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EAN : 9782375792865
576 pages
Critic (27/10/2023)
4.08/5   53 notes
Résumé :
Quand Cora revient à elle, seule et amnésique, dans une vallée cernée par quatre murs réfléchissants infranchissables, elle comprend qu’elle est prisonnière. Elle découvre bientôt que d’autres humains survivent dans ce terrarium, ignorants comme elle de la manière dont ils y sont arrivés.
Tandis que tous cherchent à comprendre leur situation, des souvenirs commencent à ressurgir. Les prisonniers du terrarium ont participé à une mission de validation de l’habi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Terrarium. Selon le Larousse : « Installation destinée à l'élevage et l'entretien d'une collection vivante de reptiles, araignées, insectes ou autres petits animaux terrestres. » Selon le Robert : « Emplacement aménagé pour l'élevage et l'observation de certains animaux (araignées, serpents…). » L'idée est la même : quand on est dedans, c'est qu'on est un objet d'observation. Et qu'on est enfermé dans une boite, sans possibilité d'en sortir. Or, c'est dans un tel lieu que se réveille un équipage, sans mémoire. Qui sont-ils ? Que font-ils là ?

Le début peut rappeler vaguement celui de Pyramides. le personnage, Cora (comme Éric, dans Pyramides), ne se rappelle rien à son réveil. Ni son identité, ni sa localisation. Même l'apparence de son corps la surprend. Elle est donc comme nous, ignorante totale de sa situation. Des bribes de souvenirs vont lui revenir caque fois qu'elle dormira. Par ordre chronologique. Progressivement. Comme si tout cela faisait partie d'un plan étrange et mystérieux dont elle ne comprend rien. Tout comme nous. Mais nous avons un avantage sur elle. Enfin, si nous avons lu les précédents ouvrages de Romain Benassaya, Pyramides et La Dernière arche. Mais si ce n'est pas le cas, pas de panique : ce livre peut se lire indépendamment des autres. On est juste plongé dans l'obscurité un peu plus longtemps. Mais pas tant que cela. Car l'auteur ne va pas hésiter à prendre ses lecteurs à contre pieds et à jouer de ce qu'ils tiennent pour acquis.

En effet, autant les autres romans jouaient tout au long des pages la carte du mystère et laissaient ses lecteurs dans le flou jusqu'au bout (et même au-delà puisque certaines questions ne trouvaient aucune réponse), autant Terrariums offre des réponses. Et un grand nombre. Cette fois, tout est expliqué et la fin résout tous les noeuds formés. Mais avant de parvenir aux résolutions, il va falloir, avec les personnages principaux, comprendre comment fonctionne ce monde où rien n'est à sa place. Sont-ils vraiment dans un terrarium ? Et si oui, dans ce cas, qui est le collectionneur, l'observateur ? Et dans quel but les a-t-il placés dans un tel lieu ?

Et les souvenirs qui reviennent nuit après nuit ? Qu'apprennent-ils ? Que vient y faire cette pyramide construite dans un matériau d'une solidité à toute épreuve ? Car oui, une pyramide prend place également dans ce roman. Une place centrale, comme on le comprend rapidement.

Romain Benassaya aime jouer avec ce que sait lae lecteurice, il aime distiller des renseignements et surtout des indices. Et jouer avec la curiosité en annonçant la direction de certaines trames, sans rien expliquer, mais en préparant le terrain. Cela m'avait d'ailleurs un peu agacé dans Pyramides, car l'auteur se spoilait lui-même régulièrement, gâchant le plaisir plutôt que l'augmentant. Ici, cela arrive plus rarement. Je me suis surpris une ou deux fois à me dire qu'il était retombé dans ses travers, mais c'était exceptionnel.

