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EAN : 9782742701889
Éditeur : Actes Sud (25/01/1994)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Le Mal noir raconte l'exil vers les Etats-Unis d'un émigré russe dont la compagne est morte pendant un bombardement en France, alors qu'ils faisaient tendrement l'amour. C'est le sixième récit de Nina Berberova à paraître en français, et c'est de son propre aveu, le plus important. Jamais, en tous cas, elle n'avait, comme ici, poussé l'ellipse et la métaphore à ce point d'excellence où le moindre trait illumine l'obscure absurdité du destin. Le héros, cette fois, in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  24 avril 2014
Evguéni Petrovitch est veuf et il traîne sa brutale solitude comme un boulet. « Rien ne m'aide à surmonter ma perte, à accepter mon malheur, à m'accommoder avec talent de la catastrophe. » (p. 101) À Paris et à New-York, il rencontre Alia et Lioudmila, deux femmes phares prêtes à l'aimer. Mais rongé par sa peine, il est sourd à leurs appels d'amour. Plus que tout, il est convaincu que sa vie est marquée depuis toujours d'un mal noir, à l'instar de la pierre qu'il avait offert à son épouse. « Dès le début […], le mal était en elle. L'homme n'existait pas encore, mais la contagion avait déjà fait son oeuvre. » (p. 19) En mettant un océan entre sa perte et lui, saura-t-il s'inventer un avenir ?
Ce très court roman de Nina Berberova, à l'instar de L'accompagnatrice, est un texte d'une très grande puissance où l'ellipse est toujours plus éloquente que la description. En peu de mots, l'auteure écrit un superbe portrait en creux de l'épouse disparue. Elle ne dessine que la silhouette, laissant au lecteur le soin et la liberté de remplir les volumes. Quel dommage – quel grand dommage ! – que la quatrième de couverture, dès la première phrase, explique le veuvage d'Evguéni Petrovitch, révélation que le livre ne donne que dans ses dernières pages. Si ce livre vous tente, fuyez la quatrième !
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paroles
  02 juillet 2018
De tous les livres lus jusqu'à présent de cette auteure, « le mal noir » est sans doute celui qui m'a le plus touchée. Sans doute parce que son héros est englué dans une sorte de fatalisme et de chagrin qui le ronge jusqu'à l'os et qui fait de lui un être à part et attachant.

Pour immigrer aux Etats-Unis, Evguéni Petrovitch se résout à mettre en vente le seul bien qu'il lui reste de sa femme, une paire de boucles d'oreilles en diamants. Mais celles-ci lui apportent beaucoup moins que ce qu'il en espérait : l'un des diamants est gâché par le mal noir...

Le mal noir est aussi quelque chose qu'il a en lui et que l'on découvre doucement au fur et à mesure de la lecture. Lentement, on pénètre au coeur et dans la tête du héros, sa quête est sans fond, sans frontière...

Une jolie parabole pour décrire l'absence, le manque, l'errance des immigrés russes à travers le monde.

