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ISBN : 2253021660
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1979)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 46 notes)
Résumé :

«Jacques serait de retour dans un an, en janvier, février tout au plus. Au printemps de 1881, tous deux seraient, sans aucun doute, mariés...  Au printemps de 1881, Jacques de Saint-Selve était en effet marié, mais il n'avait pas épousé Mlle de La Ferté. »  Jacques meurt subitement et sa jeune, jolie et riche veuve, Galswinthe, vient s'installer dans la maison voisine de celle où demeur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
moravia
  12 octobre 2013
Il fait partie des auteurs dont on croise le chemin en de multiples occasions sans jamais les saluer. Pourtant Pierre Benoit est une vieille connaissance.
Dans le grenier de mon grand-père quelques volumes y terminaient leur vie. Des exemplaires couvert de poussière, sans aucun attrait pour un adolescent.
L'auteur était "has been" depuis longtemps.
Son goût pour le maréchal Pétain l'avait mis à la libération sur la touche.
Le livre de poche allait-il lui redonner une seconde jeunesse en publiant (dès le n°1) son roman Koenigsmark ?
Sans doute qu'il a trouvé un lectorat, vieillissant, qui va s'avérer éphémère.
1968 était passé par là, le nouveau roman, Tel Quel et toutes les nouvelles expérimentations qui l'ont plongé encore davantage dans l'oubli.
Pierre Benoit avait acquis l'étiquette d'écrivain pour vieille fille "de bonne famille".
J'avais acheté le n°15 du livre de poche, plus pour la superbe couverture (ah ! le temps bénis où l'on faisait appel à des artistes !) que pour l'intention de le lire. Après un long purgatoire sur mes étagères, c'est une critique sur Babelio qui a remis Pierre Benoit dans mon actualité.
Le jour est arrivé enfin. Je viens de lire "Melle de la Ferté".
Jacques vient de mourir. Deux femmes se retrouvent dans l'évocation du défunt : Anne la fiancée délaissée, image de toutes les vertus, Galswinthe l'épouse insouciante, fille d'un gouverneur anglais.
Une sorte de partage dans ce pays des Landes encore sauvage, de la fin des années 1880.
Mais cet amour entre les deux femmes (que l'auteur nous fait entrevoir charnel) va se briser.
Pierre Benoit n'est pas un écrivain d'avant garde (l'Académie française n'accueille pas ce genre), il ne révolutionne pas la forme.
Il est malhabile dans ses dialogues.
Tout est très conventionnel : le monde bourgeois des armateurs Bordelais, celui outre-Atlantique d'un gouverneur anglais.
La rude campagne Landaise où la religion catholique est omnipotente.
La pécheresse (l'anglaise) et le parjure (Jacques) trouvent la mort.
Malgré tous ces défauts (de l'époque sans doute), l'auteur parvient cependant à captiver le lecteur par sa grande maitrise de la narration où son lyrisme peut s'exprimer. Il l'entraine sans effort dans ce récit dont le scénario est, somme toute, fort simple.
Un très bon moment de détente avec ce livre sans prétention, reflet d'une époque révolue.



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torpedo
  11 novembre 2017
Mon coup de coeur du jour se nomme Mademoiselle de la Ferté, par Pierre Benoit. Pierre Benoit, cet illustre inconnu ? L'expression convient en effet fort bien à cet auteur inconnu des manuels scolaires et tombé dans l'oubli.
Après avoir goûté la poésie et écrit quelques monographies, Pierre Benoit publie Koenigsmark en 1918, un succès populaire suivi d'une quarantaine de romans. Il est élu à l'Académie française en 1931. A l'époque, il est célèbre pour ses frasques galantes, les canulars et facéties qu'il organise (écrire des billets aux journaux ; organiser des courses de tortues dans les couloirs du Palais Royal ; prétendre avoir été enlevé par le Sein Fein ; être membre de l'association "Le Bassin de Radoub" qui récompense le plus mauvais livre de l'année et couronne le vainqueur d'un aller simple en train dans son village natal accompagné d'une lettre lui demandant de ne plus jamais en revenir). Il est aussi réputé pour être un homme de droite nationaliste et conservateur, marqué par Maurras et Barrès, et qui affiche des convictions antigermanistes (ce qui ne lui évite malheureusement pas la prison à la Libération pour collaboration avec l'ennemi à cause de fausses affirmations).
