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ISBN : 2081375192
Éditeur : Flammarion (06/04/2016)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Un homme et une femme s'observent et fantasment l'un sur l'autre afin de mieux échapper à la vie.
«L’observation vire à l’obsession. Soir après soir, il mate. Chacune de leurs fenêtres est une vignette dans laquelle serpente, au rythme des apparitions et disparitions, un microcosme muet et fascinant. Son regard en perpétuel mouvement s’introduit et dissèque le va-et-vient. Du haut de sa tour d’où personne ne le voit, il infiltre les secrets. C’est lui le mato... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
LaBiblidOnee
  23 juin 2016
J'ai encore succombé à une nouveauté malgré ma PAL, à cause du scenario qui me parlait : Un détenu obtient une liberté conditionnelle, et une association de réinsertion l'installe dans un appartement. Mais il est très difficile pour notre personnage de se resocialiser, de ré-apprivoiser une liberté qui n'a plus rien d'évident pour lui : En l'absence de murs pour la délimiter et de passages à tabac pour la sanctionner, comment sait-on où l'on doit s'arrêter ? Ce que l'on a le droit de dire et quand il faut parler ? Comment renouer avec les sentiments qu'on a enfoui pour se blinder ? Peut-on s'autoriser un peu d'empathie sans se faire manipuler ?

Se sentant paradoxalement prisonnier de ses incertitudes, ne sachant plus ce que signifie vivre « normalement », notre ancien détenu se prend à observer ses voisins d'en face. Au début, par accident, les voyant aménager en regardant par la fenêtre pour combler le vide qui l'entoure. Puis, intrigué, il profite de l'absence de rideau pour bénéficier de leur compagnie à distance, sans les inconvénients de devoir se présenter. Enfin, grisé par les images intimes que lui offre cette mère de famille tous les soirs dans le cadre lumineux de la fenêtre de sa chambre, il s'enferme dans une routine interdite : du prisonnier surveillé jour et nuit, c'est lui qui devient le surveillant de la vie de cette famille parfaite, prisonnière des apparences qu'il faut sauvegarder.

A la fois fasciné et agacé par cet équilibre qui lui semble inatteignable, l'ancien détenu lutte contre ses démons. Comment retrouver la joie de vivre que ces bourgeois de l'immeuble d'en face affichent en permanence ?Et comment supporter leur bonheur et leur normalité ? Mais ces fenêtres ouvertes sur la vie des gens ne sont peut-être que des vignettes bien proprettes, des vitrines étudiées masquant une réalité bien plus grise… Qui est véritablement le plus prisonnier de sa vie ? Tout le monde n'est-il pas prisonnier de quelque chose ? Prisonniers de nos préjugés (et le lecteur en sera sûrement pour ses frais dans ce roman !), de notre routine, de nos obligations ; Prisonnier de nos secrets, de nos fantasmes…

*****
J'ai énormément apprécié la plume d'Inès BENAROYA, qui saisit en quelques mots une situation, des sentiments, et sait les dépeindre avec concision, précision, justesse et empathie. Cela rend le texte clair, aéré, léger, et pourtant si pertinent, autant dans la formulation que dans la réflexion.

Et il y a beaucoup de réflexions dans ce roman, car l'auteure fait d'une situation relativement simple une poupée gigogne : Alternant le point de vue du détenu puis celui de sa voisine d'en face, elle offre au lecteur différents degrés de perception. Sous les regards complémentaires du détenu mateur puis de la victime qui décide de reprendre les rênes de sa vie, l'histoire prend de l'ampleur.

Que ce soit par procuration ou physiquement, ce sont finalement deux prisonniers de leur vie qui s'évadent en s'invitant l'un chez l'autre, et c'est bien là le point commun qui va les rapprocher. Et après tout, qu'est-ce que la littérature sinon regarder un morceau de vie chez d'autres personnages par le bout de la lorgnette, par les fenêtres que l'auteur veut bien nous ouvrir sur eux, et tenter de comprendre ceux qui nous entourent ? Car voir avec des yeux différents développe cette empathie qui nous permet de nous ouvrir aux autres.

