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ISBN : 2330080875
Éditeur : Actes Sud (03/05/2017)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Dans l'absence laissée par la disparition inexpliquée de sa mère, un enfant, son père et sa grand-mère partent chacun à la reconquête de leur place et de leur présence au monde.

Dix-sept ans après le choc des Demeurées, Jeanne Benameur, fidèle aux âmes nues, pose avec L'enfant qui, texte talisman, une nouvelle pierre sur le chemin le plus juste vers la liberté.

Porté par la puissance de l'imaginaire, L'enfant qui raconte l'invention de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
25 juin 2017
J'ai découvert Jeanne Benameur avec "Les demeurées" et chacun de ses livres me marque. Ils bouleversent. Comment fait-elle pour atteindre avec des mots simples d'une grande poésie, ce qui est au-delà des mots, pour saisir la vie intérieure avec son secret, sa fragilité, permettre de sentir la vibration du silence et le vide qui l'entoure ?
Peut-être ces mots extraits de ce livre esquissent-ils une réponse :
"J'accepte qu'ait lieu en moi la bascule du monde sans savoir ce qui m'attend. J'éprouve. C'est l'aventure de ma vie. Cela m'occupe toute entière.
Je découvre le silence habité de mon propre corps et c'est un endroit où vivre.
(...) À l'intérieur, l'alchimie intime qui crée les images."
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TerrainsVagues
13 mai 2017
Quelle étrange impression en refermant ce livre…
Certains aimeront et défendront cette lecture et ça me gonflera parce que…
Parce que c'est un livre thérapie de Jeanne Benameur et que je n'ai pas l'âme d'un psy.
Certains vont dézinguer cette lecture et ça va me gaver parce que…
Parce que peu importe l'histoire, l'écriture de Jeanne Benameur (des trois titres lus jusqu'à aujourd'hui) me parle, me touche.
Certains diront que c'est un livre nécessaire et ça m'énervera parce que…
Parce que, oui, tout vient de l'enfance, la construction personnelle et puis le qui suis-je, où vais-je…mais bon, il y a un petit coté moralisateur qui enfonce des portes ouvertes dont je ne suis pas fan.
Certains diront que c'est un livre inutile et ça m'énervera aussi parce que…
Parce que si de mon coté cette lecture ne m'a pas fait voyager, il me semble évident que certains y trouveront quelque chose.
En fait je ne sais pas trop quoi penser de « L'enfant qui ».
J'ai un petit goût d'inachevé qui reste là, probablement dû à la forme plus qu'au fond.
Cinq personnages, l'enfant, la mère, le père, la grand-mère, l'absence.
La forme c'est ce tutoiement à l'enfant qui m'a dérouté et que je n'ai compris que très tard, trop tard. Jeanne Benameur se parle et raconte à l'enfant l'histoire qu'elle écrit. Après la dernière page, j'ai eu la sensation d'avoir assisté à la naissance du livre, d'avoir suivit son évolution jusqu'à ce qu'il soit enfin mature. Non, plus qu'à la naissance du livre, c'est à sa conception (prenons les choses dans l'ordre^^) puis à la gestation que j'ai eu l'impression d'assister (pas sur d'être très clair^^). Lire les notes de Jeanne Benameur c'est bien mais à quand le bouquin? Bien sur que j'exagère car des notes écrites comme ça, j'en veux bien tous les jours, c'est la frustration qui me fait dire ça.
Le fond, l'absence, le manque, les racines, parle forcément à chacun. Avec plus ou moins de force selon les fissures des uns, les traumatismes des autres, les névroses de tous.

Un fond qui parle, une forme qui me laisse à la porte, une écriture qui me séduit toujours mais une impression confuse qui me fait dire que comme toujours, le mieux c'est que vous vous fassiez votre idée en lisant « L'enfant qui » (et hop au suivant de se débrouiller avec son ressenti ^^).