Par contre, Romain Benassaya a dû sacrément construire l'organisation des chapitres pour ne pas s'y perdre. Car ça dépote. Et, c'est mon bémol, il faut une certaine concentration pour ne pas se perdre dans l‘intrigue. Ou plutôt les intrigues. Je m'explique : dans la première partie, on part, un chapitre sur deux en gros, dans le passé des personnages, avec les rêves qui leur permettent de découvrir qui ils sont et ce qui les a amenés dans le terrarium. Par la suite, les retours dans le passé vont se poursuivre et se compliquer. D'autant plus que (léger spoil, attention !) on finit par comprendre que certains personnages que l'on suit depuis le début sont multiples. Par parce qu'ils ont de multiples personnalités. Non, mais on a enregistré ce qui fait leur être dans des mémoires protégées. Et ainsi, quand les conditions l'ont permis, on a créé des copies. Ainsi, l'on se retrouve avec plusieurs Cora, plusieurs Derek. Et ainsi de suite. Or, comme l'auteur change de période à chaque chapitre et s'amuse souvent à reprendre les mêmes personnages (enfin, les doubles) de l'un à l'autre des chapitres, il faut être bien dans l'histoire pour ne pas se perdre. D'autant que les trames se multiplient et que, parfois, c'est un peu ardu. Mais bon, rien de rédhibitoire. Et puis, vu la difficulté de certains romans plus exigeants, cette remarque est dérisoire.

Une fois encore, je m'arrête en espérant ne pas en avoir trop dit, car ce roman est vraiment construit sur le mystère et le plaisir de les voir résolus les uns après les autres. Sachez enfin que vous aurez des réponses sur les arches de la Dernière arche.

Terrariums pourra surprendre les lecteurices de Romain Benassaya habitués à rester dans le mystère jusqu'à après la dernière page. Mais le fait d'enfin avoir des réponses est quelque chose de très agréable. En fait, ce roman cumule tous les bons côtés : on reste longtemps dans le noir le plus absolu, quelques pointes de lumière perçant ici ou là ; et à la fin, on comprend les tenants et les aboutissants de l'histoire. Et c'est sacrément réjouissant !
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Bâtissant peu à peu au fil des romans un univers des plus solides et fascinants, Romain Benassaya s'impose de plus en plus dans le paysage imaginaire français et en particulier dans celui des SF vertigineuse proposant des voyages sans retour possible. On adore !

Après ma découverte de Pyramide au début de l'année, impossible de résister à l'appel des autres romans de l'auteur. J'ai donc enchaîné avec Les naufragés de Velloa (relecture),puis La dernière Arche, mais il me fallait avouer une certaine déception après la claque qu'avait été Pyramide, je ne retrouvais pas le même sense of wonder. Impossible cependant de lâche l'affaire, j'aimais trop la SF écrite par Romain, alors quand j'ai appris la sortie d'un nouveau roman dans l'univers, je suis de suite aller demander à l'éditeur si je pouvais le découvrir et ils ont fort gentiment accepté ! Merci Critic.

Quel verdict sur ce nouvel opus ? Est-il aussi déstabilisant et fascinant que Pyramide ou juste long et frustrant comme La dernière Arche ? Ding ding ding ! C'est le versant Pyramide qui l'emporte et j'ai été moi-même emportée par l'histoire. Il va maintenant être assez dur pour moi de voir dire pourquoi sans trop en révéler mais cela va être ma mission, car vraiment ce fut un voyage extraordinaire et j'espère que vous aussi, si vous êtes amateurs de SF vertigineuse, vous vous laisserez tenter. Je vais donc essayer de vous préserver au maximum les surprises qu'il révèle.

Comme dans chacun de ses romans, l'auteur aime nous faire démarrer in media res. C'est à nouveau le cas, l'histoire démarre tandis que plusieurs membres d'un vaisseau se réveillent au milieu de nulle part, sans souvenir, avec juste une planète avec une drôle de Pyramide sous eux. Que font-ils là ? Qui sont-ils ? Quel est ce drôle d'artefact ? Que fait-il ? Ce sont les premières séries de questions auxquelles nous allons être confrontés avec eux et l'ensemble de l'oeuvre sera bâtie ainsi : une suite de matriochka qui s'emboîtent ou plutôt déboîtent pour révéler de nouvelles questions alors qu'on vient juste de répondre aux précédentes et qu'elles nous emportent de plus en plus loin !

