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ISBN : 2714474756
Éditeur : Belfond (02/02/2017)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 23 notes)
Résumé :
3 janvier 1991. Quartier de haute sécurité d'un pénitencier de Floride.
Condamné à la peine capitale, Will Birdy a passé quinze ans de sa vie en prison. Coupable de plus de cent crimes atroces contre des jeunes femmes, le tueur n'a plus qu'une peur : que l'enfer soit sa prochaine destination. Il lui reste une nuit en compagnie d'un prêtre pour exorciser les forces qui le dominent, expier, et comprendre qui il était vraiment. À l'aube, à moins d'une grâce de d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Saiwhisper
  06 octobre 2017
C'est complètement horrifiée que je referme cet ouvrage et que j'ai décidé d'écrire mon avis à chaud ! Quel récit cruel, injuste et, hélas, réaliste ! Préférant la fiction à la réalité dans la littérature, j'aime sortir de ma zone de confort de temps en temps pour découvrir quelques événements historiques romancés… Bon sang, j'ai tendance à oublier à quel point l'humanité peut se montrer exécrable, sanglante et affreuse !… Ainsi, j'ai pris une sacrée claque que je ne suis pas prête d'oublier ! Pourtant, j'avais déjà lu un livre parlant de Nazino, une île isolée de la Sibérie où de nombreux individus sans argent ou nourriture furent envoyés : il s'agit de « Toutes les vagues de l'océan » de Víctor del Arból. C'était déjà effroyable, mais là, je trouve que l'on rentre encore plus dans l'horreur… le pauvre Timofey, professeur réputé, va découvrir le pire de l'Homme ! Il va d'abord être arrêté alors qu'il s'était simplement fait dérober ses papiers. Un concours de circonstances va le conduire à être torturé, honteusement jugé pour une chose qu'il n'a pas commise, transporté dans des trains ressemblant à ceux qui rappellent les transports emmenant les juifs de la Seconde Guerre mondiale, puis jeté dans un lieu hostile, glacial et abominable où la faim pousse les survivants à manger les autres… Avis aux âmes sensibles : lors de ces scènes cannibales, on ne rentre jamais dans les détails comme dans un livre d'horreur toutefois, l'imagination et quelques mots suffisent pour ressentir de la nausée !
L'ouvrage est divisé en deux intrigues qui se déroulent à deux époques différentes et mettent en scène des personnages qui, de premier abord, n'ont rien en commun. D'ailleurs, il faudra attendre le prologue, donc les deux ultimes pages, pour comprendre ce qui unit les deux récits… Je n'avais rien vu venir… Au départ, j'étais surtout intéressée par la narration de Will Birdy, un psychopathe condamné à la peine de mort. Cet assassin nécrophile et violeur dénué de sentiments raconte son passé à un pasteur. Je pensais qu'on allait vraiment développer sa psychologie ou son dédoublement de personnalité, cependant l'auteur va plutôt se concentrer sur les mésaventures de Timofey dont le destin n'a pas été tendre… Ce n'est pas plus mal, car j'apprenais énormément de choses sur cette partie de l'Histoire qui m'est peu connue. de plus, je commençais vraiment à m'attacher à ce pauvre homme. le système judiciaire condamnant à tort des innocents, la falsification des documents, la torture et l'injustice vont lui faire subir mille tourments ! Au fil de ma lecture, je croisais les doigts pour que les choses changent ou pour que sa famille le retrouve au plus vite… « Rouge Eden » est un livre qui fait réagir et qui ne laisse pas indifférent !
À mes yeux, cette lecture est soit à lire d'une traite, soit à lire progressivement, afin de pouvoir encaisser chaque rebondissement ou information. Il y existe des ouvrages très durs qui vous prennent votre énergie et influent sur votre moral : celui-ci en fait partie, car il met en avant des malheureusement faits vrais et pointe du doigt la barbarie ainsi que la noirceur humaine. Malgré la plume travaillée et immersive de Pierre J. B. Benichou, il faudra vous armer de courage pour plonger dans cette double intrigue… Un ouvrage à réserver à ceux qui n'ont pas peur d'être déstabilisés et qui veulent en savoir plus sur l'horreur du régime soviétique de Lénine. On apprend et voit énormément de choses derrière cette fiction… Quant à ceux qui ont été conquis par « Toutes les vagues de l'océan », foncez lire « Rouge Eden », vous devriez également être touchés… Merci à Babelio et aux éditions Belfond qui m'ont permis de découvrir ce livre.

