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ISBN : 2021435091
Éditeur : Seuil (02/01/2020)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 11 notes)
Résumé :
« Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bazart
  09 janvier 2020
Tout premier roman de cette rentrée de l'hiver littéraire 2020 que l'on chronique, et on commence par un (très) court mais (très) joli roman.
Il est l'oeuvre de Rachid Benzine, connu comme enseignant, islamologue et chercheur associé au Fonds Ricoeur et auteur de nombreux essais dont le dernier est un dialogue avec Delphine Horvilleur, Des mille et une façons d'être juif ou musulman (Seuil) et d'une pièce de théâtre, Lettres à Nour qui a eu un beau succès d'estime, en France, mais aussi dans d'autres pays.
Ainsi parlait ma mère est présenté par l'éditeur comme étant son premier roman, mais la part autobiographique étant évidente, on est plus dans un récit personnel que dans un vrai roman.
Il n'empêche que ce "Ainsi parlait ma mère" est un très beau texte, et avant tout une fort belle preuve d'amour d'un fils à sa mère et un bel hommage à toutes ces mamans qui ont fait ce qu'elles pouvaient avec très peu en donnant corps et âmes à leurs enfants .
C'est également une ode à « La peau de chagrin », texte d'amour à une Maman empêchée de lire, lettre d'un fils aimant.
En effet, à 93 ans, et de plus en plus affaiblie la mère du narrateur/ auteur, ne sachant pas lire, demande à son rejeton de lui faire la lecture du roman La peau de chagrinDe Balzac, le seul qui a réussi à trouver grâce à ses yeux sans que la mère ni le fils ne puisse ne l'expliquer.
"Elle connait le texte par coeur je crois. Elle est loin de tout comprendre malgré le commentaire que je lui ai maintes fois fait de son vocabulaire, de sa grammaire, de ses formes stylistiques et de ses thématiques. Mais elle rate rarement l'une de mes coquilles de lecture."
Ainsi parlait ma mère, son premier roman, est une ode aux mamans, à ces femmes qui ont fait tant avec le peu qu'elle possédaient et qu'on a l'honneur d'aimer.
Le sujet de la relation père/fils est une thématique ô combien usitée par les écrivains ; on pense bien évidemment à la référence ultime dans ce sujet, "le livre de ma mère " d'Albert Cohen et le roman de Rachid Benzine, qui va sur les mêmes rives de l' «hommage» à sa mère décédée et témoignage sur la « majesté de l'amour » maternel, n'a nullement à rougir de la comparaison.

Rachid Benzine livre des souvenirs lourds de nostalgie, mais souvent cocasses, sur cette complicité mère/fils et sur cette incroyable maman soucieuse des traditions, recluse dans une vie modeste, qui aura tout donné pour sa progéniture.
Une écriture drôle et émouvante; des thèmes en phase avec l'actualité sur les relations aidants/personnes dépendantes et la difficulté des migrants à s'intégrer : voilà un livre empli de tendresse et de délicatesse pour sa mère que toute mère devrait offrir à son fils, ou le contraire...
Un livre qui donne envie d'aller courrir serrer sa mère dans ses bras , tant qu'elle est vivante
Un livre qui donne également envie de lire ou relire La Peau de chagrin, De Balzac, bref un ouvrage à conseiller à tous les fils et les filles qui ont aimé leur mère d'un incroyable amour !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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jostein
  10 février 2020
Ainsi parlait ma mère, avec cet accent berbère qui nous faisait honte. Surtout quand, ne sachant ni lire ni écrire le français, elle peinait à comprendre nos professeurs.
« La culture scolaire exclut autant qu'elle intègre et les parents étrangers en sont les premières victimes. »
Immigrés marocains dans les années 50, les parents s'installent en Belgique. Ils auront cinq garçons. Lorsque le père meurt brutalement, la mère fait des ménages pour élever ses fils. Quarante ans au service d'employeurs sans scrupule. Aujourd'hui, elle a 93 ans. Son plus jeune fils, célibataire de 54 ans, professeur de lettres à l'université catholique de Louvain, vit avec elle depuis ses 78 ans.
Il nous confie la difficulté d'aider sa vieille mère pour les actes les plus intimes. Chaque jour, il lui lit La peau de chagrinDe Balzac, seul livre qu'elle aime depuis toujours.
« Cette peau de chagrin qui raccourcit la vie de celui dont elle exauce les désirs. »
Elle en a usé plusieurs exemplaires papier, audio et même vidéo. Mais ce qu'elle préfère, c'est entendre la voix de son fils. Comment lui refuser la seule chose qu'elle demande.
« L'humilité et la crainte de déranger ont été les deux guides spirituels de ma mère. »
Au fil des anecdotes, teintées d'humour et de tendresse, le fils nous parle de cette mère, d'emblée disqualifiée par sa façon de parler et pourtant si dévouée, aimante, simple et sincère.
Quelques chansons françaises de Michel Sardou, Sacha Distel ou Charles Aznavour rythment les sentiments du fils envers la mamma, cette mère qu'il n'imaginait pas femme, cette vieille dame qu'on ne peut qu'accompagner sur la fin de son chemin, reconnaissant de tous les sacrifices consentis pour sa famille.
Avec ce texte très court, Rachid Benzine nous rappelle une fois de plus la douleur de l'exil, le fossé culturel entre les parents immigrés et leurs enfants éduqués en France. Ainsi parlait ma mère est un bel hommage à la mère sacrificielle pour laquelle on ne peut que regretter d'avoir eu parfois honte.
Lien : https://surlaroutedejostein...
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hiphop-deluxe
  23 janvier 2020
Rachid Benzine: Balzac et la petite mère
« Ce Roman est une pépite. Jamais larmoyant, toujours facétieux, c'est en écrivain que Rachid Benzine transcende le genre mille fois rebattu et toujours renouvelé de l'ode romanesque à la mère. »

