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EAN : 9782260022220
238 pages
Éditeur : Editions Julliard (04/02/2016)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Comment les hommes deviennent-ils des pères ?
C'est la question qui se pose à Romain à quelques jours de l'accouchement de Louise. Il avait pourtant espéré que la paternité pousse en lui à mesure que l'enfant se développait dans le ventre de sa compagne. À deux semaines de la naissance d'Alessia, il doit se rendre à l'évidence : son amour reste entièrement réservé à Louise et il est incapable d'éprouver des sentiments pour la petite fille qui arrive. Tout se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Syl
  30 mars 2016
« Plus tard Alessia apprendrait qu'elle était née lors de la tempête, et qu'au moment où se jouaient les premières heures de son destin des vents polaires s'écharpaient sur les barrières d'air fiévreux dressées au-dessus de l'océan.
De mémoire de côtier jamais les chaleurs de mai ne provoquèrent phénomène si soudain. Aux premiers roulement du tonnerre les goélands surgirent par centaines de l'azur enténébré, brassant leurs ailes au ras des falaises, s'enfuyant en direction des bocages où ils s'abattirent à l'abri des bois et des clôtures. Au large la houle s'ébranla, fouettée par le ressac, cinglée par une pluie lourde et, lentement, le dôme liquide enfla, submergea les brisants, masquant les îles voisines comme pour s'unir aux cieux électriques. Alors aux bourrasques succéda un souffle continu qui s'engouffra entre les trouées crayeuses de la côte, tordit la cime des arbres, arracha les charpentes et griffa la surface des lacs, à la manière d'une main colérique, désormais saisie du continent… »
Le roman s'invite par ces images, dans le déchaînement des vents ; un décor bousculé et romantique.
Le narrateur, Romain, nous confie son amour passionnel pour sa compagne Louise ; Louise qui est dans le dernier mois de sa grossesse. Il ne cache pas son appréhension sur le fait qu'il va être père. Lorsqu'il pense à la paternité, il se retourne sur son enfance et voit un géniteur absent, disparu, qui a laissé trois femmes et trois enfants. Mathématicien de renom, Léopold Longeville devait certainement trouver le mot « famille » plus abstrait que toutes les formules algébriques avec lesquelles il jonglait.
Alors qu'il quitte Louise bien à l'abri dans leur lit, pour accompagner sa demi-soeur Maya à l'aéroport, Romain n'imagine pas que quelques heures plus tard, il la retrouvera en salle de travail à la clinique. Car Alessia a décidé d'arriver en ce jour de tempête.
Il lui a laissé croire qu'il était prêt à s'occuper d'elles… il s'était persuadé. Amoureux et responsable. Les choses devant s'ordonner dans une suite logique, sentiments compris. Mais aux côtés de Louise, alors que le monitoring mesure des contractions plus ou moins fortes, Romain s'interroge et remet en question son engagement. Prêt ? Il ne faut pas se leurrer, il est loin de l'être !
Dans la salle, une autre femme est sur le point d'accoucher d'une petite fille. Sandrine, déjà mère trois fois, est ce qu'on appelle une multipare. Il apprend que le mari ne viendra pas, déçu et fâché de ne pas avoir de garçon. Étrangement, Sandrine n'a pas l'air de lui en tenir rigueur et sa conversation allège un peu la sacralité de l'instant. Des sourires complices, quelques confidences, et des mots rassurants. (Ce que nous lisons, nous nous le chuchotons).
Dehors, la tempête fait rage. Intérieurement, Romain est en accord avec ce désordre, extérieurement, il essaie d'assurer, proposant même son aide à cette inconnue.
Perdu dans un dédale d'émotions, il tâtonne et n'ose s'aventurer vers ce chemin inexploré. Puis très vite tout s'emballe. Louise met au monde Alessia et ça se passe bien. Quant à Sandrine, on doit la descendre au bloc pour une césarienne car le coeur de son bébé faiblit. Sur sa demande, Romain accepte de rester avec elle le temps de la préparation. Elle parle, il l'écoute… Plus tard, il apprendra que la petite Inès souffre d'une malformation cardiaque et qu'elle a été transférée dans une unité de soins intensifs pédiatriques.
Incapable d'avoir des gestes instinctifs envers Alessia, la prendre dans ses bras, lui souffler des douceurs, respirer son odeur, ni même simuler, Romain ne trouve pas sa place.