Une jolie plume contemporaine, très expressive, pleine de bon sens. Etes-vous prêts à regarder de l'autre côté du miroir ?

Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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Bazart
  09 mai 2017

Avec son premier roman La Remise une chef d'entreprise quinqagénaire, Inès Benaroya,avait rencontré un beau succès en 2014. Normal que tout juste deux ans après elle se rééssaie au roman avec ce Quelqu'un en vue, sorte de Fenêtre sur cour mais en plus français et plus intimiste.
On y suit Vincent, un homme tout juste sorti de prison, s'installe dans un appartement. et qui va vite avoir une obsession , celle de Valeriane, sa voisine d'en face qu'il va épier, et cela, jusqu'à l'obsession.
Cette rencontre improbable un ancien repris de justice et une femme enfouie dans les carcans sociaux va suivre le déroulé de trois parties distinctes, dont seule la dernière trouvera une certaine sérénité.
En plus du chef d'oeuvre de huis clos d'Hitchcock, on pense aussi pas mal au Monsieur Hire de Simenon adapté génialement par Patrice Leconte en 1988 pour ce huis clos séparé par des fenetres et des cours d'immeubles.
Pörtée par une écriture visuelle et sans fioritures, ce roman doux amer qui fait se croiser deux vies en quasi huis-clos, deux vies qui semblent en bout de course possède certes un canevas attendu, mais offre un plaisant moment de lecture...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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lucia-lilas
  01 juin 2016
« Tout n'est pas à jeter, dans nos vies. »
« Non, tout n'est pas à jeter. »
« Il faut juste faire un bon tri. »
« Se débarrasser des images corrompues. Des miroirs déformants. »
C'est lui qui a voulu s'installer dans ce quartier, en banlieue. Elle a suivi, docilement. Mais elle n'aime pas cette maison. Elle est trop grande et puis tout est automatique. Il faut dire que son mari n'a qu'un mot à la bouche : LA DOMOTIQUE. Chacun sa passion… Elle ne sait même pas se servir du four ni régler la température de la douche. Et puis, le lit est trop profond, la moquette trop épaisse, les écrans trop présents. Double vitrage phonique et thermique. Une vague impression d'étouffer, une vague envie de fuir pour respirer…
Ultra moderne solitude…
Dans l'immeuble d'en face, un homme reçoit tous les quinze jours la visite d'un travailleur social. Il sort de prison. Il doit bien se tenir, ne pas faire de faux pas. Il paraît que c'est la chance de sa vie. Il prend sur lui pour rester calme et n'étrangler personne. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui lui manque. « N'oublie jamais, la meilleure défense, c'est l'attaque » se répète-t-il. Ils lui ont trouvé un travail de cariste. A quatre heures trente-deux, il se réveille. le quartier dort à cette heure-là. Mais le soir, dans la maison d'en face, il voit une famille heureuse.
Cet étalage de bonheur, d'aisance, de facilité est insupportable. Ils n'ont pas posé de rideaux, alors il n'en perd pas une miette, il s'immisce dans une intimité qui n'est pas la sienne, s'introduit par effraction. Il en profite, se fait du mal. Ça le fait hurler, ça le détruit.
Les images que lui renvoie la maison d'en face lui donnent la nausée… Aisance, richesse, bonheur, vie facile… Il sent une rage sourdre en lui, emplir son être qu'il a de plus en plus de mal à maîtriser.
Et pourtant, tous les soirs, il regarde…
Evidemment, on pense à la nouvelle de William Irish Fenêtre sur cour adaptée au cinéma par Alfred Hitchcock dans cette observation quotidienne, minutieuse et obsédante de l'autre en face et dans les analyses que l'observateur ne peut s'empêcher de produire, au risque de devenir fou.
Mais les images sont-elles le reflet de la réalité ? Voit-on « ce qu'il y a réellement à voir ? » Ne projette-ton pas plutôt les illusions de notre imagination ?
J'ai lu ce roman d'une traite, sans pouvoir m'arrêter, me demandant sans cesse vers quel désastre on se précipitait à coup sûr, à quelle violence les individus auraient inévitablement recours.
Un roman troublant sur le thème des apparences, des non-dits, des douleurs enfouies qui refont surface.