J'ai beaucoup aimé me laisser porter par les quêtes de sens de Cora, Derek, Justine et leurs coéquipiers / compatriotes. L'histoire est un vrai page turner à couper le souffle, qui étourdit à chaque révélation qui vient faire sens non seulement avec la précédente mais avec ce qu'on connaît de l'univers de Romain Benassaya. Pour autant, pas d'élitisme chez lui, cela peut se lire comme un oneshot et les révélations bien que reposant sur des bases scientifiques sont parfaitement compréhensible. Nous sommes sur de l'excellent planet opera puis space opera quand le récit s'élargit et prend une autre dimension. Qu'est-ce que ce volume change par rapport aux précédents ? Il apporte enfin des réponses à des questions folles qu'on se posait et les explications sont encore plus vertigineuses. L'amateur de Pyramide et de la Dernière Arche sera dont comblé de voir des pans de l'histoire se remplir et de nouvelles portes s'ouvrir, le laissant les yeux plein d'étoiles !

J'ai adoré la narration exigeante de l'auteur dans ce tome. A l'aide de chapitres courts, qui alternent entre plusieurs temporalités et parfois réalités, le tout toujours mentionné par un sigle en début de chapitre pour ne pas nous perdre, il impose son rythme. Tantôt rapide et percutant, tantôt plus lent et lancinant laissant le temps à la réflexion de poser et maturer, il rend impossible de lâcher le roman. Je l'ai lu d'une traite sur une journée tellement je voulais avoir les tenants et aboutissants de cette aventure vertigineuse et aussi parce que je ne voulais pas me perdre dans les méandres de cette vaste histoire contée sur des temps bien longs et multiples.

Sans trop défricher, je l'espère, on y parle d'évolution tragique de l'espèce humaine, de transhumanisme, d'I.A, de réincarnation multiples, d'espèces sentientes destructrices, d'artefacts scientifiques, de trous de vers, de réalités cachées et j'en passe. C'est riche et vertigineux pour l'amateur de ce type d'univers. Je me suis totalement régalée avec les concepts imaginés par l'auteur qui pioche dans ce que j'aime le plus dans la SF et leur donne corps ici dans un univers de dingue quand on le suit depuis le début, car ce tome fait vraiment le lien avec tous les autres, avant de nous embarquer ailleurs ! Et qu'est-ce que j'ai hâte de voir l'auteur nous proposer un autre roman pour parachever cela !

Pour autant, tout ne fut pas parfait dans ce voyage. Si j'ai trouvé la lecture addictive et que j'ai aimé me coller dans les pas de Cora, Derek et Justine, suivre leurs aventures et déboires à travers le temps et l'espace, découvrir les multiples réalités où ils évoluaient et les défis qu'ils relevaient pour atteindre la connaissance et parachever leur quête d'eux-même et de la réalité où ils se trouvaient. J'ai trouvé la fin, les 50-60 dernières pages assez maladroites. J'ai eu un sentiment de précipitation malvenu au sein d'une explosion d'action qui n'avait pas lieu d'être de cette façon, comme si l'auteur après avoir exposé la vastitude de son univers, la voyait s'échapper entre ses doigts et tentait de la retenir maladroitement, donnant un sentiment de deus ex machina qu'on n'avait pas du tout eu jusqu'à présent, comme si on disait au lecteur : « chut écoute, c'est comme ça et pas autrement, n'en demande pas plus…« . C'était trop rapide ! Et j'espère bien que c'était parce que l'auteur ne voulait pas se relancer dans 100 ou 200 pages de plus et nous réserve à la place une nouvelle aventure dans cet univers !