« Comment les hommes deviennent-ils père ? » La question enfle dans sa tête et s'étend. Qui était son père ? Pourquoi les a-t-il abandonnés ? Qu'est-il devenu ? A la recherche des réponses, Romain va se rapprocher de sa mère et se remémorer sa propre enfance, orpheline de tendresse. le drame de Sandrine sera aussi très présent dans sa quête initiatique car il l'aidera à prendre conscience du bonheur d'être père.
Le roman s'articule autour de cette révélation, mais Romain n'est pas notre seul narrateur. A tour de rôle, chacun s'épanche et nous dévoile leurs pensées. Une dynamique qui enrichit le récit et qui donne à cette lecture un ton vif, intense, surprenant, si vrai !
De l'auteur, je n'ai lu qu'un roman, « J'ai sauvé la vie d'une star d'Hollywood », et je retrouve dans cette histoire ce tempo cinématographique qui m'avait plu, car les scènes défilent comme dans un film.
Ambiances chaotiques, charnelles, écorchées, intimistes, troublantes, graves, des mots de poésie, des mots d'amour, il n'en oublie pas son humour. Bénégui sait émouvoir… et témoigne d'une belle sensibilité.
Je vous recommande ce livre.
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NicoleGiroud
  17 février 2016
Naissance d'un père de Laurent Bénégui vient interrompre la succession de livres drolatiques à l'activité effrénée où un personnage apparemment normal se trouve confronté à des situations invraisemblables qui suscitent l'hilarité du lecteur. Jusque-là le héros d'un roman de Bénégui s'exprimait à la première personne, et ce « je » pourtant opérait une mise à distance du lecteur, comme l'impression de se trouver au cinéma en train de regarder le héros se dépatouiller avec la pagaille qu'il a suscité. Avec Naissance d'un père, c'est tout l'inverse. le héros de l'histoire est mis à distance du narrateur et pourtant ce « il » est terriblement intime, renvoie le lecteur à sa propre histoire, supprime la distance.
Naissance d'un père, livre oxymore universel.
Le titre en lui-même est un superbe oxymore qui nous éclaire sur le contenu du livre. On donne naissance à un enfant, bien sûr, mais qui s'est intéressé à la façon dont on devient père ? C'est bien une façon de naître, puisque c'est un nouvel individu qui apparaît avec l'irruption d'un enfant dans sa vie.
L'argument de départ est simple : Romain, chauffeur de taxi, partage la vie de Louise, violoncelliste dans un orchestre qui va bientôt accoucher d'une petite fille. Mais nous sommes chez Bénégui, et cela ne peut bien sûr pas rester longtemps paisible. Les heureux futurs parents ont une histoire compliquée bien actuelle. Tout d'abord le bébé était déjà conçu lorsque Louise a rencontré Romain par l'intermédiaire de sa meilleure amie, harpiste dans l'orchestre et soeur de Romain. Demi-soeur plus exactement, et c'est important : le père de Romain, grand mathématicien, a eu trois enfants avec trois femmes différentes avant de disparaître dans la nature. Maya, Romain et Shirley Longueville n'ont pas eu de père, mais l'absent hante leur vie. Les deux jeunes femmes passent d'une aventure insatisfaisante à une autre, et leur frère, ancien grand sportif qui a abandonné la compétition après un accident semble tout aussi fragile. Demi-famille, enfants instables. Au fond un miroir de notre société.
Louise avant sa rencontre avec Romain semblait tout aussi perdue, elle aussi passait d'une aventure à l'autre, sans se protéger parce qu'elle pensait ne pas pouvoir avoir d'enfant suite à trois avortements. Fragilités diverses et au milieu de tout cela, la grossesse de Louise. Romain est resté parce qu'il aime Louise, mais cet enfant qui a poussé dans son ventre c'est autre chose… Louise pense que c'est difficile parce qu'il n'est pas le géniteur, Romain a peur de se sauver comme son père l'a fait.
Ainsi, ligne après ligne, sur les feuilles où Louise consignait ses idées, les Chloé, Éva, Emma, Léone, Alessia, Gabrielle, Paloma ou Clara avaient défilé, lui chuchotant tour à tour qu'il n'était pas leur père. Et aucun prénom ne lui avait épargné ce refrain.
