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ISBN : 291913924X
Éditeur : Editions du Puits de Roulle (21/11/2011)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Lucienne a soixante-seize ans et vit seule à l’entrée d’un petit village du Sud-ouest de la France. Elle est veuve et n’a pas beaucoup de compagnie en dehors de ses lapins et de son aide ménagère, Yvonne, qui vient le vendredi.

Elle a pris l’habitude d’aller au cimetière tous les jours pour papoter avec son défunt mari Edmond et partager avec lui ses angoisses, ses pensées sur la vie quotidienne mais aussi sur la vieillesse, la solitude, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
anti
  17 janvier 2012
Expatrié en République Dominicaine, l'ancien pharmacien Périgordin Jean-Michel Berardi nous entraîne dans un destin ordinaire qu'il élève en témoignage universel. Plus qu'un roman, « Lucienne » est un éloge du silence, des apparences toujours faussées par l'indifférence.
Jean-michel-BERARDI-DR.jpgJean-Michel Berardi © Droits Réservés
Le récit de Lucienne se situe là où vit le lecteur. Nulle part et partout à la fois. Pas de guerre, encore moins de révolution ou d'évènement qui font oublier le destin toujours unique d'un personnage clandestin. L'auteur se livre à une architecture littéraire pointilliste qui se fixe là où rien ne semble important.
Et pourtant, c'est au travers de cette apparente fadeur qu'il peut s'approcher au plus près d'une vérité authentique, celle d'une vie faite de gestes, de sensations et d'émotions aussi simples que rédemptrices.
Lucienne traverse son temps qui ne demande qu'à être le nôtre tout en étant exceptionnel et inédit. Veuve, elle assume une vie superficiellement monotone. Si, chaque jour, elle se rend sur la tombe de son défunt époux c'est pour prolonger, sous une autre forme, une existence à laquelle elle va donner un sens. Rien de médiocre dans ce rythme presque immuable des braves gens, rendus ordinaires par le regard de la société. le récit de ce quotidien grisâtre refléte une geste mélancolique, nostalgique tout en éveillant doucement une conscience nouvelle. Ni jeune, ni vieille mais les deux à la fois. Passage initiatique de la soumission au salut.
L'arrivée d'Églantine, une parisienne comme on les dessine dans nos terroirs paysans trouble cette existence. de cette différence, Lucienne va faire sa compagne pour revisiter ses malles de souvenirs. Et puis, il y a Joseph, clochard, qui la déconcerte mais dont elle s'accoutume et accepte son existence afin de mieux digérer la sienne.
Petit à petit se dessine une Lucienne qui, comme beaucoup de femmes, s'est confortée aux règles, us et coutumes, au point de s'oublier. Il y a dans le regard de Jean-Michel Berardi un certain hommage à La femme, mère, épouse ou même soeur. Et puis, on glisse vers la nature humaine, les rapports au temps, à la société. Combien de destins étranglés ne demandent qu'à être interprétés, compris et aimés plus que jugés ?
Periblog lucienne-couverture.jpgNarratif et descriptif dans son approche, l'auteur présente une empathie et une solide connaissance de ce petit monde rural où l'être se dissout jusque dans la tombe, terriblement et cruellement anonyme. C'est aussi, pour le lecteur, une exploration sensible de son terroir avec une minutie de sociologue.
Il y a encore cette immersion dans le cheminement d'un couple que notre temps bouscule et qui, pourtant, recèle des trésors de générosité, d'épreuves et de bonheurs. Jean-Michel Berardi se présente comme un projecteur qui éclaire son sujet sans l'éblouir et encore moins l'illusionner. Tout est récité sans troubler. Les mots sont justes, simples et authentiques ; le style s'accordant à cette sobre sincérité. Lucienne se suffit à elle-même.
Alors, le livre refermé, j'écoute Lucienne me dire : « Je vais marcher un peu… la route, c'est mon amie. »
Auteur : Pascal SERRE
Lien : http://www.periblog.fr/2011/..
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meelly
  19 mai 2012
