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Ariela Kristantina (Illustrateur)
EAN : 9781935002833
144 pages
Éditeur : Aftershock Comics (05/12/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
In this new story-arc, the lovers have barely survived their battle with the Hag, and must now flee to Paris to heal, recover, and restore their love. But beneath the City of Light is a world of darkness, a world pulsing with witchcraft, seduction, and utter, obscene monstrosity...
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Presence
  13 février 2018
Ce tome fait suite à InSEXts, tome 1 : Chrysalis (épisodes 1 à 7) qu'il faut avoir lu avant pour comprendre qui sont les personnages et leurs relations. Il comprend les épisodes 8 à 13, initialement parus en 2016/2017, écrits par Marguerite Bennett, dessinés et encrés par Ariela Kristantina, avec une mise en couleurs de Jessica Kholine. Il commence par une courte introduction d'Ariela Kristantina, expliquant qu'elle a sauté sur l'occasion de pouvoir illustrer cette histoire à base d'horreur en pleine période victorienne, mais si ça lui a imposé de s'investir dans la représentation des décors d'époque. Elle remercie aussi chaleureusement les 2 coloristes (le premier ayant oeuvré sur les épisodes du premier tome) pour avoir su aussi bien compléter ses traits encrés.
En 1897, au cimetière du Père Lachaise à Paris, 2 pilleurs de tombe sont à l'ouvrage pour récupérer des objets précieux dans les cercueils qu'ils défoncent à coup de pelle. L'un des 2 a l'impression qu'une statue a bougé et il la décapite d'un grand moulinet de sa pelle. du sang en jaillit. L'autre s'enfuit, mais il est bientôt rattrapé par une créature anthropoïde mi-femme, mi-serpent, avec des serpents en guise de chevelure. En 1897, la maisonnée de Lady Lalita Bertram s'est installée rue des Papillons Blancs, avec son fils William et sa dame de compagnie Mademoiselle Mariah. Cette dernière veille sur le cocon dans lequel Lady Bertram reprend des forces. Mademoiselle Mariah reçoit Phoebe de Azaïs qui vient postuler pour l'emploi de gouvernante de la maisonnée. Elle lui fait une forte impression au premier regard, et William a immédiatement confiance en elle, au point de lui montrer ses ailes.
L'entretien ayant été concluant, Mademoiselle Mariah raccompagne Phoebe de Azaïs jusqu'au portail du jardin. Elles ont la surprise de découvrir qu'un groupe de 3 individus bien habillés les attend avec des intentions agressives. Phoebe de Azaïs pare le premier coup de poignard, et Mariah met les agresseurs en déroute avec un simple sort. Phoebe donne sa carte à Mariah, l'invitant à passer dans un établissement qui s'appelle le Salon de Jardin Violet. La nuit venue, après avoir couché William, Mariah interroge l'attaquant blessé qu'elle a séquestré, sans obtenir beaucoup d'informations. Dans la même nuit, Lalita Bertram sort de sa chrysalide.
Dans l'introduction du premier tome, Marguerite Bennett avait explicité le fait que l'histoire initiale s'inscrit dans le genre de l'horreur corporelle, en lien directe avec les spécificités du cycle de la physiologie féminine. La scène d'introduction de ce deuxième tome place le récit dans un registre d'horreur plus conventionnel : une créature surnaturelle issue de la mythologie grecque : un croisement entre une gorgone et Lamia. Les héroïnes Lalita Bertram & Mariah s'associent à une nouvelle alliée en a personne de Phoebe de Azaïs, dotée elle aussi d'un peu de pouvoir, et elles luttent contre un groupe de gugusses menés par Monseigneur Roderick bien décidé à faire en sorte que les arts restent à l'abri de out ingérence féminine. Dans le même temps, elles doivent se préoccuper de savoir d'où proviennent ces mystérieuses statues capables de s'animer. La scénariste balade le trio depuis la demeure de la famille Bertram rue des Papillons Blancs, jusqu'au Musée Silencieux, en passant par le Salon de Jardin Violet. le lecteur retrouve le couple saphique formé par Lalita Bertram & Mariah, ainsi que William qu'elles élèvent. Lady Bertram a conservé sa forme mi-femme, mi-mante religieuse, avec des capacités physiques un peu floues. Par contre, la composante d'horreur corporelle a fortement diminué pour laisser la place à la fois à l'intrigue, et la fois à un autre thème qui apparaît au cours de l'épisode 10.