Pour en revenir à notre auteur, la recette de son succès ? Emmener le lecteur dans un décor exotique, lui faire fréquenter une femme troublante (le tout saupoudré d'une pointe d'érotisme sous-jacent) et mettre le héros devant le choix cornélien entre l'amour et le devoir.
Mademoiselle de la Ferté joue cependant dans un registre différent. Il nous emmène dans la campagne de la région de Dax à la fin du 19ème siècle. le coup de théâtre apparaît dès le début du roman. Car la réalité que nous dévoile Pierre Benoit est rapidement différente des apparences du début de l'histoire. Anne de la Ferté doit épouser Jacques. Son fiancé est sur le point de la quitter car il doit acquérir dans les îles (Haïti) la maîtrise des techniques du commerce du rhum vendu par l'entreprise de négoce de sa famille. Un an plus tard, il se mariera avec elle. Ce que Pierre Benoit confirme (après 5 pages d'attertoiements) avec une phrase laconique : l'année suivante Jacques convole effectivement en justes noces - mais avec une autre.
Dès lors, que vont contenir les 200 pages suivantes ? La description d'une femme de caractère qui a choisi de vivre dans un coin perdu en évitant toute vie sociale. La situation change sensiblement lorsque la maison voisine est occupée par la jeune veuve de son ex-fiancé.
Pierre Benoit alterne de longues descriptions de la vie rurale (assorties de petites leçons de choses, de descriptions ornithologiques, de maximes vaguement philosophiques) et de changements brutaux de rythme. Nous assistons dès lors aux relations de Anne de la Ferté et de Galswinthe de Saint-Sèlves, en nous demandant sans cesse qui de la veuve ou de l'ex-fiancée est la plus jalouse des deux. Jusqu'à la chute finale inattendue.
Vous l'avez compris, j'ai beaucoup apprécié ce roman, certes pas le plus connu de Pierre Benoit (on se souvient généralement de l'Atlantide ou de Koenigsmark). J'ai aimé que cette femme ne soit pas soumise, mais décide de sa vie quelles qu'en soient les conséquences. le mot de la fin par Pierre Benoit : "Ainsi vécut, ainsi mourut, cette fille qui, épouse et mère, eût été sans doute le modèle des mères et des épouses".
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Colchik
  19 août 2017
Depuis l'époque du collège où plusieurs ouvrages de Pierre Benoit garnissaient les étagères de la bibliothèque de la classe – l'Atlantide et Koenigsmark étant parmi les plus connus – je n'avais que rarement croisé le nom de Pierre Benoit qui fait partie des écrivains oubliés des jeunes générations. Ai-je lu l'Atlantide ? Je l'ignore et si cela a été le cas, je n'en ai gardé aucun souvenir. J'ai donc abordé Mademoiselle de la Ferté sans aucun présupposé et presque sans aucune idée sur son auteur.
Il y a dans l'écriture de Pierre Benoit une sorte de classicisme intemporel. Pour certains, il s'agirait d'un compliment retors, pour moi il s'agit d'un compliment tout court. Son style, sobre et élégant, où les mots se placent avec la précision d'un mécanisme parfaitement réglé, crée une mélodie du récit presque envoûtante. Aujourd'hui, dans le roman, on célèbre chez les jeunes écrivains la nouveauté du ton, l'éclatement de l'histoire, la crudité du langage ou encore la dé-poétisation des situations et des décors. Pourquoi pas, l'écriture peut mener à toutes les expériences et à certaines réussites, mais l'aridité de la forme rencontre trop souvent la pauvreté du fond et le résultat est assez éprouvant pour le lecteur.
