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EAN : 9782070402953
135 pages
Gallimard (04/11/1997)
3.79/5   31 notes
Résumé :
" Le temps qu'on dit passé s'attardait encore, au milieu de ce siècle, dans les petites villes enfouies au cœur du pays.
Sa lumière morte, son air éteint, ses drames anachroniques, sa misère, ses tenaces noirceurs encombraient la vie de chaque jour. L'heure qui montait au cadran de l'histoire hésitait, au loin. Quinze années durant, peut-être, la nuit mérovingienne, le regard d'une dame du roi François, les catins et les roués de la Régence, le spectre d'un m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Quand l'enfance n'a pas les mots pour nommer son univers. Foisonnant, souvent obscur. J'ai cru que le livre me tomberait des mains. Oui, mais voilà : des fulgurances parfois. Et pour elles, on s'accroche, on revient en arrière, on relit. Et elles expliquent tout.
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Je dois bien avouer, à mon grand désarroi, que je ne trouve aucun intérêt à ce livre si ce n'est sa langue, riche et poétique. Pour moi, il ne s'agit pas d'un roman, puisqu'il n'y a pas d'histoire ; ni vraiment de poésie, vu le format de l'oeuvre. Pierre Bergounioux nous livre un texte indéchiffrable où se mêle les souvenirs d'enfance du narrateur avec des réflexions de philosophie de comptoir, le tout sans qu'on comprenne vraiment de qui on parle. J'ai tout lu par respect, mais je n'ai rien compris.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Une seule occupation avait la vertu d'éclipser toutes les autres, une partie de Labenche la capacité d'annuler, pour tout un après-midi, non seulement le restant de l'édifice mais l'espace compris au creux des collines, le cercle de la réalité : c'était la bibliothèque municipale, le samedi, après le déjeuner. L'emprise qu'un bâtiment à l'inconfort monumental a pu exercer sur les années du commencement contenait un antidote dont j'ai usé du jour, sans doute, où j'ai su lire à celui où je suis parti pour ne plus revenir. Je ne me rappelle pas avoir poussé le battant de la porte grise à bouton de laiton qui ouvrait sur la vaste salle sombre, toujours froide, aux murs couverts de volumes imprimés. Celle-ci précède en moi les premiers souvenirs. Mon père a dû m'y conduire un dimanche matin, mais c'est de mon propre chef, seul, que j'y suis tourné, par la suite, tous les samedis.
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Le temps qu'on dit passé s'attardait encore, au milieu de ce siècle, dans les petites villes enfouies au coeur du pays. Sa lumière morte, son air éteint, ses drames anachroniques, sa misère, ses tenaces noirceurs encombraient la vie de chaque jour. L'heure qui montait au cadran de l'histoire hésitait, au loin. Quinze années durant, peut-être, la nuit mérovingienne, le regard d'une dame du temps du roi François, les catins et les roués de la Régence, le spectre d'un maréchal d'Empire assassiné hantèrent le paysage immobile. Une clarté soudaine, insolite et verte, les éclipsa un beau soir, sans retour, et l'instant qui nous était destiné, le présent, a fait son entrée.
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Et aujourd'hui encore, lorsqu'on a traversé l'éternité du plateau, son royaume de brandes et de tourbières, d'ajonc et de genêt, et qu'on descend dans ces parages, ce n'est pas de cent lieues qu'on s'est éloigné de Paris, mais de cinquante et cent ans, quand Paris gardait des allures de sous-préfecture et que la moindre sous-préfecture se donnait, dans la campagne, un petit air de Paris.
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Ce n'est peut-être pas une vie que d'en disputer les instants au passé, aux choses, aux hommes faits, de n'avoir ni paix ni cesse que dans les images sans répondant qu'on tire des livres ou de l'ennui ou alors dans l'indifférence, l'inexistence qu'on trouve après avoir laissé son être en gage dans un regard de grès.
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On s’est perdu dans l’éblouissement doré, frissonnant, d’un matin de septembre, à dix-sept ans, et les mois, les années se sont mis à fuir, soudain, comme si l’immobilité infinie des origines avait absorbé l’élément de lenteur qu’on trouve au fond du temps, l’essence précieuse, légèrement persistante, parfois, de la durée. Mais on ne peut vivre sous la Régence et les Valois, passer des soirs entiers, pétrifié, en marge des heures, avoir dix siècles d’âge à dix ans et vouloir que le présent s’attarde quand il a fini par venir ou que --ça revient au même --on s’en est allé.
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Videos de Pierre Bergounioux (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Bergounioux
Cette semaine, Augustin Trapenard est allé à la rencontre de Pierre Bergounioux à l'occasion de la sortie en poche de son livre "Le Matin des origines" aux éditions Verdier. Ce merveilleux ouvrage célèbre l'ancrage profond dans ses racines, dans les terres du Quercy entre Lot et Corrèze, où l'auteur a grandi, dans la chaleur de la maison rose et au sein des paysages qui ont façonné son être. Ces souvenirs, imprégnés dans sa mémoire, représentent une part essentielle de son identité qui demeure là-bas. À travers ces pages, Pierre Bergounioux évoque avec justesse le lien puissant que la terre tisse avec nos souvenirs et nos émotions, révélant ainsi le pouvoir des lieux familiers pour donner du sens à notre passé et à nos moments les plus heureux. Il était donc évident qu'Augustin Trapenard se déplace au coeur de cette histoire, sur les contreforts du plateau des Millevaches, dans sa maison de Corrèze pour un retour aux origines de la vie et de l'écriture.
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