Vu de loin, c'est toujours joli chez les autres…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Mallysbooks
  21 septembre 2016
Au premier plan, un immeuble parisien comme il en existe des centaines. A l'horizon : Paris. Allez savoir pourquoi, la couverture de Quelqu'un en vue m'a longtemps laissé indifférente. Souvent, je l'ai observée, sondée. Chaque fois, mon regard se perdait sur ce ciel, ces toits qui s'étendaient à perte de vue. Et je ne parvenais pas à mettre le doigt sur son mystère. Pourtant, passé cette première barrière quelque peu déroutante, on entre dans un univers riche où le hasard a finalement peu de place. Et ma lecture achevée, la construction de cette première de couverture me paraît désormais limpide.
Dès la première scène, on comprend que l'environnement va jouer en rôle majeur dans l'évolution de cette histoire. Avec les yeux du héros, Vincent, on vit la découverte d'un nouvel appartement. On s'attarde sur les détails de la décoration. Tout est neutre, propre, mais très impersonnel. Comme une toile blanche sur laquelle dessiner les contours d'une nouvelle vie. Puis son regard se porte sur l'unique fenêtre du logement, s'attarde sur le vis-à-vis qu'elle dévoile, sans le moindre filtre pour faire obstacle. En face, une maison bourgeoise, monstre de verre et de fer d'une affriolante modernité. Piège de domotique abritant de quotidien tranquille d'une famille aisée. Comme le reflet déformé d'une réalité artificielle.
Au fil des pages, le texte lève le voile sur les personnages. Tout d'abord Vincent, un homme récemment sorti de prison qui peine à retrouver sa place en société. Puis Valériane, petite bourgeoise bien sous tout rapport qui s'enfonce dans la détresse d'un quotidien confortable, mais sans saveur. Sous le joug d'un mari avide d'attention, sa vie est un éternel recommencement, rythmé par les faux-semblants et le devoir : être une bonne fille, une bonne épouse, une bonne mère. Elle souffre du mal de notre temps : l'indifférence.
Sans même y prendre garde, un jeu s'installe entre nos deux protagonistes qui ne se sont pourtant jamais rencontrés. Perdu dans une société qu'il ne comprend plus, il se plait à observer la famille de l'immeuble d'en face, tellement heureuse, tellement parfaite. Il mate, jauge, décortique la vie de ses voisins jusqu'à en connaître les moindres détails. Si lui n'a plus d'emprise sur sa propre vie alors se nourrira de celle des autres. Mais les apparences sont parfois trompeuses et le plus malheureux n'est pas forcément celui auquel on pense. Si l'un observe, l'autre ne rêve que d'être vue. Et sous ces regards curieux, elle offre le spectacle de son quotidien, sans fards ni tabous.
Quelqu'un en vue n'est pas seulement un roman sur les apparences, mais aussi sur la communication au sens large. Inès Benaroya a choisi de bâtir son texte sur la base d'oppositions afin de mieux faire ressortir cette difficulté à se faire comprendre.
La première partie du roman se concentre sur le personnage de Vincent, la seconde sur Valériane : deux individus aux parcours radicalement différents et pourtant ils ont un point commun : ne pas se sentir à l'aise dans leurs vies respectives. L'un n'arrive pas à se réintégrer au monde, l'autre y est socialement bien intégrée mais ne parvient pas à trouver sa place. Ainsi, l'auteure pose les bases de son histoire, mais l'intelligence de son écriture se retrouve surtout dans sa construction narrative en miroir. Dans chaque partie se déroulent les mêmes faits mais racontés selon deux points de vue différents. L'intérêt est surtout de mettre en exergue la question de l'interprétation d'une même situation, de la compréhension entre deux êtres. Comme quoi même en ayant la même éducation, les mêmes valeurs, on ne parvient pas toujours à se comprendre ; alors que deux individus complètement étrangers l'un à l'autre auront peut-être plus de points communs. Dans la troisième partie, observateur et observée se rencontrent enfin. Cette fenêtre ouverte sur l'intimité est leur point d'ancrage, leurs code commun. Ensemble, ils vont réapprendre à vivre pleinement.