La forme classique de Mademoiselle de la Ferté révèle une grande maîtrise de la composition qui procède de la technique picturale. Un fond : les landes autour de Dax, un pays de marécages et d'étangs, une sorte de Sologne méridionale où les forêts de feuillus sont remplacées par des bois de pins. Une famille peinte à touches rapides : le père, vaniteux, est habité par des initiatives ruineuses pour le patrimoine familial. Il meurt en laissant sa femme et sa fille dans un certain dénuement. La mère, pieuse, conformiste, est soumise par la douceur des faibles aux lois de la religion et de la piété conjugale. Très vite les éléments du décor s'assemblent autour de la figure centrale de Mademoiselle de la Ferté : la vente des quelques biens de la famille pour payer les dettes du père, la retraite dans la maison de la Crouts, l'espoir aboli d'une existence heureuse auprès de Jacques de Saint-Selve lorsqu'il annonce son mariage avec une autre. Anne de la Ferté occupe alors tout le centre du tableau par la force magnétique de sa dignité. Elle est toujours debout malgré les deuils successifs, la pauvreté de ses conditions d'existence, l'adversité qui lui arrache un à un les moyens d'échapper à une vie de recluse.
C'est une femme qui juge (son père), qui calcule juste (le règlement de la succession de M. de la Ferté, les fermages, les intérêts d'un placement, jusqu'à la modeste somme qui dédommagera les paysans qui ont ramené le cadavre de son père à la maison), qui travaille beaucoup et vite (elle exécute les broderies des ornements religieux que lui confie l'abbé Lafitte comme une stakhanoviste du fil à broder) et qui parcourt sans relâche les environs de son domaine. On sent qu'elle a besoin d'air, d'action, de brûler l'énergie qui s'accumule dans son corps jeune quand les plaisirs de son âge lui sont refusés : la danse, la vie en société, l'amour.
L'auteur se garde bien d'une approche psychologique de son personnage. Anne ne parle pas, ne se confie pas et refuse l'hypocrisie des rapports sociaux dans le petit monde confiné de la bourgeoisie provinciale. Elle accepte les corvées de l'abbé Lafitte, mais refuse les réunions de dames patronnesses.
L'arrivée de Mme de Saint-Selve, la jeune veuve de Jacques, la belle Galswinthe Russel, semble apporter une certaine douceur dans l'existence d'Anne. Elle abandonne les tenues sombres, cède aux plaisirs de la conversation et quand Mme de Saint-Selve tombe malade, elle reste à son chevet avec le plus grand dévouement, donnant tous les signes de l'amitié la plus vraie, la plus profonde pour celle qui lui a volé autrefois son fiancé. Mais la douceur ne fait pas partie de la nature profonde d'Anne, elle n'est qu'une autre forme d'expiation pour les événements à venir.
Elle provoque la chute politique de David Osborne, l'amant de Mme de Saint-Selve. L'abattement qui saisit alors cette dernière aggrave sa maladie. le docteur Barradères considère avec effarement les changements qui s'opèrent chez la jeune femme et son emménagement à la Couts, dans une demeure insalubre, précipite la mort de Galswinthe. Mais, pour Anne, il faut aller jusqu'à la ruine totale de la famille Saint-Selve et elle s'y emploie méthodiquement.
Il y a donc dans la volonté opiniâtre d'Anne de parvenir à ses fins une forme de renonciation au bonheur, ce bonheur entrevu et dérobé par une autre. La religion qu'elle pratique ne lui est d'aucun secours dans la noirceur primitive qui l'entoure et la pénètre jusqu'aux os. Elle reste dans les esprits comme une figure païenne de la malédiction : magnifique et inflexible.
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belcantoeu
  02 septembre 2018
Parmi tous les romans de Pierre Benoit que j'ai lus et dont j'ai fait la critique, celui-ci, écrit dans une belle langue classique, est certainement l'un des plus attachants. Voici l'histoire en bref.
