AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Lydia Chweitzer (Traducteur)
EAN : 9782742701582
74 pages
Éditeur : Actes Sud (25/01/1994)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Née à Saint-Pétersbourg dans une famille de fonctionnaires, l'ambitieuse, l'envieuse Tania est emmenée par son père à Irkoutsk et, après la révolution d'Octobre, au Japon où elle épouse un homme qu'elle a 'enlevé’ à sa sœur. Puis elle part avec lui pour Shanghai, et enfin s'installe à Paris où elle s'imagine trouver le bonheur qu'elle se représente par une combinaison élémentaire de sensualité et de réussite sociale. C'est le piège. La misère s'empare du couple, la ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
tiptop92
  28 juin 2019
Ce livre est celui des illusions perdues et des ambitions refoulées. C'est un roman noir et désespéré qui raconte la vie de Tania victime d'une société détruite par la guerre et par la révolution socialiste. Ces évènements terribles ont écrasés bien des destins prometteurs et des vies qui s'annonçaient belles. Après un exile au japon et un veuvage, elle qui rêvait d'une vie oisive et superficielle auprès d'un homme aisé se retrouve à Paris au milieu d'autres immigrés russes miséreux qui s'accrochent comme ils peuvent pour survivre. Incapable de travailler, constamment dans l'illusion d'une vie meilleure, elle va donner aux hommes ce qu'ils recherchent pour assurer sa subsistance. le temps passant las et au bord de la rupture elle acceptera d'épouser un maitre d'hôtel ancien cavalier dans la garde du tsar en espérant accrocher un peu de l'existence brillante qu'elle espérait plus jeune. Mais pour tous ces déracinés, comte, duc ou militaire, le passé n'est plus qu'un leurre et le présent une réalité bien peu reluisante. Ce mariage entre cet homme laborieux et cette femme immature tournera au drame, l'amour de l'un ne pouvant combler les manques de l'autre. Ce livre écrit en 1937 a été redécouvert dans les années 80 quand Nina Berberova fut enfin reconnue et célébrée comme une des grandes auteures de la littérature Soviétique. Il faudra le lire pour comprendre à qu'elle point l'immigration russe en France fut pour beaucoup un crève-coeur et un renoncement...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          431
Nowowak
  09 juillet 2020
J'aime prendre un livre au hasard, sans écouter les potins, les racontars, les quolibets, je préfère me fier à mes impressions. Plaisir innocent de la pure découverte. Une photo de couverture bien dessinée, un titre original, un grain de papier séduisant et me voilà dans la charrette des festivaliers.
Ici, la magie n'opère pas. Les questions et les doutes fusent. La scène m'en saigne sans jouer les encrophages. Certes, je ne peux pas toujours mettre mon désintérêt sur le compte de l'absence de forme et de fond. Parfois le responsable, c'est moi. Moi et mon exigence, mon besoin de style, ma demande d'identification. Durant ce court récit, très vite je décide de ranger mes rollers, de ne pas courir après mes habituelles chimères ni de comprendre pourquoi tant d'autres se sont laissés enthousiasmer par cette prose.
Froid, sur le départ, je savoure difficilement les écritures factuelles dépourvues de grâce, d'images puissantes, de métaphores corrosives, de messages sanguins. Je n'apprécie pas des masses quand mon appétit de lecteur doit se farder tout le boulot tel l'ultime rempart face à l'ennui. Les classiques russophiles sibérisent mon attention. Guère à ma place, je me contente donc d'un ressenti. Cette route pétersbourgeoise est trop éloignée de mes bases pour me détourner de mes préférences. Trop grise, trop brumeuse et triste à la fois.
Nowowak

Lien : https://pasplushautquelebord..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          343
paroles
  07 juin 2018
Encore un petit texte de Nina Berberova que j'ai eu plaisir à découvrir. C'est une auteure qui m'émerveille par la justesse de ses mots. En quelques pages, elle vous brosse le portrait d'une femme qui n'a pas la force de ses ambitions médiocres et se noie dans la vacuité de sa vie.
L'ambitieuse Tania a tout pour mener une vie heureuse, un mari, des amants, aucun souci du lendemain, mais rien ni personne jamais, ne la satisfait. Alors, elle cherche plus loin, ailleurs, le bonheur. Parce qu'il est bien connu que l'herbe est plus verte chez le voisin. Mais les années avancent, le temps passe et il lui faut bien vivre...

