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ISBN : 2234080320
Éditeur : Stock (23/08/2017)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient « la femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Züric... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  03 octobre 2017
Enquête familiale, artistique, historique sur les pas d'une arrière-grand-mère oubliée.
Voici le défi que se sont lancées les soeurs Berest, concrétisé par cette biographie littéraire à quatre mains pour redonner vie à une femme d'une liberté et d'une indépendance hors des normes pour son époque.
Musicienne accomplie, épouse du peintre Picabia, inspiratrice des artistes de son temps, Gabriële vit par son mariage dans un tourbillon de rencontres dans les mouvements artistiques novateurs. Sa personnalité fascine, son anti conformisme en attire certains au plus près de la ligne rouge de la fidélité (au même titre que son mari d'ailleurs!). Une modernité aux parfums de scandales, qui exclut le sentiment maternel et qui explique la fracture familiale avec les descendants.
Ses jeunes biographes ont alors toute légitimité à creuser le silence qui l'entoure.

Pour qui serait intéressé voire passionné par les courants artistiques de la première partie du 20e, il trouvera ici de quoi s'immerger. Au-delà du portrait d'une femme originale, le livre est un beau travail de recherches et de documentations et, sans aucun doute, un touchant coup de coeur de deux jeunes femmes pour leur aïeule.
Rentrée Littéraire 2017
Sélection pour le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018
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hcdahlem
  23 août 2017
Ce beau roman est d'abord une histoire de famille. D'abord l'histoire de deux soeurs, Anne et Claire Berest, qui jusque-là suivaient des trajectoires individuelles. Après avoir chacune publié des romans, elles se sont retrouvées autour de ce projet. Ensuite l'histoire d'une mère qui ne «parlait jamais de son père, ni de ses grands-parents», laissant la part belle à sa mère qui a échappé aux camps de la mort, contrairement à sa famille. C'est enfin l'histoire d'une arrière-grand-mère morte de vieillesse en 1985, à l'âge de 104 ans.
«Nous ne sommes pas allées à l'enterrement de cette femme, pour la simple et bonne raison que nous ne connaissions pas son existence» expliquent les deux soeurs dans leur avant-propos, avant d'ajouter que de longues années se sont écoulées avant qu'elles ne s'attaquent à ce pan de leur généalogie : « Nous nous sommes alors lancées dans la reconstitution de la vie de Gabriële Buffet, théoricienne de l'art visionnaire, femme de Francis Picabia, maîtresse de Marcel Duchamp, amie intime d'Apollinaire. Nous avons écrit ce livre à quatre mains, en espérant qu'il y aurait du beau dans ce bizarre. Nous avons tenté une expérience d'écriture en tressant nos mots les uns avec les autres, pour qu'il n'existe plus qu'une seule voix entre nous. » le résultat est plutôt réussi, car les romancières ont pu puiser dans une abondante documentation et confronter leur ressenti à des lettres, témoignages, écrits et oeuvres qui sont autant d'indices, autant d'histoires habilement mises en scène, à commencer par la rencontre entre cette jeune femme au caractère bien trempé et cet artiste insouciant, passionné de belles voitures. Autour de la table familiale, elle jouera l'indifférente et niera même l'intérêt qu'elle porte à ce «rastaquouère» invité par son frère, avant de céder à la belle énergie et à l'enthousiasme de Picabia.
Au lieu de retourner à Berlin où l'attend son maître de musique qui a entrevu dans ses premières compositions le potentiel de son élève, elle choisit la vie de bohème, les voyages-surprise et les fêtes de Francis. C'est que, derrière ces enfantillages, elle a repéré le potentiel révolutionnaire de ses oeuvres. Un potentiel qu'elle veut faire éclater, qu'elle entend aussi expliquer. Théoricienne de cet avant-garde, elle va endosser sa mission corps et âme. Pourtant « jamais Gabriële ne parlera d'amour. Jamais elle ne dira: je l'aimais et il m'aimait. Ce qui se passe entre eux est un face-à-face d'où jaillissent la pensée et la création, c'est le début d'une infinie conversation, au sens étymologique du terme, aller et venir sur une même rivière, dans un même pays. »
Leur mariage est avant tout une association au service de l'art qu'il vont partager et défendre, lui avec sa folie, elle avec sa raison. Mais l'exclusivité de cet engagement aura son prix. Ainsi, les enfants qui vont naître les uns après les autres sont plutôt considérés comme des obstacles qu'il faut écarter et mettre en pension en Suisse. Si Gabriële ira de temps en temps leur rendre visite, Francis préférera la compagnie de ses amis et maîtresses. Des écarts qu'il avouera à celle qui lui est indispensable et qui donnera lui à quelques scènes d'anthologie comme cette convocation de Germaine Everling afin qu'elle vienne loger chez eux, peut-être aussi pour qu'elle puisse la surveiller ou encore cet autre écart avec Charlotte Gregori dans un grand hôtel qui entraînera une poursuite menée par le mari cocu arme à la main.
