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ISBN : 2253028584
Éditeur : Le Livre de Poche (10/07/1987)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 20 notes)
Résumé :
En juin 1858, le gouvernement fédéral des Etats-Unis envoie à Salt-Lake City des troupes chargées sinon de briser, du moins de contrôler l'expansion et le pouvoir croissants de la secte des Mormons. Indifférente à l'événement, la charmante Annabel Lee prépare son départ pour Saint-Louis, en compagnie d'un jésuite, le père Exiles, quand elle reçoit l'ordre de loger un des officiers du corps expéditionnaire. Inquiet de l'affection que la jeune femme porte au lieutenan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Mangouste86
  02 mai 2015
Une écriture délicieusement surannée pour une histoire qui sans être prenante pose de vraies questions : la fidélité à la parole donnée, l'aveuglement de l'amour et par-dessus tout cela, la jalousie face à l'ingénuité.
Pierre Benoit est un auteur que j'ai découvert par ce roman et que je souhaite fréquenter davantage. J'ai aimé la manière qu'il a eu de saisir la complexité de ses personnages confrontés à un destin tragique.
Une expérience à renouveler.
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meknes56
  28 juillet 2019
J'avais aimé Koenigsmark, adoré l'Atlantide, apprécié le Roi Lépreux...J'ai été conquis par ce roman où la parole donnée est un acte important.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   17 mai 2015
Le nègre revint bientôt.
- Maîtresse n'est pas prête, fit-il en zézayant. Mais elle attend monsieur l'Abbé.
Le Jésuite haussa les épaules. Il monta l'escalier et pénétra, ayant frappé, dans la chambre d'Annabel Lee.
Se prolongeant en terrasse sur le toit de la véranda du rez-de-chaussée, cette chambre était très grande. Les meubles charmants qui, la semaine précédente, la paraient encore, avaient disparu. A leur place, cinq, six énormes malles, et tout ce désordre mélancolique, précurseur d'un départ. Il n'y avait plus que le lit, immense et bas, aux draps de dentelle traînant sur le parquet, et la baignoire auprès de laquelle s'empressait une camériste de couleur.
Celle-ci eut un piaillement de perruche effarouchée quand le Père Philippe entra. Invisible derrière un de ces hauts paravents du commencement du siècle, qui représentaient des châteaux, des ponts, des paysages bruns et bleus, Annabel sourit. L'eau laiteuse ne laissait que vaguement deviner les formes du beau corps qu'elle baignait. Les cheveux blonds pendaient à terre. Un des bras d'Annabel reposait sur l'appui de la baignoire.
- Je suis en retard, - dit la jeune femme.
Le père d'Exiles ne sourcilla pas.
- Vous n'êtes pas précisément en avance, - se borna-t-il à dire.
Il restait debout, sa haute taille s'encadrant dans l'ouverture de la porte.
- Un quart d'heure seulement, fit Annabel.
- Toutes les pendules sont emballées, répondit le Jésuite. Je me garderai donc d'entamer une discussion avec vous à ce sujet. Voici pourtant ma montre : sept heures un quart. Or, je vous ai bien répété dix fois hier que c'est à huit heures que l'armée américaine fait son entrée dans Salt-Lake-City. A présent, si vous avez changé d'idée, et que vous ne désiriez plus assister à cette parade, pour ma part...
- Je serai prête, fit avec une douce assurance Annabel Lee.
- Autre chose, dit le Jésuite : c'est aujourd'hui la Saint-Maxence, fête de votre mari. Vous m'aviez, hier soir, si je ne m'abuse, manifesté l'intention d'honorer sa mémoire en communiant ce matin. Je crois même vous avoir confessée dans ce but... Inutile de vous dire que je ne vous ai pas attendue plus de dix minutes pour commencer ma messe.
- Vous avez bien fait, dit-elle. Je me suis réveillée assez fatiguée. Mais maintenant cela va beaucoup mieux. Et si vous voulez bien...
Le Jésuite fit mine de se retirer.
- Non, ce n'est pas la peine. Allez sur la terrasse, que vous puissions causer pendant que Rose m'habillera. Il n'y en a pas pour dix minutes. Je ne suis pas longue, vous savez.
Le Père Philippe obéit. Traversant la chambre, il pénétra sur la terrasse aux murs vivants de chèvrefeuille et de clématites. Sur le parquet, à travers le feuillage agité par la brise, le soleil semait des milliers de petites pièces d'or mouvantes.
