AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Pierre Garnier (Traducteur)
ISBN : 2070281116
Éditeur : Gallimard (07/03/1972)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
"Le plus grand poète européen depuis Rilke et Valéry" a écrit Frank Maraun de Gottfried Benn. En effet, ce poète qui avait eu son heure de gloire aux temps de l'Expressionnisme, a vu depuis 1948 sa poésie reconnue comme l'une des plus importantes de la première moitié de ce siécle. Par ses essais comme par ses poème Benn mort en 1956, joue un rôle de plus en plus actif aux sources de la poésie et de la pensée d'aujourdhui.Cependant aucune édition des "Poésies complè... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ParataxeParataxe   04 juillet 2019
ADIEU


Tu me remplis comme le sang la fraîche blessure
et tu descends en ruisselant sa sombre piste,
comme la nuit tu t'étends dans cette heure
où la prairie se teinte d'ombres,
tu fleuris comme ces roses lourdes dans les jardins,
toi,Ô Solitude, faite d'âge et de perte,
toi survie quand les rêves tombent
et qu'on a trop souffert et trop connu.

Devenu tôt l'étranger à l'illusion des réalités,
refusant ce monde trop rapidement donné,
fatigué de l'illusion des détails
dont aucun ne s'unit au Moi profond,
maintenant de la profondeur elle-même
que rien ne touche, que nul signe ne trahit,
tu dois prendre ton silence, descendre
vers la nuit, le deuil, vers les roses tardives.

Parfois encore tu penses - : ta propre légende -
tu fus cela ? Ah, comme tu t'es oublié !
Etait-ce ton image ? N'étais-ce pas ta question,
ta parole, ta lumière céleste, possédées jadis,
ma parole, ma lumière céleste, détruite, dissipée -
Il faut qu'il s'oublie celui à qui cela arrivera
et qu'il ne touche plus aux vieilles heures.

Un jour ultime - : ardeur tardive, de vastes espaces,
une eau te conduit vers le but dérobé,
une haute lumière coule autour des vieux arbres
et se crée dans l'ombre un contre-jeu,
ni fruits ni couronnes d'épis, ni questions
sur les moissons - il joue son jeu
et palpe sa lumière - et tombe sans souvenir - :
tout est dit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
ParataxeParataxe   26 août 2019
LE MÉDECIN

I.

La douce matérialité colle
à la lisière de mon palais comme un enduit.
Tout ce qui a pu un jour, sève et viande en décomposition
ballotter autour des os
s’évapore dans mon nez avec du lait et de la sueur.
Je sais l’odeur des putains et des madones après leurs selles, le matin au réveil,
ainsi qu’aux marées de leurs règles –
et des hommes viennent dans mon cabinet;
leur sexe est atrophié :
la femme pense qu’elle est fécondée
et fouillée pour devenir colline divine;
mais l’homme est couturé;
son cerveau braconne sur une steppe de brouillard
et sans bruit tombe sa semence.
Je vis face au corps : et au milieu colle partout le sexe.
Le crâne aussi flaire en cet endroit-là. Je le pressens.
Un jour la fente et le coup seront béants
du front jusqu’au ciel.

II

Le plus bel ornement de la création, le, cochon, l’homme —
frayez donc avec d’autres animaux!
A dix-sept ans des morpions
faisant le va-et-vient d’une sale gueule à l’autre,
maladies intestinales et pensions alimentaires, femmes et infusoires;
à quarante ans la vessie commence à perdre —
pensez-vous que c’est pour de telles malformations
que la terre a grandi de la lune au soleil — ?
Que criaillez-vous donc ?
Vous parlez d’âme — Qu’est-ce que votre âme ?
La vieille souille son lit chaque nuit —
le vieillard barbouille ses cuisses décomposées,
et vous servez de la mangeaille pour la fourrer dans l’intestin;
Pensez-vous que de bonheur les étoiles cessèrent d’éjaculer… ?
Allons donc! — D’un intestin qui se refroidit
la terre a fait gicler
comme d’autres trous le feu
une gueule de sang — :
elle vacille complaisamment
dans l’ombre le long de l’arc descendant.