En affaires, le comte Michel de la Ferté eut l'art d'accumuler les mauvais choix «auxquels sa médiocrité le condamnait». À sa mort, suivie de celle de son épouse, Anne de la Ferté (1890-1914) est à peu près ruinée, donc difficile à marier. La maison de Dax est vendue, et elle se retrouve dans une maison de campagne. Malgré son absence de fortune, un riche voisin, Jacques de Saint-Selve, s'en éprend et ils se fiancent. Avant le mariage, Jacques ira un an à Haïti, où la famille possède une société de distillerie et d'importation de rhum. Mais là, il s'éprend d'une riche créole d'origine anglaise, Galswinthe. Il l'épouse, et meurt peu après, lui laissant ses parts de la société. Galswinthe revient dans le village de Jacques avec le cercueil, pour les funérailles, et est amenée à rencontrer Anne de la Ferté, l'ancienne fiancée. Galswinthe n'apprécie pas l'orgueilleuse famille de Jacques, et une étrange relation noue les deux femmes, faite surtout d'amitié très discrètement érotisée, et parfois d'un brin de jalousie comme quand Galswinthe lui parle de Jacques («rien de plus beau que son corps endormi, entre mes bras» et qu'Anne lui répond «Entre les miens, je ne l'ai jamais vu dormir». Galswinthe contracte la tuberculose, Anne la soigne avec dévouement jusqu'à sa mort. Les funérailles puis «cette cérémonie de famille qui s'appelle l'ouverture d'un testament... soupirs de joie, soupir de haine, aussi hideux l'un que l'autre» sont un grand moment de littérature avec les disputes de la mère et des soeurs de Jacques, mais c'est Anne qui est l'unique héritière de Galswinthe et qui se retrouve donc riche des parts de la société, qui se trouve par ailleurs en difficulté. La désagréable famille de Saint-Selve tente de sauver ses affaires en demandant un important apport d'argent frais à Anne, tout en lui dissimulant la mauvaise santé de la société. Anne sent le piège, refuse, et retire à temps ses billes qu'elle place chez le concurrent. Les Saint-Selve sont ruinés. La vengeance aura été méthodique. Omettons les épisodes secondaires et arrivons au dernier paragraphe du roman:
«Ainsi vécut, ainsi mourut, cette fille qui, épouse et mère, eût été sans doute le modèle des mères et des épouses. Sa fortune entière fut convertie par testament en bonnes oeuvres, notamment en petites dots de quinze à vingt mille francs, qui devaient chaque année permettre à une dizaine de jeunes filles pauvres de trouver un mari».
Bien que catholique pratiquant, Pierre Benoit se moque pendant tout le roman des rivalités entre différents curés, premier et second vicaires, lazariste et jésuite des environs, notamment lors d'un diner où Anne la Ferté doit subir en silence leurs interminables (et creuses) controverses théologiques pendant tout le repas. C'est un vrai morceau d'anthologie. Ils se disputent aussi le travail bénévole d'Anne pour leurs oeuvres, comme celle des «Dames du tabernacle», ou lors de la course pour être le premier à baptiser et convertir à la «vraie foi» Galswinthe qui est protestante. Une autre fois, Anne, pour qui la religion n'est d'aucun secours, réplique à l'abbé Lafitte, à propos d'une vétille: «Monsieur le curé, croyez-vous donc sérieusement que Dieu ait le loisir de s'occuper d'aussi piètres choses»? Elle avait à la ville un lazariste comme directeur de conscience et «l'abbé Vergez avait humblement pris son parti de cette disgrâce. Mais il gardait à la jeune fille un peu de la rancoeur que nourrit un médecin rural pour la cliente qui s'adresse au docteur de la ville voisine». Et à la mort de Galswinthe, «Ce n'est pas parce que c'est ma paroisse, dit l'abbé Sansépé, le vicaire, mais j'aimerais beaucoup mieux, moi, être enterré dans le cimetière de St Paul que dans celui de Dax. Au moins, il y a de le vue. À cause des parents, vous comprenez».
Il y en a plein d'autres dans le même genre, et outre les querelles de famille et d'église, les deux médecins en prennent pour leur grade de la même manière, faisant penser aux avocats qui s'injurient au prétoire et en sortent ensemble bras dessus, bras dessous.
Autres citations
(À la mort de son père), «Mlle de la Ferté n'avait plus qu'une année d'études à passer... celle au cours de laquelle on devait lui apprendre la peinture sur soie et la pâtisserie».