Jolie histoire, que l'histoire de ce beau livre. La petite d'abord : ce livre m'a été offert à Noël, par une personne pour qui j'ai beaucoup de tendresse et d'admiration. En plein déménagement, je l'ai mis dans un carton. Et puis,… Je l'ai oublié. Je l'ai retrouvé il y a quelques jours et sa douceur au toucher, sa jolie illustration et son superbe marque-page, m'ont tout de suite donné envie de m'y plonger…Lucienne une veuve de soixante-seize ans qui vit seule dans un petit village du sud-ouest. Tous les jours, elle va au cimetière rendre visite à Edmond son mari, mort écrasé par son tracteur. Ces visites donnent lieu à de savoureux monologues lorsqu'elle évoque son quotidien, sa solitude et ce monde qui tourne de plus en plus vite.Elle a pour seule amie Églantine une jeune retraitée parisienne qui a goûté, contrairement à Lucienne, à tous les plaisirs de la vie. A son contact, la vieille dame va prendre conscience de la morosité de sa propre existence, et, lorsque Joseph un SDF taiseux qu'elle hébergeait dans son appentis reprend la route sans l'en avertir, tout bascule.La digue se rompt et le lecteur prend conscience que la vie de Lucienne est loin d'être banale et monotone et que la vieille dame s'est laissée enfermée, s'est empêchée de vivre pour ne pas souffrir.
MON AVIS :Ce livre est comme certains bonbons sucrés et doux, et qui surprennent par leur goût beaucoup plus âpre lorsque la première couche a fondu. Jean-Michel Berardi, grâce à sa plume teintée d'humour et de poésie nous raconte une vie qui paraît anodine mais qui recèle une véritable part de tragédie. Un joli moment de lecture, une histoire emprunte de beaucoup d'humanité à partager sans modération. N'hésitez pas à vous rendre sur le site de la maison d'édition de « Lucienne » qui porte le joli nom de Les Editions du Puits de Roulle :http://www.editionsdupuitsderoulle.com/
Lien : http://meellylit.canalblog.c..
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anti
  17 janvier 2012
J'aime bien les histoires de vieilles dames. J'aime bien les histoires de vieilles dames généreuses à qui la vie n'a pas fait de cadeau. J'aime bien ces personnages féminins tout ridés et voûtés, un peu hors du monde à cause de leur âge et de leur célibat, ces grand-mères oubliées dans un coin de ville ou de village, ces petites vieilles que plus personne ne regarde mais qui en savent si long sur la vie, ces mémés courageuses qui parlent toutes seules et entretiennent en leur for intérieur si alerte tant de souvenirs et de fantômes du passé.
Cela ne vous arrive-t-il jamais de vous retourner sur une vieille dame dans la rue, accrochée à son sac à main, le fichu sur les cheveux ternis et l'oeil encore coquet bien que dépoli comme un galet de plage et vous dire que derrière cette frêle silhouette se profile la vôtre, d'ici quelques années ? Pouvez-vous vous imaginez, vous, si active et entreprenante, tenant bien souvent à bout de bras le bien-être d'une famille, conformément aux souhaits de la société, et si possible le vôtre également, pouvez-vous vous imaginez au bout de votre chemin, éprouvée, en proie aux remords et regrets des petits bonheurs envolés, des sacrifices consentis, seule et bien lasse après quelques malheurs bien assénés, convoquée au tribunal moral de vos actes ou de vos démissions ?
Lucienne est une de ces femmes, comme Maria, comme « la vieille au buisson de roses », comme Elsa. Elle fait partie de ces « marraines » de l'humanité, ces fées discrètes et discréditées, ces figures tutélaires remisées dans un coin de société. Elles savent faire de l'absurde ou de l'insolite le sel du quotidien morne et austère auquel elles sont abonnées. On pourrait les croire têtues et séniles quand elles sont juste intuitives et volubiles. On pourrait les croire innocentes et inoffensives quand elles sont pourtant si coupables mais si peu condamnables, si pleines de nuances et de doutes, si faibles et si fortes à la fois. On pourrait les croire sorcières alors que leur coeur est certainement pur, pur d'une humanité si tortueuse à vivre.
Lucienne est terriblement attachante et on sent toute la tendresse de Jean-Michel Berardi pour son personnage si haut en couleur. Il nous fait vivre son quotidien et revivre son passé, à travers ses yeux, sa voix et son coeur de vieille femme en fin de vie mais toujours en quête d'amour, de reconnaissance et d'espoir. Un très bel hommage à toutes les Lucienne du monde qui façonnent la glaise de notre humanité.
Copyright La Ruelle Bleue
Lien : http://www.laruellebleue.com..
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anti
  17 janvier 2012

J'ai donc eu "Lucienne" sur ma table de chevet... en attente de lecture, avec d'autres. Mais toujours plus envie de dormir, le soir, que de me mettre à lire.
Que s'est-il passé hier ?
J'ai mis le nez dedans... et, de page en page, je me suis laissé prendre au charme irrésistible de ce roman.
Il commence petit, pas à pas. La vie de Lucienne semble banale, étriquée. Elle l'est réellement. Mais pourquoi l'est-elle ? C'est ce que nous allons peu à peu découvrir. Sa vie a basculé dans le silence, a été écrasée par... Nous allons l'apprendre dans les dernières pages, où le rythme s'accélère.
L'histoire banale devient dramatique. Et nous pénètre comme un poignard.
- Tu verras, m'avait dit Stéphanie, quand tu auras lu le livre, pourquoi ton dessin est celui qui lui convenait.
J'ai vu ! Mille coïncidences m'ont frappé. Mille, j'exagère ! Mais beaucoup.

Page 42 :
" le silence,
c'est comme une cage
que l'on construit autour de soi,
petit à petit, barreau après barreau,
et si le silence dure trop longtemps,
quand on veut en sortir, on ne peut plus."

Cette femme s'était elle-même emmurée dans le silence, pour y ensevelir de monstrueux évènements. Se faisant, elle s'était comme détruite elle même. Son être véritable, vivant, palpitant, désirant, lui était devenu comme inaccessible. Elle était en partie déjà morte, avant même de mourir.
Le roman raconte comment s'est opéré sa délivrance. Sa résurrection ! Comment, par un acte de liberté, elle s'est replacée "sur le chemin de ses origines et de son identité".
Ce qui est bouleversant, c'est que, partant d'une vie qui n'a évidemment rien à voir avec la nôtre, nous nous retrouvons au coeur de nous-mêmes.
Le coeur humain est un.
Le coeur de Lucienne est notre coeur, absolument.
Si vous vous payez ce livre pour Noël, ou si vous l'offrez, vous ne le regretterez pas.

Lien : http://lachenaie.over-blog.f..
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terrevive
  21 janvier 2012
C'est le récit vivant de la vie : des personnes que l'on reconnaît avec leurs gestes, leurs paroles savoureuses ou non, des personnages que l'on a croisés et qui nous font des clin-d'oeil.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
meellymeelly   19 mai 2012
Et vous savez, madame Laronce, le silence, c'est comme une cage que l'on construit autour de soi, petit à petit, barreau après barreau et si le silence dure trop longtemps, quand on veut en sortir, on ne peut plus ! On est enfermé , on ne trouve plus la porte parce qu'il n'y en a plus, on ne trouve plus les mots pour ouvrir la cage.
Commenter  J’apprécie          40
meellymeelly   19 mai 2012
Ça y est ! Je sais... Oh bon sang, j'ai le col du fémur ! Tous les vieux qui tombent ont le col du fémur et ça les tue dans des douleurs affreuses...
Commenter  J’apprécie          30
antianti   17 janvier 2012
" Le silence,
c'est comme une cage
que l'on construit autour de soi,
petit à petit, barreau après barreau,
et si le silence dure trop longtemps,
quand on veut en sortir, on ne peut plus."
Commenter  J’apprécie          20
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