À vrai dire, Gabriële n'est pas en reste. Elle entraînera Marcel Duchamp dans leur maison de famille d'Étival dans le Jura, retrouvera Apollinaire au retour de la Guerre et cherchera à mettre tous ces artistes en avant en créant sa propre galerie d'art. Quelquefois les deux romancières viendront interrompre leur narration pour souligner un point litigieux, s'interroger sur la réalité d'un épisode et nous faisant par la même occasion partager leur travail de rédaction.
Seul bémol, ce beau portrait s'achève un peu brutalement, comme si la mort de Picabia en 1953 avait tari l'inspiration des romancières. On aurait pourtant aimé en savoir plus sur ses relations avec Elsa Schiaparelli, Calder, Arp, Brancusi. Sur sa tranche de vie partagée avec Igor Stravinsky, sur son rôle aux côtés de Samuel Beckett durant la résistance.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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ninachevalier
  28 novembre 2017
Cet ouvrage est le défi que se sont lancé les soeurs Berest afin de lever le voile sur cette arrière grand-mère maternelle dont elles ignoraient l'existence.
Mais qui est Gabriële? (1) Pourquoi cet omerta de la part de leur mère ?
Elles la définissent comme «  femme de Picabia, maîtresse de Duchamp, amie intime d'Apollinaire. » Une photo d'elle est insérée page 19.
Si certains auteurs choisissent pour titre de chapitres des titres de chansons, Anne et Claire ont opté pour des «  titres des tableaux de Francis Picabia ».
Le récit débute en 1908, au moment où Gabriële se prépare à regagner Berlin pour poursuivre ses études musicales. Son parcours irrigué par la musique est sidérant, car cette jeune fille ne vit que pour elle. Sa rencontre avec Picabia, par l'entremise de son frère est déterminante.
Sa vie bascule. On assiste à son renoncement à sa passion pour celui qui a réussi à la séduire, qui va devoir à présent l'apprivoiser.Un mariage et de multiples voyages où Picabia puise son inspiration. Quelle métamorphose au contact de Picabia !
Gabriëlle fait montre d'une liberté sans tabou qui peut désarçonner.
Les naissances se succèdent mais semblent un fardeau pour le couple, on ne sent pas la fibre maternelle, parentale. Des enfants laissés tour à tour aux nounous, chez la mère de Gaby, en pension en Suisse, pendant que le couple atypique renoue avec la vie de bohème.
Et pour Picabia l'addiction à l'opium. Les romancières le comparent à un Serge Gainsbourg.
Lors des rencontres de Puteaux , ils feront plus ample connaissance avec Marcel Duchamp.Très vite s'installe une «  utopie amoureuse » à trois. « Une attraction pulvérisante » pour Gaby.
La découverte de la bipolarité de Picabia permet de mieux comprendre leur vie chaotique, faite de fusion, d'éloignements, de rabibochages. Des relations à la “ Jules et Jim”.
La poésie s'invite dans leur vie lors de leur rencontre avec Apollinaire, “son inconscient, son ange gardien”. .Picabia , à son tour, écrit et publie des oeuvres poétiques, sous la houlette de Gaby, animée par “ l'urgence de transmettre”.
Cette biographie romancée à quatre mains est ponctuée d'apartés où les voix des deuxécrivaines dialoguent, font le point sur ce qu'elles découvrent ou ne savent toujours pas.
Anne et Claire Berest se sont faites Sherlock Holmes et livrent le résultat de leur enquête, mettant en exergue cette femme hors cadre, incroyable, «  le cerveau érotique »,polyglotte, anticonformiste, ultramoderne, qui a révolutionné l'art par son influence sur Picabia.
Cette femme de l'ombre, les soeurs Berest ont voulu la réhabiliter, la considérant comme «  un messie », « un médium ».
Leurs recherches a eu de bénéfique de leur faire découvrir le havre de paix d'Etival dans le Jura, de pénétrer dans cette maison qui une âme avec tous ces portraits d'aïeux. Et de faire la connaissance de cousins.
