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ISBN : 2915978115
Éditeur : Editions Argol (01/02/2006)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Introuvable, ce petit livre que certains s'autorisent à qualifier de « livre culte », B-17 G de Pierre Bergounioux, renaît dans une nouvelle édition, avec une postface de Pierre Michon.

« La narration pulvérisée. Un éblouissement, un de ces éblouissements auxquels vise l'art quand il cherche à nous aveugler pour nous rendre enfin la vue ». Bertrand Leclair, La Quinzaine littéraire, 2001

« Le livre qu'on persiste à estimer le plus remarq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Merik
  31 décembre 2016
Ovni littéraire que ce B-17G au titre évocateur d'un autre objet volant, bien identifié celui-là, puisqu'il s'agit d'un bombardier américain de la seconde guerre mondiale, appelé à anéantir l'ennemi commun des alliés, le nazisme.
L'écriture sophistiquée et metallique de Bergounioux nous fait pénétrer à l'intérieur d'un de ses appareils, après moult circonvolutions qui nous le présentent tout d'abord d'un point de vue extérieur, celui d'une caméra couplée à la mitrailleuse d'un chasseur allemand, un Focke-Wulf 190, à vos souhaits. En donnant une dimension poétique, en passant par des réflexions sur la narration, en évoquant tour à tour Faulkner ou Hemingway ou Saint-Exupery, ça vole décidément haut dans ce court récit considéré culte par certains.
Très haut même.
Peut-être un peu trop pour moi.
J'y ai ressenti une forme d'admiration pour le travail d'écriture, mais aussi une forme de détachement émotionnel.
Ça doit être pour ça que j'ai vite enchaîné avec une relecture un peu plus terre à terre, facile à lire et drôle, Mon chien Stupide de John Fante.
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meidosem72
  23 juin 2018
Ce que peut la littérature

"La réalité, lorsqu'elle pulvérise l'idée qu'on s'en faisait, qu'elle nous rappelle son existence, sa royauté, sa puissance, c'est invariablement avec perte et fracas. Pour l'accueillir et, s'il se peut, la projeter, par le moyen du langage articulé, sur du papier, il y a deux préalables, qui sont de l'éprouver en personne et d'être sans prévention ni but précis, sans passé ni projets pour l'avenir, d'avoir moins de vingt ans, donc."
Les pilote, copilote, mécanicien, navigateur, bombardier, opérateur radio et mitrailleurs qui composent l'équipage d'un B-17G, qualifié de "Forteresse volante" durant la Seconde guerre mondiale, sont souvent jeunes. Ils ont 19 ans, mettons. Ils partent, au sein d'une escadrille de quatre appareils qui forment le box, bombarder l'Allemagne nazie. À vingt mille pieds d'altitude, ils sont pris en chasse, probablement par un Focke-Wulf 190 qui vomit ses obus de 20 mm. C'est la règle semble-t-il. Cette trame trouve son origine dans une séquence filmée vue par l'auteur pour la première fois à la télévision familiale en 1965.
"Pour les Anciens, déjà, la guerre était mère de toutes choses." Et la guerre est une chasse. Dans sa brillante et malicieuse postface, Pierre Michon, qui connaît si bien l'auteur, ne manque pas de rappeler ce que ce texte doit à Moby Dick. Bergounioux convoque ou évoque aussi Faulkner, Kant, Mailer, Saint-Exupéry, Proust, Kafka, Cervantes, Joyce, Homère, Hemingway, Shakespeare, Rimbaud, fermez le ban ! C'est qu'ici, il est avant tout question de littérature, de ce que c'est que de porter une expérience vécue à l'écrit, de ce que cela présuppose, exige, implique, de là où cela mène, que l'on soit propriétaire régnant sur ses terres, pilote de guerre, asthmatique reclus dans sa chambre ou vagabond.
Bergounioux connaît son affaire. À partir de ce matériau somme toute assez prosaïque, il met en branle, lui, la grande et mystérieuse machine volante de l'écriture. Il fait se lever des mondes. Il explique, au sens étymologique du terme, il déplie, déploie les possibles  dont l'événement est gros. Son texte est une fenêtre en forme de kaléidoscope qui s'ouvre sur le réel.
Pour cela, en bon démiurge qu'il est, il forge ses armes, qu'on appelle aussi le style. le sien est limpide. Tout y semble d'une évidente facilité, comme toujours chez ceux qui maîtrisent leur outil. de la même manière qu'un menuisier reconnaît vite un ouvrage réalisé par un homme du métier, il est bien rare qu'il faille plus de quelques pages pour que les masques tombent. Chacune des 76 qui forment ce texte est là pour nous rappeler que oui, décidément, la littérature peut beaucoup.
(Je ne note pas les livres car ce ne sont pas de bons ou de mauvais élèves.)
Lien : https://lesheuresbreves.com/
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mpistre
  21 septembre 2012
Difficile d'ecrire quoi que ce soit sur ce livre apres avoir lu la post face de Pierre Michon. Je voudrai plutôt vous inviter à le lire parce que c'est typiquement un tres grand livre et qu'il n'a pas grande chance de se retrouver sous les feux de l'actualité. le texte saisit le lecteur des la premiere phrase et le tient suspendu entre instant figé et éternité J'avais éprouvé la meme sensation a la lecture de la Chronique d'une mort annoncée de Garcia Marquez. Curieux car les auteurs et les ouvrages sont très différents
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Charybde2
  16 novembre 2014
Une Forteresse Volante détruite au-dessus de l'Allemagne de 1944, un récit total en 75 pages.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/11/16/note-de-lecture-b-17g-pierre-bergounioux/
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malaurie
  16 décembre 2014
C'est après avoir vu le documentaire Vies métalliques, Rencontres avec Pierre Bergounioux de Henry Colomer que je me suis lancé dans la lecture de B-17 G.
Pierre Bergounioux est un écrivain sculpteur aux voix très métalliques. Son écriture, à l'image de ses sculptures, est acérée et froide : une narration complexe, entremêlées de poésie.
Ce roman relate les derniers instants d'une équipe de jeunes aviateurs embarqués dans une forteresse volante B-17G, l'un des bombardiers qui déversa sur l'Allemagne nazie des flots de bombes durant la seconde Guerre Mondiale. Volant à haute altitude, dans des conditions rudimentaires, les hommes étaient assaillis par le froid et le danger permanent de la chasse allemande. Récit forcément imaginaire puisque aucun de ces hommes n'a pu relater cette expérience ultime, Pierre Bergounioux a l'audace de nous plonger dans une éruption de sueur, de sang, de métal, de peur, de peaux et d'acier déchiquetés. Suprême instant, minuscule moment qui précède celui où le feu des armes emporte tout dans un fracas assourdissant, suspension des esprits entre l'éther des hautes atmosphères et celui des esprits jeunes et conquérants de ces presque hommes qui se désintègrent avec leur machine.
Livre culte pour certains, B-17G est, à n'en pas douter, un monument d'écriture.
Lien : http://legenepietlargousier...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   16 novembre 2014
L’image, médiocre, d’un gros avion à hélices, est extraite d’un film de combat. Une caméra montée dans le nez d’un chasseur et couplée avec les armes de bord s’est mise à tourner lorsque le pilote a ouvert le feu. L’objet est en voie de désagrégation dès son apparition, par le fait même. La séquence, qui n’excède jamais quelques secondes, s’achève le plus souvent par sa volatilisation dans un nuage de fumée, de flammes et de débris. Il existe des kilomètres de pellicule représentant la destruction de tous les types d’appareils qui s’affrontèrent dans les cieux du monde entier, de septembre 1939 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ils se ressemblent tous. Une tache imprécise, sombre, surgit dans la grisaille du film en noir et blanc, s’illumine d’éclairs, perd des morceaux, fume et déjà se désintègre.