« Quand il avait rencontré ta mère, elle qui marchait si fière et silencieuse, c'était comme si elle ne venait pas de la lignée de ceux qui avaient d'abord regardé la terre. Elle était droite et toute la souplesse de ses hanches disait qu'elle ne faisait aucun effort pour ça. Son regard allait loin devant elle. Elle portait haut les yeux. Elle semblait étrangère à tous ceux qu'il connaissait et c'est cela qu'il avait aimé. Elle, il ne l'avait jamais imaginée ployée vers la terre. C'était impossible. Et avec elle, il n'y aurait aucun risque de retourner à la vie courbée. Elle le tenait dans son regard.
Ce pouvoir là, il était aussi fort que celui de son corps nu contre le sien chaque nuit. Peut être même plus.
Mais on ne peut pas confier ses os à quelqu'un.
C'est trop. Il lui en avait voulu de cela même qu'il désirait au plus profond de lui. Confier à quelqu'un d'autre le pouvoir de se tenir debout, c'était trop, oui, beaucoup trop. Alors la rage de dépendre et de ne même pas comprendre de quoi on dépend l'avait peu à peu envahi. Il avait cru que son désir d'elle, c'était le désir tout simple qui fait vibrer les corps et rend puissant le temps d'une nuit mais aujourd'hui il mesure que son désir était bien plus vaste. Infini. Que ce désir touchait à des choses qui dépassent de loin ce qu'on nomme amour ou peut être l'amour n'est-il que cela ? Il ne sait plus rien.
Elle a disparu. Il était trop lourd à porter ?
On pouvait bien raconter tout ce qu'on voulait sur sa disparition. Lui, il sait bien qu'elle ne t'aurait jamais abandonné pour aller sur les routes. Elle t'aurait emporté avec elle. A son étrange façon. Elle qui ne savait pas donner la main comme le font les mères d'ici. Elle qui n'avait pas dans les bras le poids des enfants qu'on tient contre sa poitrine pour les bercer. Elle t'emportait dans son regard et tu la suivais. Tu étais du même sang qu'elle. Tous les deux vous étiez libres. Pas lui. »
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Annette55
26 juillet 2017
Depuis le choc des" Demeurées ", j'ai l'impression de savourer lentement une friandise dès que je commence une oeuvre de J.B.
L'écriture de cet auteur ressemble à une caresse bienfaisante, évocatrice, envoûtante, poétique, gracieuse et profonde, vivante et habitée.
Comment procède -t-elle pour nous faire partager tant d'émotions ?
Porté par la puissance de l'imaginaire, ce livre conte l'invention de soi, l'alchimie intime qui crée les images et l'inépuisable qu'offre le monde .
Il y est question de perte, de renaissance à soi, du chemin le plus juste vers la liberté et son déploiement, du saisissement d'une vie intérieure avec sa fragilité, sa vibration en osmose avec les paysages et les corps ..la Souffrance d'un enfant hanté, habité par l'absence maternelle !
Nous pénétrons avec grâce dans le monde imaginaire, merveilleux, intense que crée l'auteur à la langue au lyrisme envoûtant et sensuel .
Trois solitudes, des images poétiques à satiété , fortes, qui touchent à l'universel, une grâce d'écriture et une intériorité rares!
Trois confrontations à la disparition d'une femme .
Un roman trop court à la beauté ineffable porté par la sensualité des mots .
"L'imaginaire éloigne la folie ".
" Les mains ouvertes des mères sont des livres d'images."
"Et l'enfance apprend le souci de la vie qui se perd".
+ Lire la suite
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sabine59
09 juillet 2017
L'enfant qui....nous ouvre un monde infini.
L'enfant qui marche dans la forêt de nos peurs et de nos rêves, à la recherche de son identité.
L'enfant qui souffre, que hante l'absence maternelle, la mère étrange et étrangère à la longue jupe fascinante, partie sans lui." Dans ta tête d'enfant, il y a de brusques ciels clairs arrachés à une peine lente, basse, impénétrable. Ta mère a disparu."
L'enfant à qui s'adresse la narratrice-auteure, lui chuchotant des secrets, des paroles de réconfort, des chemins à suivre.
Le chien seulement visible pour lui, qui l'accompagne dans sa quête et le soutient.
La grand-mère, qui, elle, retrouve la mémoire déchirante d'une blessure d'enfant jamais refermée.
le père dont les cris révèlent le désespoir, le vide de l'existence, l'appel de la mort, qui rôde, autour de la rivière.
La langue des origines, élan viscéral que chacun recherche au plus profond de soi." C'est la langue des rêves assourdis et des mythes des hommes."
Les dernières pages de ce roman- conte essentiel, onirique et poétique, lues au petit matin, les yeux embués de larmes, l'émotion me serrant la gorge ,déployée en vagues qui submergent tout...
L'enfant qui m'a bouleversée , l'enfant universel et tendre, notre enfance...
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Bouldegom
28 août 2017