Elles ont éludé le mystère qui entourait ce grand-père maternel, Vicente,( enfant non désiré, suicidé à 27 ans, laissant une enfant de 4 ans) . Comment ne pas être choquée de sa décision de Gabriële d 'exhumer le corps de son fils Vicente, « Nié » ,pour mettre celui de son époux.
Elles reconnaissent que cela a pu être douloureux pour leur mère de les voir fouiller dans son passé afin d'établir la filiation avec le peintre Picabia. « La relation des Picabia à leurs enfants est un mystère » : des parents démissionnaires, indifférents à leur petite fille, Lélia.
On note que Gaby exprima ses regrets d'avoir failli au rôle de mère.
Un travail de mémoire familiale, étayé par une documentation foisonnante, qui nous immerge dans les mouvements artistiques de l'époque : du cubisme, la naissance de l'art abstrait jusqu'au dadaïsme et qui met en lumière Gabriële, « cette éminence grise, rayonnante », cette femme hallucinante ainsi que toute une constellation d'artistes, d'intellectuels qui gravite autour d'eux.
Une lecture fluide, passionnante à accompagner de tableaux de Picabia.
PS :
Une mention supplémentaire pour la présence d'une table des matières et de photos.
Par contre un arbre généalogique aurait été le bienvenu.
(1) Gabriële est décliné sous des orthographes différentes : Gabrielle, Gabrièle.

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motspourmots
  04 décembre 2017
Il y a dans ce récit captivant, un supplément d'âme qui lui donne une dimension dramatique, émouvante et marquante. Car si le destin de Gabriële Buffet Picabia figure à lui seul le sujet en or d'un roman extraordinaire, la quête des soeurs Berest qui, en redonnant vie à Gabriële s'attachent à combler les trous d'un arbre généalogique crée chez le lecteur la petite vibration qui touche au coeur et remue en chacun des émotions profondément enfouies.
Mais parlons de Gabriële d'abord. Une femme incroyablement libre et déterminée pour son époque, d'une intelligence aigüe et d'une sensibilité rare à toute forme d'expression artistique. Née dans une famille bourgeoise et assez conformiste même si des formes de rébellion apparaissent chez certains membres, Gabriële impose sa volonté d'étudier la musique (elle veut devenir compositrice et ré inventer la forme musicale, rien que ça) alors que les écoles sont presque inaccessibles aux filles et s'attache à fuir le destin imposé à ses congénères, à savoir se marier et élever ses enfants. Pourtant, en 1908, alors qu'elle vient de passer dix ans à étudier la composition, elle rencontre Francis Picabia et abandonne tout pour lui. Picabia est alors un peintre dans la lignée des impressionnistes, reconnu au point de gagner beaucoup d'argent avec sa peinture et de le dépenser tout aussi rapidement en fêtes et en voitures, sa grande passion avec les femmes. Il avait tout pour faire fuir Gabriële et pourtant... A-t-elle su voir en lui le potentiel qui l'amènerait à ré inventer la peinture à condition d'être stimulé à dessein ? A-t-elle compris le rôle qu'elle-même pouvait jouer auprès de lui ? Quoi qu'il en soit, ce couple va traverser la première moitié du 20 ème siècle à la pointe de tous les mouvements avant-gardistes et auprès des artistes qui imposeront leurs marques.
Il y a un mystère Gabriële Buffet. Cette femme aurait pu elle-même être une créatrice mais elle a volontairement choisi de stimuler, d'influencer, de challenger ceux qui l'entouraient. Picabia, bien sûr pour lequel elle est une sorte de mère, d'amie, de manager, voire de nounou. Mais également Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire ou même Elsa Schiaparelli dans une autre catégorie. Gabriële est une cérébrale que les plaisirs du corps n'intéressent guère. Quant à l'intendance ménagère... Il faudra bien s'y résoudre lorsque naîtront quatre enfants auxquels Francis Picabia aura bien du mal à s'intéresser tandis que Gabriële tentera de gérer le minimum, toute occupée à la logistique destinée à suivre les lubies d'un Picabia qui a la bougeotte et traverse l'Atlantique à la moindre idée.