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Autantenemportentleslivres
  27 février 2017
Mon avis:
Je ne connaissais pas du tout J.B Benichou, mais la couverture de Rouge Eden, qui a je trouve quelque chose de mystérieux presque angoissant, m'attirait beaucoup. Je remercie donc les Editions Belfond pour l'envoi de ce titre.
Il faut parfois suivre son instinct et dans ce cas précis je ne le regrette pas du tout. C'est un roman dont je n'entends pas beaucoup parler malheureusement, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les blogs, à mon grand regret d'ailleurs car il est très bon. J'appréhendais au tout début le côté scientifique et théologique, et j'avoue que certaines réflexions m'ont échappées, mais en réalité il y a très peu de passages traitant de ces thèmes-là. Tout le roman se divise en deux intrigues complètement différentes, celle tout d'abord d'un tueur en série emprisonné du nom de Will Birdy, qui vit sa dernière journée sur Terre avant de mourir sur la chaise électrique. On va le suivre durant les quelques heures qui lui restent à vivre pendant lesquelles il se confie à un prêtre venu lui administrer les derniers sacrements. On suit également des années plus tôt Timofey Bogaïevski un physicien soviétique qui lui est arrêté par erreur et est envoyé dans un goulag en Sibérie.
J'ai été fascinée par les récits de ces deux hommes que j'ai trouvé tout simplement passionnants. le personnage de Will Birdy nous permet de rentrer dans la tête d'un meurtrier. On entrevoit ce qui peut pousser un homme à devenir un assassin, pourquoi il commet un jour de tels actes. le cas de Timofey montre l'horreur du régime soviétique de Lénine qui n'est pas sans nous rappeler celui d'Hitler en Allemagne quelques années plus-tard. A priori rien ne semble relier ces deux histoires qui se passent à des époques différentes, on a presque l'impression de lire deux romans totalement différents, et c'est ce qui peut perturber le lecteur, le manque de liens entre ces deux récits. Effectivement, jusqu'à la fin on ne comprend pas où l'auteur veut en venir même si Will et Timofey bien que très différents semblent ressentir des émotions quelque part similaires car ils vivent tous les deux un véritable enfer. Jusqu'à ce qu'enfin à la toute dernière page du livre tout s'éclaire. Pour ma part c'est une conclusion à laquelle je ne m'attendais pas, je n'avais pas envisagé cette fin-là, et j'ai été ainsi agréablement surprise.
Certains passages de ce roman sont très durs, donc je le conseillerais plutôt aux gens qui n'ont pas peur du sanglant et des scènes de tortures. Will revient assez facilement sur les meurtres qu'il a commis durant sa misérable vie, dont il ne semble d'ailleurs pas éprouver beaucoup de remords. C'est un personnage abominable, mais c'est aussi un être torturé, à la psychologie assez complexe. On voit qu'il souffre d'un problème mental sans doute de schizophrénie, du fait certainement de son enfance compliquée, mais en même temps c'est quelqu'un d'extrêmement intelligent, qui arrive à s'analyser lui-même, et en ce sens les passages le concernant sont vraiment intéressants. Timophey lui est un homme lambda, marié et père de famille, physicien respecté, mais qui a le malheur d'être victime d'une incroyable méprise. Il est considéré à tort comme un criminel et va connaître à partir de cet instant les pires souffrances, la séparation d'avec sa famille, la torture, la faim, la soif, le froid... Des conditions de vie inhumaines qui sont tout simplement abominables.
