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ISBN : 2226011757
Éditeur : Albin Michel (01/03/1981)

Note moyenne : 2.7/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Sous-titré Un recours aux racines – Une spiritualité pour notre temps, cet essai est la réédition, révisée et augmentée, d’une première version publiée en 1981 chez Albin Michel.

Il y a trente ans, le terrorisme intellectuel, la bien-pensance ne sévissaient pas avec la même ampleur qu’aujourd’hui, aussi le livre fut-il largement recensé, du Figaro au Monde, de L’Express au Nouvel Observateur, de France catholique à Information juive… Au total, une cen... >Voir plus
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   30 mars 2017
On connaît la maxime de Tertullien : Nobis curiositate opus non est post Christum lesum ( « Nous, nous n'avons plus de curiosité après Jésus-Christ », De praescr. haer.). Le mépris du monde entraîne en effet le mépris de la connaissance qui s'y rapporte. A l'époque de Tertullien, cet état d'esprit est général chez les chrétiens (d'où le reproche des auteurs romains, qui accusent le christianisme de ne s'adresser qu'aux illettrés). Origène admet lui-même que la grande majorité des chrétiens de son temps sont « des gens vulgaires et illettrés » (Contra Celsum 1, 27). S'il est vrai que le mépris du monde est assez caractéristique de toutes les tendances de la pensée au ne siècle, c'est chez les chrétiens qu'il est le plus marqué - et aussi, bien sûr, chez les gnostiques. (« Le monde entier est au pouvoir du Mauvais », dit l'auteur de la première épître de saint Jean.) Origène, d'ailleurs, conserve beaucoup de traits du gnosticisme. Il considère la naissance comme un tel malheur que les hommes, à son avis, « non seulement ne doivent pas célébrer leur anniversaire, mais doivent exécrer ce jour » (In Levit. hom. 8, 3). Il va même jusqu'à attribuer la création à l'action de certaines « intelligences orporelles », qui, « lassées » de contempler Dieu, se seraient « tournées vers l'inférieur » (Princ. 2, 8, 3).

Pour Origène, écrit A. H. Armstrong, « toute la création matérielle est un effet du péché, son but est de servir de purgatoire, et il aurait mieux valu que l'on n'en ait jamais eu besoin » (An Introduction to Ancient Philosophy, London, 1947, p. 173). Pendant longtemps, les chrétiens préférèrent ne pas affronter les païens sur le terrain de la pensée philosophique : ce n'est que dans un second temps qu'à la pistis, la foi la plus élémentaire et souvent la plus vile, la simple crédulité, ils se risquent à ajouter le logismos, la conviction assise sur un raisonnement plus élaboré. Cette attitude laissa de nombreuses traces dans la mentalité chrétienne. Saint Augustin déclare encore que « cette vie n'est rien d'autre que la comédie de la race humaine » (Enarr. in Ps., 127). (pp. 54-55)
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enkidu_enkidu_   30 mars 2017
Au travers d'une série de représentations légendaires ou symboliques, le mythe indo-européen ne cesse de célébrer le pouvoir créateur illimité de l'homme. Quand il décrit les dieux comme les auteurs de leur propre existence, ce n'est pas pour les opposer aux créatures humaines, mais pour proposer à celle s- ci un modèle idéal auquel il leur faut tenter de s'égaler. C'est en lui-même que l'homme, individuel ou collectif, peut, comme les dieux, trouver les moyens d'être plus que lui-même. Le monde est autosuffisant, les dieux sont auto-suffisants, les hommes sont auto-suffisants, les grandes cultures sont auto-suffisantes – ce qui ne justifie aucune exclusion et n'interdit aucun échange.

Dans les textes védiques, c'est de lui-même que Purusha se démembre; dans l'Edda, ce sont les Ases, fils de Burr, qui placent Ymir au milieu de Ginnungagap et créent avec son corps les différentes parties de l'univers. Dans la religion germanique, Odhinn-Wotan, créateur d'un nouveau monde, se sacrifie à lui-même afin d'acquérir le savoir et la « magie » : « Je sais que je pendis à l'arbre battu par les vents, blessé d'une lance, sacrifié à Odhinn, moi-même à moi-même sacrifié » (Havamàl, 5). Dans le poème indien de Kâlidâsa, le Kumârasambhava, il est dit : « Avec ton propre toi-même, tu connais ton propre être. Tu te crées toi-même. » Et plus loin : « Que tu sois vénéré, ô Dieu aux trois formes, toi qui étais encore unité absolue avant que la création ne fût achevée (...) Tu es seul le principe de création de ce monde, et aussi la cause de ce qu'il existe encore et finalement s'écroulera. De toi, qui as partagé ton propre corps pour pouvoir engendrer, découlent l'homme et la femme en tant que partie de toi-même (...) Tu es le père des dieux, le dieu des dieux. Tu es au-dessus du plus haut. Tu es l'offrande du sacrifice, et aussi le seigneur du sacrifice. Tu es le sacrifice, mais aussi le sacrificateur. » Dans le Devî-Mâhâtmya, la déesse Nidrâ, la Souveraine universelle, est chantée en ces termes : « Lors de la création, tu prends la forme créatrice; et quand il faut garder le monde, ta forme est celle de la vie ; quand vient la fin, on te voit comme destruction; et pourtant tu t'identifies à l'univers ! Science, magie, sagesse et tradition; tu es aussi l'égarement, à la fois déesse et démone! Toi, la nature, par qui les éléments s'ordonnent » (Célébration de la grande déesse, 1, 76-78, Belles Lettres, 1975, p. 10). (pp. 90-92)
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enkidu_enkidu_   30 mars 2017
Iahvé n'est pas seulement un dieu « jaloux ». Il connaît aussi la haine : « J'ai aimé Jacob, mais j'ai haï Esaü » (Malachie 1, 3). Cette haine, il la recommande à ceux qui l'invoquent : « Iahvé, n'ai-je pas en haine qui te hait, en dégoût ceux qui se dressent contre toi ? Je les hais d'une haine parfaite, ce sont pour moi des ennemis » (Psaume 138, 21-22) ; « Dans ta bonté, ô Iahvé, anéantis les impies » (ibid., 19). Jérémie s'écrie : « Rends-leur ce qui leur revient, ô Iahvé... Extermine-les de dessous tes cieux » (Lament. 3, 64-66). Le livre de Jérémie n'est lui-même qu'une longue suite de malédictions et d'anathèmes contre les peuples et les nations, où l'énumération des châtiments futurs remplit le narrateur d'une sombre délectation : « Qu'ils soient effrayés, eux, et que je ne sois pas effrayé ! Fais venir sur eux le jour du malheur, brise-les, brise-les deux fois » (17, 18) ; « Abandonne donc leurs fils à la famine, livre-les à la merci de l'épée! Que leurs femmes deviennent stériles et veuves ! Que leurs maris meurent de la peste! » (18, 21), etc. (pp. 163-164)
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Videos de Alain de Benoist (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain de Benoist
Nous avons rencontré Alain de Benoist, philosophe qui nous a invité chez lui pour nous présenter son nouvel essai "Contre le libéralisme" à paraître le 1er Février aux éditions du Rocher.
Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la « pensée unique » libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante. Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver. Ce livre se propose d'aller à l'essentiel, au coeur de l'idéologie libérale, à partir d'une analyse critique de ses fondements, c'est-à-dire d'une anthropologie essentiellement fondée sur l'individualisme et sur l'économisme ? celle de l'Homo oeconomicus.
Réalisation : Christophe Lafosse
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