Perdre un parent c'est perdre une part de soi, mais quand il s'agit de la mère, il se produit quelque chose de particulier. C'est le sujet du livre de Jeanne Benameur. La perte et le deuil, pour un enfant, son père et sa grand-mère. L'absente, morte ou disparue on ne sait, a laissé un vide immense et chacun, à sa manière tente de reprendre prise dans un monde définitivement transformé. Tout au long du récit, la narratrice s'adresse à l'enfant, le tutoie, le comprend, l'accompagne dans sa pensée, dans tous les lieux, surtout dans la nature, où il tente de trouver un peu de réconfort, de se construire, adossé à l'Absence. Mais surtout elle l'accompagne dans son imaginaire ; elle seule est capable de voir le chien qui le suit ou le précède partout, et semble n'exister que pour le réconforter. Puis l'on comprend que le jeune garçon représente l'enfance de la narratrice. « Tu me regardes et dans tes yeux, je reconnais l'attente muette de l'enfant que j'étais. » « C'est le souffle de mon enfance qui soulève ta poitrine. Nous sommes ensemble. » La narratrice ( l'auteure? ) finit le récit seule, nous parlant de la disparition de sa propre mère, et de son chemin pour la surmonter, l'intégrer et la dépasser.
Lire une oeuvre de Jeanne Benameur, c'est pour moi plus qu'une simple lecture, c'est une expérience. Ses mots ne provoquent pas seulement des images, on dirait qu'ils entrent jusqu'au coeur de mes cellules pour y créer des sensations, chaud, froid, picotements, peur, joie…Je la crois capable de s'insinuer au plus profond des êtres, de détecter leurs plus intimes secrets ou états d'âmes et de leur dire, regarde, je te vois, je sais ce que tu vis…Je dois ajouter qu'ayant perdu ma mère il y a deux mois, je suis peut-être particulièrement sensible au thème du livre. Après avoir été éblouie par « Les demeurées » puis « Profanes », me voilà à nouveau en admiration devant « L'enfant qui »
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Les critiques presse (4)
Actualitte21 août 2017
Il y a dans la brièveté du dernier récit de Jeanne Benameur, une densité et une force expressives telles que le lecteur s’enracine dès les premiers mots, dès les premières images et n’échappe ni à la puissance organique des lieux ni aux sensations des corps en mouvement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama02 août 2017
Seule la nature saura apaiser la douleur d'un enfant en deuil de sa mère. Un roman porté par un texte semblable à un long poème.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique22 juin 2017
C’est un texte de l’intériorité où trois personnages d’une même famille sont confrontés à la disparition d’une femme. Mort ou fuite, ils ne savent trop.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro18 mai 2017
Un petit garçon erre dans une forêt à la recherche de sa mère disparue. Jeanne Benameur signe un court mais dense roman porté par la sensualité des mots.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka05 mai 2017
Tu sautes d'un pied sur l'autre, on pourrait croire que tu joues ou que tu essayes de danser. Mais non.
Tu tentes juste de rester vivant entre le début et la fin.
C'est ta façon à toi d'éloigner la fin quand elle colle trop au jour. Si tu connaissais les rites d'autres pays, très lointains, tu saurais que depuis la nuit des temps, les hommes font comme toi ce matin pour éloigner la mort. Le contact de la terre frappée sous leurs pieds nus les pousse dans le monde des vivants quand la mort s'approche trop près.
Dans les villes d'aujourd'hui, ils ont inventé d'autres façons. Ils écoutent, assis, de la musique ou contemplent des choses peintes par leurs semblables, d'autres encore lisent des livres. Ils ont mille façons.
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nadejdanadejda17 juin 2017
Ce que j'imagine est aussi vrai que la réalité. Et c'est ma vie. C'est le risque de la liberté grande. Je peux le prendre parce que la langue me tient.
J'imagine.
Pour chacun de nous.
Pour que se reconnaissent en chacun de nous les paroles oubliées et secrètes.
Pour que se retrouve comme dans un songe la langue tue, la langue d'avant les langues, celle qui n'a ni nom ni pays et qui appartient à tous.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues10 mai 2017
L’heure de la soupe et toutes les heures du village, tu les oublies. Les branches des arbres les secouent jusqu’à ce qu’elles se détachent et s’envolent, collées sous les plumes des oiseaux. Tu lèves la tête, suis des yeux aussi longtemps que tu le peux les vols puissants tachetés de gris et de blanc au dessus des arbres. Les heures tomberont dans des mers inconnues quand les oiseaux dans leur long voyage écarteront leurs ailes.
[…]
Quand tu marches si longtemps, tu peux percevoir chaque bruit de la forêt. Ton oreille, lavée de toutes les paroles, perçoit les frôlements les bruissements furtifs les glissements d’ombre.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues11 mai 2017
Chaque nuit cet élan que peu d'hommes connaissent. Chaque nuit avec elle le pacte renouvelé des peaux qui se cherchent et s'attirent. Pourquoi n'a-t-il rien senti de particulier la dernière fois, la dernière nuit? pourquoi son corps ne lui a-t-il donné aucun signe? est ce que quelque chose, sous la peau, ne sait pas ces choses là? est ce que les corps ne savent pas qu'ils vont être séparés pour toujours? comment est ce possible qu'il n'y ait rien, rien qui indique que le matin sera vide et tous les autres matins vides.
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nadejdanadejda20 juin 2017
Les lettres que tu traces n'ont pas besoin de tes yeux. Tu les sens du bout des doigts. Dans l'ombre humide de la rivière tu parles à ta mère. Sa langue sauvage est en toi pour toujours. Et toujours c'est juste ta petite vie sur cette terre.
Tu as dans les os le temps très ancien de ceux qui marchent pour les autres, qui protègent les rêves.
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