J'espère donc avoir réussi l'exploit de ne pas trop vous en dévoiler sur cette si riche et vertigineuse aventure à la fois humaine et scientifique qui emmène jusqu'aux confins de notre réalité dans les étoiles et au-delà, tout en vous donnant envie d'y plonger car c'est vraiment ce que la SF française fait de mieux. Si vous aimez les récits rythmés, incarnés, surprenants, plein d'action, de rebondissements, de révélations avec des concepts qui vous emmènent toujours plus loin, sautez le pas et venez lire Romain Benassaya ! Ce nouveau tome est encore une fois une merveille de sense of wonder avec des allures d'Hyperion où des personnages en quête d'eux-mêmes tentent de se définir en définissant et redéfinissant leur monde en plein bouleversement. Vertigineux !
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« Terrariums » est le cinquième roman de Romain Benassaya qui s'est spécialisé dans le space-opera, avec chaque fois des récits mêlant huis-clos et immensités spatiales, destin de l'humanité et tranches de vie plus intimistes. L'auteur reprend ici les mêmes ingrédients et nous offre un nouveau roman qui ressemble finalement assez à son précédent (« La dernière arche ») dans sa construction. Tout commence avec une femme qui se réveille, seule, en pleine nature et sans aucun souvenir. Très vite, elle va croiser la route d'autres humains qui, comme elle, peinent à retrouver la mémoire qui ne leur revient que par bribe pendant leur sommeil. Rapidement, la petite communauté réalise qu'elle se trouve parquée dans un environnement artificiel et parvient à rassembler quelques données suffisantes pour échafauder une théorie. Tous ne tardent en effet pas à comprendre qu'ils sont les membres restants d'une expédition visant à étudier la possibilité pour l'humanité de s'implanter sur le satellite d'une petite planète éloignée du système solaire. C'est là qu'ils sont tombés sur une pyramide mystérieuse, construite potentiellement par une autre espèce consciente. C'est là aussi que tout s'est mis à déraper. Car une présence dans la pyramide a été capable de manipuler plusieurs des membres de l'expédition pour les inciter à y entrer et ainsi réveiller la menace qui s'y trouvait et qui pourrait se révéler dévastatrice pour l'ensemble de l'humanité. La théorie retenue est donc la suivante : ils ont été capturés par les créatures à l'origine de la pyramide, pour des raisons encore inconnues. Seulement, au fur et à mesure que les souvenirs leur reviennent, il semblerait que leur hypothèse de base comporte de plus en plus de failles, notamment parce qu'ils réalisent que beaucoup plus de temps que prévu s'est écoulé entre leur réveil dans la vallée et le début de leur mission sur le satellite inconnu.

La première partie du roman (soit environ le premier tiers) est franchement captivante : le côté huis-clos rappelle agréablement « Pyramides », et on est très vite curieux d'en apprendre davantage sur la nature de la menace réveillée par les explorateurs. Les révélations nocturnes qu'expérimentent régulièrement les personnages donnent de plus un petit côté feuilletonnant puisqu'elles viennent systématiquement rebattre les cartes et changer notre perspective sur la situation. La suite du roman n'est malheureusement pas à la hauteur, l'intrigue s'enlisant de plus en plus à mesure que les personnages remontent le fil de leurs souvenirs et qu'ils explorent leur environnement. du huis clos intimiste, on passe alors au space-opera à proprement parler, avec une multitudes de planètes et de galaxies explorées, et à un conflit impliquant la survie même de l'humanité sur plusieurs générations. Or, les distances parcourues s'avèrent tellement colossales, les dimensions des espaces explorés tellement énormes, que l'imaginaire du lecteur en vient à se bloquer, incapable de se représenter un futur dans lequel les notions de temps, de distance et d'échelle n'auraient à ce point plus aucun sens. Tout est trop immense, trop lointain, au point que l'univers dépeint nous paraisse totalement incohérent et surtout inconfortablement froid. On a affaire ici à un monde terne, dans lequel la vie et la mort n'ont plus aucun sens, de même que le temps. Un monde dont on connaît les grands exploits et les prouesses technologiques sans cesse repoussées, mais dont on ignore tout du quotidien de ses habitants qui en perdent ainsi leur humanité. Impossible dans ces conditions de s'attacher aux personnages, chacun.e obsédé.e par sa propre quête et incapable de tisser de liens sincères avec les autres. Qu'il s'agisse de Cora, de Dereck ou du Justine, tous ne sont animés que par leur désir d'accomplir ce qu'ils pensent être leur mission, et semblent totalement anesthésiés sentimentalement. Malheureusement cette anesthésie se révèle communicative, si bien qu'on se fiche totalement de leur sort, de leurs atermoiements, ou de leur dilemmes, tout comme on en vient à faire peu de cas de la survie de l'humanité elle-même.