J'ai aimé que Pierre J.B Benichou s'intéresse à cette partie de l'Histoire dont on ne parle pas assez je trouve. Les goulags en Sibérie ressemblent ni plus ni moins à ce que seront les camps de concentration en Allemagne nazie des années plus-tard. J'ai découvert l'affaire Nazino que l'auteur reprend dans son roman, puisque Timophey va y être envoyé par la suite. Une île où l'on a déporté plus de 6000 prisonniers dont on ne savait plus quoi faire, sans abris et sans vêtements, dans un froid polaire insupportable, sans nourriture également mise à part de la farine qui les pousse vite au cannibalisme. Je n'avais jamais entendu parler de cet endroit, et en ce sens ce livre m'a apporté des connaissances nouvelles. Il m'a permis de réfléchir sur le mal, la noirceur, dont peut être dotée la nature humaine, et sur toute la cruauté dont elle peut faire preuve, ce que certains hommes peuvent infliger à d'autres au nom d'un régime totalitaire.
Pour conclure:
Un roman sombre, très dur qui peut surprendre et déstabiliser en raison des deux intrigues complètement différentes qu'il renferme, mais qui m'a permis d'en apprendre plus sur le régime bolchevique de l'Union soviétique, sur les goulags et surtout sur l'affaire Nazino qui est tout simplement inimaginable. Un très bon roman que je vous conseille si vous aimez les romans historiques, et si vous ne craignez pas les passages difficiles d'actes de barbarie. A lire !
Ma note: 17/20.
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Annabelle19
  06 octobre 2017
Rouge Eden suit deux histoires en parallèle, qui n'ont, au premier abord, absolument aucun lien. La première se passe dans le couloir de la mort en 1991 : Will Birdy, un terrible tueur en série, attend le moment de son exécution. Dans la seconde, on se trouve propulsé dans la Russie soviétique de 1933 et on suit le destin de Timofey, professeur de physique arrêté par erreur et déporté.
Les deux histoires sont dures, toutes deux montrent ce que l'homme possède de pire en lui. de manière individuelle avec Will Birdy, un monstre moderne dont on voudrait croire qu'il est unique en son genre par sa cruauté. de manière collective et organisée avec les crimes perpétrés par la Russie de Staline.
Birdy nous raconte ses méfaits après-coup, alors qu'il est dans une cellule et sur le point d'être exécuté. Inspiré du tueur en série Ted Bundy, le personnage raconte sa vie à un prêtre venu écouter sa confession mais qui, à la place, va entendre les raisons profondes qui ont poussé Will Birdy à commettre ces meurtres, les visions qui l'ont hanté toute sa vie ainsi que ses considérations philosophiques au sujet de l'âme et de la vie après la mort.
Avec Timofey, on est dans le feu de l'action, et c'est d'autant plus perturbant. Car c'est une vraie descente aux enfers que va vivre cet homme qui, jusqu'ici, menait une vie parfaitement ordinaire avec sa femme et son fils. Emprisonné à tort, il connaîtra des jours de torture, sera affamé et assoiffé, épuisé. Timofey va subir les pires dégradations, être rabaissé au plus bas et traité comme un animal qu'on mène à l'abattoir. Cette spirale semble ne devoir jamais finir et l'on est écoeuré devant toutes les horreurs auxquelles il doit assister. Tout cela est d'autant plus bouleversant que l'on sait que des événements similaires ont vraiment eu lieu à cette époque-là.
Le récit nous montre aussi les déboires de la femme de Timofey et de leur fils. Natalia et Nikolai sont en effet très vite recherchés eux aussi, et la jeune femme doit choisir entre quitter son pays pour protéger son fils ou rester et tenter de se battre pour sauver son mari. S'il réside un espoir, c'est en cette femme et surtout en son fils, symbole d'un futur peut-être meilleur. Si Timofey, emprisonné, ne rencontre que des tentatives ratées de rébellion ou de résistance à l'oppression, Natalia, elle, fera des rencontre plus positives. Encore faut-il savoir si quiconque peut réellement effacer entièrement les expériences violentes et traumatisantes qu'il aura vécu.
Si je devais résumer ce livre en une émotion, j'emploierais le mot perturbant, parce que c'est bien ce qu'il fut pour moi. Surtout pour ce qu'il est de l'histoire de Timofey, véritablement glaçante par son inéluctabilité. On découvre jusqu'où l'humanité peut aller, lorsqu'on donne à certains tout pouvoir pour avilir les autres. La manière dont l'homme s'adapte et jusqu'à quel niveau de sauvagerie il peut retourner, aussi.
