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Carl Gustaf Bjurström (Traducteur)Lucie Albertini (Traducteur)
ISBN : 2070383385
Éditeur : Gallimard (31/03/2001)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Lorsque Bergman jette, comme ici, un regard sur sa vie, c'est un homme profondément marqué par une éducation rigide et par une imagination débordante qui parle. Mais c'est surtout un homme de spectacle à la fois directeur de théâtre et réalisateur de films, il a vécu dans la fièvre, entre moments de grâce et échecs. Il s'exprime sans complaisance dans ses jugements, qu'il s'agisse d'inconnus, de vedettes - telles que Laurence Olivier, Greta Garbo ou Herbert von Kara... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
mariecesttout
01 février 2014
Merveilleux livre de souvenirs ( plus auto-analyse qu'autobiographie, rien n'est chronologique, mais tout a une logique et tout est réfléchi..) .
Ingmar Bergman n'a, semble-t-il, jamais pu parler à sa mère. Dans le dernier chapitre, l'écoute de l'oratorio de Noël de Bach ( le choral avançait, confiant, dans l'espace de plus en plus sombre : la piété de Bach apaise la douleur que nous inflige notre impiété.) dans une église lui inspire une ultime rencontre imaginaire avec sa mère, morte longtemps auparavant , en rentrant dans le presbytère de l'église qui le retransporte dans son enfance . Il sait que ce n'est pas le bon moment..
"- Je sais que je dérange , que c'est le moment où mère désire être seule, je le sais. Avant le dîner, père se repose et mère lit ou écrit dans son journal, je viens de l'église où j'ai écouté l'oratorio de Noël de Bach, c'était tellement beau, la lumière était belle, je me suis dit tout le temps: aujourd'hui, je vais essayer encore une fois et cette fois ça va réussir."
Essayer de poser les questions qui le minent :Pourquoi a-t-on fait de mon frère un infirme? Pourquoi ma soeur a-t-elle été réduite à un cri? Pourquoi ai-je vécu avec une blessure toujours infectée qui ne s'est jamais refermée et qui me transperçait tout entier? ..Tout ce que je veux savoir, c'est pourquoi derrière cette fragile façade du prestige social nous avons vécu une aussi effroyable misère. .
Et sa mère lui répond qu'elle est si fatiguée..
Les réponses à ses pourquoi enfantins , il les donne lui-même: "Ce que je vois avec certitude , c'est que ma famille était composée d'êtres de bonne volonté qui ployaient sous un héritage catastrophique d'exigences trop hautes, de mauvaise conscience et de culpabilité."
Sa mère aussi, répond finalement , et cette réponse constitue les dernières phrases de ce livre tourmenté, et intelligent:
Dans son journal , le mois de la naissance de son fils Ernst Ingmar, elle écrit: "Je prie Dieu, sans confiance. Il faudra, sans doute, se débrouiller tout seul, comme on pourra."
Comme on pourra..
Et les trois enfants ont fait comme ils ont pu également, chacun à sa manière:
"Je crois être celui qui s'en est le mieux tiré, avec le moins de dégâts, en me faisant menteur. Je me suis créé un personnage qui avait fort peu à voir avec mon véritable moi. Comme je n'ai pas su séparer ma création et ma personne, les dommages qui en découlèrent eurent longtemps des conséquences à la fois sur ma vie d'adulte et sur ma créativité. Il m'arrive parfois de me consoler en me disant que celui qui a vécu dans le mensonge aime la vérité."
Laterna Magica est un livre touffu , à lire à petite allure sous peine de se perdre dans ce flot de souvenirs personnels et professionnels. Avec beaucoup, pour moi , de références inconnues surtout en matière de mise en scène de théâtre. Mais on ne s'ennuie à aucun instant tant l'écriture est brillante, le récit des échecs et des failles honnête :
"Je veux être embarrassant , irritant et difficile à situer.."
Mais aussi au sujet de son oeuvre:
"Dans sa vieillesse , Euripide , le bâtisseur de pièces, est exilé en Macédoine. Il écrit Les Bacchantes. Pierre après pierre, il assemble furieusement: les contradictions entrent en collision avec les contradictions, l'adoration avec le blasphème, la vie quotidienne avec le rituel. Il en a assez de faire la morale, il se rend compte que la partie avec les dieux est définitivement hors-jeu. Les commentateurs ont parlé de la fatigue du vieux poète. C'est le contraire. La lourde sculpture d'Euripide représente les hommes, les dieux et le monde pris dans un implacable et absurde mouvement sous un ciel vide.