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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andras
  04 juillet 2018
Difficile de parler de ce très court récit sans en dévoiler son ressort secret (ce que fait d'ailleurs sans vergogne Actes Sud dans sa quatrième de couv !) alors je ne dirais de ce livre que ceci : c'est une perle, éclatante et sombre à la fois, qui m'a fait penser au poème d'Antoine Pol "Les passantes", que Brassens a su si bien chanter :
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
(...)
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afriqueah
  22 août 2019
Je regrette d'avoir lu la 4* de couverture avec le résumé fait pourtant par Hubert Nyssen et Bertrand Py. Si vous pouvez, commencez directement ce petit roman de 105 pages, sans lire la couverture. C'est un régal. le mal noir, c'est ce qu'un des diamants de boucles d'oreille a contracté depuis des millions d'années, avant l'apparition de l'homme sur la terre. Ce noir n'est pas visible à l'oeil nu, comme pour les diamants noirs opaques ; or notre héros veut vendre ces boucles, il en a besoin pour partir en Amérique. Il arrive cependant à partir et nous le suivons dans son installation. Et l'on comprend à la fin du récit que si Nina Berberova parle du mal noir, elle parle en fait de la dépression. Magnifique métaphore, car nous ne nous rendons pas compte du drame vécu par le héros, d'oü la force du récit à l'écriture particulièrement prenante.
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Vermeer
  26 octobre 2019
Un émigré russe part pour les Etats Unis. Il porte en lui, comme ses boucles d'oreille dévaluées, le "mal noir". Nous découvrons en fin de roman l'origine de ce mal être (ne pas lire la quatrième de couverture Actes Sud qui spoile tout). Il survit, en vie physiquement mais mort intérieurement.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
parolesparoles   03 juillet 2018
Depuis des années tout m’est indifférent. Les gens n’aiment pas cela, ils cessent de vous remarquer. Les miroirs ne vous reflètent plus, l’écho ne vous répond pas. Je voudrais bien guérir ! Mais je ne puis venir à bout du mal noir, je ne puis ressusciter.
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jmlire92jmlire92   20 janvier 2017
Le soir , nous écoutâmes la mer, assis dans les dunes, ou regardâmes le ciel, allongés.

- Non,je ne peux pas croire, dit-elle soudain, que les étoiles soient si loin : des millions d'années-lumière. Cela ne veut rien dire ! Un de ces jours on découvrira qu'elles sont beaucoup plus proches, et tout ce qui paraissait infini, immense, deviendra petit et proche.

- A Paris, lui dis-je, il y a des fêtes foraines dans la rue, avec un cirque, des monstres, des acrobates, des diseuses de bonne aventure, un tir. Une fois, un astronome malin s'est installé dans l'une des baraques avec son télescope. Le bonimenteur (il y en a partout, comme au siècle dernier) criait dans le porte-voix : " Allez ! Venez regarder les étoiles ! Pour cinquante centimes vous verrez les étoiles ! Espèces de taupes que vous êtes, vous ne croyez même pas en Dieu ! Et la beauté, savez-vous ce que c'est la beauté ? Alors au moins, regardez les étoiles !"

Elle rit gaiement, se souleva sur le coude et, comme j'étais assis à la regarder, elle me renversa doucement sur le dos. sans cesser de rire, elle me prit le menton et leva mon visage vers le ciel :

- Regardez au moins les étoiles !
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amartiaamartia   14 décembre 2010
Je retournai au mont-de-piété. Ce lieu sordide grouillait de monde. On me donna un numéro – le soixante-quatre – et je m'assis entre une femme qui tenait sur ses genoux une vieille couverture, et qui apparemment ne savait plus où aller, et un homme plus très jeune, vêtu correctement, qui ressemblait à Nicolas II. Il avait apporté un éventail en écaille. Je pensai alors qu'il n'y avait pas de pire endroit au monde.
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meknes56meknes56   21 août 2019
Il entra, tenant ouvert un écrin de velours, tapissé de soie blanche.
- J’ai une mauvaise nouvelle, annonça-t-il. Si j’avais su, je n’aurais jamais accepté de m’en occuper. L’une des deux pierres ne vaut rien. Elle a le mal noir. Tenez, regardez vous-même.Il me colla sur l’œil une grosse lentille de verre, et je me penchai sur l’écrin. Tandis que je fixais le diamant, complètement noir, la terre semblait chavirer sous mes pieds, s’ouvrir et m’engloutir.
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meknes56meknes56   21 août 2019
Le mont-de-piété de Paris est un des pires endroits au monde. Des murs gris, une odeur de désinfectant, deux rangées de banquettes. Chacun sait ce que les autres font là. On con-fie l’objet à un employé en blouse grise, qui vous donne un numéro, et au bout de quel-ques minutes il vous appelle :
- Le vingt-trois ! Sept cents !
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Videos de Nina Berberova (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nina Berberova
Nina BERBEROVA – Documentaire ultime (France 3, 1992) Un documentaire en deux parties, intitulées "Le passeport rouge" et "Allègement du destin", réalisé par Dominique Rabourdin. Présence : Jean-José Marchand et Marie-Armelle Deguy.
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