Le roman interroge aussi beaucoup sur des questions scientifiques et religieuses, sur les notions de destin, écrit ou non, et de la persistance de l'âme.
J'ai cherché, pendant tout le livre, quel pourrait être le lien entre Will Birdy et Timofey, parce qu'il y en aurait forcément un. le mystère est résolu à la toute fin et c'est si simple que je n'y avait même pas pensé. La vérité tombe comme une révélation, au sujet de la manière dont l'humanité se construit siècle après siècle, génération après génération, et des bases, instables et parfois explosives, sur lesquelles les hommes et les femmes d'aujourd'hui reposent.
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
La plateforme NetGalley.fr, au-delà du fait qu'elle donne l'occasion de lire des romans proposés gracieusement par les éditeurs, m'aura également permis de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas du tout. C'est encore le cas cette fois avec Pierre J. B. Benichou et ce roman au résumé prometteur :
3 janvier 1991. Quartier de haute sécurité d'un pénitencier de Floride.
Condamné à la peine capitale, Will Birdy a passé quinze ans de sa vie en prison. Coupable de plus de cent crimes atroces contre des jeunes femmes, le tueur n'a plus qu'une peur : que l'enfer soit sa prochaine destination. Il lui reste une nuit en compagnie d'un prêtre pour exorciser les forces qui le dominent, expier, et comprendre qui il était vraiment. À l'aube, à moins d'une grâce de dernière minute, il sera exécuté sur la chaise électrique.
Des années plus tôt, à des milliers de kilomètres de là, un physicien soviétique est condamné par erreur, humilié, torturé et envoyé au goulag dans les pires conditions, sans savoir ce qu'il est advenu de sa famille. À bord du train qui l'entraîne dans les ténèbres de l'injustice et de l'oubli, cet expert en physique quantique, respecté par les plus grands scientifiques de son époque, s'ouvre à d'étranges secrets grâce à sa rencontre avec un vieux kabbaliste sur le point de rendre son dernier souffle.
Deux destins que rien ne semble lier, se croisent à contre courant dans les couloirs du temps ... L'un victime et l'autre bourreau, ils finiront par entrevoir que l'enfer est sur terre et que chacun est son propre démon.
Deux éléments de ce résumé me plaisaient avant de commencer ma lecture : d'une part le choix fait par l'auteur de suivre deux récits parallèles autour de deux personnages différents, et d'autre part le fait que l'un de ces récits se déroule dans la Russie soviétique des années 1930.
Le premier récit se déroule en Floride au début des années 1990 et s'intéresse aux dernières heures de Will Birdy, un tueur en série placé dans le couloir de la mort. La nuit qui précède son exécution annoncée, le condamné à mort reçoit la visite d'un pasteur. Cette dernière confession est l'occasion pour Birdy de raconter sa vie et le chemin qui l'a conduit à assassiner un nombre incalculable de jeunes filles.
Le second récit se situe dans la Russie des années 1930. L'URSS est alors sous la coupe de Staline et de son régime autoritaire. Timofey Bogaïevsky, un professeur d'université spécialisé en physique quantique, voit sa vie basculer quand il est arrêté alors qu'il doit se rendre à une conférence scientifique. Ses lettres à Einstein et Schrödinger, qu'il s'apprêtait à poster, sont jugées par les autorités comme des preuves de trahison et d'intelligence avec l'ennemi. le professeur est alors déporté en Sibérie, tandis que sa femme et son fils adolescent tentent de prendre la fuite en Finlande.
Les deux récits sont de qualité inégale : si celui sur le tueur en série dans le couloir de la mort est juste correct, celui qui se déroule en URSS m'a passionné. Je n'ai donc pas vraiment éprouvé de regret quand l'histoire du condamné à mort a quasiment disparu du roman dans son dernier tiers, même si c'est une construction narrative un peu étonnante. Pendant tout le roman, j'ai par contre cherché quel pouvait être le lien entre les deux récits, et la réponse apportée à la toute fin m'a plutôt déçu, parce que c'était la solution de facilité à laquelle j'avais pensé dès le début en espérant que l'auteur saurait l'éviter et proposer quelque chose de plus original.
