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Critique de BazaR


BazaR
  06 septembre 2014
Dans la culture populaire j'ai souvent vu présentée la vie et l'oeuvre d'Alexandre de Macédoine à la manière d'une image d'Epinal partiale : il conquiert un empire de barbares incultes et dévots, prouvant définitivement la supériorité de la culture grecque. Malheureusement à la fin de sa vie il se laisse corrompre par le faste décadent de la monarchie perse et finit par se prendre pour un Dieu.

Jacques Benoist-Méchin développe un point de vue plus équilibré, un point de vue qu'il adopte apparemment dans l'ensemble de sa série « le rêve le plus long de l'histoire » ou Orient et Occident se rencontrent et tentent un rapprochement sous l‘égide d'un homme d'exception. J'ai également lu son Frédéric de Hohenstaufen, autre élément de la série, et cette unité de vue y apparaît également.
Dans cette biographie d'Alexandre, l'auteur ne privilégie pas la culture grecque. Il fait alternativement l'apologie des deux civilisations grecque et perse. Il force (trop) le trait en présentant leurs oppositions intrinsèques : la Grèce cartésienne aspirant à se libérer du joug des Dieux, la Perse mystique considérant le monde visible comme un simple reflet du royaume des Dieux. Il s'attache à montrer qu'Alexandre a essayé de trouver la meilleure méthode pour les unifier avec un minimum de contraintes pour les uns et les autres.

On ne sent pas de mépris pour l'une ou l'autre culture chez Benoist-Méchin ; au contraire c'est plutôt de l'admiration qui transparaît, une admiration que selon lui Alexandre ressentait aussi, à l'inverse de ses compatriotes Grecs présentés comme méprisant les moeurs « barbares ».
Cependant on pourra ne pas être d'accord avec l'auteur qui fait l'apologie de la monarchie absolue et le procès de la démocratie. Pour lui seul un régime fort pouvait espérer unifier Grecs et Perses et il prête la même opinion à Alexandre - les soldats Grecs auront d'ailleurs beaucoup de mal à accepter cela et se révolteront plusieurs fois. de même que pour Frédéric de Hohenstaufen, Alexandre semble être le seul de son temps à rêver d'une union à égalité de culture entre Occident et Orient. Pour l'imposer aux foules, il se doit d'être au-dessus des lois, il se doit d'être La loi. Tel est le prix à payer. Une fois le rêveur mort, tout est détruit.

Pas tout en fait, il reste une interpénétration partielle des cultures. Une part De Grèce demeure longtemps en Egypte, dans les royaumes gréco-bactriens et jusqu'en Inde. Un peu de Perse a-t-il pénétré la Grèce ? C'est moins sûr.
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