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ISBN : 2070739953
Éditeur : Gallimard (03/11/1994)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Ecrire sur soi et sur ses amours, sur son destin, serait simple si à des dates données correspondaient des images centrées comme il se devrait sur les faits importants, mais les images se superposent, infidèles à la chronologie, et plus encore à l'essentiel. Dans la mémoire d'Emmanuel Berl, c les châtaigniers d'Evian se télescopent avec ceux du Béarn » et les souvenirs émergent du temps de sa jeunesse comme des rochers à marée haute, frangés d'imprécision.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
lanardlanard   17 août 2010
p. 212 Il ne me semble pas que je doute de Dieu, ni que j'en aie douté.
Mais je ne me fie pas à lui. Je suis convaincu qu'il est présent ailleurs et pour d'autres. Il l'était pour Rembrandt, et pour Giotto - et pour Abraham. Mais pour moi, dans mon espace vital, il ne l'est pas. Je mentirais si je disais que je crois en lui, comme je mentirais si je disais que je doute de lui. Je ne peux dire que : il me manque. Comme je lui manque. Il est absence pour moi, comme je suis pour lui offense ; les rares instants où il m'a paru que son absence diminuait, ma présence diminuait également; je ne le conçois présent que si je me suppose évanoui.
Comment d'ailleurs me fier à lui? Il faudrait pour cela l'aimer et croire qu'il m'aime. Or, c'est impossible. Il ne peut pas m'aimer, il aurait tort : je ne suis pas aimable. Quand on me répond: vous n'en savez rien, vous ne le connaissez pas, on m'irrite; car je ne le connais pas mais je me connais. Sans même prendre le vocabulaire louche et poisseux de l'amour, comment imaginerais-je l'amitié entre Dieu et moi? Je n'imagine déjà pas l'amitié entre moi et Einstein.
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lanardlanard   17 août 2010
p. 156 (...), à la fin des années 20, le mensonge envahit tout. Les mots abstraits tirent à eux toute la vie. On ne circule plus que parmi les paroles gelées, propices aux tyrans.
D'abord, elles ne nous inquiétèrent pas. On les sentait creuses: elles l'étaient, effectivement. Et Paris se refusait à l'inquiétude. Il avait vu passer bien des gens, bien des modes. On montrait encore à Montparnasse, les tables voisines, les ardoises fraternelles de Lénine et de Mussolini. Bolcheviste, fascisme, freudisme, cubisme, expressionnisme, populisme, tout cela rentrait dans les tiroirs multiples d'une tradition rassurante. Les affiches, fussent-elles criardes, se détachaient toutes sur un même fond neutre de compromis anciens. On trouvait très commode de se dire, les uns aux autres : "moi je suis ceci, toi tu es cela." "Vieil anarchiste, vieux communiste, vieux socialiste, vieux radical, cher vieux sale réac…", c'était sans conséquence et satisfaisait le goût de l'uniforme. On "prenait donc des positions". On ne s'apercevait pas que c'était au contraire la position qui venait de vous prendre.
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lanardlanard   17 août 2010
p. 147 La guerre [la première guerre mondiale] avait laissé une certain désespoir au cœur de chacun ; l'après-guerre fut, néanmoins, un époque d'espérance, de foi secrète. L'Occident croyait encore que tout pouvait être sauvé. Paris cuvait la victoire et surtout l'inflation ; le franc était avili, mais garait encore sont prestige, les gens n'arrivaient pas à se persuader que leur richesse neuve fut tout illusoire, ils le disaient, mais n'en croyaient rien. La vieille astiquait donc ses chromes, s'équipait en cinémas, multipliait les automobiles. Les toniques, après tout, ne manquaient pas : les révolutionnaires avaient Lénine, les industriels avaient Ford, les savants Einstein, les psychologues Freud, la peinture continuait sa prospérité fabuleuse.
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Extraits issus de « Emmanuel Berl & Jean d'Ormesson, esprits libres »
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