III

Avec des boutons sur la peau et des dents pourries,
ça s’accouple dans un lit, se colle l’un contre l’autre,
sème le sperme dans les sillons de chair
et se prend pour un Dieu auprès d’une déesse. Et le fruit —
Très souvent il naît déjà infirme :
avec des bosses sur le dos, des lésions du pharynx,
bigle, sans testicules; par de larges brèches
s’échappent les intestins —; et même ce qui finalement jaillit
sain
à la lumière n’est pas grand-chose
et la terre tombe goutte à goutte à travers les trous
promenade — : fœtus, canaille qui s’accouple —
on se promène. On s’assoit.
On flaire son doigt.
On va chercher le raisin dans la dent. Les petits poissons rouges — !!! — !
Élévation! Ascension! Chant de la Weser!
On effleure le général. Dieu;
une cloche à fromage plantée sur le sexe —
le bon pasteur — sentiment général! —
et le soir le bouc monte la brebis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
ParataxeParataxe   26 août 2019
OH, NUIT

Oh, nuit, je prenais déjà de la cocaïne
et le sang circule plus vite;
le cheveu grisonne, les années fuient; je dois,
je dois une fois encore
fleurir en surabondance
avant de passer.

Oh, nuit je n’en demande pas tant;
un petit morceau de concentration,
un brouillard du soir, un gonflement
d’espace refoulé, de conscience de soi.

Papilles, lisière de cellules rouges,
va et vient plein d’odeurs
déchiré par l’averse des mots —
trop profond dans le cerveau, trop étroit dans le rêve.

Les pierres effleurent la terre,
le poisson gobe de petites ombres;
dans la naissance des choses, seul
le crâne-plumeau vacille sournoisement.

Oh, nuit, je veux à peine t’obliger!
Rien qu’un petit morceau — une agrafe
de conscience de soi — puis fleurir une fois encore
en surabondance avant de passer!

Oh, nuit, prête-moi front et cheveux;
répands-toi alentour de ce qui au jour s’est fané;
Sois celle qui, du mythe des nerfs
me rappela à la vie et au bonheur.

Oh, calme! Je sens de petites secousses
Je suis constellé —ce n’est pas une plaisanterie —
mon apparition : Moi, dieu solitaire
s’assemblant avec grandeur autour d’un tonnerre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
ParataxeParataxe   26 août 2019
TRAIN RAPIDE

D’un brun de cognac. D’un brun de feuillage. Brun-rouge.
Jaune malais.
Train rapide Berlin-Trelleborg et les stations de la Baltique.

Chair qui allait nue.
Jusque dans la bouche brunie par la mer.
Plénitude inclinée vers le bonheur grec.
Nostalgie de faucille : comme l’été est avancé!
L’avant-dernier jour déjà du neuvième mois!

Chaume et dernière meule languissent en nous.
Épanouissements, le sang, les lassitudes,
la présence des dahlias nous bouleverse.

Le brun des hommes se précipite sur le brun des femmes :

Une femme c’est l’affaire d’une nuit.
et encore d’une autre si cela était bien!
Oh! et puis de nouveau cet Être-face-à-soi-même!
Ces mutismes! Cet engrenage!

Une femme c’est une odeur.
Un ineffable! Dépéris, réséda.
C’est le Sud, le berger et la mer.
Sur chaque pente pèse un bonheur.
Le brun clair des femmes s’affole au brun sombre des hommes .

Retiens moi! Oh, toi! Je tombe!
Ma nuque est si lasse.
Oh, ce dernier parfum
doux et fiévreux qui monte des jardins.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
ParataxeParataxe   26 août 2019
HEURES, FLEUVES

Heures, fleuves, flot de la légende du passeur;
que de ciels mortels;
traînées proches, fatalement vagues,
venant du royaume où cela conflue.

Où les forêts ternies
quittent des collines morcelées,
oit des carrières de marbre à pores d’or
soufflent muettes comme lions en fosse.

Et la roche se presse à la rencontre de leur volupté
sous les lianes, la mousse,
elle est déjà sur tous les sentiers
menant à l’inévitable dissolution.

Partout un renoncement qui vieillit
cachant le visage de la métamorphose
boit la lumière qui coule
des jours naissants,

les signes obscurs, tous passagers;
au-delà des limites, on poursuit une nuit un baiser, des yeux qui étincellent,
étoiles inconnues sur des hauteurs inconnues,

mais au-delà, muet, labouré,
s’étend le royaume où cela conflue,
mers obscures, diadoques de soleil,
que de ciels si mortels.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Dans la catégorie : Poésie allemandeVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Poésie allemande (73)
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
779 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre