AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070320294
Éditeur : Gallimard (12/01/2006)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 84 notes)
Résumé :
«Y a-t-il un signe dans le ciel qui indique que quelque part, dans une ville, au milieu de tant et tantde gens, deux êtres sont en train de vivre quelque chose qui ne tient à rien, quelque chose de frêle comme un feu de fortune?»Madame Lure est une vieille femme comme on en croise sans les remarquer. Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve grâce aux brochures de ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Ladybird123
  05 novembre 2018
Telle une musicienne des mots, Jeanne Benameur compose un roman tout en poésie comme à son habitude. Elle décrit avec sensibilité et finesse la rencontre entre une femme âgée tellement seule et un nomade pelotonné au coin d'un feu de camp.
C'est une histoire sans histoire.
Dans les dédales de la solitude.
Les mots se taisent.
Les mains racontent.
C'est un enchevêtrement de photos qui décomposent le mouvement des mains pour apporter de la substance à l'instant.
C'est une cavité d'où s'infiltre un peu d'espoir, un peu de tendresse. Parce que nos deux vagabonds regardent le rien, le peu, ils emprisonnent les images du hasard pour en faire des pensées douces.
Et puis, toujours, des mains libres, des mains ouvertes pour recevoir, tenir, accompagner...
Commenter  J’apprécie          8613
palamede
  23 avril 2016
Jeanne Benameur, je ne la connaissais pas avant Les mains libres. Juste un nom retenu au détour d'une critique sans me rappeler pourquoi. A peine commencé, le texte m'interpelle, j'ai la sensation que les espaces vides font sens, qu'il n'y a pas de mots inutiles.
Chaque phrase courte et poétique raconte une curieuse histoire, celle de la rencontre de madame Lure, une vieille dame repliée sur elle-même, avec un jeune nomade, Vargas. Deux mondes destinés à rester parallèles. « Elle, elle n'a rien su que l'espace ordonné d'un point à un autre. Elle allait, venait, faisait ce qu'il y avait à faire pour maintenir cet ordre et celui des corps qui le traversaient. Elle n'a jamais fait que garder les distances exactes entre des points. Ça ne fait pas un monde. Mais c'était toute sa vie. » Alors que pour lui, « il faut toujours partir et partir encore. Plus loin. Ailleurs. Il faut savoir tout abandonner, au matin, d'un ciel, d'un paysage, et s'en aller vers d'autres lieux (..).
Pourtant, au fil de leurs rencontres Vargas se sédentarise et la vieille dame regarde au-delà de sa fenêtre, s'aventure, découvre. Un monde, le monde. « Elle voit autrement », elle peut enfin lire « des livres qui disent toutes les histoires ». « Elle est vivante ».
A la page 80 de ce livre trouvé chez un bouquiniste, un petit mot sur un post-it jaune : « J'avais adoré « Les Demeurées » du même auteur, mais je l'avais sans doute emprunté à la bibliothèque. L'écriture est poétique ici aussi, le message un peu moins émouvant. Bises, Sylvie. »
J'ignore si Les mains libres est moins émouvant que Les Demeurées, mais je me suis promis de le découvrir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          542
Josephine2
  03 septembre 2017
Yvonne LURE est une petite personne âgée, effacée, veuve de son état, sans enfant. Elle vit seule, n'a pas d'amis, sort très peu. Son seul plaisir est de rêver à travers les brochures qu'elle se procure dans les boutiques de voyage.
Un jour, en faisant ses courses, elle aperçoit un jeune homme voler une plaque de chocolat. Sans raison et simplement parce qu'elle est intriguée, elle décide de le suivre. Oh ! pas pour le dénoncer, non. Par simple curiosité.
Elle se rend compte, que ce jeune homme vit en bas de chez elle, sous un pont, avec sa tante et son grand-père. Il ne communique que par le biais d'une marionnette.
Petit à petit, ces deux-là vont s'apprivoiser et faire un bout de chemin ensemble.
Leur vie va en être bouleversée.
Toujours autant de plaisir à découvrir les romans de Jeanne BENAMEUR, et surtout son écriture. le seul petit bémol est que dans celui-ci, à force de pudeur, je n'ai pas très bien compris qu'elles ont été les relations entre Yvonne et sa mère ; Certes, ils n'ont pas été simple, mais à comprendre ce qui s'est réellement passé n'est pas très clair, en tout cas pour moi. Mais cela n'enlève rien à l'intensité de ce livre.