Le grand intérêt de ce roman à mes yeux, c'est la plongée dans la Russie soviétique des années 30, avec sa police politique, ses soupçons permanents et la paranoïa qui l'accompagne. le terrible trajet de Timofey vers le goulag est également glaçant. Et que dire du récit des événements sur place, dont je ne révélerai rien ici pour ne pas gâcher votre "plaisir" si vous décidez de lire ce roman.
Ce Rouge Eden est finalement est un très bon roman, que j'ai lu avec beaucoup de plaisir malgré son thème pas très réjouissant. C'est pour moi un excellent roman historique, les quelques maladresses d'écriture étant largement compensées par la puissance du récit.
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Mavic_lit
  15 octobre 2017
J'ai sélectionné ce titre car le résumé m'intriguait fortement. Comment deux personnes vivant à deux époques différentes, ayant deux personnalités bien distinctes, peuvent avoir un lien ? C'est une question qui m'a suivi pendant pas mal de temps, allant jusqu'à élaborer des hypothèses un peu folle. Ne vous attendez pas à un thriller haletant avec des actions toutes les dix pages. Ici l'auteur nous dépeint l'histoire de deux hommes tout en semant une dose de suspens au fil du livre.
Ainsi l'auteur nous conte deux histoires. Tout d'abord, celle de William Birdy, tueur en série, ayant commis des atrocités, condamné à la peine de mort. de l'autre côté c'est l'histoire de Timofey Bogaïevski, professeur de physique en URSS, à l'époque de Staline, où un concours de circonstances l'enverra au Goulag. On suit leur histoire par une alternance de chapitres plus ou moins longs.
Lorsque William Birdy se confesse la veille de son exécution, il raconte au pasteur les atrocités qu'il a commis et son enfance, qui n'est pas pour l'aider il faut le dire. Birdy fait part de sa théorie en expliquant pourquoi il pense être innocent malgré qu'il soit conscient d'avoir commis ces meurtres. Et de ce côté, l'auteur ne nous épargne pas, détaillant les viols et l'assassinat des jeunes filles… je me suis sentie mal à l'aise d'avoir tous ces détails glauques mais c'est aussi ce qui fait la force du livre. En nous racontant tout ça, je me suis imaginée à la place du pasteur recueillant les dernières paroles d'un esprit totalement dérangé, qu'on se le dise ! Je suis peut-être un peu sadique ou maso mais j'ai adoré le personnage ! Il m'a même « manqué » à certains moments dans le sens où j'avais envie d'en savoir toujours plus sur lui et son histoire. J'ai trouvé que le personnage était assez bien abouti dans son ensemble même si j'aurais voulu en connaître davantage sur sa personnalité.
De l'autre côté, nous avons l'éminent professeur Timofey Bogaïevski, étudiant et échangeant sur la physique quantique notamment avec Einstein. Nous sommes alors dans l'URSS des années 30, où Staline dirige le pays et la propagande bat son plein. Timofey, par un concours de circonstances malheureuses va se retrouver en route pour le Goulag avec des compagnons d'infortunes que l'on apprend à connaître au fur et à mesure de leur trajet.
Sa disparition soudaine inquiète sa femme et son fils, qui vont tenter de le retrouver, trouvant de l'aide parfois surprenantes. Considérés comme ennemi du peuple, ils n'ont d'autres choix que de fuir leur pays. On suit donc ces deux périples. J'ai beaucoup aimé cette partie car cela nous en apprend plus sur ce moment de l'Histoire qui est loin d'être rose. On en sait plus sur cette terreur muette qui régnait et les erreurs qui ont pu en résulter comme la déportation de milliers de personnes. de plus, durant son trajet jusqu'au Goulag, Timofey fait la connaissance d'Izaak, un polonais juif que la vie n'a pas épargné non plus.
Il raconte son histoire à Timofey et tous deux échangent leurs opinions, leur ressenti, qui ont réussi à m'atteindre moi, lectrice. J'ai ressenti énormément d'empathie pour Timofey, sa famille Izaak et toutes ces personnes envoyées injustement dans des camps.