Le Jésuite vint à la baie en arceau ménagée dans la paroi verte. A ses pieds, il y avait le jardin tout plein d'acacias, d'arbres fruitiers, d'arbres coton dont les flocons blancs erraient çà et là dans l'atmosphère languissante. Au bout du jardin, c'était le bleu glouglou rapide d'un ruisseau que cachait la verdure. A droite, par-delà les gradins moutonnants des chênes et des peupliers, les cimes neigeuses des Jumeaux, les deux pics les plus élevés du mont Wahsatch, se teintaient d'un rose très pâle. On ne voyait pas, vers la gauche, le Lac Salé, noyé qu'il était parmi les vapeurs de ses sources d'eau chaude.
La route d'Ogden filait, rigide, vers le nord, entre deux étendues de terres désertes, comme calcinées sous leur revêtement salin.
- Il fait beau, dit par-derrière la douce voix d'Annabel Lee.
- Un temps superbe. S'il se maintient de la sorte pendant un mois, notre voyage jusqu'à Saint-Louis sera une véritable partie de plaisir.
Elle dit, hochant la tête :
- Une véritable partie de plaisir !
- Seriez-vous triste ? demanda le Jésuite un peu rudement.
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genougenou   08 septembre 2013
- Ils vous ont persécuté?
- Bien par ma faute. Ma mission avait pour objet l'évangélisation de trois peuplades, les Shoshonès au nord, au sud les Utahs et les Pahvantes. J'ai eu des difficultés avec les Indiens Utahs. Leur chefs, Wakara, m'a condamné, il y a quatre ans, à mort par contumace. Son successeur, Arapine, a confirmé la sentence. Elle m'a été notifiée et re-notifiée avec toutes les herbes de la Saint-Jean. J'ai demandé à mes supérieurs ma ligne de conduite. Au point de vue bon sens, leur réponse a été celle que j'aurais moi-même faite. " Votre œuvre est loin d'être terminée chez les Pahvantes et les Shoshonès. Achevez-la. Ensuite vous verrez à retourner chez les Utahs. " Voilà pourquoi, ayant à peu près dit tout ce que j'avais à dire aux Pahvantes, quand, dans quinze jours, je quitterai Salt-Lake City, ce sera pour me rendre chez les Shoshonès. Pour le moment, les bords du lac Sevier me sont interdits.
- Le lac Sevier, dit Rutledge. Ah! je me rappelle maintenant où j'ai lu votre nom. C'était à propos de l'affaire Gunnison.
Les yeux du Jésuite s'attristèrent.
- Ils n'est que trop vrai, fit-il. Et ce fut, à tous points de vue, une déplorable affaire. Je vous ai dit que j'avais été le compagnon de Frémont pour la route du 42è degré. En 1849, je m'étais mis de même à la disposition du capitaine Stansbury, chargé de la topographie de la vallée du grand Lac Salé. Quand le capitaine Gunnison, qui avait pour mission d'étudier la route du 39è degré, arriva en 1853 à Salt-Lake, il s'enquit immédiatement de moi. Il se trouvait qu'alors j'étais en excellents termes avec les Utahs, sur les territoires desquels passait ladite route. Ma faute fut de croire que je pourrais faire bénéficier Gunnison et sa petite troupe de mon influence sur les Indiens. C'était octobre. La rivière Sevier roulait ses mornes flots gris entre les saules pâles, sous la retombée desquels fuyaient, avec des cris plaintifs, des merles et des martins-pêcheurs invisibles. Parfois, la brusque plongée d'une loutre. La caravane cheminait. Jamais, jamais je ne m'étais senti aussi découragé! Vers le soir, on fit les feux, au milieu et autour des chariots mis en rond. Puis les chiens crièrent. C'étaient trois cavaliers indiens qui venaient me chercher pour assister un de leurs chefs moribond.
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meknes56meknes56   28 juillet 2019
Je ne sais ce qu'il adviendra du conflit qui sépare actuellement Américain et Mormons. Ce dont je suis sûr, c'est que ce sont ces pauvres diables-là qui feront les frais de la réconciliation et paieront les pots cassés.

Page 13
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Vidéo de Pierre Benoit
Pierre Benoit, un auteur majeur à redecouvrir .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/pierre-benoit-un-auteur-majeur-a-redecouvrir-375.htmlDe 1918 à 1962, il fut un auteur incontournable et a vendu des millions de livres dans le monde entier. Mais qui se souvient de Pierre Benoît ?50 ans après sa mort, dans sa maison des Landes, redécouvrez l?auteur de «L?Atlantide » et « Koenigsmark ».
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