Pour ce deuxième tome, le lecteur retrouve également la même artiste : Ariela Kristantina. Il lit avec curiosité sa courte introduction d'une page et remarque qu'elle insiste sur le fait qu'elle a apprécié dessiner des arrière-plans et des environnements. Il ne lui en faut pas plus pour piquer sa curiosité et les regarder avec attention. le cimetière de la scène d'ouverture ne consiste qu'en un statuaire pas très dense. La chambre de William, puis celle de Lalita Bertram ne comportent pas beaucoup de meubles. le Musée Silencieux dispose d'une architecture spécifique, ainsi que le Salon de Jardin Violet. L'artiste s'est donc investie dans la représentation d'endroits spécifiques avec un peu de recherches sur les meubles et les accessoires, mais la fréquence de représentation des décors reste du niveau d'un comics de superhéros moyen, c'est-à-dire assez faible. Elle a investi un peu plus de temps dans la représentation des tenues vestimentaires, ce qui permet au lecteur de pouvoir croire que le récit se déroule effectivement à la fin du dix-neuvième siècle, sans pour autant aller jusqu'à prendre pour argent comptant les différentes toilettes. Il se rend bien compte qu'Ariela Kristantina dessine de manière à donner l'impression de cette époque, mais sans une grande authenticité.
Une fois rétablie à sa juste proportion la prétention de l'artiste quant à la qualité de ses décors, le lecteur se rend compte qu'il apprécie le plaisir que lui procure la narration visuelle. Les personnages sont agréables à l'oeil, et pas uniquement pendant les ébats dénudés unissant Lalita et Mariah. Kristantina prend soin de concevoir des protagonistes avec des apparences différentes, avec des gestes mesurés pendant les séquences de dialogue, plus emportés pendant les scènes d'action. Les visages sont expressifs, avec une gamme d'émotions assez larges, et plutôt justes. Ils savent sourire et ils dégagent une empathie qui fonctionne bien. le lecteur s'attache facilement à Mariah et à Phoebe, car elles disposent d'une réelle présence sur la page. L'artiste utilise un jeu d'acteur avec un bon équilibre et entre naturalisme et théâtralité, constituant des pages vivantes sans être épileptiques. Au fil des pages le lecteur constate la jeunesse des pilleurs de tombe, le caractère enjoué de William, l'agressivité des 3 hommes qui attendent Phoebe à la sortie, la condescendance du conservateur du musée, la froideur de la déesse.
Même si les décors ne s'avèrent pas être à la hauteur des promesses de l'artiste, Ariela Kristantina réalise des pages générant un bon degré de divertissement, avec une belle variété dans les mises en page, et une capacité à retranscrire aussi bien le spectaculaire que l'intime. Tout en réalisant des dessins pas assez réalistes pour être vraiment gores, elle sait faire monter l'angoisse du jeune pilleur de tombe alors qu'il est poursuivi par la déesse. Alors que le conservateur et 2 de ses sbires s'apprêtent à transformer un groupe de 3 jeunes femmes nues, le lecteur peut voir leur vulnérabilité, le sadisme pervers des hommes, et l'imminence d'un acte cruel. Lors d'une séquence, un individu est écartelé jusqu'à ce que ses membres soient arrachés, la représentation n'est pas très réaliste, mais elle arrive à rendre compte du traumatisme physique et de l'atrocité. À l'opposé de ces moments choc, l'artiste sait capturer des moments d'intimité et les rendre convaincants : Mariah agençant un bouquet de roses, Lalita déposant un baiser sur le front de son fils endormi, les étreintes amoureuses et affectueuses de Lalita et Mariah.
Le lecteur se laisse donc emmener dans cette histoire grâce à une narration visuelle chaleureuse, sachant faire s'exprimer les sentiments, sans verser dans le sentimentalisme, et sachant mettre en scène l'horreur des chairs maltraitées pendant les affrontements physiques. Il se rend compte que la psychologie des personnages n'est pas très développée, ce qui n'empêche pas de s'y attacher pour leur franchise et leur refus de plier sous des usages sociaux inégalitaires. Marguerite Bennett étoffe un peu son scénario, en ne se limitant pas à une opposition entre les gentilles (Lalita, Phoebe et Mariah) contre les méchants, avec la présence d'une troisième faction (celle de la déesse). Elle continue e mettre en scène Lalita comme une créature mi-femme, mi-insecte (en cohérence avec le titre de la série), et des relations homosexuelles entre elle et Mariah. Il s'agit de 2 femmes qui s'aiment d'un amour naturel, et qui jouissent d'une aisance financière qui leur permet d'être indépendantes. le lecteur se laisse donc également emmener dans cette intrigue, comme dans une aventure légère et dépaysante. Il a conscience que les 3 héroïnes incarnent des femmes émancipées, aidant d'autre femmes n'ayant pas cette possibilité matérielle de s'affranchir de la tutelle sociale des hommes.