Si je devais mettre un bémol, c'est le manque d'action que j'attends généralement d'un thriller. Je m'attendais à tout autre chose et même si j'ai vraiment apprécié cette lecture je me suis sentie frustrée. Et il faut attendre jusqu'aux dernières pages pour avoir les réponses à nos questions. Cependant le dénouement est intéressant ainsi que l'épilogue, qui pour le coup est primordial ! On connait l'issue pour nos deux protagonistes et culturellement, on apprend pas mal de choses notamment sur l'île de Nazino.
A travers ce roman, Pierre J.B Benichou aura réussi à me toucher, à m'intéresser tout en me rebutant sur certaines scènes. C'est réellement un livre qui mérite à être connu juste pour l'Histoire effroyable et réelle qu'était la vie en URSS. J'ai vraiment eu un coup de coeur pour Izaak et comment il perçoit la vie en général et ce qui lui a permis de tenir toutes ces années.
En bref, un roman suspens plus que thriller car oui j'avais envie de connaître ce fameux lien qui unit ces deux hommes. Mais j'ai eu surtout l'impression de lire l'histoire d'un homme qui lutte pour survivre et de l'autre qui raconte ce qui l'a amené à tuer.
Dans tous les cas je le conseille vivement.

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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SaiwhisperSaiwhisper   10 octobre 2017
Les coups reprirent. Il décrypta.
- Radimir.
Puis une autre question.
- Koulak ?
Timofey répondit par le seul qualificatif qui lui paraissait adéquat.
- Innocent.
- Ici, tous coupables.
- Passeport perdu.
- Pire.
- Pourquoi .
- Ils vont trouver quelque chose.
- Comment faire ?
- Avoue. Tu seras tranquille.
- Avouer quoi ?
- Ce qu'ils veulent.
- Et ensuite ?
- Goulag. Vivant.
Même s'il s'en doutait, Timofey sentit une main glacée se poser sur sa nuque. Au bord d'un découragement si intense qu'il ressemblait presque à l'agonie, il trouva encore la force d'envoyer :
- Et toi ?
- Décollé une affiche. Besoin papier cigarette. Comportement antisoviétique.
Les questions courtes prenaient quelques secondes. Cette réponse prit une minute. Timofey demanda :
- On t'interroge ?
- Non. Fini. Jugé.
- Combien ?
- Trois ans.
Timofey serra les lèvres et les paupières. Trois ans d'exil pour une affiche décollée ?
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SaiwhisperSaiwhisper   09 octobre 2017
- Combien, Will ? hasarda le pasteur.
- Exactement, je ne sais pas. J'ai arrêté de compter après les vingt premières. C'était tellement facile, vous n'avez pas idée ! Il me suffisait juste de repérer une proie, de la suivre, d'attendre le moment propice... Ni vu ni connu. L'Amérique est un grand pays. J'aurais encore pu continuer pendant des années.
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AddiktAddikt   07 septembre 2017
Le tueur, qui aimait tant « posséder » pendant ses années de cavale, au point qu’il ne pouvait s’empêcher de chaparder entre deux crimes, vivait ses dernières heures dans le dénuement le plus complet. C’est à peine si l’administration pénitentiaire lui avait laissé une brosse à dents, de crainte qu’il tente de l’avaler pour mettre fin à ses jours. Une façon comme une autre, pour lui, de s’échapper une dernière fois après ses deux évasions spectaculaires. Dan Hag avait prévenu les gardes à l’issue de sa dernière confession : Birdy n’aimait pas perdre le contrôle des évènements et encore moins l’idée d’être livré, impuissant, aux rouages du système. Par peur d’être exécuté, il pouvait devenir suicidaire. Une contradiction à ajouter aux facettes multiples d’un personnage déjà complexe que personne n’avait vraiment réussi à percer.
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SaiwhisperSaiwhisper   07 octobre 2017
Je ne sais pas si j'ai une conscience, mais je suis certain d'une chose qui me trouble. Je n'arrive pas à éprouver de vrais remords.
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SaiwhisperSaiwhisper   11 octobre 2017
Ton père n'a rien fait de mal, et nous non plus. Mais nous vivons une époque tragique, personne n'est à l'abri d'une erreur ou d'une injustice.
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