L’appareil, visé, sur la photo, est un Boeing B-17, qu’un journaliste qualifia de Forteresse volante lorsqu’il fut présenté au public, en 1934, à Seattle. Il s’agit ici du modèle G, le plus tardif, aisément reconnaissable à la tourelle de menton qui fut ajoutée en 1943 pour repousser les attaques frontales. Mais les douze mitrailleuses du quadrimoteur n’ont pas suffi à écarter le chasseur allemand qui s’est approché par l’arrière. Les images précédentes sont trop floues pour qu’on voie si l’équipage a esquissé une défense. L’assaillant tire depuis qu’il filme ou filme, si l’on préfère, depuis qu’il a encadré la Forteresse dans son collimateur et pressé la détente. Il s’est écoulé trois secondes, à peine, entre cet instant et celui où des détails se dessinent dans la silhouette du B-17 engagé. Et dans ce très bref laps de temps, la tragédie a été consommée. Les armes jumelées des deux tourelles inférieures pendent vers le bas, inertes, muettes, leurs servants hachés par les projectiles qui ont traversé l’appareil de la queue à la tête comme, sans doute, le reste du personnel, échelonné dans le fuseau de deux mètres de haut, au maître couple, longt de vingt-deux, de la carlingue. Les obus de 20 mm du chasseur – un Focke-Wulf 190, selon toute vraisemblance – ont parcouru à la vitesse de mille mètres à la seconde cet espace oblong, très étroit, explosant au contact des arceaux d’aluminium, des corps engoncés dans les combinaisons de vol en mouton retourné, des câbles, des tuyauteries, des bouteilles d’oxygène, des bandes de cartouches dont il est encombré. Dès cet instant, les hommes – à supposer que le mot convienne quand on a dix-neuf ans, qui était l’âge moyen des équipages – ont été déchiquetés, dépecés par les projectiles spéciaux, à charge accrue, allongés, que l’IG Rheinmetall a mis au point pour abattre plus sûrement les quadrimoteurs qui sillonnent le ciel du Reich.
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rkhettaouirkhettaoui   18 septembre 2013
Tout homme, postulait je ne sais plus quel écrivain anglais, porte en lui la matière d’un livre, celui de sa vie. À côté des volumes réels serrés sur les rayons des bibliothèques s’étendent, à perte de vue, les rangs fantomatiques des récits qui jamais ne turent écrits, soit que l’auteur n’ait pas trouvé les mots, soit qu’il n’ait pas survécu à la chose.
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rkhettaouirkhettaoui   18 septembre 2013
Il tue et représente dans un même geste la tuerie : ses mitrailleuses sont couplées à des caméras, ses mitrailleuses sont des caméras, son arme est quelque chose comme un stylo qui note très vite, en sténo (une très expéditive sténo machinique, qui sera bientôt informatique), ce qu’il fait, ou plutôt défait. Le chasseur est à la fois une main de tueur et une main d’écrivain.
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rkhettaouirkhettaoui   18 septembre 2013
Qu’un moteur lâche, qu’un mécanicien ait oublié de débloquer le verrouillage de la gouverne de profondeur – ça s’est vu – et l’équipée s’achève avant d’avoir commencé, dans un gigantesque champignon de flammes panachées de fumée noire, au bout du pré.
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rkhettaouirkhettaoui   18 septembre 2013
Pour les Anciens, déjà, la guerre était mère de toutes choses. C’est pour exterminer qu’on innove, qu’on passe du silex au bronze puis au fer, de l’arc à l’arquebuse. Ça a pris des millénaires.
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Vidéo de Pierre Bergounioux
L'Odyssée d'Homère, racontée et commentée par l'écrivain Pierre Bergounioux
Celui que l’on appelle Homère, c’est l’Homme aux mille visages, l’Homme aux ruses nombreuses qui se joue du temps et de l’espace. C’est une chimère, mi-homme, mi-oiseau qui chante en s’inspirant des histoires, des mythes et des légendes entendues lors de ses migrations. C’est un poète errant, "qui court le monde" nous dit Hérodote, qui fait le tour de la Méditerranée jusqu’en Espagne, qui s’attarde en Asie mineure et qui devient finalement un poète cosmopolite, un Homme universel.
Dans l’Odyssée, celui que l’on appelle Homère s’attache au destin d’Ulysse, héros de la guerre de Troie condamné à l’errance pour avoir défié Poséidon, le maître des mers et de la Terre. Dans ce voyage initiatique, Ulysse apprendra à accepter sa condition de mortel et comprendra que le chemin était sa vraie destination.
C’est un esthète qui nous présente ici l’Odyssée : Pierre Bergounioux, écrivain, ravive pour nous le souvenir d’Ulysse l’endurant.
Remerciements : - Katerina Fotinaki pour ses précieux conseils - Marie Constant et Zoi Kyritsopoulos pour leurs lectures - Annelise Signoret (de la documentation de Radio France) et Anne Brûlant (de l'INA) pour leur aide
Musique : Album "Comme un jardin la nuit" de Katerina Fotinaki et Angélique Ionatos
Intervenant : Pierre Bergounioux (écrivain)
Grande traversée : Celui que l'on appelle Homère par Aude-Emilie Judaïque (08.08.2017)
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