Jeanne BENAMEUR décrit avec acuité la solitude. Pas seulement des personnes âgées, mais également des jeunes à travers le personnage de Vargas qu'Yvonne va rencontrer.
Comme quoi, il suffit de pas grand-chose pour rendre heureux quelqu'un, simplement briser la solitude, parler, communiquer, donner un peu de soi et aller au-delà des apparences.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          458
Nastie92
  28 décembre 2018
J'apprécie beaucoup Jeanne Benameur dont j'ai particulièrement aimé Profanes, Otages intimes ou Les demeurées.
La sensibilité de cet écrivain me touche, son style épuré et poétique fait mouche.
Dans Les mains libres, Jeanne Benameur raconte une rencontre improbable entre une vieille femme solitaire et un jeune gitan. Deux personnes cabossées, meurtries par la vie, qui se trouvent et se parlent sans paroles, barrière de la langue oblige.
Les deux portraits sont très réussis. Par petites touches, Jeanne Benameur nous présente madame Lure et Vargas, et nous raconte leur passé. Ils sont touchants, chacun à sa façon.
Elle, a toujours vécu modestement, une vie sans éclat, effacée. Elle, "qu'aucun apprêt n'aurait pu rendre jolie" ne s'est jamais mise en avant.
Lui, dans sa vie de nomade, n'a jamais rien possédé, ou si peu. Il se souvient de l'un des rares objets qu'il avait étant enfant. Un livre qu'il a usé jusqu'à la trame et dont le contenu le fascinait, car il y contemplait le monde "des maisons qui ne bougent pas".
Voilà ce que j'ai aimé dans ce roman.
Le reste m'a nettement moins convaincue.
J'ai trouvé l'histoire un peu trop simpliste, un peu trop pleine de bons sentiments.
Madame Lure et Vargas ne parlent presque pas, mais, l'un comme l'autre, ont des pensées riches, nobles, subtiles, fines et poétiques. Ils ne parlent pas la même langue mais ils se comprennent et ont des attentions très touchantes l'un envers l'autre. Et ça, j'ai du mal à y adhérer.
C'est trop beau pour être vrai, même dans le monde idéalisé de la littérature.
Quand je vois la violence du monde actuel, quand je vois la sauvagerie des casseurs dans les dernières manifestations, quand je vois que Mireille Knoll a été brutalement assassinée par son voisin simplement parce qu'elle était juive, et malheureusement tant de choses encore, j'ai un peu (beaucoup) perdu ma foi en l'Homme.
Je n'arrive plus à voir en chacun un être potentiellement bon, sensible et pourvu d'empathie.
Voilà pourquoi je n'ai pas accroché, je n'ai pas pu croire à cette histoire.
Les mains libres, libres de recevoir l'autre, de l'accueillir, oui... mais l'esprit en éveil.
La confiance, oui... mais pas béatement, pas naïvement : avec réalisme.
C'est certainement moins beau, moins pur, moins poétique, mais dans notre monde qui tourne de moins en moins rond, cela me semble malheureusement indispensable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          389
Annette55
  17 mai 2014
Madame Lure mène une vie de solitaire, son mari, grand lecteur est décédé depuis longtemps,autrefois,il est allé en Afrique......... Elle dépoussière ses livres sans jamais les ouvrir,elle garde une certaine distance vis à vis de ces objets.
Son grand bonheur c'est de voyager en pensée à l'aide de brochures touristiques colorées qu'elle se procure régulièrement dans une agence de voyages, une photo, du sable,elle rêve, elle s'évade, la Côte d'Ivoire,l'Afrique, ah, l'Afrique.......
Un jour, sa vie bascule......elle rencontre Vargas, un garçon mystérieux qu'elle suit jusqu'à son campement de nomades où il séjourne avec sa tante et son grand-pére. le lendemain, elle dépose un livre prés de chez eux, sur une pierre. Et c'est le début d'une histoire de livres,de lectures et d'amitié.......
Comment l'apprentissage des mots , du langage, de l'écriture peuvent devenir des vecteurs essentiels de la communication et d'union entre deux êtres que tout sépare?
Une belle et émouvante rencontre, une histoire toute simple, autour de la lecture,entre deux mondes différents, un point commun ,tout de même, Yvonne Lure est solitaire, Vargas aussi,l'auteur parvient à donner une vraie ampleur grâce à son style simple, juste, profondément humain,Jeanne Bénameur sait donner de la force aux mots, sous sa plume, ils prennent sens, une écriture ciselée, forte et lumineuse où elle invente, une économie de mots:"il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres, c'est ce que se dit Vargas en marchant".:Ceux qui nourrissent les rêves doivent être rares, Yvonne Lure est une de ces rares personnes"......
