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Maurice de Gandillac (Traducteur)Rainer Rochlitz (Éditeur scientifique)
EAN : 9782844851079
79 pages
Éditeur : Allia (18/01/2003)
3.93/5   83 notes
Résumé :
À la plus parfaite reproduction il manquera toujours une chose : le hic et nunc de l'œuvre d'art - l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve. C'est cette existence unique pourtant, et elle seule, qui, aussi longtemps qu'elle dure, subit le travail de l'histoire.

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L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique a été écrit par Walter Benjamin, philoso... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  20 décembre 2014
Peut-être, pour commencer, est-il préférable de rappeler que cet opuscule a été écrit en 1936 et que Walter Benjamin était un juif allemand en exil. Il est donc pénétré par la situation politique de l'époque et même par l'actualité, puisqu'il y est plusieurs fois fait référence aux jeux olympiques qui allaient avoir lieu, cette même année, à Berlin. D'ailleurs, c'est très intéressant de mettre en relation les théories de Benjamin sur l'art, le sacré, l'aura, l'esthétique, avec le fameux film commandé par Hitler : Les Dieux du stade. Cependant, le sujet est plus large, puisqu'il s'agit de l'émergence de la culture populaire dans l'art.
L'histoire de l'Art pour Walter Benjamin se résume assez simplement. L'art, de son invention préhistorique jusqu'à l'apparition des techniques de reproductions mécanisées (la photographie notamment) a toujours été lié au magique, au culte, au sacré, à ce qu'il nomme l'aura de l'oeuvre d'art. Cet aura se caractérise par son hic et nunc, c'est-à-dire son unicité et son inscription dans une durée historique, une tradition. Les techniques de reproductions mécanisées ont mis à mal, évidemment, cette sorte d'unité de l'espace et de perception traditionnelle du temps. de l'unique on passe à la multiplicité, de l'individuel au collectif ; la photographie c'est l'introduction du socialisme dans l'art, en quelque sorte. Et donc, les oeuvres d'art à l'époque de la reproduction mécanisée ont été désacralisées. Ce qui, entre autre, a eu pour conséquence de leur faire perdre leur caractère sérieux et éternel. Ephémère et pas sérieux… on pourrait difficilement mieux décrire l'art contemporain ! N'est-ce pas ?
Après cela, Benjamin fait une analyse de ces perceptions modifiées et des rapports qu'entretiennent les masses avec la nouvelle technique moderne, en particulier le cinéma. Il y aurait beaucoup à dire sur cette analyse, car elle est vraiment intéressante et je ne peux que conseiller la lecture de ce tout petit livre, plutôt accessible si on veut bien condescendre à y porter un peu son attention. C'est certainement l'un des premiers textes important écrit sur la culture de masse.
Je ne partage pas totalement les avis de Benjamin ; sa vision sur l'art, dans son ensemble, est plongée dans l'actualité et manque d'ampleur. Il a certainement mis trop vite au rebus l'aura de l'art, pas suffisamment pris en compte la nouvelle aura des stars de cinéma, par exemple. le culte, est loin d'avoir disparu avec les nouvelles techniques artistiques. de plus, Benjamin a trop facilement abandonné l'art pour l'art, parce que Marinetti, artiste futuriste et fasciste notoire, avait trouvé de la beauté à la guerre. « Voilà où en est l'esthétisation de la politique perpétrée par les doctrines totalitaires. Les forces constructives de l'humanité y répondent par la politisation de l'art », assène-t-il. Bien… Mais, moi, ce que je vois, c'est que Marinetti comme Benjamin avaient le cerveau ramolli par leurs doctrines politiques, et qu'ils se sont, chacun à leur manière, fourvoyés sur l'idée de l'art symbolique.
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Laura94
  26 février 2014
Une très bonne réflexion sur l'art et les raisons qui font que tel art domine à telle époque. Contrairement à Hegel, Benjamin n'affirme pas que ces dominations seraient liées à des moyens d'expression (car pour Hegel, si la sculpture était dominante sous la Grèce antique, c'est que cette civilisation avait ainsi trouvé son moyen de s'exprimer). Sans renier cette historicisation de l'art, il affirme néanmoins que ces dominations seraient en fait liées à leur moyen de reproduction: forte prépondérance de la littérature à l'époque de l'imprimerie par exemple.
Mais là où sa pensée me semble vraiment intéressante, c'est lorsqu'il nie la mort de l'art tant défendue par Hegel. L'apparition de la photographie et du cinéma permettent un "recyclage" en quelque sorte, où toute les oeuvres du passé peuvent être réadaptées. Si cela n'est pas sans poser de nombreux problèmes (car ainsi il est clair que l'art n'apparaît plus comme un réel savoir-faire en ce que la production n'apparaît que comme une technique), il laisse à croire à un renouveau de l'art qui peut justement prendre forme dans ce nouveau moyen d'expression.
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cligne
  07 juin 2013
Penseur visionnaire sur l'art, notamment sur l'oeuvre et son commerce actuel. La perte d'unicité, qu'il nomme "aura", le hic et nunc de l'oeuvre d'art: sa présence. Il annonce le basculement de la valeur cultuelle vers la valeur d'exposition. L'art ne tient plus valeur de culte; plus l'oeuvre sera visible, et ce, peu importe sa forme, plus il sera tenu pour valable. On fait fit de l'original. Un concert ou une peinture, ne s'agit que d'entendre son enregistrement ou de la regarder sur papier glacé. N'est-ce pas l'art à l'ère des réseaux? Un essai tout à fait pertinent, une réflexion actuelle.
