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EAN : 9782260017479
300 pages
Julliard (06/03/2008)
3.7/5   22 notes
Résumé :


Lorsque sa femme lui apprend au téléphone qu'il n'a pas le cancer, Laurent s'effondre. Convaincu qu'il allait mourir dans d'atroces souffrances, il avait dressé une liste des choses qu'il s'était promis d'accomplir dans les plus brefs délais : quitter Élizabeth (sa femme) ; dire leurs quatre vérités à Manon et Baptiste (sa fille et son fils) ; démolir Mac Cormak (son patron) ; mettre fin à ses jours. Et, si l'occasion se présentait, proposer la botte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
J'ai découvert Laurent Bénégui il y a peu avec "Le mari de la harpiste" et son humour déjanté m'avait donné envie d'en connaître un peu plus sur cet auteur à la plume savoureuse. Avec "Le tournevis infiniment petit", je n'ai pas été déçue.

Apprenant qu'il est atteint d'un cancer, Laurent Claude, chercheur en nanotechnologie, décide, avant de tirer délibérément sa révérence, de régler ses comptes avec sa femme Elisabeth, avec Manon sa punkette de fille et avec Baptise, son très conformiste avocat de fils. La liste serait incomplète s'il oubliait de démolir son véreux d'employeur et pourquoi pas, en guise de cerise sur le gâteau, de conclure avec sa jolie collègue Amira. Malheureusement, l'homme n'est pas toujours maître de son destin et le jour où Laurent a décidé d'en finir avec la vie ne va pas du tout se passer comme prévu.

Laurent Bénégui nous offre avec ce roman une histoire qui se déroule tambour battant, entraînant son lecteur de l'univers de la recherche à celui des truands, tout en transitant (n'y voyez aucun raccourci mal venu) à celui des assureurs. Malheureusement pour le héros, le cocon familial n'est pas non plus un havre de paix. C'est vraiment un déluge de scènes toutes plus cocasses les unes que les autres où bien évidemment, il ne faut chercher aucune vraisemblance. Bien que n'étant pas un public facile en ce qui concerne les comédies, son humour noir et décalé m'a totalement séduite. Personnellement, j'ai vu dans le personnage principal, un Pierre Richard qui débarquerait parmi "Les tontons flingueurs". Et comme pour se faire pardonner de nous avoir fait rire en basant son scénario sur un évènement dramatique de la vie, l'auteur se rachète en nous laissant sur une séquence finale pleine d'émotions.
Mon seul regret, car il en fait bien un, c'est que la construction du roman ne soit pas linéaire dans l'espace temporel. Pourquoi ce cocktail d'"avant, pendant et après" bien mélangé ?

En cette période morose, je vous encourage, ami lecteur à découvrir Laurent Bénégui. Si vous avez encore un doute, jetez un oeil sur les citations choisies. Je regrette déjà que la médiathèque de ma commune ne possède pas d'autres titres de cet auteur. Un 19/20 pour cette escapade burlesque.


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Il pleut ? Les vacances vous semblent déjà loin et vous avez besoin de vous aérer les méninges ? Une solution avant les antidépresseurs, lisez un roman de Laurent Bénégui.

Je vous avais déjà parlé de « J'ai sauvé la vie d'une star d'Hollywood ». Celui que je vous propose aujourd'hui a été publié en 2008, nous sommes loin de la nouveauté, mais les enchaînements effrénés de catastrophes en tout genre qui assaillent le héros avant la résolution finale (heureuse bien sûr), les trouvailles désopilantes de l'auteur, l'humour du texte et les métaphores percutantes ne se démodent pas.

Sans compter que parfois vous risquez de reconnaître certains aspects de votre personnalité et de votre vie, que vous risquez de réfléchir, une fois que vous aurez bien ri, à une question fondamentale : que feriez-vous si vous appreniez que vous êtes condamné à brève échéance ?

Le tournevis infiniment petit nous raconte un moment crucial de la vie de Laurent Claude, éminent chercheur en nanotechnologies qui vient d'apprendre qu'un cancer des poumons des plus agressifs vient de réduire son espérance de vie à zéro. Il fait le point devant son café. La description des membres de la famille Claude commence par Manon, la fille de Laurent :

À peine levée, elle allumait son ordinateur et réussissait l'exploit de communiquer avec les siens une journée entière sans utiliser plus de dix mots. Elle appartenait à une espèce mutante qui devait autant à la fougère pour la coiffure, qu'à la bactérie pour le langage. La dernière fois que j'avais osé m'aventurer dans sa chambre, j'avais aperçu ses ongles vernis noirs courir si vite sur les touches du clavier qu'on aurait dit une ruée de cafards ivres. À l'évidence, la question de sa propre finitude devait la déranger à peu près autant qu'une puce sur le dos d'un TGV.

Quant à mon fils, son univers ultraconformiste avait pour canon le catalogue Habitat. Il s'y abîmait des journées entières à la recherche d'un couvert à salade, avant d'en référer à sa fiancée, qui elle-même lui soumettait une proposition de vase soliflore. La préparation de leur mariage semblait avoir digéré son cerveau. Sinon, Baptiste passait une partie de son temps libre à compter et recompter les points retraite acquis depuis son premier stage rémunéré, et venait d'ouvrir un PERP sur lequel il virait quinze euros par mois. La seule manière de l'intéresser à la question de la mort était de lui lire l'extrait du Journal officiel concernant la modification de la législation en matière de droits successoraux.

Enfin, Élizabeth, ma femme, se considérait proprement immortelle. Elle était peintre et tutoyait la postérité comme si elles avaient été dans la même classe de CP. Lors de l'exposition rétrospective que venait de lui consacrer le musée de Grenoble, j'avais vu des centaines de visiteurs se pâmer devant des toiles qui évoquaient pour moi des mouchoirs souillés par un géant très enrhumé. J'en produisais autant chaque hiver et il ne me serait pas venu à l'idée de faire défiler mes voisins devant un tel spectacle.

Vous aurez compris devant cette description de la famille statistique idéale que le lecteur ne va pas sombrer dans le pathos malgré le tragique de la situation.

Devant son café, Laurent fait le point sur sa vie. Il dresse une liste des choses qu'il veut accomplir avant de mourir : quitter sa femme, dire ses quatre vérités à Manon et Baptiste, casser la figure à Mac Cormak son ignoble patron et séduire Amira sa belle assistante avant de se suicider. le chercheur naïf s'est laissé acheter par une compagnie d'assureurs cyniques et a compris bien trop tard que celle-ci compte exploiter ses découvertes de la plus ignoble des façons.

Il commence à mettre en oeuvre son programme de destruction massive, annonce à sa femme qu'il veut divorcer, dit des horreurs à ses enfants, approche Amira et saborde sa vie professionnelle en avalant les nanorobots biologiques qu'il a créés avant de tenter de se suicider.

Bien entendu rien ne se passe comme prévu. Un téléphone de sa femme lui apprend qu'il n'a pas de cancer.

Trop tard ! le voilà pris dans un engrenage et les catastrophes succèdent aux ennuis à un rythme démentiel. Aucun temps mort (!) dans ce roman haletant où les situations cocasses succèdent aux dialogues improbables, où les réflexions philosophiques des assassins voisinent avec des canaris amoureux.

Quel souffle ! Ne chipotez pas sur la vraisemblance, ce n'est pas la tasse de café de Bénégui, mais le livre est construit comme un film d'aventure et le scénario est éblouissant. Une légère faiblesse dans la fin, à mon avis trop rose bonbon. Avaler de la guimauve après tant de couleuvres adoucit l'ensemble, il est vrai…