Les Bacchantes témoigne du courage qu'il y a à briser les moules."
Brillant " briseur de moules", analyste fin et très souvent ironique de sa vie - et vie et travail sont chez lui totalement imbriqués-qui redevient un enfant totalement démuni quand rejaillissent les souvenirs et les mystères de malheurs jamais éclaircis, et bien d'autres choses encore , voilà tel que m'apparait après cette lecture Ingmar Bergman, un des rares cinéastes à m'avoir fait pleurer .
Le problème , avec les livres que j'aime, c'est que j'aimerais en recopier beaucoup d'extraits qui m'ont émue ou fait sourire. Car c'est souvent drôle! La rencontre avec Karajan, par exemple qui lui propose de mettre en scène Turandot. Allez, juste un petit peu, en citation.
Et également le début du tournage de Sonate d'automne, ça partait vraiment mal....
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
NekhoNekho06 septembre 2017
Aujourd'hui, je comprends l'exaspération de mes parents. Une famille de pasteur vit exposée à la vue de tous...Père et mère qui étaient l'un et l'autre des perfectionnistes, ployaient, c'est sûr, sous cette pression déraisonnable....ils s'imposaient une auto-discipline implacable. Leurs deux fils, chacun à leur façon, représentaient des traits de caractère qu'ils châtiaient sans cesse en eux. Mon frère n'est jamais parvenu à se protéger et à cacher sa révolte. Père pour le briser, a engagé toute la force de sa volonté et il y est presque parvenu. Ma sœur fut ardemment aimée par l'un et l'autre de ses parents. Elle a répondu à cet amour en s'effaçant et en se plongeant dans une douce anxiété.
Je crois être celui qui s'en est le mieux tiré, avec le moins de dégâts, en me faisant menteur. Je me suis créé un personnage qui avait fort peu à voir avec mon véritable moi. Comme je n'ai pas su séparer ma création et ma personne, les dommages qui en découlèrent eurent longtemps des conséquences sur ma vie d'adulte et ma créativité.
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NekhoNekho06 septembre 2017
Comme je porte en moi un continuel tumulte qu'il me faut surveiller, l'imprévu, l'imprévisible m'angoisse. Exercer mon métier devient ainsi une pédante organisation de l'indicible. Je transmets, j'organise, je ritualise l'indicible. Certains metteurs en scène matérialisent leur propre chaos et de ce chaos ils créent, dans le meilleur des cas, une représentation. J'ai horreur de cette sorte d'amateurisme. Je ne participe pas au drame, je le traduis, je le matérialise. Ce qui compte le plus pour moi, c'est de ne laisser aucune place à mes propres complications, elles ne peuvent être qu'une clef qui ouvrira les secrets du texte ou l'impulsion qui mettra en branle la créativité des comédiens.
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NekhoNekho06 septembre 2017
La plus grande part de notre éducation a été fondée sur des concepts comme le péché, l'aveu de nos fautes, la punition, le pardon et la grâce, qui étaient des agents réels dans la relation parents-enfants et dans notre relation à Dieu. Il existait dans tout cela une logique interne que nous acceptions et que nous nous imaginions comprendre. C'est cela aussi, qui a peut-être contribué à nous faire accepter le nazisme sans réagir. Jamais nous n'avions entendu parler de liberté et nous en connaissions encore moins la saveur. Dans un système hiérarchique toutes les portes sont fermées.
Ainsi les punitions allaient de soi et elles n'étaient jamais mises en question.
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NekhoNekho06 septembre 2017
Je jouais à mes jeux solitaire sans le désir d'aucune compagnie....Penché sur mon théâtre de poupées, je laissais voluptueusement se lever le rideau sur la forêt obscure du chaperon rouge ou la salle de bal illuminée de Cendrillon. Mon jeu faisait de moi le maître de la scène, mon imagination la peuplait.
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NekhoNekho06 septembre 2017
Il y avait un an que j'étais allé au cinéma pour la première fois....c'est alors que pour moi tout a commencé. J'ai attrapé une fièvre qui dure encore. Les ombres silencieuses tournent leurs pâles visages vers moi, de leur voix inaudibles elles parlent à mes sentiments les plus secrets.
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Videos de Ingmar Bergman (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ingmar Bergman
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