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ISBN : 2020059673
Éditeur : Seuil (01/10/1981)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Un homme solitaire entretient de curieuses relations avec une Encyclopédie en vingt-cinq volumes qu'il a entreposée dans les toilettes communes, à l'étage de l'immeuble dans lequel il vient d'emménager. En ce « havre de paix », il cherche à redonner vie à son passé, s'interroge sur la maladie dont il se croit atteint et les guerres qui déchirent le monde. - Mais bientôt, le temps qu'il passe aux cabinets devient source de quiproquos, et les conflits avec ses voisins... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
michfred
  24 février 2015
Le narrateur passe de longues heures aux toilettes.
Son colon le travaille. Son angoisse aussi. Cancer? pas cancer?
Il meuble cette expectative et ses longues stations dans ce modeste lieu clos par la lecture appliquée d'une encyclopédie, ce qui lui laisse le temps de le passer, justement, le temps..
On rit beaucoup, car Benoziglio, juif levantin bourré d'humou,r est une sorte de Woody Allen sépharade, un petit frère des Valeureux d'Albert Cohen, en moins truculent et plus intello!
Ecriture percutante, jamais ennuyeuse: rester assis sur la lunette, les fesses au frais est finalement une position idéale pour penser à l'humaine condition.. et ce n'est pas Rodin qui me démentira!
A découvrir...vous ne le regretterez pas, et veillerez, j'en suis sûre, à installer l'Encyclopédie dans vos gogues pour élever le niveau de vos méditations..
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blandine5674
  19 avril 2016
Roman déjanté. J.L. Benoziglio (1941-2013) est un écrivain suisse licencié en droit et couvert de nombreux prix littéraires que je découvre grâce à une critique de michfred sur Babelio. Un homme, que les circonstances de la vie, contraint à prendre un logement plus petit fait venir des déménageurs qui ont toujours soif et qui donnent des dialogues truculents. le plus important dans ses affaires est son encyclopédie de 26 volumes qui ne tient pas dans son nouvel appartement. Il va alors les entreposer dans les toilettes communes. Entre la télévision bruyante des voisins d'un côté et les râles de l'autre voisine, le seul endroit où il peut lire tranquille sera donc les cabinets. Ces squats prolongés lui vaudront la haine des voisins. Des scènes et des dialogues drôles, burlesques, ainsi que la dénonciation de l'absurdité des administrations. Une belle détente postérieure.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
pikkupaapikkupaa   18 mars 2013
Je déteste rester à rien foutre quand quelqu'un travaille dans l'appartement, Raison pour laquelle je n'arrivais jamais à avoir le plombier: il sonnait, et sonnait, et je ne répondais pas, il s'en allait et, un peu plus tard, j'appelais pour me plaindre. "Mais il est venu, me répondait-on, et vous n'étiez pas là." Et je répondais que bien au contraire, j'étais là, et que c'était précisément ce que je lui reprochais: de venir quand j'étais là. "Et comment voulez vous qu'il entre si vous n'êtes pas là? " Me hurlait on aux oreilles. Ouiche. Je commençais à comprendre pourquoi tant de types se mariaient.
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VALENTYNEVALENTYNE   20 juillet 2017
Dans les romans tirés de film, dans les films tirés de romans, bref : dans tout ce qu’on peut tirer de n’importe quoi pour faire le maximum de fric avec un minimum d’idées et d’intérêt, le héros qui rentre dans sa chambre d’hôtel, moscovite, remarque, à d’imperceptibles détails, qu’en son absence de peu scrupuleux personnages ont passé la pièce au peigne fin.
Sans parler des cas où il tombe sur le corps d’une femme nue pendue au pommeau de la douche.
En ce qui me concerne, un tel désordre règne en permanence dans ma turne que ce n’est qu’en apercevant mon matelas éventré sur toute sa longueur que je réalise que j’ai reçu une visite. Comme si j’étais du genre à planquer des napoléons dans ma paillasse.