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isabiblio
  20 décembre 2015
L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique.
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Amoureusedeslivres
  02 avril 2015
Lu dans le cadre d'un cours de philosophie de l'esthétique, ce petit ouvrage un brin compliqué pour une lycéenne reste toutefois très intéressant et riche. Toutefois, sans support de cours ou bagage culturel en esthétique, il n'est pas à la portée de tous et j'aurais préféré le lire plus tard dans mes études.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
durrutidurruti   30 août 2010
A la plus parfaite reproduction il manque toujours quelque chose : l’ici et le maintenant de l’œuvre d’art, — l’unicité de sa présence au lieu où elle se trouve.
C'est cette existence unique pourtant, et elle seule, qui, aussi longtemps qu'elle dure, subit le travail de l'histoire.
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NMTBNMTB   20 décembre 2014
Ce qui, dans l’œuvre d’art, à l’époque de sa reproduction mécanisée, dépérit, c’est son aura. Processus symptomatique dont la signification dépasse de beaucoup le domaine de l’art. La technique de reproduction – telle pourrait être la formule générale – détache la chose reproduite du domaine de la tradition. En multipliant sa reproduction, elle met à la place de son unique existence son existence en série et, en permettant à la reproduction de s’offrir en n’importe quelle situation au spectateur ou à l’auditeur, elle actualise la chose reproduite.
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WiewowasWiewowas   05 mai 2018
L’humanité « est suffisamment aliénée à elle-même pour être capable de vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de tout premier ordre. »
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enzo92320enzo92320   01 août 2020
Les choses sont faites de telle sorte en littérature, que, durant des siècles, une poignée de lettrés faisait face à des milliers de lecteurs. Vers la fin du siècle précédent, un changement survint. Avec le développement exponentiel de la presse, qui mit à disposition du lectorat toujours plus d’organes nouveaux politiques, religieux, scientifiques, professionnels ou locaux, une partie sans cesse croissante des lecteurs fut précipitée – d’abord occasionnellement – dans la catégorie de ceux qui écrivent. Cela commença quand la presse quotidienne ouvrit ses colonnes au courrier des lecteurs, et on en est aujourd’hui arrivés au point où il ne reste pas un seul Européen qui, pris dans le système du travail, ne sache en principe trouver, n’importe où, quelque occasion de publier une expérience professionnelle, une plainte, un reportage ou d’autres choses de ce genre. Par là, la distinction entre l’auteur et son public est sur le point de perdre son caractère fondamental. Elle devient fonctionnelle, évoluant de telle ou telle manière selon les circonstances. Le lecteur est à tout moment près à devenir écrivain. Comme il est devenu, bon gré mal gré, un expert en puissance dans un processus de travail hautement spécialisé – ne serait-ce que dans des fonctions subalternes -, il accède au statut d’auteur.
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isabiblioisabiblio   20 décembre 2015
A mesure qu'il restreint le rôle de l'aura, le cinéma construit artificiellement, hors du studio, la “personnalité” de l'acteur. Le culte de la vedette, que favorise le capitalisme des producteurs de films, conserve cette magie de la personnalité qui, depuis longtemps déjà, se réduit au charme faisandé de son caractère mercantile.
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Videos de Walter Benjamin (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Walter Benjamin
Une émission consacrée à la poésie avec Natacha de le librairie L'atelier. Avec Louise Glück (https://www.librest.com/livres/auteurs/louise-glueck,0-1471424.html),  William Morris (https://www.librest.com/livres/auteurs/william-morris,0-1432591.html), Walter Benjamin (https://www.librest.com/livres/auteurs/walter-benjamin,0-1181052.html), Akhenaton (https://www.librest.com/livres/la-faim-de-leur-monde-akhenaton_0-7191151_9782378801977.html?ctx=bf27ab1593825694d31873ba976cff4a), Souleymane Diamanka (https://www.librest.com/livres/auteurs/souleymane-diamanka,0-1108454.html), Les Editions de l'Arche (https://www.librest.com/livres/collections/des-ecrits-pour-la-parole,0-354197.html), Charles Pennequin (https://www.librest.com/livres/auteurs/charles-pennequin,0-1394407.html) (POL), Laura Vasquez (https://www.librest.com/livres/auteurs/laura-vazquez,0-11397460.html), les Editions La Peuplade (https://www.librest.com/livres/editeurs/la-peuplade,1-50285.html), les Editions le Quartanier (https://www.librest.com/livres/editeurs/quartanier--le-,1-2149.html), les Editions l'Oie de Cravan (https://www.librest.com/livres/editeurs/oie-de-cravan,1-1437.html), Sister outsider, essais et propos sur la  poésie, l'érotisme, le racisme, le sexisme.. de Audre Lorde (https://www.librest.com/livres/auteurs/audre-lorde,0-1381302.html) chez Mamamélis
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>Arts>Arts : généralités>Philosophie et théorie des beaux-arts et les arts décoratifs (92)
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