Arrive une énorme tempête qui va tout bousculer : Louise se retrouve en salle de travail avec une autre parturiente, Sandrine Brunoy ; après bien des péripéties Romain se retrouve seul avec les deux femmes qu'il va devoir aider à mettre au monde leur enfant respectif.
Il découvrit Louise, de dos, sur la table de travail, allongée sur le flanc, repliée sur son ventre douloureux, expirant à petites bouffées rapides. Des câbles électriques émergeaient sous l'étoffe bleue, reliés à l'imprimante sur laquelle l'aiguille traçait une courbe dont la pente allait croissante.
— Louise, ça va? se rua-t-il en lui attrapant le bras.
La femme se retourna et révéla son regard, brouillé par la souffrance et la surprise, ses traits crispés entre les mèches brunes collées par la sueur. Ce n'était pas Louise.
Alessia naît la première, la fille de Louise va bien. Inès arrive ensuite, et là c'est différent.
Le reste, vous le découvrirez dans ce beau roman initiatique. Bien sûr il y a des scories comme les scènes de sexe stéréotypées ou des phrases trop hâtivement écrites qui frisent le cliché, mais le reste est plein de sincérité, de pudeur et de justesse dans les sentiments humains. Tous les hommes se reconnaîtront dans cette difficulté à se sentir père, à appréhender tout ce que ce ventre qui s'arrondit va bouleverser dans leur vie, le fait de passer après, de gravir un échelon dans leur existence. Toutes les femmes se reconnaîtront dans cette espèce de flottement, de déception face à leur compagnon qui n'adhère pas comme elles le désireraient à cet incroyable bouleversement de leur existence.
On rit parfois, comme le moment où Louise, au milieu du déluge, dit « J'ai perdu les eaux », du Bénégui pur jus… Mais on est le plus souvent bouleversé par la finesse et l'exactitude de l'analyse des désarrois humains. Pour ma part, pour des raisons d'histoire familiale, je n'ai pas ri longtemps. Donner la vie, c'est parfois donner la souffrance puis la mort, et rien ne prépare les futurs parents à cela. Mon mari, quant à lui, après avoir beaucoup ri à des moments qui me semblaient étonnants et typiquement masculins, après avoir revécu de l'intérieur ses angoisses lors des grossesses de sa femme, a pleuré face à ce qui nous ramenait à notre drame personnel. Monsieur Bénégui, ce livre est très différent de ce que vous écrivez d'habitude. J'ai aimé vos livres précédents mais celui-ci m'a touchée profondément. Ce que vous offrez à vos lecteur, c'est un moment de leur vie.
Vous êtes préparées à donner la vie, poursuivit le docteur Mauduis. On vous le répète depuis que vous êtes petites et le jour où vous avez vos règles, on vous explique que ça y est, vous êtes devenues des femmes puisque vous pouvez devenir mères… Alors que la société conforte vos homologues masculins dans l'idée que leur participation au processus est assez accessoire et plutôt brève. Croyez-moi, j'ai vu un paquet de types qui n'ont réalisé ce qui leur arrivait qu'en posant un pied dans cette salle. (…) Au fond, les hommes ont aussi quelque chose à faire naître ce jour-là. conclut-il en se redressant.
Naissance d'un père, livre oxymore universel, est-il écrit plus haut. Une femme transmet la vie à son enfant mais son compagnon ne connaît pas la transformation intime de la mère, cet échange entre l'enfant qui grandit et la prépare à son rôle. Un homme naît à la paternité plus tard, il doit apprendre son rôle et devenir ce qu'il doit être. Il doit grandir d'un coup s'il est encore « adulescent », il sait que cette vie fragile qui vient bousculer sa vie l'occupera jusqu'à sa mort à moins d'une fuite devant ses responsabilités. le personnage de Romain, pris dans ses contradictions et son dilemme, va grandir grâce à une tragédie qui ne le concerne pas.
L'oxymore du titre résume une contradiction fondamentale : donner la vie et perdre ce que la sienne avait de fermé sur elle-même.