Une respiration,une légèreté bien à elle, un souffle, madame Bénameur habite son texte, lenteur,contemplation,humanité profonde:"Y a t-il un signe dans le ciel qui indique que quelque part, dans une ville, au milieu de tant de gens, deux êtres sont en train de vivre quelque chose qui ne tient à rien, quelque chose de frêle comme un feu de fortune, un feu de palettes, de bouts de bois, quelque chose qui s'arrime à la voix d'une vieille dame, à l'écoute grave d'un jeune homme qui rêve loin?
"Est ce pour cela que tant de gens se rencontrent?"
"Pour que de toute leur chaleur usée deux êtres fassent un feu?"
Les mains libres est un roman qui croit fortement au pouvoir des livres, des silences, des mots,:"Les mots sont des pierres blanches et noires reliées par quelque ancienne concrétion. Ils se couchent, forment un dessin."
Jeanne Bénameur sait parler directement à nos émotions profondes et enfouies, elle nous ouvre l'esprit, c'est une auteure lumineuse .
Après avoir lu : "Les demeurées"," Présent?", "Profanes","ça t'apprendra à vivre", je suis prête à continuer à découvrir les autres oeuvres de cette auteure que j'aime beaucoup.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          283
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   07 février 2019
La danse c'est le souffle à l'intérieur de chaque mouvement.
Commenter  J’apprécie          190
Ladybird123Ladybird123   05 novembre 2018
Y a-t-il un signe dans le ciel qui a dit que quelque part, dans une ville, au milieu de tant et tant de gens, deux êtres sont en train de vivre quelque chose qui ne tient à rien, quelque chose de frêle comme un feu de fortune, un feu de palettes, de bouts de bois, quelque chose qui s’arrime à la voix d’une vieille dame, à l’écoute grave d’un jeune homme qui rêve loin ?
Est-ce pour cela que tant de gens se rencontrent ? Pour que de toute leur chaleur usée deux êtres fassent un feu ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
sagesse66sagesse66   27 novembre 2018
Un livre peut rester clos, ça ne fait rien.
Il est. Quand même.
Il dit tout ce que celui qui l'a écrit a vécu du monde.
Les instants, tous les instants, sont différents.
Et toutes les différences sont inscrites dans les livres.
Et toutes les vies sont imparfaites.
Commenter  J’apprécie          290
Ladybird123Ladybird123   05 novembre 2018
Yvonne, elle, le sait, du fond de sa cuisine, on ne devrait jamais craindre d’être volé. N’est volé que ce qu’on a. Le pire, au fond de nous, c’est ce qu’on n’a pas. C’est le manque. Et personne ne nous le volera jamais. Personne ne peut voler le manque. Personne. Quel dommage !
Commenter  J’apprécie          272
nelly76nelly76   27 novembre 2018
Ouvrir et fermer la porte,ses mains jusqu'alors l'avaient fait mais le temps n'existait pas.Il n'y avait rien d'autre que de l'espace à ouvrir à fermer. Maintenant, il y a le temps de l'ouverture le temps de la fermeture .Dans l'entrebâillement du bois et de la pierre du mur,c'est de la vie qui passe.Le geste est devenu précieux. ......
......Dans sa tête ,les mots d'une histoire qui n'est pas la sienne.Les mots du livre.Elle n'a pas regardé le nom de l'auteur,n'a pas de pensée pour lui.Il n'y a que les mots .Et à l'intérieur d'elle,ils cherchent une place.Où mettre les mots? Où mettre l'histoire?Est-ce qu'il y a un espace qui attend en chacun pour ce que d'autres ont inventé ?
Madame Lure approche d'un lieu qu'elle ne connaît pas .Monsieur Lure l'avait laissé ouverte ,lui aussi,cette porte,si grande qu'elle ne s'est jamais refermée

C'est le livre qu'il lisait quand il est mort qu'elle a dans la main.
Elle ne voulait plus y toucher.Jamais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Jeanne Benameur (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jeanne Benameur
Jeanne Benameur - La Géographie absente
autres livres classés : rencontreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

des filles et des garçons

Dans "Pour Samia",quelle est la promesse que le père de Samia a faite à son oncle lors du séjour en Algérie?

Il a promis d'envoyer de l'argent pour son cousin
Il a promis de marier sa fille au cousin de sa femme
Il a promis de marier sa fille à un vieux cousin

5 questions
6 lecteurs ont répondu
Thème : Des filles et des garçons de Jeanne BenameurCréer un quiz sur ce livre
.. ..