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Critique de BENARDPhilippe


BENARDPhilippe
  15 mai 2018
Ce livre retrace les 120 ans d'existence de cette entreprise en s'inspirant partiellement de la thèse de Francis Dreyer sur les constructeurs d'optiques de phares. Les leaders de cette activité furent des sociétés françaises grâce à l'invention par Augustin Fresnel de la lentille à échelons puis de l'appareil de phares moderne (phare de Cordouan en 1823). C'est d'abord une histoire d'entreprise et l'histoire de nos industries de balisage et d'optique sur plus de 100 ans. C'est aussi une saga familiale et une réflexion sur les rapports entre l'entreprise et l'Etat en France ou encore sur l'innovation et la formalisation des savoirs de l'ingénieur.

En 1939, 75% des phares maritimes de grand atterrage du monde provenait de trois sociétés françaises. La France était un grand pays industriel depuis le Second Empire et cela semblait normal. de ces trois sociétés, Henry Lepaute, horloger du roi, Sautter-Halé, issue de la banque protestante, et BBT, seule BBT devint un généraliste de l'optique puisque BBT créa progressivement des divisions pour la plupart des applications de l'optique : balisage maritime et aérien, projecteurs, armement, éclairage chirurgical avec le fameux "scialytique", instrumentation de bord marine et aviation, éclairage public, optique civile grand public, entreprise et médicale.

Dès 1907, BBT se lança dans la chaudronnerie lourde à Blanc-Misseron, près de Valenciennes - dans le Nord - pour proposer à ses clients mondiaux des systèmes complets de balisage intégrant les lanternes et les tours de phares, les pylônes, les corps de bouées rivetées puis soudées ou les bateaux feux. Vu cette implantation au coeur des bassins miniers du Nord, BBT se lança aussi dans le matériel de mines et plus tard dans les raffineries et devint l'un des ténors de la construction mécanique aux côtés des plus grands. Cette diversification fit de BBT un acteur de premier plan pour l'installation "clés en mains" des systèmes de balisage maritime des empires (Empire ottoman en 1901, Empire portugais en 1934).

En 1934, BBT racheta la filiale française de Zeiss et eut accès à la technique des meilleurs ingénieurs allemands. Dans les années 1930 furent créées les filiales pour la Belgique, les USA, le Royaume Uni, la Pologne, la Roumanie. Après-guerre d'autres sociétés virent le jour pour l'Italie, l'Espagne, le Brésil, l'Algérie. BBT était devenu un groupe international, un généraliste de l'optique. Les difficultés que connut en France le secteur des constructions mécaniques et de la chaudronnerie lourde obligèrent BBT à se séparer de Blanc-Misseron qui fut vendu en 1974 à Bignier Schmitt Laurent (BSL) pour construire des citernes en acier inoxydable. En 1981, la cession à CIT-Alcatel de la Société Parisienne des Anciens Etablissements Barbier, Bénard et Turenne marqua le début du démantèlement du groupe. CIT-Alcatel vendit les différentes branches, seule l'activité d'opto-électronique l'intéressant pour la rapprocher de Cilas-Alcatel qui oeuvrait dans les lasers.
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