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EAN : 9782081354272
176 pages
Éditeur : Flammarion (18/03/2015)

Note moyenne : 3.02/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Trop distrait par sa vie parisienne et sa petite amie Annabelle, un étudiant s'exile à Berlin pour finir sa thèse. Très vite, il se montre réceptif à tout ce qui peut différer le moment de s'adonner à la tâche. S'en remettant au hasard et au désir, notre jeune héros prend la vie comme elle vient, persuadé qu'il finit toujours par se passer quelque chose. Et, effectivement, grâce à son chat et à une laverie automatique, il va rencontrer Dora. "Pour se déplacer en vil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
ninachevalier
  04 septembre 2016
Clément Bénech - Lève-toi et charme Flammarion
(16€- 175 pages)
« Mettez un animal dans votre titre », conseillait Mohammed Aïssaoui dans un article du Figaro, ayant noté que bon nombre de romans contenaient dans leur titre un animal. Clément Bénech, lui, préfère accorder à son chat, Dino, un rôle essentiel, déterminant pour sa vie amoureuse.
Quant au titre, qui sonne comme un injonction,le narrateur en fait son viatique.
Mais qui va-t-il charmer ?A moins que ce soit lui qui succombe au charme des Allemandes? L'une d'elle le séduira-t-il ? Beaucoup de surprises en réserve.
Le bandeau du livre laisse entrevoir des jambes au fort potentiel érotique.
On devine que l'auteur aime voyager, d'ailleurs il a inséré quelques photos dans ce roman à la veine autobiographique. Clément Bénech nous avait conduits en Slovénie dans son roman précédent, cette fois il nous embarque à Berlin, où son étudiant est censé achever sa thèse, sur les conseils de son professeur. La scène à l'aéroport, puis dans l'avion est d'un réalisme impressionnant, anxiogène même pour un lecteur qui a la phobie de l'avion.
On suit l'étudiant dans ses logements successifs, ses recherches à la bibliothèque. Il y croise un américain adepte de basket-ball comme lui et rejoint son équipe. Grâce à Gabriel, il s'approprie peu à peu la ville de Berlin, dont le nom serait lié « à un ourson, un Bärlin ». Il la traverse en tramway,en métro, longe la portion restante du mur. Il fréquente les bars alternatifs, où parfois évoluent d'étranges performers, pour le grand bonheur d' une faune de tricophiles. Il s'endort sur un banc dans le Tiergarden. Il explore des quartiers à la périphérie,dont le turc, les bas fonds, se mêle aux touristes, enjambe la Spree, se hasarde sur l' île des Musées. Il tente de saisir la quintessence de la ville jusque dans les boîtes de nuit et même les cimetières. Mais s'intégrer s'avère difficile, « les Berlinois avaient tendance à rester Berlinois ».
Durant cet exil temporaire, le narrateur s'interroge sur l'impact de l'éloignement géographique dans une liaison amoureuse et sur le fait avéré que les plus connectés seraient les plus seuls. Craindrait-il de perdre Annabelle ou peut-il faire confiance à « ce capital » acquis entre eux ? Leur libertinage par webcam sera-t-il suffisant pour pimenter leurs échanges et combler l'absence physique ?
A Paris, il a laissé Annabelle mais pas Dino. N'est-ce pas ce félin casanier, «  rejeton de chartreux et d'angora », l'entregent qui permet à son maître de rencontrer Dora ? Rencontre fortuite, et voici ce French lover, piégé, taraudé par le désir impérieux de la revoir. Suspense. Sa mémoire aura-t-elle mémorisé l'ordre des pages du livre qu'il a cornées, correspondant au numéro de cette Berlinoise , excentrique et énigmatique ?
Va-t-il trahir celle qu'il est persuadé d'aimer ? Comment va-t-il gérer ce dilemme, d'autant qu'Annabelle doit venir lui rendre visite ? Et si les deux femmes venaient à se rencontrer ? Dora, qui ne le quitte plus, ne risque-t-elle pas de devenir un danger toxique ? Il s'interroge. Quel sentiment éprouve-t-il ? de l 'amour ou de l'amitié ?
Cette jeune femme, au « sourire sardonique », aussi magnétique que la Hongroise qui séduit L'écrivain national de Serge Joncour, intrigue tout autant le lecteur que le narrateur qui va vite se retrouver sous son emprise.
On comprend vite pourquoi le narrateur la qualifie d' « invivable ». Son comportement surprend. Dora nous plonge dans le suspense quand elle entraîne l'étudiant français dans ses fantasmes. Pourquoi toutes ces acrobaties dans la salle de bain ? Et ce rituel des bougies, répond-t-il à un « rituel satanique » ?
La gifle inopinée marque la rupture. Incompréhension de l'étudiant, mais
une révélation choc en fin de roman lève le secret sur la mère de Dora.
L'autre figure féminine est incarnée par Nadine, « une control freak », qui embauche l'étudiant dans sa start up, le déconcertant avec cette « smiley list » à lui restituer.
Le prénom du narrateur,Constant,cité une seule fois, serait-il à l'unisson de sa thèse soutenue avec succès ? A savoir que les technologies numériques, « rapprochent ce qui est proche, et éloignent ce qui est lointain ». Y verrait-il le glas du lien social ?
L'originalité de ce roman réside dans les croquis, les photos de voyages ( Egypte, Espagne) ou de Dora qui émaillent le récit.
