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Lydia Chweitzer (Traducteur)
ISBN : 2742701583
Éditeur : Actes Sud (25/01/1994)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 84 notes)
Résumé :
4° de couverture

Née à Saint-Pétersbourg dans une famille de fonctionnaires, l'ambitieuse, l'envieuse Tania est emmenée par son père à Irkoutsk et, après la révolution d'Octobre, au Japon où elle épouse un homme qu'elle a 'enlevé’ à sa sœur. Puis elle part avec lui pour Shanghai, et enfin s'installe à Paris où elle s'imagine trouver le bonheur qu'elle se représente par une combinaison élémentaire de sensualité et de réussite sociale. C'est le piège. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
DanD
  04 septembre 2017
Une histoire de russes blancs, exiles et dechus. Une histoire de phantasmes, economiques et sexuels, inassouvis, aussi? Ouais… aussi.
Tania est la fille d'un haut fonctionnaire dans la Russie tsariste, qui, avec la revolution et la guerre qui s'ensuit, est oblige de fuir. de s'exiler. Au japon. La situation de sa famille y est relativement tres confortable, et de petites fetes en petites fetes la libido de Tania eclate et elle finit par voler le mari de sa soeur. Ils partent pour Paris, bourres de reves.
Mais a Paris tous les reves se brisent. le mari meurt et pour Tania commence une longue decheance, n'etant pas capable ou ne voulant pas travailler. Elle ne sait ou ne peut ou ne veut que partir chaque jour a la recherché d'hommes qui puissent la soutenir. Avec le temps qui passe cela devient de plus en plus difficile et elle finit par s'accoupler avec un garcon de café, russe exile comme elle, d'extraction beaucoup plus modeste. Elle ne l'apprecie pas et finira par le hair. Par se hair. Et ca ne finit pas bien.
Les personnages et l'action de ce petit livre sont tres clicheises. Tres. Cela se laisse lire grace a l'ecriture de Berberova, concise des fois et coulante d'autres, sereine des fois et cruelle d'autres, aigre-douce.
Une lecture amene mais sans plus. Je me dis que Berberova doit devoir son relatif succes autant a son talent qu'au talent de son editeur. Je me dis qu'il y a infiniment de russes, blancs, rouges ou noirs, auxquels je ferais mieux de m'atteler. Makine m'attend.
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Ambages
  01 juillet 2015
Cette petite écervelée -Tania- est laide, dans son coeur dans son corps.
Nous la suivons. A chaque étape de sa vie. Et elle ne grandit pas.
L'écriture de Berberova est tranchante, percutante.
La juxtaposition de phrase longues et courtes donne le ton et révèle autant les caractères des protagonistes que le sens des mots.
Je remarque qu'une fois encore (La souveraine), la mère est absente (décédée alors que Tania avait 15 ans).Tania n'aura pas d'enfant. Je ne chercherais pas d'explication ni même d'excuse à son comportement (il doit bien y en avoir en cherchant du côté de son "moi" ou de son "sur-moi" -je n'y connais rien et je dirais peu importe) car cela ne me correspond pas. Et c'est la magie de Berberova, nous laisser libres. Libres de voir la noirceur ici. Elle pose le constat. Et chacun avec sa pensée lira ce roman selon ses ressentis, sa propre histoire et sa sensibilité. Je vous recommande ces 120 pages de pure délectation.
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tiptop92
  04 avril 2016
Ce livre est celui des illusions perdues et des ambitions refoulées. C'est un roman noir et désespéré qui raconte la vie de Tania, victime d'une société détruite par la guerre et par les révolutions socialistes. Ces évènements terribles ont écrasés bien des destins prometteurs et des vies qui s'annonçaient belles. Après un exile au japon et un veuvage, elle qui rêvait d'une vie oisive et superficielle auprès d'un homme aisé, se retrouve à Paris au milieu d'autres immigrés russe miséreux qui s'accrochent comme ils peuvent pour survivre. Incapable de travailler, constamment dans l'illusion d'une vie meilleure, elle va donner aux hommes ce qu'ils recherchent pour assurer sa subsistance. Le temps passant, las et au bord de la rupture, elle va accepter d'épouser un maitre d'hôtel, ancien cavalier dans la garde du tsar en espérant accrocher un peu de l'existence brillante qu'elle espérait. Mais pour tous ces déracinés, comte, duc ou militaire, le passé n'est plus qu'un leurre et le présent une réalité bien peu reluisante… ce mariage entre cet homme laborieux et cette femme immature tournera au drame, l'amour de l'un ne pouvant combler les manques de l'autre. Ce livre écrit en 1937 a été redécouvert dans les années 80 quand Nina Berberova fut enfin reconnue et célébrée comme une des grandes auteures de la littérature Soviétique. Il faudra le lire pour comprendre à qu'elle point l'immigration russe en France fut pour beaucoup un crève-cœur et un renoncement.
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canel
  27 juillet 2012
A Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle, la famille de Tania était plutôt aisée. Mais ils durent fuir au Japon après la Révolution Russe. Devenue veuve, Tania émigre pour la France. Las ! la jeune femme découvre que la vie n'est pas rose à Paris. Elle y retrouve de temps en temps deux-trois amies, reste sans le sou, survit de petits ouvrages manuels tout en cherchant des hommes à peine moins pauvres qu'elle, susceptibles de lui assurer le gîte et le couvert - alors qu'elle rêve de beaucoup plus...