Le lecteur voit bien que le scénario met en scène différentes facettes d'une misogynie plus ou moins marquée, plus ou moins agressive, inscrite dans son époque. Il se doute bien que cette opposition entre les héroïnes et ce groupe de mâles se règlera pas un conflit physique. Il ne s'attend pas par contre à ce que Lalita Bertram se lance dans une discussion animée avec Monseigneur Roderick, le conservateur, sur la place des femmes dans l'art. Il s'en suit une mise en lumière des mécanismes mis en oeuvre par le patriarcat pour cantonner les femmes à une place subalterne dans la société. À l'opposé d'un exposé aride, cette conversation est enlevée et trouve naturellement sa place dans l'intrigue, puisant sa force dans le féminisme sans se transformer en pamphlet revendicatif. le lecteur se retrouve totalement convaincu par les arguments de Lady Bertram, qui développe un point de vue intelligent, sans que son propos ne soit dévalué par les conventions de genre du récit.
Marguerite Bennett est une scénariste de comics dont les histoires peuvent s'avérer inégales. Avec cette série, elle semble avoir trouvé un genre dont les conventions lui permettent de raconter une intrigue captivant l'attention du lecteur au premier degré, de mettre en scène des protagonistes immédiatement attachantes, entre autres grâce aux dessins sympathiques d'Ariela Kristantina, et d'intégrer naturellement le thème du féminisme avec à propos et pertinence.
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Deslivresetlesmots
  26 mai 2018
J'avais complètement adoré le premier tome, qui a depuis été publié en français par Snorgleux Comics avec une superbe couverture. J'étais impatiente depuis un moment de découvrir la suite et il me semblait impossible d'attendre la version française donc j'ai craqué.
Et… je suis un peu déçue. J'ai certes apprécié ma lecture et adoré retrouver les personnages de Mariah, Lady et Will, leur fils qui a bien grandi. Mais globalement j'ai trouvé le scénario moins satisfaisant cette fois-ci, plus décousu et je n'ai pas été emportée au point de ne pas remarquer les incohérences.
Lady est toujours dans son cocon, mais maintenant à Paris, sans qu'on sache réellement les raisons de cette destination. Toujours est-il, Mariah cherche une gouvernante pour le petit Will et bien sûr, pas n'importe qui : quelqu'un qui accepte que des ailes de papillons apparaissent dans le dos du petit de temps en temps. Heureusement, Phoebe est la candidate parfaite puisqu'elle semble elle-même trempée dans des affaires douteuses quand trois hommes essaient de la tuer devant chez Mariah en pleine journée. On réalise alors qu'elle est plus qu'une simple gouvernante…
On retrouve l'aspect mythologique qui m'avait tant plu, avec en plus de notre famille d'insectes humanoïdes préférée, une créature entre la gorgone, la nāga et la déesse hindou, des statues qui prennent vie, et une voyante qui utilise les entrailles d'hommes pour lire l'avenir. Bref, c'est assez dense mais au moins on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Une fois encore, le propos est bien de montrer à quel point les femmes sont exclues de la grande société et l'importance de la sororité. Phoebe fait partie d'un club de femmes qui apprennent à peindre et sculpter ensemble en secret puisqu'elles ne sont pas autorisées à pratiquer ces arts. Les antagonistes sont des hommes qui tentent par tous les moyens de faire taire les femmes, de les silencier littéralement afin qu'elles restent chastes et ne causent pas de problème.
Heureusement, Mariah, Lady, Phoebe et les amies de cette dernière entendent bien faire tomber ce bout de patriarcat. Certaines répliques de Lady sont particulièrement jubilatoires et valables de nos jours bien sûr.
Même si j'ai trouvé ce volume en deçà du premier, c'était tout de même une bonne lecture, avec des personnages de femmes qui ne se laissent pas faire, qui s'organisent et se battent pour conquérir leur liberté.
Lien : https://deslivresetlesmots.w..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
DeslivresetlesmotsDeslivresetlesmots   26 mai 2018
You bar us from schools and shame us for our ignorance. You bar us from the arts and say no great woman artist ever lived.
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