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ISBN : B0018ISLOK
Éditeur : (30/11/-1)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :

Bien que plus d’un demi-siècle se soit déjà écoulé depuis que son édition française originale a été publiée en 1947, la valeur du Phénomène coranique a considérablement augmenté, tant du point de vue de sa thèse principale que de son approche méthodologique. Il n’est point besoin de souligner son actualité et sa pertinence par rapport aux préoccupations principales de la pensée islamique contemporaine en particulier, et à la pensée religieuse et philosophiqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
HBHMED
  16 octobre 2017
Grand penseur Algérien, malheureusement méconnue.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   07 mai 2015
L’aspect littéraire du message, qui avait constitué aux yeux des exégètes traditionalistes le principal sujet d’étude, perd, de plus en plus, de son importance à notre époque, plus scientifique que littéraire. En effet, la possession imparfaite du génie de la langue pré-coranique ne nous permet pas de juger pertinemment de la transcendance du style dans le Coran.
(…)
L’âme bédouine est essentiellement mélomane ; ses aspirations, ses mouvements, ses élans, se traduisent dans une expression musicale rythmée : le vers arabe dont le mètre sera le pas précipité ou long du chameau. La prosodie arabe est elle-même d’essence bédouine et le génie littéraire arabe trouvera naturellement son expression dans la poésie.
(…)
Cette langue mélodieuse, à travers laquelle fusent les hennissements des coursiers, se répercute le cliquetis des armes « an acier hindou », et où tonne, ici et là, le cri de guerre des Futyân, exprimera surtout l’exaltation épique d’un Antar ou l’ivresse lyrique d’un Imrou’ El-Qays.
(…)
Elle n’exprime aucune hantise mystique ou métaphysique. Elle ignore les subtilités de la dialectique et les abstractions de la pensée philosophique, scientifique ou religieuse. Sa terminologie est celle qui correspond aux besoins simples de la vie extérieure et intérieure d’un Bédouin, non pas d’un sédentaire.

Tels sont les caractères généraux de cette langue djahilienne, idolâtre, nomade et continentale, que le Coran va plier néanmoins à son génie propre pour exprimer une pensée universelle. Et d’abord, il adoptera pour l’expression de cette pensée une forme nouvelle : la phrase. Le verset coranique va reléguer le vers bédouin ; mais le rythme va y subsister quand même : il s’est libéré seulement du mètre, il s’est amplifié.
(…)
Naturellement, cette langue arabe, qui n’avait exprimé jusque-là que le génie des primitifs du désert, doit notablement s’enrichir pour répondre aux exigences d’un esprit placé désormais – et d’un seul coup – devant les problèmes métaphysique, juridique, social et même scientifique.

Or, un tel phénomène physiologique est unique dans l’histoire des langues : il n’y a pas eu pour la langue arabe une évolution progressive, mais quelque chose comme une explosion révolutionnaire aussi soudaine que l’était le phénomène coranique. La langue arabe est passée d’un seul bond du stade dialectal primitif à celui d’une langue techniquement organisée pour véhiculer la pensée d’une nouvelle culture et d’une nouvelle civilisation. (pp. 217-219)
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enkidu_enkidu_   07 mai 2015
L’ampleur du thème coranique et sa variété sont uniques. Selon la lettre même du Coran, « Rien n’est omis ». Il relate depuis « l’atome d’existence scellé au sein d’une pierre gisant au fond des mers » jusqu’à l’astre qui bondit « sur son orbite vers son but assigné ». Il scrute les moindres recoins du cœur humain, plonge dans l’âme du croyant et du mécréant un regard qui saisit les plus imperceptibles mouvements de cette âme. Il se tourne vers le passé lointain de l’humanité et vers son avenir pour lui enseigner les devoirs du présent.

Il brosse un tableau saisissant du drame perpétuel des civilisations sur lequel il nous invite à nous pencher nous-mêmes pour nous « préserver de l’erreur ». Son enseignement moral est une conclusion d’un examen psychologique approfondi de la nature humaine dont il nous signale les faiblesses qu’il stigmatise, les vertus qu’il nous invite à admirer à travers la vie des prophètes, ces héros et ces martyrs de l’épopée céleste. Sur ces données, il encourage le repentir sincère du croyant par la promesse du pardon, base de la morale rémunératrice des religions révélées.

Devant un tel gigantesque panorama, un philosophe comme Thomas Carlyle ne peut pas contenir son émotion et un cri d’admiration part du profond de son être : « C’est un écho, s’écrie-t-il en parlant du Coran, jailli du cœur même de la nature. » Dans ce cri du philosophe, il y a, plus que la sèche pensée de l’historien, quelque chose comme la confession spontanée d’une haute conscience humaine saisie de vertige devant la grandeur du phénomène coranique. (pp. 225-226)
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enkidu_enkidu_   07 mai 2015
Quoiqu'il en soit, la question philosophique que pose le Coran mériterait à elle seule une étude sérieuse embrassant tous ses néologismes et tout ses technologismes, dans le domaine eschatologique notamment. Il y aurait là, pour l'exégèse, un domaine qui ne serait pas le moindre où l'on puisse constater l'ampleur du phénomène coranique. En effet, pour introduire dans la langue arabe sa pensée religieuse et ses concepts monothéistes, le Coran a dû fatalement déborder le cadre classique de la littérature djâhilienne.

En fait, il a réalisé dans la littérature arabe un véritable bouleversement en changeant l’instrument technique de son expression : d’une part, il a remplacé le vers métrique par la période rythmée, et, d’autre part, il a apporté une pensée neuve avec l’introduction de concepts et de thèmes nouveaux, pour raccorder la culture djahilienne au courant monothéiste. Mais les notions de ce courant ne sont pas simplement traduites par le Coran ; elles sont assimilées et adaptées par lui à la culture arabe.
(…)
Toute la terminologie du monothéisme, que le Coran a ainsi introduite, a subi auparavant une adaptation originale, comme le personnage biblique que la version coranique nomme El-Azîz dans le récit de Joseph. On pourrait se demander s’il y a une correspondance sémantique entre le nom biblique et le terme coranique. Or, l’exégèse hébraïque semble assigner au mot Potiphar une étymologie égyptienne à partir de la racine Poti (= favori) et la racine Phare (= conseiller). D’après la leçon de l’Abbé Vigouroux, le mot égyptien serait composé, ayant pour sens « favori du Dieu-soleil. »

Dans un cas comme dans l’autre, l’adaptation coranique étymologique, bien qu’elle en ait éliminé le terme complémentaire – génitif ou qualificatif – comme pour l’assimiler sous une forme plus conforme à l’esprit du monothéisme islamique : ‘Aziz = favori. Cette adaptation qui, entre autre, a évité la difficulté de rendre phonétiquement l’initiale « P » du nom biblique, a apparemment résolu un problème philologique qu’un « ignorant » de l’égyptologie n’aurait su résoudre même s’il s’y était appliqué consciemment. (pp. 220-221)
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