Au détour de ce qui pourrait passer pour une pochade nous revenons à la mort dans les dernières pages du roman, car bien sûr, si erreur il y a eu, reste une vraie victime du cancer, et les dernières phrases sont poignantes d'humanité.
Lien : http://nicole-giroud.fr
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Un homme apprend qu'il a un cancer .... Il décide de dire et faire tout ce qu'il a toujours rêvé mais qu'il n'a jamais osé ... Il quitte sa femme, dit ses quatre vérités à ses enfants, pareil au niveau professionnel ... Puis tout bascule car il apprend qu'il n'a pas de cancer !!! MAGNIFIQUE lecture, un style que j'adore ... genre d'humour noir profond ... Un vrai régal ...
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Le sujet de ce roman part d'une excellente idée : c'est la panique : Laurent, qui pensait avoir le cancer, apprend qu'il y a eu erreur de diagnostic, alors qu'il avait profité de cette aubaine pour dire ses 4 vérités à sa famille, claqué la porte de son job en piquant sa découverte révolutionnaire de nanotechnologie et largué sa femme.
Bref, n'étant plus malade, que faire ?
Franchement, c'est très drôle, et étonnant. le personnage principal est plongé dans une situation à la mors-moi-le-noeud qui l'entraîne dans une suite d'événements vraiment cocasses.
Très sympa à lire, cela se dévore bien.
Bémol cepedant : j'ai trouvé que l'auteur aurait pu pousser plus loin et surtout ne pas perdre en intensité humouristique au fil des pages.
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Récit complètement farfelu et déjanté d'un auteur malicieux et fatiguant à la fin à force de rire de tout et même de sujets graves. Sa fille enfouie dans un t-shirt Kill The Ozone entre dans l'adolescence comme l'armée allemande dans Stalingrad, quant à son fils, il le compare à un volatile qui aurait lui-même ferme la porte de sa cage ! L'annonce de son cancer déclenche chez lui quatre grands projets, et lorsque son médecin lui annoncera qu'il s'est trompé dans son diagnostic, il sera navré et devra annuler ses projets. A déguster avec modération, par petits bouts. JB
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
C'était du Mac Kormak tout craché. Non seulement il m'avait pourri la vie au long de ces dernières années, mais il s'arrangeait pour disparaître le jour où j'allais le lui faire payer. Un organisme parvenu à un tel degré de corruption et de mépris de l'humanité avait-il pu intégrer un jour la moindre parcelle d'innocence ? Je doutais qu'il eût jamais été un enfant modèle, du genre qui arrive à manger des pâtes à la sauce tomate sans tacher sa marinière, mais si cela avait été, cela n'avait pas dû dépasser le cours préparatoire. A se demander à quoi ressemblaient ses parents. S'ils avaient été des braves gens, si un individu comme Mac Kormak pouvait avoir été issu d'une lignée de bonnes personnes, moralement recommandables, alors il avait dû être génétiquement modifié. Comme une de ces bactéries dressées à digérer du pétrole, ou un de ces épis de maïs à qui le DDT ne fait plus rien. Sa mère avait probablement piqué une tête dans le bassin de refroidissement d'un réacteur nucléaire pendant sa grossesse, ou quelque chose comme ça.
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Les spécialistes disent que les enfants se construisent soit par identification, soit par rejet de leurs parents. Eh bien Manon avait pulvérisé tous les records en ce qui concerne la seconde hypothèse. (...)
Ma fille était entré dans l'adolescence comme les Allemands dans Stalingrad. De son enfance ne restaient à présent que des fantômes de petites filles aux couettes, errant parmi les ruines tels des fantassins sans commandement. (...)
J'avais prévu de corriger seize années de silence en quelques phrases. Autant essayer d'entrer aux États-Unis avec un fromage au lait cru. Mais bon, j'étais décidé à tenter ma chance. Je pris mon élan mental, j'étais arrivé à un stade où il importait peu que je fusse son père, je devais lui parler d'adulte à adulte.
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- Et la cage, elle vous plaît ? fit l'oiselier.
Elle n'aurait pas choqué au château de Versailles.
- Vous n'en aviez pas une moins ouvragée... Plus carrée ? tentai-je.
- Ce ne sont pas des hamsters.
Je n'avais pas le temps de discuter. Je sortis mon chéquier, tandis qu'il reprenait :
- Je vous ai choisi les spécimens les plus beaux... donc, je vous ai mis la cage adéquate.
- Parfait, combien vous dois-je ? fis-je.
- Deux cent vingt euros.
A ce prix-là, ce n'étaient pas des canaris, mais des aigles. Mais, comme d'habitude, je restai coi, et rédigeai le chèque. Un monde dans lequel le cours du canari approche celui du pétrole est un monde qui court à sa perte.
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Un matin de l'hiver dernier je m'attardais dans la cuisine, à contempler mon œil dans une tasse de café tiède.
J'avais une femme, deux enfants, une situation en or et un cancer des poumons. Sans hiérarchie. Certes le cancer était plus radical, mais il hantait ma vie depuis moins longtemps que ma famille ou mon travail.
On sait qu'on va mourir. Il est assez rare de l'ignorer. Que l'on habite un igloo sur la banquise, une cabane dans le bush australien, ou que l'on soit le plus simplet des bouviers texans, on peut difficilement passer à côté de l’information. C'est même la première chose qui nous vient à l'esprit. Avant d'être propre, d'être capable de parler, ou de marcher. Notre fin est inscrite au programme et cette conscience sourde, dévorante, nous différencie des amibes, des galets et des pots de yaourt.
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J'avalai le café refroidi et rédigeai avec attention quelques lignes sur un morceau de papier que je pliai avant de le glisser méticuleusement sous le bracelet de ma montre. Une antisèche en quelque sorte.
- Quitter Élisabeth
- Dire ses quatre vérités à Manon
- Dire ses quatre vérités à Baptiste
- Démolir Mac Kormak
- Mettre fin à mes jours.
Comme si je risquais d'en oublier une.
Ah si pourtant, une chose manquait. Une personne, en fait. Mais j'en aurais volontiers fait ma chose. Ceci expliquait peut-être cela. Je repris le papier, le dépliai et ajoutai :
- Proposer la botte à Amira
Pour une raison évidente le dernier point nécessitait d'être traité avant l'avant-dernier. A part ça, l'ordre n'avait pas d'importance. Quoiqu'en tout domaine l'homme a tendance à hiérarchiser. C'est bien connu : le cancéreux se rit du cardiaque, qui lui-même se moque de l'enrhumé.
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