Comme ce court roman est sombre ! On pense à Zola pour le désespoir, la misère des petits logements crasseux, les trois sous gagnés en se brûlant les yeux sur des broderies. La plume, l'art de raconter un destin à la fois vide et tragique rappellent Maupassant - deux fois évoqué dans l'ouvrage, d'ailleurs.

Jalousie, convoitise, déchéance, pauvreté, dépression, folie... soixante-dix pages suffisent largement pour imprégner le lecteur de cette ambiance sordide…

Bof, si le reste de l'oeuvre est aussi gris-noir, j'attendrai sans peine pour découvrir d'autres écrits.
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PiertyM
  07 décembre 2014
Un petit bijou, ce petit roman. On parcourt toute une vie, celle de Tania et on arrive à la question qu'est-ce qu'une ambition? et qu'est-ce qu'une illusion?
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   30 juin 2015
Elle boit aussi. Et vers minuit, il dit qu'il a faim, elle commande comme lui de la vodka et quelque chose à manger, simplement pour accompagner ses trois verres de vodka. Autour des yeux elle a deux cercles larges et noirs et à cause de la vodka sa bouche est devenue molle et profonde. A quoi donc joue-t-il ? se demande-t-elle, engourdie, éméchée. A l'époux légitime ? A l'amant de cœur ou au maquereau ? Et si je le lui demandais sans façon ?

Cette pensée la fait rire aux larmes et elle glapit, sa tête se penche, de ses deux mains elle se tient le visage pour qu'il ne tombe pas sur la table.

Sa soudaine incapacité de se contrôler suscite chez lui passion et tendresse. Elle larmoie pesamment, saisit son verre et le broie avec bruit entre ses doigts blancs et réguliers.

- Pour l'amour du ciel, Tatiana Arkadievna, crie-t-il, le visage en sueur, on peut se blesser comme ça.

Ses doigts et sa robe sont couverts d'éclats de verre, mais lui ne dit plus rien et, les poings serrés sous la table, du bruit dans la tête et du feu au cœur, il reste là, regarde et nage dans le bonheur dont elle est la cause, il ne se rappelle plus rien, il essaie de ne pas respirer, de ne pas ciller, et dans la brume de sa béatitude tout est ivre et net, gai et triste à la fois.

Mais elle s'ennuyait.
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AmbagesAmbages   01 juillet 2015
- Comprends-tu, Tassenka, ma petite, ma douce, dit-il tout à coup, je me sens si bien que je ne sais comment le dire. Et la tristesse, je ne sais pourquoi... Je me demande sans cesse : comment ai-je mérité cela ? Et tu sais, auparavant je m'interrogeais souvent - qui suis-je ? pourquoi ? Maintenant j'ai laissé tomber, je n'y pense même plus.
- Tu philosophais.
- Tu parles. Philosopher avec une gueule pareille. Maintenant, je n'en ai même plus envie.
- Dieu soit loué !
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natlitounatlitou   01 avril 2014
Pendant toutes ces années, rien n'était arrivé qui méritait d'être regretté, aimé, il lui semblait que tout aurait pu être mieux, que chez les autres cétait plus riche, plus gai, plus complet, que c'était là ce qu'on appelle le bonheur.
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AmbagesAmbages   30 juin 2015
- Aujourd'hui larbin, demain fichu à la porte et raide comme un passe-lacet. S'installera au chômage. Il faut exiger.
- Il est jaloux du premier chien venu.
- D'un côté; il n'a pas tort. Tu ne refuserais pas le dernier des chiens.
Tania éclate d'un rire modulé : cela veut dire que Goulia la considère comme une "grande amoureuse". Elles en avaient parlé un jour, se disant que Nadia et Tata n'étaient pas de "grandes amoureuses". Tania se trouve flattée.
- Il n'a pas d'argent, il philosophe beaucoup. Et puis il est un peu vieux pour moi. Tu comprends ?
- Déjà ? Ah, le fils de chien ! Et il se permet encore d'être jaloux...
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AmbagesAmbages   01 juillet 2015
Tania allume une cigarette.
- Hier il m'a dit : te tuer ou t'épouser ?
- Et pourquoi ça ?
- Comme ça. De l'hystérie.
Goulia bouge ses pieds.
- Pour quoi, demande-t-il, nous vivons, toi et moi, et tous les gens ?
- Mais pour qui se prend-il, pour Tolstoï, ou quoi ? Dis-lui qu'il vit pour recevoir des pourboires.
Une fois encore, Tania éclate de rire.
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Videos de Nina Berberova (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nina Berberova
L'Accompagnatrice, un film français réalisé par Claude Miller, sorti en 1992, d'après un roman du même nom de Nina Berberova publié en 1934. Bande annonce.
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