Un dimanche pluvieux dans la banlieue de Bruxelles, une maman marocaine et son fils se rendent à la Maison de la littérature, où doit être remis le premier prix d'un concours de nouvelles que l'adolescent de 14 ans vient de remporter. Mère et fils sont passés chez le coiffeur, ont revêtu leurs plus beaux habits. Problème. le bus ne dessert pas l'adresse. Et les derniers kilomètres s'effectuent à pied sous l'averse dans les rues désertes. Cheveux dégoulinants et vêtements trempés, l'enfant reçoit son prix mollement applaudi par une assemblée éparse. La mère n'osant dire un mot, de peur de faire honte à son fils. le retour sous des trombes d'eau n'est pas plus glorieux. Mais Rachid Benzine garde de cet épisode un souvenir ému. «Sans doute, cette journée aura marqué à jamais mon existence. Par ses péripéties. Par l'amour de ma mère. Par ce moment où nous avons entonné à tue-tête Toute la pluie tombe sur moi de Sacha Distel... comme pour conjurer le mauvais sort.» Par le cadeau reçu du jury, aussi. Car les tomes VI, VII et VIII de la Comédie humaine ont sans doute présagé ce qui advint plus tard entre les deux héros dominicaux.
Petite bergère immigrée en Belgique au début des années 1950, la maman, qui fut femme de ménage et trima toute sa vie pour élever ses enfants sans savoir lire ni écrire, s'est entichée jusqu'à l'obsession de la Peau de chagrinDe Balzac. Elle exige de son cadet qu'il le lui lise et relise à haute voix sans jamais en passer une ligne. Chaque passage prétexte à des batailles d'interprétation à n'en plus finir. Lui, fort de sa position «dominante» de professeur de lettres à l'université. Elle, avec «sa vision personnelle mais très affûtée des relations et de la psychologie humaine». Métamorphosé par cette lecture De Balzac, sa plume ciselée, libre et vraie dans les moindres interstices, et son statut d'intellectuel en permanence remis en cause au regard de cette femme à laquelle il sacrifie quelques années de sa vie d'homme en s'installant chez elle, l'islamologue et chercheur associé au Fonds Ricoeur, livre une pépite. Jamais larmoyant, toujours facétieux, c'est en écrivain que Rachid Benzine transcende le genre mille fois rebattu et toujours renouvelé de l'ode romanesque à la mère.
«Ainsi parlait ma mère», de Rachid Benzine, Seuil, 91 p., 13 €.



Lien : https://www.lefigaro.fr/livr..
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Marech20
  12 février 2020
Très court et très bel hommage aux mamans, et surtout à celle de l'auteur certainement, à son dévouement... et à Balzac. A découvrir absolument.
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critiques presse (3)
LeSoir   06 février 2020
Pour mieux toucher la réalité et déclarer l’amour d’un fils à sa mère, Rachid Benzine utilise la fiction [...] Ce livre est léger par le nombre de pages, 96, mais impressionnant par les sentiments qu’il fait bouillonner dans les esprits.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Actualitte   03 février 2020
C’est un hymne à la mère d’un fils aimant, d’un amour inconditionnel pour une femme veuve : il raconte sa mère qui s’éteint sous son regard, en compagnie des mots de Balzac qu’elle affectionne tant. Une mère émouvante, drôle, opiniâtre et quelques fois capable de saillies poétiques.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   16 janvier 2020
Un petit livre, sur un sujet certes rebattu, un récit humble, mais réussi car l’auteur des magnifiques Lettres à Nour trouve un ton émouvant et drôle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
josteinjostein   10 février 2020
La culture scolaire exclut autant qu’elle intègre et les parents étrangers en sont les premières victimes.
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BazartBazart   28 décembre 2019
Ma mère n'a jamais vraiment compris le français.Alors quand un médecin ou un employé de la sécurité sociale ou un professeur d'école lui posait une question, elle a toujours répondu invariablement " oui" sans se soucier davantage des effets de sa réponse. Cela nous a valu des ennuis avec la terre entière, la police, les impôts, les services sociaux, la banque les hôpitaux et toutes les administrations .
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BazartBazart   08 janvier 2020
"Ma plus grande richesse dans la vie est d'avoir pu l'aimer"
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BazartBazart   08 janvier 2020
Elle connait le texte par coeur je crois. Elle est loin de tout comprendre malgré le commentaire que je lui ai maintes fois fait de son vocabulaire, de sa grammaire, de ses formes stylistiques et de ses thématiques. Mais elle rate rarement l'une de mes coquilles de lecture.
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Vidéo de Rachid Benzine
Rachid Benzine à propos de son livre "Le Coran expliqué aux jeunes". Interview par Saïd Branine dans "L'Esprit d'Actu" (Oumma TV).
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