En creusant le registre des émotions, l'auteure soulève la question du bien être, de la satisfaction personnelle. le texte véhicule beaucoup de tendresse et de vague à l'âme, mais on perçoit surtout une réflexion approfondie sur la condition humaine. Un roman aux interprétations multiples, ce qui en fait un texte riche et vraiment surprenant.
MA NOTE
17/20
Coup de coeur !
Lien : https://mallysbooks.blogspot..
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chocoladdict
  23 septembre 2016
Que la réinsertion est difficile pour un prisonnier en conditionnelle ! Nous ne savons pas ce que l'homme a fait pour avoir été en prison, mais le retour à la vie libre lui semble insurmontable. Il doit se réapproprier jusqu'aux gestes les plus anodins. Il a perdu ''la recette''. Hormis l'emploi qui lui a été fourni, sa seule occupation est d'observer la famille en face de sa fenêtre, et en particulier la femme. Mais un jour cette femme vient sonner à sa porte. Pourquoi ? Quelle a été sa vie jusque là ? Pourront ils se sauver l'un l'autre ? C'est une histoire très émouvante, nous ressentons de l'empathie pour les personnages, c'est une part de vie que l'on lit.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   05 juin 2016
Il feuillette les pages. Fleur. Lorsqu'il a écrit Fleur, il a vu le champ de colza derrière la maison de Palente, un pétale velouté, échoué sur la table en Formica, il a respiré le bouquet du printemps, puis il s'est roulé dans les pleins et les déliés de l'encre suspendue à la rugosité du papier, il s'est lové dans l'étreinte du e, a plongé entre les jambes du u, il a regardé jusqu'à ce que les courbes ne veuillent plus parler, qu'elles ne soient plus qu'un enchevêtrement sans voix. Alors il a écrit un nouveau mot pour recommencer le voyage, un mot dans lequel chavirer encore. Grâce. Un traître mot, doux comme une promesse et injuste comme les hommes. Peine. Le mot le plus triste de son répertoire.
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TifanyTifany   14 juin 2016
Soir après soir, l’exaspération devient addiction. Il ne peut plus s'arrêter, et ce qu'il ne peut pas voir le met hors de lui. Il ne supporte pas les angles morts, l'absence, la perte. La distance implacable entre les deux façades, les murs qui arrêtent son regard, la lumière qui s'éteint. C'est intolérable. Il piège à vue, mais il est piégé. Et il exècre sa condition minable de voyeur, sa solitude irréductible, son pouvoir qui n'est qu'un leurre, la magnificence dont il est le témoin insignifiant.
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rkhettaouirkhettaoui   05 juin 2016
Depuis le début, les mots sont ses amis. Enfant, il était bavard – il se souvient du maître d'école s'extasiant auprès de sa mère, votre garçon, il a toujours son mot à dire. Jeune homme, il a été fort en gueule, furibard, incorrigible. Puis il y a eu de la casse et la vie s'est chargée de lui clouer le bec. Mais les mots sont restés de son côté, en silence, à présent qu'il a la bouche cousue. Derrière les murs, il a noté des mots dans son carnet, parce que dans chaque mot brille une lumière..
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rkhettaouirkhettaoui   05 juin 2016
Les temps changent, avait-il dit. Fini la mécanique, vive l'électronique. Les temps changent, c'est ce qu'ils disaient tous, les Bisontins de la génération de son père.
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rkhettaouirkhettaoui   05 juin 2016
C'est sans doute ça, la vie. On croise un voisin dans le RER, on échange quelques mots anodins. On se fait confiance, sans rien savoir les uns des autres, on s'invite. On fait connaissance. C'est comme un jeu, sauf que lui ne sait plus jouer.
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Video de Ines Benaroya (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ines Benaroya
Inès Bénaroya était l'invitée de Jean-François Cadet dans Vous M'en Direz des Nouvelles ce vendredi 13 mai 2016, à l'occasion de la sortie de son livre "Quelqu’un en vue". Elle a répondu à notre #CestQuoi.
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