(À la mort de Galswinthe, Mme de Saint-Selve, mère de Jacques): «On aurait peut-être pu avoir un enterrement un peu moins modeste... Anne l'enveloppa de son regard froid – Tout ce qui a été fait, dit-elle, l'aura toujours été selon les volontés expresses de votre belle-fille... Mme de Saint-Selve eut la mortification d'être obligée de paraître à pied dans un cortège dont elle jugeait qu'un honnête métayer riche aurait rougi». (Sur le cercueil), «il y avait un troisième bouquet, une humble chose faite de clochettes de bruyères entourées de larges feuilles de fougère. C'était une petite fille infirme, pour laquelle la morte avait été bonne, qui était venue le déposer timidement sur la charrette... Offusqué, le croque-mort saisit le misérable bouquet et le lança dans le fossé. Anne le ramassa et le plaça sur le char, à côté des splendides camélias blancs».
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BenedicteBiblio
  28 avril 2015
Nouvel emprunt dans la bibliothèque de mes grands-parents, Mademoiselle de la Ferté (publié en 1923) s'avère être un livre au charme suranné mais non dénué d'intérêt. Je n'ai pas pu résister à l'appel de cette jolie couverture ô combien mystérieuse. Sans compter que j'aime aussi beaucoup les vieux livres avec leur odeur si caractéristique. Pierre Benoit était pour moi un auteur inconnu au bataillon, je suis contente d'avoir pu faire sa connaissance. Mon bilan pour ce qui est de cette lecture : Il s'agit d'un roman... étrange. L'atmosphère est particulière, car souvent sombre voire déprimante. L'héroïne, fière et solitaire, évolue sur son domaine de la Crouts, perdu dans les landes marécageuses de la région de Dax. Si le livre a quelque peu vieilli, Pierre Benoit est un auteur talentueux qui mérite de ne pas sombrer dans l'oubli.
Mademoiselle de la Ferté raconte une amitié trouble entre deux femmes, amoureuses du même homme. Lorsque notre héroïne, Anne, rencontre Jacques de Saint-Selve, une promesse de mariage se concrétise rapidement. Malheureusement la famille du jeune homme est contre leur union. Jacques est envoyé à Haïti afin de redorer la fortune familiale. Il promet de revenir dans un an afin d'épouser sa fiancée. Malheureusement, il ne tiendra pas parole puisqu'il épousera une jolie créole anglaise. Il ne sera jamais amené à revoir Anne, il succombera à une insolation lors du voyage destiné à le ramener en France. Suite au drame, la veuve de Jacques s'installe à La Pelouse, domaine annexe de la Crouts où réside Anne. Les deux femmes se rencontrent. La jeune créole Galswinthe et Mademoiselle de la Ferté nouent un lien étrange autour du fantôme de leur amour défunt. Dés lors, chacun s'interroge : Anne a-t-elle pardonné à Galswinthe de lui avoir dérobé son premier amour ? Ou met-elle habilement en place une stratégie dans le but de se venger ?
Si je n'ai pas totalement adhéré à l'atmosphère triste voire morbide, je me suis passionnée pour la psychologie de ces personnages captivants. Pierre Benoit dessine les portraits de deux femmes rivales totalement différentes. Mademoiselle de la Ferté est froide comme la pierre mais d'une force de caractère peu commune. Galswinthe est tout son contraire, d'un naturel chaleureux elle colore quelque peu ce triste paysage des Landes.
Ce livre a pour moi comme une valeur sentimentale du fait qu'il provienne de la bibliothèque familiale. Roman sur le non-dit, il peut être intéressant pour se faire une idée de la vie rurale de la fin du XIXème siècle (dans la région de Dax). Je trouve cependant dommage qu'il ne présente pas plus de rebondissements. La morale, si morale il y a, est quant à elle plutôt subtile et intelligente. A découvrir uniquement si vous aimez les vieux livres. A lire par une froide soirée d'hiver, près d'un feu de cheminée, à la seule condition de ne pas avoir le moral dans les chaussettes.
Lien : http://labibliothequedebened..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   02 octobre 2013
....Telles furent les circonstances qui motivèrent la venue à Dax du comte Michel de la Ferté.
Dès son arrivée, il s'ennuya prodigieusement. C'était un homme fait pour la vie de relations. La ville, petite et grise, semblait sinistre, avec son château que ne parvenaient pas à refléter, tant la fonte des neiges pyrénéennes les rendait jaunes, les eaux monotones de l'Adour. Toute une journée, infructueusement, le rhumatisant, ayant loué un vieux landau, s'appliqua à rechercher, sur les bords de la rivière, quelques-uns de ces saules chantés par Vigny. Vers le soir, écoeuré de ce qu'il considérait comme un abus de confiance de la part de l'illustre pessimiste, il rentra à son hôtel de la place de la Fontaine-Chaude. Les buées de la source thermale étaient traversées par de petites hirondelles noires, qui passaient et repassaient avec des cris plaintifs.