Alors, me direz-vous, est-ce du Bénégui, ce médicament contre la morosité ambiante ? Bien sûr, parce qu'on ne se débarrasse pas facilement de ce qui fait votre marque de fabrique : le torrent d'images (Alessia ne pouvait naître qu'au coeur d'une tempête), de situations à la fois cocasses et surréalistes, de jeux de mots un peu salaces, mais à doses beaucoup moins importantes que dans les romans précédents. Ce qu'on a perdu en éclats de rire on l'a gagné en émotions et en retour sur sa propre vie, je ne pense pas que l'on soit perdant.
Lien : http://nicole-giroud.fr/nais..
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trust_me
  27 mai 2016
Être père. Romain a eu neuf mois pour se faire à cette idée. Mais il n'y pas parvenu. le grand jour arrive et il n'est pas prêt. En pleine tempête, sa compagne ressent les premières contractions. le futur père débarque à la maternité sous les trombes d'eau, alors que Louise est déjà en plein travail. Et il ne le sait pas encore mais il va vivre un double accouchement dont il ne ressortira pas indemne.
C'est au pied du mur qu'on reconnaît le maçon, paraît-il. Heureusement, ce proverbe ne s'applique pas aux papas. Ce n'est pas une fois l'enfant paru que l'on reconnaît les qualités de son géniteur, sa capacité à devenir un père « compétent ». Romain serait mal barré si c'était le cas. Lui qui refuse de couper le cordon, de toucher sa fille, de l'appeler par son prénom. Lui qui rechigne à aller la reconnaître. Il ne sait plus où il en est. Perdu. Pas prêt. Il faut dire qu'il a de qui tenir, son propre père ayant eu trois enfants, de trois femmes différentes, sans jamais assumé son rôle. Romain navigue à vue, la tempête est chez lui intérieur, le questionnement permanent. Et Louise le sent. Elle l'aime mais elle se rend compte que s'il ne change pas, ça ne va pas être possible de continuer. Alors Romain va changer. Par la force des choses. Mais aussi parce qu'une rencontre avec un autre nourrisson que le sien va le bouleverser. Pour autant, le chemin sera sinueux, les avancées fragiles, les maladresses nombreuses, les hésitations multiples.
Un roman qui parle de la paternité, la vie, la mort, l'amour, la filiation, de ce statut nouveau et difficile à assumer lorsqu'un enfant vient au monde et que, quelque part, il nous met devant le fait accompli. Prendre les choses en main, trouver sa place, être à la hauteur. C'est plus ou moins facile. Question de vécu, de personnalité, d'identité. Romain est un personnage touchant. Il m'a clairement agacé parfois, comme Louise d'ailleurs, mais je n'ai jamais eu envie de l'accabler. Nous n'avons rien en commun mais je peux le comprendre. C'est tout l'art de Laurent Bénégui je trouve, une capacité à exprimer des réactions et des questionnements universels à partir d'un cas très individuel et particulier.
Un beau texte, extrêmement construit, extrêmement maîtrisé, et qui a l'intelligence de proposer une fin ouverte, pleine d'espoir mais où rien n'est pour autant acquis.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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StefEleane
  06 mars 2016
Je connaissais Laurent Bénégui auteur de roman rocambolesque, je viens de découvrir Laurent Bénégui auteur de roman plus introspectif. Je dois avouer que dans ce rôle il est plutôt bon aussi !
Romain va devenir père. Jusque là bonne nouvelle me direz-vous ! Mais 9 mois cela passe à une vitesse, surtout pour un homme qui ne se sent pas près et qui n'est pas le père biologique. Mais il aime cette femme et a décidé de rester. Quand Louise se retrouve en salle d'accouchement, rien ne se passe comme il faut ! Dans cette salle de travail, elle se retrouve avec une autre femme. Romain va donc, non pas, suivre un accouchement mais deux. le seconde femme est seule, son mari n'accepte pas d'avoir une quatrième fille et ne se présente pas. Romain se retrouve dans une position délicate mais ne peut refuser l'aide qu'on lui demande.
- Mais c'est hyper prématuré.
- ça va, deux semaines, y a aucun problème. Tu sais, à un moment, c'est le choix du bébé...
- Et personne ne lui a dit, au bébé, que j'avais besoin de temps?
- Tu as déjà eu huit mois et demi, répondit Louise avec douceur.
