AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330080875
Éditeur : Actes Sud (03/05/2017)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Dans l'absence laissée par la disparition inexpliquée de sa mère, un enfant, son père et sa grand-mère partent chacun à la reconquête de leur place et de leur présence au monde.

Dix-sept ans après le choc des Demeurées, Jeanne Benameur, fidèle aux âmes nues, pose avec L'enfant qui, texte talisman, une nouvelle pierre sur le chemin le plus juste vers la liberté.

Porté par la puissance de l'imaginaire, L'enfant qui raconte l'invention de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
TerrainsVagues
13 mai 2017
Quelle étrange impression en refermant ce livre…
Certains aimeront et défendront cette lecture et ça me gonflera parce que…
Parce que c'est un livre thérapie de Jeanne Benameur et que je n'ai pas l'âme d'un psy.
Certains vont dézinguer cette lecture et ça va me gaver parce que…
Parce que peu importe l'histoire, l'écriture de Jeanne Benameur (des trois titres lus jusqu'à aujourd'hui) me parle, me touche.
Certains diront que c'est un livre nécessaire et ça m'énervera parce que…
Parce que, oui, tout vient de l'enfance, la construction personnelle et puis le qui suis-je, où vais-je…mais bon, il y a un petit coté moralisateur qui enfonce des portes ouvertes dont je ne suis pas fan.
Certains diront que c'est un livre inutile et ça m'énervera aussi parce que…
Parce que si de mon coté cette lecture ne m'a pas fait voyager, il me semble évident que certains y trouveront quelque chose.
En fait je ne sais pas trop quoi penser de « L'enfant qui ».
J'ai un petit goût d'inachevé qui reste là, probablement dû à la forme plus qu'au fond.
Cinq personnages, l'enfant, la mère, le père, la grand-mère, l'absence.
La forme c'est ce tutoiement à l'enfant qui m'a dérouté et que je n'ai compris que très tard, trop tard. Jeanne Benameur se parle et raconte à l'enfant l'histoire qu'elle écrit. Après la dernière page, j'ai eu la sensation d'avoir assisté à la naissance du livre, d'avoir suivit son évolution jusqu'à ce qu'il soit enfin mature. Non, plus qu'à la naissance du livre, c'est à sa conception (prenons les choses dans l'ordre^^) puis à la gestation que j'ai eu l'impression d'assister (pas sur d'être très clair^^). Lire les notes de Jeanne Benameur c'est bien mais à quand le bouquin? Bien sur que j'exagère car des notes écrites comme ça, j'en veux bien tous les jours, c'est la frustration qui me fait dire ça.
Le fond, l'absence, le manque, les racines, parle forcément à chacun. Avec plus ou moins de force selon les fissures des uns, les traumatismes des autres, les névroses de tous.

Un fond qui parle, une forme qui me laisse à la porte, une écriture qui me séduit toujours mais une impression confuse qui me fait dire que comme toujours, le mieux c'est que vous vous fassiez votre idée en lisant « L'enfant qui » (et hop au suivant de se débrouiller avec son ressenti ^^).