Un texte dur, difficile, sans pitié aucune pour cette femme vaniteuse, envieuse, qui ne pense qu'à elle et se sert des hommes pour assouvir ses besoins, même les plus précaires. Tania n'est pas à proprement parler une putain, elle est plutôt victime de son époque au cours de laquelle une femme pour se sentir « libre » n'avait que pour seule échappatoire le mariage. Aussi prend-elle des amants dès que son mari décède. de plus, la perte de ses repères dus à l'exil ne favorisent pas son adaptation à la réalité quotidienne. Quant au laquais, voilà un terme bien sévère pour désigner le dernier amant de Tania, serveur dans une grande brasserie parisienne et exilé comme elle. On peut se demander quelle mouche a piqué Nina Berberova pour mépriser ainsi ses personnages et les rabaisser. Mais sans doute est-ce une tournure volontaire pour ne pas s'apitoyer sur le sort des Russes ayant dû fuir la révolution...

Un livre court pour découvrir la vie désespérée de Tania, et surtout pour découvrir l'écriture si particulière de Nina Berberova.


Lien : http://mes-petites-boites.ov..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Ambages
  01 juillet 2015
Cette petite écervelée -Tania- est laide, dans son coeur dans son corps.
Nous la suivons. A chaque étape de sa vie. Et elle ne grandit pas.
L'écriture de Berberova est tranchante, percutante.
La juxtaposition de phrase longues et courtes donne le ton et révèle autant les caractères des protagonistes que le sens des mots.
Je remarque qu'une fois encore (La souveraine), la mère est absente (décédée alors que Tania avait 15 ans).Tania n'aura pas d'enfant. Je ne chercherais pas d'explication ni même d'excuse à son comportement (il doit bien y en avoir en cherchant du côté de son "moi" ou de son "sur-moi" -je n'y connais rien et je dirais peu importe) car cela ne me correspond pas. Et c'est la magie de Berberova, nous laisser libres. Libres de voir la noirceur ici. Elle pose le constat. Et chacun avec sa pensée lira ce roman selon ses ressentis, sa propre histoire et sa sensibilité. Je vous recommande ces 120 pages de pure délectation.
Commenter  J’apprécie          261
Ziliz
  27 juillet 2012
A Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle, la famille de Tania était plutôt aisée. Mais ils durent fuir au Japon après la Révolution Russe. Devenue veuve, Tania émigre pour la France. Las ! la jeune femme découvre que la vie n'est pas rose à Paris. Elle y retrouve de temps en temps deux-trois amies, reste sans le sou, survit de petits ouvrages manuels tout en cherchant des hommes à peine moins pauvres qu'elle, susceptibles de lui assurer le gîte et le couvert - alors qu'elle rêve de beaucoup plus...

Comme ce court roman est sombre ! On pense à Zola pour le désespoir, la misère des petits logements crasseux, les trois sous gagnés en se brûlant les yeux sur des broderies. La plume, l'art de raconter un destin à la fois vide et tragique rappellent Maupassant - deux fois évoqué dans l'ouvrage, d'ailleurs.

Jalousie, convoitise, déchéance, pauvreté, dépression, folie... soixante-dix pages suffisent largement pour imprégner le lecteur de cette ambiance sordide…

Bof, si le reste de l'oeuvre est aussi gris-noir, j'attendrai sans peine pour découvrir d'autres écrits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230

Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   30 juin 2015
Elle boit aussi. Et vers minuit, il dit qu'il a faim, elle commande comme lui de la vodka et quelque chose à manger, simplement pour accompagner ses trois verres de vodka. Autour des yeux elle a deux cercles larges et noirs et à cause de la vodka sa bouche est devenue molle et profonde. A quoi donc joue-t-il ? se demande-t-elle, engourdie, éméchée. A l'époux légitime ? A l'amant de cœur ou au maquereau ? Et si je le lui demandais sans façon ?

