entraîne l'absence d'un être cher. On habite les personnages et on vit avec eux tous leurs troubles et leurs questionnements.
Le style littéraire de Jeanne Benameur est assurément à découvrir parce qu'il dégage un lyrisme envoûtant. J'ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans son monde imaginaire et à m'émerveiller devant l'élégance de son écriture. Je reprocherais simplement à cet ouvrage son format trop court à mon avis. Même si on peut parfois concentrer un récit puissant dans peu de pages, il manque à celui-ci un brin de densité pour marquer les esprits.
Ma première expérience avec cette auteure restera comme une friandise poétique qui explose en bouche mais dont le goût ne dure pas assez longtemps. D'autres lectures de son oeuvre seront donc nécessaires afin confirmer la belle sensation que m'a procuré brièvement cet écrit.
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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jg69
20 juin 2017
" Tant que les mères marchent auprès de nous, nous n'avons pas à nous soucier de la route. Nous marchons dans l'innocence de notre propre pas. Toi, cette innocence, tu l'as perdue très tôt. C'est peut-être cela, un destin. "
Il y a trois personnages dans ce roman :
Un enfant qui, depuis que sa mère est partie, éprouve le besoin de s'enfuir dans la forêt accompagné d'un chien que personne ne voit, qui n'est là que pour lui. Il va là où sa mère l'amenait, là où il la revoit danser pieds nus, là où il se souvient du tournoiement de sa robe rouge.
Il fuit tout ce qui est trop lourd chez lui, qui l'empêche de vivre et, dans cette forêt où il est en parfaite communion avec la nature et ses bruits, il chante pour se libérer des cris et des silences qui l'entourent dans sa maison, pour fuir ce monde où il ne trouve pas sa place.
Le père, menuisier du village, qui s'étourdit entre son travail et l'alcool au café du village depuis le départ de sa femme, partie en lui laissant juste un dessin.
Il revit la rencontre avec cette femme qu'il n'a pas su garder, une femme du voyage, une vagabonde qui lui a lu un jour les lignes de la main sur un marché. C'était la première fois qu'il était touché par une main de femme depuis la mort de sa fiancée. Submergé par le désir, il l'a ramenée chez lui. "Il ne l'avait pas choisie. Juste voulue."
Mais leur vie sera ponctuée des cris du père que les mots venus d'ailleurs de la mère rendent fou. La mère, quant à elle, se refugie dans le silence et la tristesse. "Tu es né comme ça. Arraché aux cris de ton père et au silence de ta mère. Tu as appris dans le ventre de ta mère la violence de vivre."
Maintenant il survit entre une fiancée morte et la mère de son enfant disparue.
La grand-mère qui fait le tour des fermes avoisinantes pour s'approvisionner, qui observe, elle qui n'aimait pas cette femme, cette étrangère que son fils avait ramenée à la maison.
"On ne sait jamais comment alléger la tristesse des mères qui disparaissent.
La tristesse, elle, ne disparait pas."
Ce récit est une sorte de conte ou de rêverie qui parle de l'absence, du manque, de la liberté, de la peur qui empêche de vivre...
Un narrateur non identifié mais qui s'avère à la fin être une narratrice s'adresse à l'enfant avec un "tu" protecteur, il fait de très brèves apparitions au côté de l'enfant "Je me rassure de la présence du chien près de toi"
J'ai adoré retrouver l'écriture de Jeanne Benameur, envoûtante, poétique, délicate qui crée une atmosphère fascinante. J'ai eu envie de surligner des phrases presque à chaque page. En seulement 128 pages très denses Jeanne Benameur nous livre un texte bouleversant.
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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Les critiques presse (2)
LaLibreBelgique22 juin 2017
C’est un texte de l’intériorité où trois personnages d’une même famille sont confrontés à la disparition d’une femme. Mort ou fuite, ils ne savent trop.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro18 mai 2017
Un petit garçon erre dans une forêt à la recherche de sa mère disparue. Jeanne Benameur signe un court mais dense roman porté par la sensualité des mots.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine5909 juillet 2017

Tu lèves la tête, suis des yeux aussi longtemps que tu le peux les vols puissants tachetés de gris et de blanc au-dessus des arbres. Les heures tomberont dans des mers inconnues quand les oiseaux dans leur long voyage écarteront leurs ailes.
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sabine59sabine5909 juillet 2017

Elle t'emmenait dans la forêt et elle dansait. Tout ton corps se rappelle celui de ta mère et la longue jupe rouge fané. Elle tournoyait. Ta mère tournoie toujours derrière tes paupières.
Commenter  J’apprécie          110
sabine59sabine5909 juillet 2017

On sait qu'on peut sentir dans l'air du matin le souffle doux de ceux que nous aimons, même s'ils sont morts, même si plus jamais. Cela nous appartient et reste secret.
Commenter  J’apprécie          30
PiatkaPiatka05 mai 2017
Tu sautes d'un pied sur l'autre, on pourrait croire que tu joues ou que tu essayes de danser. Mais non.
Tu tentes juste de rester vivant entre le début et la fin.
C'est ta façon à toi d'éloigner la fin quand elle colle trop au jour. Si tu connaissais les rites d'autres pays, très lointains, tu saurais que depuis la nuit des temps, les hommes font comme toi ce matin pour éloigner la mort. Le contact de la terre frappée sous leurs pieds nus les pousse dans le monde des vivants quand la mort s'approche trop près.
Dans les villes d'aujourd'hui, ils ont inventé d'autres façons. Ils écoutent, assis, de la musique ou contemplent des choses peintes par leurs semblables, d'autres encore lisent des livres. Ils ont mille façons.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues10 mai 2017
L’heure de la soupe et toutes les heures du village, tu les oublies. Les branches des arbres les secouent jusqu’à ce qu’elles se détachent et s’envolent, collées sous les plumes des oiseaux. Tu lèves la tête, suis des yeux aussi longtemps que tu le peux les vols puissants tachetés de gris et de blanc au dessus des arbres. Les heures tomberont dans des mers inconnues quand les oiseaux dans leur long voyage écarteront leurs ailes.
[…]
Quand tu marches si longtemps, tu peux percevoir chaque bruit de la forêt. Ton oreille, lavée de toutes les paroles, perçoit les frôlements les bruissements furtifs les glissements d’ombre.
+ Lire la suite
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Vidéo de Jeanne Benameur
Entretien Jeanne Benameur et Laurent Vidal
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