Ris donc.
Quant au dernier souvenir que je possédais encore de l’homme en blouse blanche, une montre or platine, cent mille carats, rubis, diamants et tout le bataclan, je ne la portais de toute façon jamais.
Une sorte de pudeur filiale.
Offerte par un patient pour le remercier de l’avoir guéri de sa mégalomanie.
Riez donc.
Je m’assure qu’aucune femme nue ne pend nulle part en me disant que c’est toujours trop tard, quand le mal est fait, qu’on regrette de ne pas s’être assuré.
Déteste l’idée que des mains sales ont tripoté mes affaires. Les livres, surtout. Mais tant d’imbéciles se servent des pages de la Bible ou du Capital pour y dissimuler leurs billets de banque que je ne peux pas en vouloir à mon monte-en-l’air d’avoir tenté le coup.
Une seconde, naïvement, comme si nous vivions encore au bon vieux temps, je caresse l’idée d’aller déclarer le vol chez les flics. Une seconde elle se laisse faire, l’idée, puis me déclenche un violent coup de coude dans le bas-ventre.
Bon.
Rapidement, je remets un semblant de désordre dans la pièce et puis, à tout hasard, parce qu’il faut quand même bien tenter quelque chose, je vais frapper chez Sbritzsky et Famille.
Dans leur poste, d’une voix de stentor, un type est en train d’expliquer que si le terrain n’est pas trop collant et si quelques favoris ont la bonne idée de se casser une jambe dès le départ, Fleur de Bave a une chance certaine d’être demain à l’arrivée.
Ce n’est qu’après que l’hippique commentateur a résumé la situation en rappelant aux amis turfistes que, sur 15 partants, ses favoris sont les numéros 4, 11, 5, 8, 14, 3, 1, 12, 7, 13, 6, 10 avec le 2 ou le 15 comme outsiders et très peu de chances pour le 9, encore qu’on ne puisse jamais savoir et que son entraîneur, quand il le monte, fait montre d’un troublant optimisme, ce n’est qu’alors que mâchouillant un bout de crayon et tenant à la main une feuille couverte de chiffres, le Seigneur des lieux daigne m’ouvrir.
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blandine5674blandine5674   19 avril 2016
- Dans les toilettes ?
- Oui. On y trouve bien parfois des almanachs, ou des guides touristiques, ou des bouquins cochons, ou n’importe quoi pour rêver pendant qu’on se tord les entrailles. Alors pourquoi pas une Encyclopédie ?
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mandarine43mandarine43   25 avril 2016
Je pense que ce qui frapperait d'emblée un éventuel visiteur (en dehors du poing que je lui foutrais sur la gueule pour lui apprendre combien je déteste les visiteurs éventuels) serait la fâcheuse tendance qu'ont mes bouquins à se répandre partout. Mais où sont mes rayonnages d'antan, fleurant bon l'encaustique et la poussière ?
De fait, j'ai beau tenter périodiquement de repousser mes livres contre le mur, beau m'efforcer de les ordonner en rangées stables et régulières, rien n'y fait : en quelques heures mes échafaudages se cassent la figure et cent fois sur le métier je dois remettre mon ouvrage.
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pikkupaapikkupaa   18 mars 2013
Asperge passe sa petite tête de fouine dans l'encadrement de la porte de la cuisine:
_Quelque chose qui va pas ?
Excédé, je soupire que non : tout va bien.
_Je me demandais si vous n'étiez pas en train de piquer une crise de nerfs ?
Il semble presque déçu de ne pas m'avoir trouvé couché par terre, bouffant le tapis.
_Les tapis, dis- je à Armoire.
_Quoi, les tapis?
_Vous m'avez demandé ce qu'il fallait descendre maintenant, non ? Eh bien enlevez moi ces foutus tapis, bon Dieu, avant que je les bouffe.
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