C'est effectivement passionnant pour le lecteur d'être entraîné dans ce tourbillon foisonnant d'un point de vue artistique et de se plonger dans les grandes théories de conceptualisation de l'art (je vous rassure, ce n'est pas plombant, même moi j'ai suivi). Pourtant, le mystère demeure. Gabriële Buffet, séparée de Picabia dans les années 20 même si les deux n'ont jamais cessé de s'écrire a vécu plus de cent ans et a fini ses jours totalement démunie. Peu attachée aux choses matérielles, elle donnait ou laissait prendre... On referme le livre avec l'impression d'avoir côtoyé une tornade sans avoir percé sa carapace. Gabriële voulait rester dans l'ombre, vivre l'instant présent sans se créer de chaînes. Or, lorsque les chaînes sont venues sous la forme d'enfants, elle a tout fait pour qu'elles n'entravent pas son chemin. C'est ce constat qui soudain donne au travail des soeurs Berest tout son relief dramatique. Elles sont elles-mêmes des maillons de l'une de ces chaînes.
Un récit foisonnant pour un destin hors du commun, un voyage dans le bouillonnement artistique du début du 20ème siècle, une incroyable figure de femme. Mais ce qui m'a le plus émue c'est peut-être ce que les deux auteures (qui ne font vraiment qu'une dans l'écriture) ne disent, ni n'écrivent. Ce lien nié par Gabriële, sorte de vide au silence assourdissant.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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igolenerougier
  19 octobre 2017
Anne et Claire Berest sortent Gabriële du silence. Parce qu'il n'est pas possible que l'histoire, et l'histoire de l'art en particulier, ignore l'épouse de Francis Picabia, le peintre, le poète. Parce que Gabriële est tout simplement hors du commun. Toute petite, elle a délibérément choisi comme prénom usuel parmi les quatre de l'état-civil : Gabriële, à cause du tréma et du « l » unique ! « Cette femme, ni belle ni laide, est autre chose. L'ensemble est terriblement déterminé. Un air qui invite promptement à sonder le regard. A le suivre ». Ce jour de septembre 1908 où il vient tout simplement déjeuner dans la famille de son camarade Jean Buffet, peintre comme lui, le frère de Gabriële, Francis Picabia croise ce regard et ne le quittera plus jamais. Gabriële et Francis font irruption sans préavis dans la vie l'un de l'autre. Sans transition. Définitivement, même si le couple ne termine pas sa vie sous le même toit. Des transitions, des préavis, Gabriële et Francis n'en mettront jamais dans leur parcours, dans leur Aventure : on part en voiture à l'autre bout de la France ou en bateau à New York, on crée une revue, on ouvre une galerie, on accroche une exposition, on se brouille avec tumulte, on se réconcilie avec ostentation. On vit de manière intempestive, dans la démesure la plus jouissive. de temps en temps Francis tombe en dépression, Et puis il arrive que Gabriële soit enceinte et qu'un enfant ne naisse. Francis et Gabriële n'ont écouté que leurs convictions intimes. Francis a succombé devant « un esprit, une intelligence faite d'instinct ». Gabriële s'est embarquée dans « l'invention pure qui recrée le monde des formes ».
Le livre est cette course éperdue vers une vie d'avant-garde, de création, jusque dans le quotidien qui se partage en bande avec d'autres artistes : Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire feront quasi partie du couple. (Les enfants Picabia sont ailleurs, avec des bonnes et des nourrices. Mais peut-être pas de parents ! ) . de Berlin à Barcelone et New York en passant bien sûr par Paris, on croise tous les artistes de ce premier quart du vingtième siècle. On tutoie Edgar Varèse, Debussy nous offre le « Prélude à l'après-midi d'un faune », on assiste au théâtre des Champs Elysées à la première houleuse du « Sacre du Printemps » de Stravinski dansé par Nijinski, on assiste au scandale new yorkais de l'urinoir de Marcel Duchamp. Guillaume Apollinaire écrit pour nous. Isadora Duncan se dénude à la fin de ses solos. On vit la guerre de 1914, même si Apollinaire est le seul de tous ces artistes à la faire sur le front. On participe à l'entrée des Etats-Unis qui mondialise le conflit. le voyage entre dans l'histoire à Lausanne en 1918 lorsque Francis et Gabriële, défaits par la mort d'Apollinaire, épousent en quel sorte le mouvement Dada que vient de créer Tristan Tzara : « avec cette évidence de respirer le même air ».
Une vie trépidante, novatrice, ouverte. Une vie qui se crée sur cette fragilité sans laquelle les artistes n'auraient peut-être ni talent ni génie. C'est le côté « pile », de Gabriële. Côté « face », ce serait cette sorte de « déni de maternité », cette mise à distance délibérée, et assumée, des enfants. Qui laisse comme un goût amer que les arrière-petites-filles de Gabriële ne cherchent pas à occulter. On aime ce livre, sa lucidité et sa franchise. On aime Gabriële. On se dit que le monde et la vie ont besoin des artistes. Malgré ce goût amer.
Un livre qui vit. Un livre qui voit loin. Un livre qui porte le lecteur ailleurs où il n'aurait pas osé aller.
Un livre que j'ai aimé, beaucoup. Aimez-le aussi. Igolène
Et pour les festivaliers des CORRESPONDANCES DE MANOSQUE 2017 la rencontre avec Anne et Claire Berest a été l'un des plus jolis moments sous les platanes de la Place Marcel Pagnol.
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   22 novembre 2017
Anne et Claire Berest découvrent, au-delà d’une artiste prémonitoire, leur arrière-grand-mère longtemps ignorée.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   17 novembre 2017
Anne et Claire Berest consacrent un ouvrage inégal à leur arrière-grand-mère, personnalité discrète du mouvement dada.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   07 septembre 2017
Portait d'une femme fascinante et de son époque, arrière-grand-mère des auteures, qui a été artiste, féministe avant l'heure, et qui a côtoyé et influencé des artistes comme Duchamp et Apollinaire.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Liberation   24 juillet 2017
Les deux écrivaines se racontent à travers leur arrière-grand-mère, femme de Picabia et personnage décisif du monde de l’art.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   30 août 2017
Francis [Picabia] adore se définir comme Cubain, c'est mystérieux et lointain, cette origine du bout du monde. (...)
- Que voulez-vous, nous sommes d'origine cubaine...
Là-bas, les habitants de ce pays repeignent leurs maisons en rose, en bleu, en vert pâle... Malheureusement je n'habite pas Cuba, mais je fais pour mener mes idées ce que les Cubains font pour leurs demeures. Je peins en bleu des idées noires, quel plaisir . [ "Caravansérail", op. cit.] (p.80)
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hcdahlemhcdahlem   23 août 2017
Le peintre au visage rastaquouère s’excuse de leur avoir volé leur cher Jean. Il en profite pour capter le regard de la demoiselle de la maison. C’est pour elle que Francis Picabia est venu à Versailles. Depuis que Jean lui a parlé de sa sœur, il est obsédé à l’idée de la rencontrer. Cette fille compositrice, qui vit seule à Berlin, l’inspire tout particulièrement. Pour s’en approcher, il est prêt à forcer l’amitié de Jean, prêt à le raccompagner chez lui en voiture, tout cela dans l’unique but d’être invité à partager le déjeuner familial. Enfin en sa présence, il cherche une connivence, une entente secrète, il veut savoir ce qu’elle a dans le ventre, cette fille libre, mais Gabriële évite, elle ne veut pas entrer dans le jeu, elle ne veut pas être sympathique, elle donne des réponses évasives…
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fanfanouche24fanfanouche24   30 août 2017
La famille Buffet déménage souvent, au gré des garnisons, la carrière militaire du père les fait voyager inlassablement d'une ville à l'autre. (...)

Les enfants apprennent à ne pas s'attacher. Ni aux gens, ni aux lieux, ni aux objets. Gabrïele en gardera tout au long de sa vie une manie curieuse, celle de se débarrasser des choses, de donner et de vendre tout ce qu'elle possède. (p. 119)
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fanfanouche24fanfanouche24   29 août 2017
Gabrïele n'a pas de rêves de jeune fille. A 17 ans, elle rêve de la blancheur infinie des marches solitaires dans la montagne, elle rêve de rencontrer Cosima à Bayreuth, elle rêve de composer un jour un opéra novateur, délesté du poids des traditions musicales- des rêves anachroniques, des aspirations inacceptables pour son époque.
Il faudra donc qu'elle change ses rêves.
Ou qu'elle change l'époque. (p. 34)
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fanfanouche24fanfanouche24   31 août 2017
Francis n'a plus qu'une idée en tête: il faut le présenter à Gabrïele. Il est certain qu'Apollinaire va tomber à la renverse devant l'intelligence de sa femme. et puis il ne peut pas véritablement aimer quelqu'un d'autre si elle n'est pas là pour l'aimer aussi. (p. 202)
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Videos de Claire Berest (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claire Berest
http://www.librairiedialogues.fr/ Numéro 86 de l'émission Dialogues littéraires de janvier 2018, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. Invités : Anne Berest pour "Gabriële" (Stock) co-écrit avec sa s?ur Claire Berest, Timothée de Fombelle pour "Neverland" (L'Iconoclaste) puis la chronique de Delphine sur ses coups de c?ur de la rentrée littéraire de janvier. Présentation : Élise le Fourn. Interviews par Laurence Bellon.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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