Le regard de romain se riva aux éclats étincelants du sien et tandis qu'elle s'emparait de sa main pour la poser contre son ventre, il sentit la tristesse le submerger.Comment peut-on aimer une femme à ce point et pas l'enfant qu'elle porte? Souffrir si rapidement de son absence mais se sentir étranger à la vie qui s'est logé en elle?
Deux bébés donc, un est en pleine forme et l'autre se bat déjà pour survivre. Romain va accomplir un parcours hors des sentiers battus afin de se sentir père. Une mort pour une vie ou tel un phénix, Romain doit renaître de ses cendres et faire le deuil d'un passé trop lourd pour lui afin d'avancer.
Alors, il y a un petit quelque chose de notre Laurent Bénégui auteur de livre cocasse dans celui-ci. Il y a des situations imprévisibles. Une tempête incroyable, des personnages cabossés. Mais on se prend aussi a espérer que ce personnage de Romain s'éveille et trouve une certaine plénitude. Lui qui est toujours à la recherche de l'amour paternel.
La plume de l'auteur est toujours autant efficace et on ne voit les pages défiler. Naissance d'un père est un bon roman qui parlera à beaucoup. On connait la difficulté de la naissance d'un enfant, la mère évolue autour de son nombril mais qu'en est il du futur père ?

Lien : http://lesciblesdunelectrice..
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claraetlesmots
  08 mai 2016
Romain va devenir père pour la première fois. Sa compagne Louise est enceinte de 8 mois et demi et pourtant il ne s'imagine dans ce rôle. Pire, il ne ressent rien pour cet enfant : "Comment peut-on aimer une femme à ce point et pas l'enfant qu'elle porte? Souffrir si rapidement de son absence mais se sentir étranger à la vie qui s'est logée en elle?".
Ca avait mal débuté entre ce roman et moi. Je m'explique : une tempête se déroule et Romain, chauffeur de taxi, à bord de sa voiture subit et voit des catastrophes qui s'enchaînent. L'ensemble est digne d'un film d'action et n'en finit plus. Bref, j'ai reposé ce livre mais grâce au billet de Philisine (du blog jemelivre) j'ai eu envie de lui donner une seconde chance et j'ai bien fait.
Donc, les éléments naturel sont déchaînés et c'est à ce moment que la petite Alessia décide de venir au monde. Louise est à la clinique où tout est un peu sens dessus dessous et Romain parvient à la rejoindre. Une autre femme va donner naissance elle-aussi pour la quatrième fois mais son mari n'est pas là.
Très vite dans ce roman, on en apprend plus sur Romain et Louise et je n'en parlerai pas car ce serait déflorer une partie de l'histoire.
Est-on père par le sang, par les sentiments, par le nom que l'on transmet ? Les réponses viendront tout au long de l'histoire avec des émotions, des sourires, des doutes, des questionnements, des passages très beaux et d'autres qui font vraiment mal ("Ce n'est pas facile de faire le tri dans sa douleur"). Si dans ce roman, l'auteur explore le thème de la paternité (dans tous le sens du terme avec ce que ça implique mais également sur le plan émotionnel), ce que vit la mère n'est pas oublié.
Malgré un début peu prometteur et quelques petites maladresses, ce livre m'a plus que touchée et je le conseille !
Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ZilizZiliz   16 janvier 2018
Romain [...] gravit les marches trois par trois, parvint dans le service, pour se retrouver face à plusieurs portes closes. Un gémissement se fit entendre derrière l'une d'elles et il se précipita pour l'ouvrir.
Il découvrit Louise, de dos, sur la table de travail, allongée sur le flanc, repliée sur son ventre douloureux, expirant à petites bouffées rapides. Des câbles électriques émergeaient sous l'étoffe bleue, reliés à l'imprimante sur laquelle l'aiguille traçait une courbe dont la pente allait croissant.
- Louise, ça va ? se rua-t-il en lui attrapant le bras.
La femme se retourna et révéla son regard, brouillé par la souffrance et la surprise, ses traits crispés entre les mèches brunes collées par la sueur. Ce n'était pas Louise.
- Ah pardon ! s'écria Romain en ôtant vivement sa main. Je suis désolée !
- Romain ! fit une voix en écho, dans son dos.
Il se retourna et vit Louise en train de se redresser sur la seconde table de travail, disposée près de la fenêtre.
- Ici, dit-elle, sans pouvoir retenir un sourire.