« Terrariums » est un space-opera qui relate le réveil par une petite expédition scientifique d'une espèce consciente non humaine quelque part dans l'immensité spatiale. En dépit d'un début prometteur, le récit finit rapidement par lasser car de nouveaux éléments viennent constamment modifier l'appréciation que l'on se fait de la situation dont on ne parvient donc jamais vraiment à saisir les enjeux. le roman pâtit aussi du manque d'empathie ressenti envers les personnages qui manquent de chaleur et d'humanité. Dommage…
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Saloperies d'aliens, kidnapper des humains et les mettre dans un terrarium pour les observer, c'est honteux, jamais l'homme n'agirait pareil !
Mais est ce vraiment un terrarium ? est ce vraiment des aliens ?
Et cette pyramide plantée là on ne sait pas par qui ni depuis quand ?

Des chapitres courts, deux récits distincts : un réveil, une amnésie, la découverte de vivre dans un terrarium. Pourquoi ?
De l'autre, une expédition sur une planète nouvellement découverte, avec une pyramide alien immense qui semble inerte.
Plein de questions vont émerger au fil de l'histoire qui ne va pas rester aussi simple que je pouvais me l'imaginer avec des flashbacks au fur et à mesure que la mémoire revient aux protagonistes. Une intrigue terre à terre qui ne va pas le rester bien longtemps, l'auteur s'amusant à toujours pousser le curseur plus loin alors que tout semblait nous emmener vers une certaine direction.

Si tu vas voir un peu du côté de la bibliographie de l'auteur, tu vas remarquer qu'il aime bien les gros trucs, genre pyramide ou arche. Son amour pour les Big dumb object s'est ici encore plus épanoui et il passe à la vitesse supérieure avec du Big Big Big dumb object. Et je trouve qu'il a réussi à ne pas trop en faire côté quincaillerie SF pour que le quidam puisse goûter à l'aventure sans trop de mal.

Résultat, c'est un roman que je n'ai pas lâché, trouvant toujours à ma libérer quelques heures à droite et à gauche pour lire quelques chapitres supplémentaires. Si tu aimes donc sortir, t'amuser avec tes potes ou ta famille, je te déconseille d'ouvrir ce livre. Deux bémols tout de même : le premier sont les personnages qui manque d'épaisseur, un mois après lecture, difficile de me rappeler les caractères des uns et des autres. Cela ne pose pas de problème à la lecture, mais je suis un lecteur qui s'attache plus profondément au livre si j'ai eu un attachement aux personnages.
Le second bémol est la fin qui arrive pour moi trop rapidement et de manière brouillonne. Après c'est peut être de mon fait, en me faisant des noeuds au cerveau avec son histoire tortueuse, pas sur que j'ai tout bien saisi.
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Stop, lâchez tout et allez acheter ce livre ! C'est LA sortie SF de l'année.

Vous le savez : depuis Pyramides, je suis fan de Benassaya. C'est l'un des rares auteurs de SF francophones qui me fait sentir la même impression de gigantisme, d'horreur viscérale et d'émerveillement que j'ai ressentie avec Dan Simmons. Et dans ce roman, il a poussé les curseurs au max ! Si vous avez été soufflé par Pyramides... c'est Pyramides, puissance mille !

Pourtant, si on a déjà lu des romans de l'auteur, on se retrouve un peu en terrain familier. À tel point que je conseillerai à ceux qui ne l'ont jamais lu de commencer par Terrariums (au risque, ensuite, d'être un peu déçu par Pyramides, qui donne moins de réponses que Terrariums).