Clément Bénech excelle dans l'art de la comparaison,se référant souvent à des animaux ( Les grues, « dinosaures curieux » ). L'auteur montre une prédilection pour les lieux désaffectés, voire oniriques, que ses protagonistes transgressent. Il mixe les langues sans retenue :l'anglais des consignes de sécurité dans l'avion, de Gabriel, le vocabulaire de businesswoman de Nadine ( corporate, coworker, shift,benchmarking, corporate, task...), langage SMS ( « j'ai hilaré »), expression latine ( ad patres) et l'allemand. Il jongle avec les maladresses dues à un manque de maîtrise de la langue : confusion entre bungalow et lumbago, entre poisson et poinçon. Il saupoudre d'humour : « Je lâchais sa valise qui se mit automatiquement au garde-à-vous ».
Son écriture est très visuelle, aucun détail ne manque dans chaque description, que ce soient pour les tenues vestimentaires, les portraits de ses personnages ou le méticuleux inventaire des lieux : plan des pièces,agencement du mobilier. Certaines séquences font penser au style de Jean-Philippe Toussaint.
L'intrigue est basée sur le hasard des rencontres des protagonistes.
Clément Bénech signe un roman irrigué par son vécu, une parfaite connaissance de la ville de Berlin. Il se fait arpenteur de « la ville horizontale », mais nous offre aussi une vision panoramique, balayant l'architecture depuis le Mur aux châteaux d'eau reconvertis en résidence. Il glisse une réflexion sur l'urbanisme et les chantiers qui s'éternisent, comme à Barcelone. Il sait nous dépayser et nous embobiner. Quant à l'avenir du couple, il nous livre une fin ouverte : « Nous parlons de nous fiancer » et laisse le lecteur spéculer sur leurs projets.
Ce court roman possède le charme des rencontres inattendues et nous offre une balade insolite, hors des sentiers battus, à travers Berlin et sa périphérie.
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marieberk
  08 mai 2016
Je suis toujours surprise quand je lis des critiques où les lecteurs/lectrices disent avoir "adoré" un livre puis donnent une note de trois ou quatre étoiles. Pourquoi bouder son plaisir? C'est un livre totalement charmant, une plume à suivre de toute évidence, un très jeune auteur de talent. Peu importe d'ailleurs ce qu'il raconte dans ce livre: l'histoire d'un thésard qui part à Berlin travailler sur sa thèse en laissant sa petite amie Annabelle à Paris et qui rencontre à Berlin une certaine Dora avec qui, semble-t-il, il ne se passe pas grand chose, a de quoi faire craindre une lecture ennuyeuse, complaisante! C'est tout le contraire: le livre est très prenant par le miracle de l'écriture qui est la vraie héroïne de ce livre, une écriture à la fois très travaillée (quelques excellentes métaphores, des mots rares ici et là) et habitée, où l'on sent le rapport au monde de ce jeune auteur, acide et décalé. À découvrir.
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cathe
  07 août 2016
Un joli roman sur l'année passée à Berlin par un étudiant français. le style plein de trouvailles donne un ton léger mais aussi mélancolique à ce livre et on s'attache avec plaisir aux personnages. Un jeune auteur à suivre.
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Sauleliseur
  26 avril 2016
Un roman rafraîchissant et pétri de tendresse. L'écriture est fluide et l'auteur s'arrête avec poésie sur certains détails de la vie que l'on passe sans y prêter attention. C'est un peu l'errance de la jeunesse, qui n'a pas fini de se trouver. Et puis d'un coup une réflexion nous laisse rêveur et pensif tant par son surgissement que par sa finesse. Bref j'ai aimé, adoré.
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tribulationsdunevie
  20 juin 2016
Après un an à le regarder dans ma bibliothèque, le temps est enfin venu d'ouvrir "Lève-toi et charme".
​Immédiatement j'ai été charmé par la plume de l'auteur, fluide mais juste, elle laisse deviner la jeunesse et l'implication de Clément Bénech dans ce récit. Très personnelles, les émotions sont omniprésentes entre ces lignes.
​C'est donc un récit très touchant qu'il nous est offert de lire avec "Lève-toi et charme". La transition de l'adolescence à l'adulte pour un jeune homme en pleine rédaction de sa thèse. C'est dans ce but qu'il s'isole à Berlin, mais même à des centaines de kilomètres de Paris, la concentration n'est pas au rendez-vous dans la capitale allemande.
​Au delà de cette thèse, cet étudiant va apprendre beaucoup sur la vie, en toute simplicité, loin de chez lui.
​"Lève-toi et charme" est un texte qui m'a ému, touché: je ne suis pas resté indifférent face aux différentes étapes initiatiques traversées par le personnage. Personnage qui devient très rapidement attachant, difficile de ne pas l'être après une telle intimité.
​Un roman agréable à lire, instructif et émouvant.
Lien : http://tribulationsdunevie.w..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
RAMBAUDRAMBAUD   01 juillet 2015
Une sorte de cagibi où Jean stockait toutes sortes de machines et d'ustensiles dont il n'avait pas ou plus l'usage, comme si cette pièce était l'inconscient de son appartement.
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RAMBAUDRAMBAUD   05 juillet 2015
La place, encaissée, semble recueillir tout le soleil qui dégringole dans le fond du vallon.
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ollevierollevier   30 novembre 2015
Il avait un jour théorisé pour moi le complexe de la burette, filiale du complexe de castration selon laquelle nous compensions, en sciences humaines, notre manque de tubes à essais par une surabondance ridicule de livres sur notre bureau.
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Videos de Clément Bénech (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Clément Bénech
Clément Benech vous présente son ouvrage "Une essentielle fragilité : le roman à l'ère de l'image" aux éditions Plein jour.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2285964/clement-benech-une-essentielle-fragilite-le-roman-a-l-ere-de-l-image
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