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moraviamoravia   10 octobre 2013
Quand, sortant de la gare, on entre dans Dax par le faubourg du Sablar, et qu'on franchi le pont de l'Adour, on tourne à gauche, et l'on prend la promenade des remparts. C'est alors une descente à pic, entre deux rangées de maisons tristes, une descente de cinquante marches.
Au bas de cette descente s'ouvre, presque tout de suite, la rue large, une vieille rue aux pavés irréguliers, et que les rares voitures évitent, à cause de ses pavés.
Une grande porte cochère laisse bientôt apercevoir une cour emplie de géraniums. Un escalier de pierre conduit au premier étage. Les pièces sont larges et sombres, avec des planchers d'un chêne infléchi par le poids des ans.
La salle à manger, ronde, a gardé la forme de la tour à l'intérieur de laquelle elle fut ménagée.
Les horloges, dans le silence, ont un bruit plus fort, et, semble-t-il, plus lent.
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moraviamoravia   05 octobre 2013
L'église de Saint-Paul est triste et nue. Seules l'égaient, de façon imprévue, deux statues de saints. L'une est celle de saint Antoine, accompagné d'un petit cochon miraculeusement rose. Jamais Mlle de la Ferté ne sut le nom du saint qui lui fait vis-à-vis, un personnage en robe verte, ayant à ses pieds un volatile tenant de la corneille et de la poule d'eau.
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moraviamoravia   07 octobre 2013
Anne voulut se rendre compte. Elle prit entre ses mains la mince jambe, à peine déformée, la serra avec plus de force qu'il n'eût convenu, peut-être. En même temps, elle regardait Galswinthe. La jeune femme pâlit un peu, mais sans cesser de sourire.
- Vous souffrez ? demanda Anne
- Je souffre, il est vrai, dit Galswinthe. Mais il me semble que vous me faites du bien.
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moraviamoravia   08 octobre 2013
- Mme de Saint-Selve lit-elle ?
- Lit-elle ? disait Anne. Non, pas que je sache. Pourquoi ?
Il toussait un peu.
- C'est assez délicat à vous expliquer, mademoiselle. Il est certaines excitations redoutables pour les tuberculeux, et que des lectures mal choisies peuvent fort bien créer, entretenir, développer. Le bromure et les douches froides s'imposent alors. Mais il est toujours regrettable d'avoir à compliquer un traitement. Il vaut mieux prévenir que guérir. Si Mme de Saint-Selve lisait, il y aurait lieu de veiller sur ses lectures.
Quand j'était à Paris, mon maître Grimbert m'avait donné l'idée d'un travail qui eût consisté à classer les ouvrages des littératures anciennes et modernes selon leur degré de nocuité par rapport aux tuberculeux excités.
Pardonnez moi d'entrer dans ces détails. Mais enfin, il s'agit là des résultats indiscutables d'un grand nombre d'observations cliniques. Avez-vous lu Salammbô ?
- Non, docteur.
- Et bien, dans ce livre, la lecture de la scène du Zaïmph entraînait, toutes choses égales d'ailleurs, chez certains malades, une instabilité thermique de trois à quatre degrés.
Même constatation, avec un peu moins de gravité, peut-être, pour la promenade en fiacre, dans Madame Bovary, du même auteur.
Instabilité thermique également très forte produite par la lecture de Monsieur de Camors, d'Octave Feuillet.
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Vidéo de Pierre Benoit
Pierre Benoit, un auteur majeur à redecouvrir .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/pierre-benoit-un-auteur-majeur-a-redecouvrir-375.htmlDe 1918 à 1962, il fut un auteur incontournable et a vendu des millions de livres dans le monde entier. Mais qui se souvient de Pierre Benoît ?50 ans après sa mort, dans sa maison des Landes, redécouvrez l?auteur de «L?Atlantide » et « Koenigsmark ».
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