Cette pensée la fait rire aux larmes et elle glapit, sa tête se penche, de ses deux mains elle se tient le visage pour qu'il ne tombe pas sur la table.

Sa soudaine incapacité de se contrôler suscite chez lui passion et tendresse. Elle larmoie pesamment, saisit son verre et le broie avec bruit entre ses doigts blancs et réguliers.

- Pour l'amour du ciel, Tatiana Arkadievna, crie-t-il, le visage en sueur, on peut se blesser comme ça.

Ses doigts et sa robe sont couverts d'éclats de verre, mais lui ne dit plus rien et, les poings serrés sous la table, du bruit dans la tête et du feu au cœur, il reste là, regarde et nage dans le bonheur dont elle est la cause, il ne se rappelle plus rien, il essaie de ne pas respirer, de ne pas ciller, et dans la brume de sa béatitude tout est ivre et net, gai et triste à la fois.

Mais elle s'ennuyait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
AmbagesAmbages   01 juillet 2015
- Comprends-tu, Tassenka, ma petite, ma douce, dit-il tout à coup, je me sens si bien que je ne sais comment le dire. Et la tristesse, je ne sais pourquoi... Je me demande sans cesse : comment ai-je mérité cela ? Et tu sais, auparavant je m'interrogeais souvent - qui suis-je ? pourquoi ? Maintenant j'ai laissé tomber, je n'y pense même plus.
- Tu philosophais.
- Tu parles. Philosopher avec une gueule pareille. Maintenant, je n'en ai même plus envie.
- Dieu soit loué !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
natlitounatlitou   01 avril 2014
Pendant toutes ces années, rien n'était arrivé qui méritait d'être regretté, aimé, il lui semblait que tout aurait pu être mieux, que chez les autres cétait plus riche, plus gai, plus complet, que c'était là ce qu'on appelle le bonheur.
Commenter  J’apprécie          110
AmbagesAmbages   30 juin 2015
- Aujourd'hui larbin, demain fichu à la porte et raide comme un passe-lacet. S'installera au chômage. Il faut exiger.
- Il est jaloux du premier chien venu.
- D'un côté; il n'a pas tort. Tu ne refuserais pas le dernier des chiens.
Tania éclate d'un rire modulé : cela veut dire que Goulia la considère comme une "grande amoureuse". Elles en avaient parlé un jour, se disant que Nadia et Tata n'étaient pas de "grandes amoureuses". Tania se trouve flattée.
- Il n'a pas d'argent, il philosophe beaucoup. Et puis il est un peu vieux pour moi. Tu comprends ?
- Déjà ? Ah, le fils de chien ! Et il se permet encore d'être jaloux...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
AmbagesAmbages   01 juillet 2015
Tania allume une cigarette.
- Hier il m'a dit : te tuer ou t'épouser ?
- Et pourquoi ça ?
- Comme ça. De l'hystérie.
Goulia bouge ses pieds.
- Pour quoi, demande-t-il, nous vivons, toi et moi, et tous les gens ?
- Mais pour qui se prend-il, pour Tolstoï, ou quoi ? Dis-lui qu'il vit pour recevoir des pourboires.
Une fois encore, Tania éclate de rire.
Commenter  J’apprécie          40

Videos de Nina Berberova (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nina Berberova
Nina BERBEROVA – Documentaire ultime (France 3, 1992) Un documentaire en deux parties, intitulées "Le passeport rouge" et "Allègement du destin", réalisé par Dominique Rabourdin. Présence : Jean-José Marchand et Marie-Armelle Deguy.
Dans la catégorie : Littérature russeVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures indo-européennes>Littérature russe (472)
autres livres classés : littérature russeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La littérature russe

Lequel de ses écrivains est mort lors d'un duel ?

Tolstoï
Pouchkine
Dostoïevski

10 questions
319 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature russeCréer un quiz sur ce livre

.. ..