- Oh pardon, vraiment.
Les deux femmes avaient des chevelures semblables, mais leur ressemblance s'arrêtait là. [...] Romain ne put s'empêcher de voir dans son erreur la confirmation qu'il n'était pas l'homme de la situation.
(p. 38-39)
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ZilizZiliz   29 décembre 2017
- Elle a un nom, cette tempête ?
- Un nom de fille, évidemment.
[...]
- Les années paires, ils leur donnent des noms de filles, poursuivit Romain en se dirigeant vers la salle de bain. Les impaires, des noms de garçons.
(p. 16)

[ je me posais la même question, depuis le récent 'Bruno' - c'est en réalité un peu plus complexe : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_temp%C3%AAtes_europ%C3%A9ennes ]
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StefEleaneStefEleane   06 mars 2016
- Mais c'est hyper prématuré.
- ça va, deux semaines, y a aucun problème. Tu sais, à un moment, c'est le choix du bébé...
- Et personne ne lui a dit, au bébé, que j'avais besoin de temps?
- Tu as déjà eu huit mois et demi, répondit Louise avec douceur.
Le regard de romain se riva aux éclats étincelants du sien et tandis qu'elle s'emparait de sa main pour la poser contre son ventre, il sentit la tristesse le submerger.Comment peut-on aimer une femme à ce point et pas l'enfant qu'elle porte? Souffrir si rapidement de son absence mais se sentir étranger à la vie qui s'est logé en elle?
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SylSyl   30 mars 2016
« Plus tard Alessia apprendrait qu’elle était née lors de la tempête, et qu’au moment où se jouaient les premières heures de son destin des vents polaires s’écharpaient sur les barrières d’air fiévreux dressées au-dessus de l’océan.

De mémoire de côtier jamais les chaleurs de mai ne provoquèrent phénomène si soudain. Aux premiers roulement du tonnerre les goélands surgirent par centaines de l’azur enténébré, brassant leurs ailes au ras des falaises, s’enfuyant en direction des bocages où ils s’abattirent à l’abri des bois et des clôtures. Au large la houle s’ébranla, fouettée par le ressac, cinglée par une pluie lourde et, lentement, le dôme liquide enfla, submergea les brisants, masquant les îles voisines comme pour s’unir aux cieux électriques. Alors aux bourrasques succéda un souffle continu qui s’engouffra entre les trouées crayeuses de la côte, tordit la cime des arbres, arracha les charpentes et griffa la surface des lacs, à la manière d’une main colérique, désormais saisie du continent… »
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Vidéo de Laurent Bénégui
Comment trouver sa place dans l'existence d'une femme qui cohabite avec un instrument de musique plus grand que soi ? • • • Heureux, l'homme amoureux qui, debout devant la mer, écoute, admiratif, la femme qu'il aime jouer de la harpe sur la terrasse. L'interprète est merveilleuse, la musique délicieuse, l'instrument magique mais… imposant. Allez ensuite trouver une voiture dans laquelle glisser un tel engin, un ascenseur aux bonnes dimensions ou un appartement susceptible d'héberger un objet si encombrant… Une harpe, c'est grand, cher et compliqué à transporter. Et, au-delà de ces contrariétés qui empoisonnent sa vie quotidienne, le mari de la harpiste doit aussi composer avec l'attachement viscéral qui lie sa femme à son instrument (elle en possède du reste toute une collection, du plus petit modèle au plus volumineux) et se manifeste à tout moment de la manière la plus surprenante. Au fond, c'est l'éternelle situation du triangle amoureux, sauf que cette fois le rival possède quarante-sept cordes et sept pédales… À travers des situations tour à tour drôles et poétiques, le narrateur, qui n'est autre que le double de Laurent Bénégui, raconte avec une tendresse contagieuse et un sens de l'humour toujours irrésistible, sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme. En même temps qu'un livre hilarant, il nous offre son roman le plus personnel, et la plus belle des déclarations d'amour. • • • Romancier, mais aussi scénariste et réalisateur, Laurent Bénégui est l'auteur de treize romans, dont, entre autres, le jour où j'ai voté pour Chirac, SMS, Mon pire ennemi est sous mon chapeau, J'ai sauvé la vie d'une star d'Hollywood, La Part des anges, tous publiés aux éditions Julliard.
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