« Quand il avait rencontré ta mère, elle qui marchait si fière et silencieuse, c'était comme si elle ne venait pas de la lignée de ceux qui avaient d'abord regardé la terre. Elle était droite et toute la souplesse de ses hanches disait qu'elle ne faisait aucun effort pour ça. Son regard allait loin devant elle. Elle portait haut les yeux. Elle semblait étrangère à tous ceux qu'il connaissait et c'est cela qu'il avait aimé. Elle, il ne l'avait jamais imaginée ployée vers la terre. C'était impossible. Et avec elle, il n'y aurait aucun risque de retourner à la vie courbée. Elle le tenait dans son regard.
Ce pouvoir là, il était aussi fort que celui de son corps nu contre le sien chaque nuit. Peut être même plus.
Mais on ne peut pas confier ses os à quelqu'un.
C'est trop. Il lui en avait voulu de cela même qu'il désirait au plus profond de lui. Confier à quelqu'un d'autre le pouvoir de se tenir debout, c'était trop, oui, beaucoup trop. Alors la rage de dépendre et de ne même pas comprendre de quoi on dépend l'avait peu à peu envahi. Il avait cru que son désir d'elle, c'était le désir tout simple qui fait vibrer les corps et rend puissant le temps d'une nuit mais aujourd'hui il mesure que son désir était bien plus vaste. Infini. Que ce désir touchait à des choses qui dépassent de loin ce qu'on nomme amour ou peut être l'amour n'est-il que cela ? Il ne sait plus rien.
Elle a disparu. Il était trop lourd à porter ?
On pouvait bien raconter tout ce qu'on voulait sur sa disparition. Lui, il sait bien qu'elle ne t'aurait jamais abandonné pour aller sur les routes. Elle t'aurait emporté avec elle. A son étrange façon. Elle qui ne savait pas donner la main comme le font les mères d'ici. Elle qui n'avait pas dans les bras le poids des enfants qu'on tient contre sa poitrine pour les bercer. Elle t'emportait dans son regard et tu la suivais. Tu étais du même sang qu'elle. Tous les deux vous étiez libres. Pas lui. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4013
Killing79
15 mai 2017
Un livre de Jeanne Benameur trônait déjà dans ma bibliothèque. Mais mon planning de lecture surchargé ne m'avait pas permis d'aller à la rencontre de cette auteure dont beaucoup de lecteurs vantaient la plume d'exception. J'ai profité de la venue de ce petit « L'enfant qui » pour enfin remédier à cette lacune.
Au vu de la taille de l'ouvrage, je ne m'attendais pas à un scénario poussé ou à des héros approfondis. Et en effet, la qualité première de ce texte se trouve dans le contenu même des phrases. L'écriture de Jeanne Benameur est d'une grande beauté. La poésie est présente dans toutes les tournures. Chaque paragraphe apporte son lot de magie et permet de dégager des sentiments. Emporté par ce phrasé, le lecteur est happé par les émotions des protagonistes. On ressent alors avec force le manque et la tristesse qu'entraîne l'absence d'un être cher. On habite les personnages et on vit avec eux tous leurs troubles et leurs questionnements.
Le style littéraire de Jeanne Benameur est assurément à découvrir parce qu'il dégage un lyrisme envoûtant. J'ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans son monde imaginaire et à m'émerveiller devant l'élégance de son écriture. Je reprocherais simplement à cet ouvrage son format trop court à mon avis. Même si on peut parfois concentrer un récit puissant dans peu de pages, il manque à celui-ci un brin de densité pour marquer les esprits.
Ma première expérience avec cette auteure restera comme une friandise poétique qui explose en bouche mais dont le goût ne dure pas assez longtemps. D'autres lectures de son oeuvre seront donc nécessaires afin confirmer la belle sensation que m'a procuré brièvement cet écrit.
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          233
Fanou87
14 mai 2017
L'enfant qui
Doit continuer à marcher, doit se délester du souvenir de la mère, mais pas trop, doit fouler le sol parcouru auparavant ensemble, doit survivre à l'absence, doit toucher du bout des doigts l'envie de liberté de la mère. Il ne parle pas. Sa peine, il la vit seul. Il espère trouver le chemin vers la guérison, se retrouver.
Le père qui
Continue à crier, ne sait plus aimer, abandonne, cherche les raisons et les déraisons de cet amour et de la passion, commence à courber. Séduit dès l'instant où il a rencontré son regard, il ne savait pas où celui-ci allait l'amener.
La grand-mère qui
Ne prie plus, soutient, observe son petit, espère qu'il ne sera pas comme sa mère.
Trois personnages liés par l'absence de la mère, ce quatrième personnage. Cette femme insaisissable, étrangère à la langue du coin, étrangère au monde. Aucun n'avait de prise sur son regard porté vers l'ailleurs, le lointain. Elle ne pouvait pas continuer à marcher à côté d'eux, elle se serait désagrégée en nuée de poussière. Elle est partie sans un bruit, les laissant nus, seuls, sans clé pour la comprendre.
Jeanne Benameur raconte la destinée de l'enfant, du père, de la grand-mère avec une poésie fragile qui (m')émeut, qui (me) touche le coeur et l'enserre.
Survivre à l'absence est possible par les mots, le silence, le souvenir charnel et la force de l'imaginaire.
L'enfant qui est une ode à l'espoir, au ciel qui peut retrouver ses couleurs et permettre de respirer de nouveau.
Lien : https://pagesversicolores.wo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91

Les critiques presse (1)
LeFigaro18 mai 2017
Un petit garçon erre dans une forêt à la recherche de sa mère disparue. Jeanne Benameur signe un court mais dense roman porté par la sensualité des mots.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
sdogsdog13 mai 2017
Quand tu parviens à ce point de toi-même et de la forêt qui fait comme une croix, l'extérieur et l'intérieur se rejoignent. Quand tu parviens là , au coeur de cet invisible croisement, tu te sens vivant. Enfin. Ce qui vient dans ta tête est a toi. Rien qu'à toi. Plus rien du monde confus et malheureux de la maison ne s'y mêle.
Commenter  J’apprécie          10
sdogsdog12 mai 2017
Tu es né comme ça. Arraché aux cris de ton père et au silence de ta mère. Tu as appris dans le ventre de ta mère la violence de vivre.
Commenter  J’apprécie          30
sdogsdog12 mai 2017
Tu cours tu luttes contre ce qui durcit, là, une pierre. Entre tes côtes, l'air siffle et se serre. Alors tu sens que tu es toujours vivant. Par la douleur. C'est une rude façon mais c'est la seule que tu possèdes.
Commenter  J’apprécie          10
sdogsdog12 mai 2017
C'est peut-être ça, la destinée, une femme qui ne sourit pas, silencieuse au milieu de tout ce bruit. Une île.
Commenter  J’apprécie          20
PiatkaPiatka05 mai 2017
Tu sautes d'un pied sur l'autre, on pourrait croire que tu joues ou que tu essayes de danser. Mais non.
Tu tentes juste de rester vivant entre le début et la fin.
C'est ta façon à toi d'éloigner la fin quand elle colle trop au jour. Si tu connaissais les rites d'autres pays, très lointains, tu saurais que depuis la nuit des temps, les hommes font comme toi ce matin pour éloigner la mort. Le contact de la terre frappée sous leurs pieds nus les pousse dans le monde des vivants quand la mort s'approche trop près.
Dans les villes d'aujourd'hui, ils ont inventé d'autres façons. Ils écoutent, assis, de la musique ou contemplent des choses peintes par leurs semblables, d'autres encore lisent des livres. Ils ont mille façons.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          192
autres livres classés : identitéVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

des filles et des garçons

Dans "Pour Samia",quelle est la promesse que le père de Samia a faite à son oncle lors du séjour en Algérie?

Il a promis d'envoyer de l'argent pour son cousin
Il a promis de marier sa fille au cousin de sa femme
Il a promis de marier sa fille à un vieux cousin

5 questions
5 lecteurs ont répondu
Thème : Des filles et des garçons de Jeanne BenameurCréer un quiz sur ce livre