Terrariums a en effet repris certains éléments de Pyramides : déjà, ça se passe dans le même univers. Ensuite, les protagonistes se retrouvent encore une fois dans une structure à laquelle ils ne comprennent rien. Dans Pyramides, le mystère était cette structure en elle-même. Ici, c'est carrément l'identité des protagonistes qui est questionnée... vous verrez comment, et si l'idée n'est pas nouvelle, c'est vraiment brillant ! le roman explore la figure du döppelganger, le double maléfique, d'une façon originale et intelligente. Il questionne aussi ce qui fait l'individu : ses souvenirs, son unité globale en tant qu'organisme ? Et peut-on dire, si on transfère les souvenirs de quelqu'un dans un clone, que c'est la même personne... ? S'agit-il d'immortalité, ou d'autre chose ? Et qu'est-ce que la conscience ? Un clone peut-il en avoir une ? Ces interrogations au coeur du roman m'ont hanté pendant pas mal de temps. Dans ce questionnement sur l'immortalité et l'individu, j'ai retrouvé un peu de Dan Simmons, notamment dans le passage de l'évacuation de la Terre par les derniers humains au milieu du bouquin (quelle scène !) qui, dans son horreur, m'a rappelé le prix payé par les pilotes des vaisseaux Archanges dans Endymion... il y a aussi ce côté « space horror » chez Benassaya qui est particulièrement réjouissant. J'ai retrouvé aussi un peu du mystère d'Arthur C. Clarke (la scène avec la mémoire fantôme sur la Lune m'a rappelé la nouvelle de la Sentinelle) et aussi un peu de Serge Lehman époque « Aucune étoile aussi lointaine ». le flou entretenu sur ce qui est humain ou non, conscient ou non, m'a évoqué les manga de Nihei (qui s'est nourri tous les classiques de SF). IA sensibles, fantômes d'infosphères, clones, réincarnations... à la fin, on ne sait plus trop qui est humain ou pas, et même si c'est important. du coup, c'est pas super nouveau au niveau du world-building, mais si vous aimez ce genre de références, c'est un vrai plaisir de lire ce roman !

D'autant plus qu'il est très bien foutu et toujours très clair, grâce, notamment, aux symboles en tête de chapitre qui nous aident à nous repérer. La construction du roman, qui alterne saut dans le passé et retours dans le futur, est impressionnante de maîtrise : chaque chapitre nous permet de comprendre le précédent et soulève de nouvelles questions, de nouveaux enjeux. En dépit de la complexité de la trame narrative des personnages et des échelles de temps et d'espace colossales (il y a beaucoup de choses qui m'ont fait penser à Blame ! de Tsutomu Nihei dans ce roman, notamment les passages d'ascenseurs qui parcourent des milliards de kms), ce roman est très facile à lire. Mieux : il se dévore ! J'ai lu ces 537 pages en une journée... impossible de le lâcher ! Les péripéties s'enchaînent, de façon à ce que les déboires et les mystères du début nous paraissent vite dérisoires : il y a un petit effet « Dragon Ball », avec des problèmes qui s'accumulent et deviennent de plus en plus énormes... La fin, un peu précipitée, fait l'effet d'un rollercoaster fou. Mais on a tellement envie de connaître la chute qu'on se précipite : pour ma part, j'étais en apnée ! Et cette fois, l'auteur nous donne généreusement toutes les réponses : il ne nous laisse pas en plan comme dans Pyramides.

Certains critiques ont trouvé les personnages creux et inexistants, mais j'ai eu le ressenti inverse. J'aime particulièrement la capacité de Benassaya à brosser le portrait de personnages féminins à la fois brillants et inquiétants. Justine, je l'ai détestée un tiers du roman, puis crainte, et admirée à la fin... en tout cas, elle est dure à oublier ! Quel destin ! J'ai beaucoup aimé aussi les personnages non-humains, comme l'IA Aby, et l'Archéologue, deux personnages qui, dans leur traitement, m'ont encore une fois rappelés des personnages de Lehman.
Bref, je le répète : si vous devez lire un roman de SF cette année, lisez celui-là !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Une dernière question, plus pressante que les deux premières, s’imposa à elle : Qui suis-je ?

Elle posa les mains sur son visage et toucha son nez, ses joues, puis son crâne, entièrement chauve, et ses arcades sourcilières, dépourvues de pilosité, sans éveiller aucun souvenir ni même un sentiment de familiarité.

Son identité était hors d’atteinte.
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Ils virent progressivement dans la vie un phénomène nécessaire, codé dans la réalité, un mécanisme par lequel l'univers devenait conscient de lui-même. Et cette intuition se révéla à eux comme un trésor à préserver.
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Vidéo de Romain Benassaya
Les éditions Critic vous en dévoilent plus sur... le prochain roman de Romain Benassaya, "Terrariums", qui paraîtra le 27 octobre 2023 ! Après le succès de "Pyramides", "Arca", "La Dernière Arche" ou encore "Les Naufragés de Velloa", nous vous laissons en apprendre plus sur la nouveauté à paraître de l'auteur. Soyez prêts à voir se résoudre quelques questions posées dans Pyramide, mais aussi à en avoir plein de nouvelles...
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